‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 74 sur 451 · J. Schnitzer, p · texte numérisé non relu

J. Schnitzer, p

loir agir sans ou contre l'autorité ^. Il fut approuvé par Rome; mais la Kôlnische Volkszeitung crut devoir ouvrir ses colonnes à un « théologien » qui se faisait le protagoniste de la « réforme ». Le professeur 0. Sickenberger de Passau intervint dans le même sens par quelques plaquettes de combat ^. Mais son autorité morale était fort diminuée par le fait de son opposition notoire au célibat ecclésiastique ^.

Il s^agit bien là d'un courant très déterminé, propre au catholicisme d'Allemagne. A côté de revendications justes et d'aspirations bienfaisantes *, qu'il s'y trouvât force exagérations dans la critique de la situation actuelle, des idées fausses ou imprudentes, dés suggestions trop imprécises pour n'être pas dangereuses, le fait n'est pas douteux. Et ceci explique suffisamment les mesures de l'autorité ecclésiastique à l'endroit de ses principaux manifestes. Màis il n'est pas nécessaire et il ne serait pas équitable de faire, à ce propos, intervenir le modernisme, que ses dirigeants ont eux-mêmes désavoué ^. Tout au plus peut-on estimer qu'ils ont préparé de loin un milieu propre à le recevoir.

Plus tard, en effet, l'Allemagne aura, elle aussi, ses modernistes déclarés, mais quf ne formeront jamais qu'un groupe infime autour de personnages de second ordre ou moins encore et tiendront, du reste, à bien marquer ce qui les distinguait

1. Uéber wahre und falsche Reform, i^^ décembre 1902. Extraits dans A. Gisler, p. 150-153.

2. Falsche Reform? « Lettre ouverte à S. Gr. Mgr P.-W. Keppler, » AugsLourg, 1902; Veritas et justitia ? « Un dernier mot sur la troisième édition du discours réformateur de l'évêque Keppler; » Kritische Gedanken ûber die innerchristliche Lage, qui parut en deux parties : Die prakiische .Vernunft im katholischen Leben und Wirken (1 902) ; Exiremer Antiproleslantismus im katholischen Leben und Denken (1904). Voir J. Schnitzer, p. 38r39. . "

3. Voir A. Gisler, p. 153, et J. Kûbel, p. 67-69. Cf. A. Houtin, p. 403- 404, où beaucoup de précisions Historiques et bibliographiques la!issent a désirer. Ce « catholicisme réformateur » fit plus tard le sujet d'une chronique-succincte et sympathique, mais, au total, assez objective, dans Demain, 5 janvier 1906, p. 2-4.

4. Voir X.-M. Le Bachelet, dans Études, 1899, t. Lxxvm, p. 632- 634. ' ,

5. Cf. J. Kûbel, p. 71, qui reconnaît, pour le déplorer, leur loyalisme ecclésiastique. " -

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des « catholiques réformistes » ^. Comme symptôme de modernisme doctrinal avant 1907, tout juste a-t-on pu relever ^ une conférence sur la notion de foi, prononcée à Munich, en 1905, par le D'' K. Gebert. Aux autres, sans en excepter les plus importants, il fallut l'encyclique Pascendi pour se découvrir leurs propres tendances et les afficher en public ^.

Ces faits permettent de conclure que, si l'Allemagne catholique n'a pas entièrement échappé à la contagion du modernisme, ce n'est pas là qu'il eut son origine ni son principal foyer.

En raison de sa faiblesse numérique, l'Église d'Angleterre ne compte, en général, pas beaucoup dans la vie intellectuelle du catholicisme. Cependant le mouvement des conversions verse périodiquement dans son' sein des personnalités venues de l'anglicanisme, qui relèvent son niveau et dont quelques-unes étaient appelées à devenir, dans l'Église entière, des figures de premier plan. Or, si beaucoup de ces convertis manifestent plutôt des dispositions au dogmatisme le plus conservateur, d'autres doivent à leur première formation théologique et à leurs relations avec leurs anciens coreligionnaires une propension à certain libéralisme doctrinal, qui ne disconvient d'ailleurs pas au tempérament anglais. Aussi s'explique-t-on que quelques-uns d'entre eux, joints à une élite de laïques en qui vivait le souci de la haute culture, aient pu glisser aisément sur les pentes du modernisme.

Nul n'avait été une plus parfaite incarnation du catholicisme intransigeant et ultramontain que le cardinal Manning (1808-1892), Aussi d'aucuns éprouvèrent-Us quelque surprise à lire dans sa biographie * un mémoire intime sur les causes qui retardent la propagation du catholicisme en Angleterre. Entre autres défauts de son Église, avec une

1. Ainsi H..Hefele, dans Neue Jahrhundert, 1910, t. u, p. 256-257, et Ph. Funk, ibid., p. 407.

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