‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 76 sur 451 · Der Katholicismus als Princip des Forlschriits, p · texte numérisé non relu

Der Katholicismus als Princip des Forlschriits, p

2. Est-ce pour prendre sa revanche que M. L.-C. Lewis [op. cit., p. 6) veut tout au moins faire de Manning. it un inspirateur du modernisme social »?

3. Si A. Houtin se contente d'insinuer çà et là (p. 53, 98, 13,6, 166, 187, 327) qu'il fut un ancêtre du mouvement, d'autres sont plus catégoriques. Ainsi P. Sabatier {Les modernistes, p. 43-48) , qui croyait pouvoir pronostiquer à brève échéance sa condamnation par l'Eglise. « De tous les pays d'Europe, écrit encore E. Buonaiuti (p. 130), 1 Angleterre était le seul où le mouvement, dans son contenu essentiel..., put compter un précurseur véritable et caractéristique. ».

empêcher d'y reconnaître un élément durable de la tradition catholique. S'ils sont décisifs contre certaines conceptions •d'école trop étroites ou trop rigides, loin de faire échec à la" foi chrétienne, ils marquent un progrès dans son interprétation et peuvent' devenir une arme pour sa défense. La preuve en est que les meilleurs interprètes de l'Église y trouvent aujourd'hui leur inspiration. Or il est certain 'que Newman, quoi qu'il en soit de certaines opinions personnelles, n'en voulut point faire un autre usage. Pour lui, le développement dogmatique s'entend sur la base de la révélation divine et sous la sauvegarde du magistère de l'ÉgUse, et le dogmatisme moral fortifie nos certitudes religieuses au lieu de les ruiner. L'hétérodoxie de Newman n'est qu'un mythe créé par. l'ignorance du cas et entretenu par les passions de la polémique.

Des arbitres du dehors ont assez bien entrevu le rapport de Newman au'x novateurs qui cherchaient à se prévaloir de lui. « Il ne fut aucunement moderniste, a écrit un transfuge du catholicisme; mais on peut le regarder comme le père du modernisme en ce sens qu'il donna cours à certaines idées qui sont à la racine du mouvement .^. » Et encore, pour qualifier exactement ce genre de paternité, pourrait-on sans doute accepter en gros, malgré ce qu'il y a de sommaire et d'excessif à la base, les proportions que suggère cette spirituelle conclusion d'un protestant ^ :

Moderniste à son insu par plusieurs aspects de sa doctrine, Newman a été consciemment et systématiquement un réactionnaire en religion. Je ne consentirais donc à l'appeler le père spirituel du modernisme que s'il est bien entendu que les enfants

1. A. Fawkes, dans Hibberl Journali octobre 1909, t. vm, p. 75.

2. Ch. Sarolea, Cardinal Newman and his influence on religions life and thought, Edimbourg, 1908, p. 174, cité dans Houtin, p. 436.

Voir H. Bremond, Autour de Newman, dans Annales de phiL chrét., janvier 1908, iv^ série, t. v, p. 344-347. On notera d'ailleurs avec ce ■dernier (ibid., p. 359-360) que l'influence de Newman fut tardive. Même dans les cercles cultivés, jusqu'au tournant du dernier siècle, le controversiste aurait été plus apprécié que le théologien. « En ce temps-là, qui donc s'intéressait aux doctrines essentielles du newmanisme? » On se gardera d'ailleurs de croire qu'à cet égard et l'Angleterre catholique ait montré beaucoup plus d'empressement que nous. »

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souvent ressemblent très peu à leurs parents, et que les parents ne peuvent être rendus responsables des actes de leurs enfants ». ,

Cependant de petits groupes allaient bientôt se constituer, faits surtout de laïques instruits, qui s'autoriseraient de son nom pour travailler à un élargissement général de la foi catholique ^. Aussi bien en trouverons-nous plus tard un certain nombre sur notre chemin, prêts à bien accueillir les plus déterminés modernistes indigènes et à sympathiser avec ceux du continent.

Or un prêtre devait se rencontrer en qui s'incarneraient toutes les aspirations de ce rnilieu. C ouvert j. comme Newman et, comme lui, mystique plus que dialecticien, mais d'un individualisme beaucoup plus prononcé, il en arriverait vite à sacrifier la raison au sentiment, l'Église aux poussées de la conscience, et à souhaiter une refonte du catholicisme dans ce sens. Orateur, pubKciste et théologien, iV avait d'ailleurs tout ce qu'il faut pour devenir rapidement une autorité. C'est ainsi que le modernisme trouverait en G. Tyrrell un de ses docteurs les plus complets, un de ses apôtres les plus influents, un de ses chefs les plus résolus.

Quelle que fût la puissance de sa personnalité, il ne faut néanmoins pas oublier que G. Tyrrell est plutôt dans le mouvement un tard venu, largiement tributaire, comme on le verra, d'influences françaises. Il est bien clair, au surplus, que des ouvrages écrits en anglais ne pouvaient atteindre qu'un nombre restreint de lecteurs. Confinée dans le monde anglo-saxon, la doctrine novatrice de G. Tyrrell serait restée inopérante. Le mal n'allait devenir, grave que lorsqu'elle aurait l'audience des pays latins 2. Si le modernisme doit à l'Angleterre le plus actif et le plus fécoud de ses représentants, c'est ailleurs qu'il devait recruter ses effectifs,

1. « Nous avions, écrivait plus tard l'un d'entre eux, l'iionorable William Gibson, la préoccupation de défendre l'Église et de l'expliquer au monde moderne. » Lettre du 27 novembre 1910, dans A. Houtinj p. 418. Et il ajoutait en toute candeur : « Nous y avons mis, comme il n'était que naturel, une bonne mesure d'audace. »

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