E. Buonaiuti, p
OU d'ardentes sympathies ^. En tout cela, inutile de dire que la question scientifique ne tenait encore aucune place, sauf cette pi-édisposition assez naturelle qui incline favorablement les hommes d'action, épris de libéralisme et de progrès, vers ce qui leur paraît s'inspirer du même esprit chez les travailleurs de la pensée ^. ■♦
Parallèlement, avec le barnabite Giovanni Semeria et le séculier Salvatore Minocchi, tous deux influencés par un religieux de grande intelligence, le P. Genocchi, supérieur à Rome de la procure des missionnaires du Sacré-Cœur d'Issoudun, et encouragés par les meilleurs ouvriers du travail scientifique en France^, se dessinait un mouvement destiné à ouvrir les intelligences aux résultats de la critique. Un périodique dirigé par M. Minocchi, les Studi .religiosi de Florence*, autour duquel se groupaient les plus éclairés des jeunes prêtres, servait de tribune à l'école naissante. Un modeste atelier se formait là, qui semblait plein de promesses pour le rajeunissement de la science ecclésiastique en Italie ^.
Mais les Studi ne virent le jour qu'en 1901, et il suffit d'en parcourir la collection pour se rendre compte que ses rédacteurs ne faisaient que traduire avec éloquence les idées
1. « Quand Léoa XIII mourut, l'abbé démocrate se trouvait à la • tèlc d'un nombreux parti de jeunes gens, qui n'avaient, il est vrai, ni moustaches ni argent, mais qui aimaient la liberté et qui voulaient la croire compatible avec la religion dans laquelle ils avaient été élevés. Ils étaient très dévoués à leur chef et celui-ci possédait les qualités propres à leur inspirer confiance... Avec sa petite taille, il semblait un autre Bonaparte apte à d'éclatantes victoires et capable de fonder un nouvel ordre de choses. » A. Houtin, p. 110.
2. Voir le tableau rétrospectif de ces débuts du mouvement démocratique tracé par J.-M. Vidal, dans Reçue du clergé fr., 1911, t. lxv, p. 187-208.