‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 80 sur 451 · Voir Bulletin de liti. eccl, 1900, p · texte numérisé non relu

Voir Bulletin de liti. eccl, 1900, p

4. C'est à l'apparition de cette revue que M. Buonaiuti (p. 98) rattache « la date de naissance du modernisme italien ». A l'en croire, [ibid., p. 106), le succès fut complet et rapide, a Tout le jeune clergé italien (?), qui ne demandait qu'une nourriture substantielle pour son inquiétude et sa volonté de travail, se jeta sur les recherches scientifiques dans le domaine moral, parce qu'il en attendait la preuve certaine et la mise en valeur de son expérience mystique et sacerdotale. »

5. Il n'est pas jusqu'à l'accueil maussade que lui faisait la Ciciltà ■cattolica (1901, t. i, p. 450-464) qui n'en attestât à sa façon l'impor- ■lance.

reçues d'outre-monts, sauf, comme il" arrive toujours aux vulgarisateurs, à les recueillir toutes sans discernement, et à forcer les plus suspectes par les pires amplifications. Que par là de larges avenues se soient ouvertes en Italie au modernisme de France et d'Angleterre, ce n'est pas douteux, mais sans que cette propagande lui ait ajouté le moindre élément créateur ^.

Il y aurait sans doute à chercher vers la même époque les premiers germes de ces tendances, qui devaient éclore bientôt chez les jeunes laïques du Rinnovamento, à un vague idéalisme religieux plus ou moins émancipé de toute foi et à une réforme de l'Église en conséquence. Là pourrait se trouver le principe d'un modernisme plus proprement italien, où la tradition nationale- des Gioberti et des Rosmini allait s'associer aux aventures les plus hardies de la philosophie allemande, et à une très vieille propension aux accommodements pratiques à l'endroit de l'idéal chrétien ou sacerdotal. Il est impossible que l'agitation que nousrencontrerons autour de l'encyclique Pascendi n'ait pas eu quelques racines antérieures ; mais, outre que ce mouvement ne devait jamais atteindre que des cercles limités, les manifestations publiques ne s'en produiront que plus tard.

Dans les dernières années du xix^ siècle, il semble que le principal du mouvement novateur se concentrât dans la démocratie chrétienne. Or à peine peut-on, pour être juste, la faire entrer dans une histoire du modernisme; Car « elle ne posait pas une véritable question religieuse et n'impliquait aucune attitude qui fût réellement en opposition avec l'esprit de l'orthodoxie catholique » ^. Il n'en est pas moins vrai que M. Murri élargissait peu à peu les cadres de son action primitive, de manière à « poursuivre de front une double rénovation, la rénovation politique et la rénovation intellectuelle et religieuse ^. » Une revue, la Cultura sociale, publiée par lui depuis 1898, prolongeait le mouvement démocratique vers tous les horizons de la pensée, et

1. Aussi bien M. Buonaiuti lui-même (p. 92) ne conteste-t-il pas au miodernisme français « ses droits de priorité ». 2 E. Buonaiuti, p. 98-99.

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