‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 85 sur 451 · Batifïol, ibid., p · texte numérisé non relu

Batifïol, ibid., p

2. A. Houtin, p. 345 et 458. Voir du même La crise du clergé, p. 148- 163. X

A rencontre précisément de ce verdict, M. Loisy [Reçue d'hisL et de litl. relig., 1913, nouv. sér., t. iv, p. 572) a écrit ces lignes, qui sont tout à la fois d'un témoin mieux qualifié et d'un juge plus objectif : a M. Duchesne... n'a été, en un sens, pour rien dans le mouvement dit moderniste, bien qu'il' ait publié des œuvres- très savantes et très critiques. Au fond, M. Duchesne a été plutôt un adversaire, du modernisme, bien qu'il ait fini pai- être englobé dans les condamnations portées contre la nouvelle hérésie. On nous dit que M. Duchesne était a trop avisé pour donner dans le modernisme vulgaire, s Mais le modernisme non vulgaire de M. Duchesne n'était pas plus du modernisme que l'humanisme d'Érasme n'était le luthéranisme. ».

cien Testament, puis sur le livre de Job (1892), révélèrent un savant aux connaissances étendues et profondes, doublé d'un vigoureux écrivain, avec lequel la vieille herméneutique sacrée que dominait la théologie paraissait s'engager dans une voie positive, où l'on apprendrait à connaître la Bible telle qu'elle est. De ses travaux scientifiques il ne laissait d'ailleurs pas à d'autres le soin de suivre le contre-coup sur les grandes notions religieuses dont la Bible est le fondement. Une petite revue de courte durée, l'Enseignement biblique (1892-1893), répandait au dehors ses leçons et son esprit ^. '

Involontairement compromis dans ]' « école large » dont Mgr d'Hulst avait cru pouvoir se faire le patron, il perdit sa chaire à l'Institut catholique de Paris en. novembre 1893. Ce qui lui valut auprès de ses amis une auréole de savant méconnu, sans pour autant l'arracher aux labeurs de l'étude. A partir de cette époque, en effet, son nom apparaît plus souvent dans les revues ecclésiastiques, sans parler des pseudonymes sous lesquels on savait le deviner.

Dans la suite, comme pour démentir la générosité de ceux qui lui firent alors si large crédit, l'auteur a tenu à faire savoir qu'il s'était, dès ce moment-là, depuis déjà lontemps détaché de la doctrine catholique ^. Mais, bien loin que rien permît de soupçonner cette situation, tout contribuait à le mettre au nombre des plus éclairés parmi les défenseurs de l'Église. Qu'il suffise de citer le témoignage que lui rendait encore, à la veille de la crise, un de ceux qui ont le plus fait pour signaler ses déviations :

Une valeur scientifique peu commune, faite d'une information très attentive et d'une critique pénétrante, aussi bien dans le champ de la philologie sémitique que dans celui de la pensée religieuse contemporaine; un talent d'exposition remarquable par sa souplesse, et, çà et là, une beauté intérieure sans recherche, la sincérité d'une âme religieuse qui n'a jamais écarté les problèmes que sa critique soulevait en sa marche, ce sont là des traits qui expliquent l'autorité conquise par M. l'abbé Loisy

1. L'Allemagne elle-même allait bientôt regarder vers lui et, comme autrefois à Origène, un de ses admirateurs lui décernait le surnom i'Adamantius. Voir Th. Engert, p. 8.

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