‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 87 sur 451 · L. de Grandmaison, dans Études, 1908, t. cxvn, p · texte numérisé non relu

L. de Grandmaison, dans Études, 1908, t. cxvn, p

déjà produites dans l'Église sans ébranler notablement les esprits. Si ce fut le contraire dans le cas présent, c'est parce que « les hommes qui, en fait, menaient la campagne, recevaient un surcroît de force du mouvement général de rénovation qui poussait en avant les sciences religieuses au sein de l'Église. Ils bénéficièrent, durant un temps, des généreux efforts, de l'érudition, des travaux, des hardiesses même d'un groupe considérable de catholiques loj aux, mais progressistes ■'•. »

Ce « mouvement général » était, pour une bonne part, l'œuvre des Instituts catholiques, où les Facultés de théologie déployaient une discrète mais bienfaisante activité. Si Paris avait donné le branle, les autres suivaient. Pour ne citer que quelques indices, Toulouse avait à sa tête, depuis 1898, un élève de Duchesne, Mgr P. Batifïol (1861-1929), qui venait de transformer en un organe de science religieuse, sous le nom de Bulletin de littérature ecclésiastique (1899), l'antique revue littéraire de la maison et y groupait autour de lui une élite de vieux maîtres renforcée de jeunes talents ^. Luimême commençait dès lors (1902) la publication de ses Études d'histoire et de théologie positive. A Lyon, M. Jacquier donnait des travaux de solide exégèse, tandis que J. Tixeront (1856-1925) s'apprêtait à écrire cette histoire des dogmes (1905-1912) qui devait être l'œuvre de sa vie. Quelques années "^auparavant (1892), l'école de Jérusalem fondait la Revue biblique internationale, qui, sous la direction du P. Lagrange, allait se classer au premier rang des périodiques spécialisés.

A ces foyers de science il faut joindre les organes de vulgarisation qui travaillaient à l'initiation du moyen public. Deux virent le jour à cette époque : la Reçue du clergé français, à la fois théologique et pastorale, fondée en décembre 1894 par le futur Mgr Lacroix, continuée par M. Bricout, et destinée surtout aux prêtres; la Quinzaine, plutôt littéraire et philosophique, créée en novembre 1894 par un universitaire catholique, George Fonsegrive (1852-1917), très apprécié des milieux laïques libéraux et qui, par surcroît, était devenu

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