‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 97 sur 451 · A. Houtin, p · texte numérisé non relu

A. Houtin, p

de talent, M. Félix Klein, professeur à l'Institut catholique de Paris, traduisit en français, en les accompagnant d'une préface chaleureuse, les principaux discours de l'archevêque de Saint-Paul ^. Il obtint un très gros succès d'opinion et de librairie : le courant vers l'américanisme était créé.

Mais l'affaire du congrès des religions vint bientôt faire naître les premières difficultés. Toujours attentif à ne perdre aucun moyen de frapper l'opinion, l'épiscopat d'Amérique avait assuré au catholicisme sa place dans la série des assemblées religieuses organisées pendant l'exposition nationale de Chicago (1892-1893). Non seulement les catholiques y tinrent leur congrès spécial, mais ils voulurent prendre part au parlement général des religions, où ils furent pendant dixsept jours représentés par au moins un des leurs sur toutes les questions du programme et eurent une journée entière à eux, au cours de laquelle prirent la- parole deux évoques et trois archevêques, dont le cardinal Gibbons.

Cette initiative fut présentée sous le jour le plus favorable par un rapport de Mgr Keane au Congrès international de Bruxelles (1894). L'idée parut intéressante à un certain nombre de catholiques français; elle séduisit surtout un prêtre remuant, Victor Charbonnel, et un comité se constitua pour organiser un semblable congrès pendant l'exposition de 1900. Ébruité prématurément par V. Charbonnel ^, le projet souleva force discussions dans les journaux et surtout l'opposition du cardinal Richard, qui obtint de Léon XIII une lettre de blâme. V. Charbonnel n'en poursuivit pas moins la propagande de son idée, que combattait toute la presse religieuse. Il acheva de perdre sa cause en quittant l'Église avec éclat (1897) pour passer au protestantisme et bientôt verser dans l'anticléricalisme militant. En soi, cette affaire était de minime importance. Mais elle put faire craindre à plusieurs que l'américanisme ne recouvrît autre chose que du zèle, et fournit à ses adversaires une première occasion d'y dénoncer un péril doctrinal.

Un incident autrement sérieux allait surgir quand parut,

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