Revue de Paris, 1^^ septembre 1895, t. v, p
en 1897, la traduction par M. Klein de la Vie du P. Hecker ^. Converti du^protestantisme, fondateur de la congrégation des Paulistes, qu'il destinait à l'évangélisation des dissidents, W. Hecker (1819-1888) avait joui de la plus grande considération pendant sa vie et laissé la réputation d'un véritable apôtre. Mystique très personnel, il entendait que la forte xirganisation hiérarchique de l'Église eût pour effet d'exciter les initiatives individuelles, où il voyait une poussée du Saint-Esprit. Homme d'action, il prêchait le développement des vertus actives de préférence à l'ascétisme solitaire, et opposait les vertus naturelles à certaines conceptions étriquées du surnaturel. Épris de liberté, il trouvait étroites les formes reçues de la vie religieuse et avait voulu que sa congrégation ne comportât point de vœux. Tout cela s'exprimait avec ces formes tranchantes qu'autorise la rude franchise américaine, et s'accompagnait d'appréciations assez libres sur les errements du vieux monde. Or ce sont précisément ces traits modernes que la préface du traducteur s'appliquait à faire valoir ^.
Au début, le succès de l'ouvrage fut très vif ^. Cependant la contradiction n'allait pas tarder à venir. Les premiers porte-parole en furent le chanoine H. Delassus dans la Semaine religieuse de Cambrai*, puis les jésuites B. Gaudeau et St. Coubé dans les grandes chaires parisiennes ^. Mais la plus vive attaque fut menée par un prêtre des Frères de saint Vincent de Paul, M. Charles Maignen," dans une série d'articles publiés par la Vérité française, à partir du 3 mars 1898, et qui furent aussitôt réunis en volume sous ce
1. Elle était due au pauliste W. EUiot et circulait paisiblement en Amérique depuis 1894.
2. W. Hecker y devenait « un docteur. », l'homme providentiel qui « a tracé et réalisé en lui l'idéal du prêtre pour l'avenir nouveau de l'Église. »
3. Voir A. Houtin, p. 269-274. Même à l'Ami du clergé (16 décembre 1897, t. XIX, p. 1080-1086), on le recommandait sans réserves. L'enthousiasme gagnait jusqu'à l'Allemagne, où H. Schell se réclamait de Mgr Ireland et de W. Hecker. Voir Die neue Zeit und der alte Glaube, p. Iri4.
4. Ces articles ont ensuite donné son ouvrage : L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Lille, 1899.