Houlin, p
titre agressif : Le Père Hecker est-il un saint P Avec le fondateur des Paulistes, son biographe et son traducteur, l'auteur y attaquait l'épiscopat libéral d'Amérique coupable de patronner ces tendances/.
Les américanistes soutenaient d'ailleurs le choc. Sous le pseudonyme d' « H. Qelorme », M. Klein défendait son œuvre dans le Correspondant du 25 juin 1898^, et le cardinal Gibbons intervenait en faveur du P. Hecker par une lettre publique à W. Elliot en date du 14 avril ^. L'opinion tout entière était alertée et chacun se croyait tenu de prendre parti pour ou contre I'k américanisme * ».
Comme il devait arriver, le Saint-Siège fut saisi de l'affaire et Léon XIII trancha la question par sa lettre Testent benecoleniiœ (22 janvier 1899), où, avec force ménagements pour le peuple américain, il désavouait « certaines opinions sur la manière de vivre chrétiennement... dont l'ensemble est désigné par certains sous le nom d'américanisme ». Il n'est pas douteux que le pape n'y visât les principales thèses de spiritualité « moderne » que ses admirateurs avaient voulu accréditer sous le patronage de W. Hecker.
Après la publication de la lettre pontificale, le calme se rétablit aisément. Mgr Ireland'le premier, qui se trouvait alors à Rome, et, après lui, les autres évêques américains envoyèrent successivement au pape leur adhésion. L'auteur ainsi que le traducteur de la Vie du P. Hecker en firent autant et retirèrent l'ouvrage du commerce. Interrogé d'Amérique sur le sort de l'américanisme en France, Mgr Péchenard en-pouvait sans crainte annoncer « la fin ^ ». D'autant
1. Son ouvrage lui valut, avec les éloges du P. Martin, dans Études, 1898, t. Lxxvi, p. 214-224, l'approbation de plusieurs évêques français, parmi lesquels se distinguèrent NN. SS. Isoard d'Annecy et Turinaz de Nancy. De Belgique également, le jésuite A. Delattre entrait en lise par son volume : Un catholicisme américain, Namur, 1898.
2. Une campagne contre l'Église d'Amérique, t. clv, p. 1145-1134. Voir de même l'article modérateur de M. Bricout : L'arnéricanisme, dans Revue du clergé fr., 1898, t. xv, p. 412-435.