Reg., Lxxi : Ut obedientes sint sibi invicem fratres
5o CHAPITRE II
gneiir : Qui vous écoute m'écoute, considère uniquement Dieu, son Maître, et son obligation de le servir en tout. Il se tient, comme le soldat sous les armes, le pied en avant, disposé à partir au premier signal et à se rendre au lieu indiqué par son chef^ Son cœur se donne sans réserve au travail prescrit. Néanmoins, quand la voix de Dieu retentit à ses oreilles, il l'abandonne sur-le-champ, pour embrasser une œuvre différente. Son obéissance prompte, simple, joyeuse, résolue, sincère, a horreur des retards, indices d'une volonté lâche et indécise, et des murmures qui trahissent une âme remplie d'elle-même et vide des pensées surnaturelles.
Le moine ne se permet pas de juger le commandement qui lui est transmis^ Cet ordre, quel qu'il soit, vient du Maître ; cela suffît. Il n'appartient au serviteur ni de louer ni de blâmer. Son rôle est d'obéir humblement et simplement, et de mettre ainsi au service de la volonté divine toutes les énergies de son âme et de son corps.
L'organe dont Dieu se sert est capable de se tromper, en donnant une obédience inutile, nuisible, voire même ridicule ou impossible. Le moine commence alors par se soumettre. Le supérieur peut avoir parlé sans connaître suffîsamment ce dont il s'agit, et être victime de l'ignorance. C'est répondre à ses intentions que de lui exposer respectueusement les raisons qui sont de nature à l'éclairer. Mais si les ordres sont maintenus, le devoir de l'inférieur est d'imposer à son intelligence et à son jugement un silence pratique, du moment qu'ils ne sont manifestement contraires ni aux lois de Dieu et de son Eglise, ni aux volontés de la Règle et des supérieurs