‹ Le moine bénédictinChapitre 14 sur 88 · I. Aspera et dura per quœ itur ad Deum. Reg., lviii · texte numérisé non relu

I. Aspera et dura per quœ itur ad Deum. Reg., lviii

Les abbayes du moyen âge avaient conservé fidèlement cette tradition séculaire. Mais plusieurs des Congrégations modernes se virent contraintes, on s'en souvient, de la sacrifier aux circonstances. De notre temps, elle regagne peu à peu le terrain perdu, tout en s'adaptant aux nécessités qu'imposent le développement de l'Ordre et la charité monastique.

Le religieux est, par le fait de sa profession, constitué dans un état supérieur à celui des chrétiens qui ne contractent pas les engagemetits des vœux solennels. Il est sur la route qui mène à la perfection et à la sainteté. Il n'a qu'à la suivre par la pratique fidèle de ses vœux, et il arrivera à cet amour ardent qui, dilatant le cœur, lui fera savourer dès ici-bas les joies de la patrie céleste et répéter avec l'Apôtre saint Paul : Je çis, il est vrai, mais ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi^. Ce sont des joies que l'expérience seule permet d'apprécier. Elles dédommagent amplement des peines et des travaux qu'il a fallu essuyer. Elles font du moine l'être le plus heureux du monde. Il a vraiment choisi, comme Madeleine, la part la meilleure^.

La pratique de la vie religieuse contribue puissamment encore à la formation du serviteur de Dieu. Elle accroît son dévouement et sa force morale ; elle le discipline pour en faire un instrument docile à toutes les inspirations de la grâce, capable d'exécuter les œuvres les plus grandes. Ces hommes extraordinaires qui, durant des siècles, ont exercé sur la société une telle influence, et qui continuent de nos jours à tant travailler pour la défense de l'Eglise, l'extension du règne de Notre-Seigneur et le bien même temporel

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