‹ Le moine bénédictinChapitre 17 sur 88 · Id., ibid., Lxvii · texte numérisé non relu

Id., ibid., Lxvii

pour qu'il fût utile de s'en éloigner complètement. Ils se contentèrent donc de l'adapter à la fin particulière qu'ils poursuivaient.

Un artiste, vivement frappé par ce caractère catholique de la sainte Règle, a représenté saint Benoît offrant l'hospitalité à tous les fondateurs d'Ordres rehgieux. Ils sont assis devant une table, et le bienheureux Patriarche leur sert le pain de sa doctrine et de sa Règle. Ce tableau avait sa place toute marquée sur la montagne du Gassin.

L'influence du législateur monastique est allée plus loin encore. La législation ecclésiastique n'avait pas à cette époque la précision que lui ont donnée plus tard les décrets des papes et des conciles et le travail de ses docteurs. Les barbares lui offraient, par leur conversion, un élément neuf qu'elle devait travailler et transformer. Il lui fallait dans ce but compléter l'ensemble de son droit et se préparer ainsi à conduire ces peuples avec l'autorité d'une reine et la sollicitude d'une mère. Les hommes qui lui servirent d'instruments étaient, en grand nombre, sortis du monastère bénédictin. Ils firent tout naturellement de larges emprunts à cette Règle qui les avait élevés et dont ils connaissaient les inépuisables ressources. Elle fut l'inspiratrice de leurs décisions conciliaires et de ces actes de leur gouvernement qui ont tant contribué à fixer le droit canon. On ne peut pas dire qu'ils aient voulu former l'Eglise à l'image du monastère. Mais il arriva par la force des choses qu'ils reproduisirent en elle des traits nombreux empruntés à saint Benoît. « Le monastère était sorti des entrailles de l'Eglise ; il vivait de sa substance la plus pure ; cette vie revint à sa source ^ »

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