‹ Le moine bénédictinChapitre 18 sur 88 · I. D. Pitra, op. cit., lix · texte numérisé non relu

I. D. Pitra, op. cit., lix

La société civile ne put pas davantage se soustraire à cette influence. Les moines turent les premiers éducateurs des rois barbares ; ils restèrent leurs conseillers et leurs appuis jusqu'à une époque assez avancée du moyen âge. Les princes apprirent ainsi à connaître saint Benoit ; ils admirèrent sa connaissance des hommes et mirent à profit ses enseignements sur la manière de les conduire. Gharlemagne méditait sa Règle en écrivant les .Gapitulaires ; Hugues Gapet l'appelait l'asile assuré des monarques et des peuples, et, à une époque plus rapprochée de nous, Gosme de Médicis la portait toujours sur lui : elle était à ses yeux le manuel de la sagesse i.

Ge rôle que la sainte Règle a rempli dans l'histoire de l'Eglise et du monde permet de ranger son auteur parmi ces hommes à qui la postérité reconnaissante a décerné le litre glorieux de Père. « Dieu, qui, de toute éternité engendre un Fils, dit à ce sujet le cardinal Pie, s'est ménagé dans la race humaine des hommes à part, des colosses, qui ont été comme des réceptacles vivants de la paternité divine. Tel fut Abraham, ce père par excellence de tous les croyants, en qui ont été bénies toutes les nations de la terre. Tel fut, je l'avais ainsi appris déjà du pieux Olier, tel fut dans la loi de grâce le glorieux saint Benoit, le père de tous ceux qui pratiquent la foi jusqu'à observer les conseils évangéliques. Gomme Abraham, il n'est pas le premier de sa généalogie. Avant lui, saint Antoine, saint Basile, saint Martin, saint Pacôme et d'autres encore. Néanmoins, il sera toujours le plus illustre des patriarches de la Loi nouvelle, ainsi qu'Abraham de la Loi ancienne 2. »

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