‹ Le moine bénédictinChapitre 20 sur 88 · I. Gard. Pie, op. cit · texte numérisé non relu

I. Gard. Pie, op. cit

les âmes, les unir à Dieu, et les associer ainsi à la vie de son Eglise. Ce caractère se rencontre si bien à toutes les pages de sa Règle, qu'il suffît de la feuilleter un instant pour s'apercevoir qu'elle est surtout un livre ascétique. Elle ne présente pas, il est vrai, l'allure méttiodique des traités de vie intérieure les plus répandus; mais cela ne saurait l'empêcher d'être l'une des sources où les chrétiens peuvent puiser les lumières les plus sûres et les plus abondantes pour leur gouvernement personnel et pour la direction des autres. « C'est, ditBossuet, un précis du christianisme, un docte et mystérieux abrégé de toute la doctrine de l'Evangile, de tontes les institutions des saints Pères, de tous les conseils de perfection. Là paraissent avec éminence la prudence et la simplicité, l'humilité et le courage, la sévérité et la douceur, la liberté et la dépendance. Là, la correction a toute sa fermeté, la condescendance tout son attrait ; le commandement toute sa vigueur, et la sujétion tout son repos; le silence sa gravité, et la parole sa grâce, la force son exercice, et la faiblesse son soutien i. »

Saint Benoit commence par établir dans son Prologue ou préface les fondements sur lesquels il veut édifier la vie religieuse de ses disciples. Gomme tous les maîtres, et, en particulier, saint Ignace, il n'en pose point d'autres que les grandes vérités. Dieu a créé l'homme pour le connaître, l'aimer et le servir. Mais l'homme s'est, par le péché, éloigné de cette fin sublime et séparé de son Créateur. Le Fils de Dieu a revêtu la nature humaine, afin de le remettre dans le sentier du devoir. Sa grâce l'invite d'une manière pressante à revenir au Seigneur; elle lui montre la voie. La pensée des droits du Créateur sur sa créa-

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