I. Bossuet, Panégyrique de S. Benoît
ture, la perspective de la mort, qui peut le frapper à rim[)roviste, du jugement qui la suivra, et de l'enfer, juste châtiment du pécheur, le pénètrent d'une crainte salutaire, et lui donnent le courage de persévérer dans le laborieux exercice de la pénitence, qui doit le réhabiliter. Le désir du ciel le soutient aux heures de tristesse. Le souvenir de ses chutes passées le persuade de sa faiblesse et lui inspire une légitime défiance de lai-même, tandis qu'une entière confiance dans la miséricorde divine lui révèle la force irrésistible d'une prière humble et persévérante. L'àme, éclairée par cette doctrine, suit le chemin du salut ; elle se range sous l'étendard du seul vrai Roi, le Christ Jésus, pour combattre Satan et son armée. Les premières luttes sont pénibles; mais bientôt le cœur se dilate et finit par goûter combien il est bon de participer ici-bas aux souffrances de Notre-Seigneuri.
Le bienheureux Père entre ensuite dans le corps de sa Règle, en disant qu'il se propose d'organiser la vie des cénobites, ou moines, qui vivent en commun2. Puis il parle du chef de la famille monastique et des obligations qui lui incombent. Il indique la part qui revient aux religieux dans le gouvernement de la maison 3. Les quatre chapitres suivants peuvent supporter la comparaison avec les pages les plus vraies et les plus profondes tombées de la plume des principaux docteurs de l'ascèse religieuse. Par le silence, il crée autour de son moine une atmosphère de recueillement bien propre à favoriser l'action de l'Esprit-Saint^. L'humilité lui fait prendre en face de