Id., VI
Dieu, son Créateur et Rédempteur, la seule attitude qui lui convienne, celle du serviteur dont l'obéissance humble et respectueuse ne connaît aucune limite ^ Le chapitre quatrième lui met en mains un sommaire des préceptes et des conseils évangéliques dont la formule, précise comme une sentence, se grave au fond du cœur. La méditation lui en rend l'usage familier. Ce sont les outils avec lesquels il peut exercer l'art spirituel de sa sanctification^. Le Bénédictin, docile à la voix de son maître, recueille encore tout le long de la Règle des réflexions jetées comme en passant; elles lui ouvrent sur la vie intérieure des horizons qu'il ne soupçonnait pas.
Tous ces enseignements sont condensés dans ce chapitre du bon zèle, qui est comme le testament spirituel laissé par saint Benoît à ses fils 3. Quand ils ont fait passer cette doctrine dans leurs actions de chaque jour, ils tournent les yeux vers Jésus, l'idéal de toute perfection, ils confessent leur misère, se proclament serviteurs inutiles et soupirent après la pratique de vertus encore plus élevées "i.
Une fois les principes de la formation intérieure nettement formulés, la Règle s^occupe de l'œuvre monastique et chrétienne par excellence, de l'œuvre de Dieu, Vopiis Dei^. Les douze chapitres entiers qu'elle lui consacre sont le premier monument qui présente pour l'Occident une organisation complète de l'office divin. L'Ordre Bénédictin s'y est toujours conformé, et l'Église Romaine lui a fait plusieurs emprunts.