I. Reg., xxiii-xxix
bure. Le moine, comme le pauvre, s'habille avec l'étoffe commune de la région où il vit. Il a en double chacun de ces habits, afin de pouvoir les laver quand le besoin s'en fait sentir. S'il va en voyage, on lui fournit, pour la circonstance, des vêtements neufs i.
Les frères couchent habillés, et, autant que possible, dans un même dortoir. Là tout est simple et austère. Une natte, un drap, un oreiller pour appuyer la tête, et une couverture. La lampe qui brûle durant la nuit leur rappelle cet œil de Dieu qui veille sans cesse sur ses serviteurs 2.
Ensemble pendant leur sommeil, ensemble au chœur, ensemble pendant leur travail, les moines forment une famille, dont les membres ne se quittent pas un instant. Cette vie commune ininterrompue a, certes, de précieux avantages, en leur imposant une réserve continuelle, en leur ménageant de bons exemples multiples et de nombreuses occasions d'exercer la charité. Mais quelle croix pénible n'offre-t-elle pas à chacun ! Les frères sont ainsi comme des cailloux roulés constamment les uns sur les autres dans les eaux courantes des exercices réguliers. S'ils arrivent à se polir, c'est au prix d'une mortification de tous les instants.
La sainte Règle met sur la table du Bénédictin ce qu'il faut pour entretenir ses forces : un pain, une mesure de vin, deux plats, un dessert, et c'est tout. Jamais de viande, sauf pour les infirmes. La plus grande partie de l'année, il se contente d'un repas, à midi, à trois heures ou après vêpres, suivant la saison liturgique. Durant le temps pascal et les dimanches, il en fait un premier à midi et un second le soir, sans
1. Reg., Lv. De nos jours, les Bénédictins sont vêtus de noir.