I. Reg., I
cesse à l'oreille de celui qui a l'honneur de le porter, comme un écho de la voix de TEsprit-Saint, en qui les chrétiens disent à Dieu : abba, pater : abbé, père^, pour lui enseigner que seul le Seigneur peut recevoir légitimement ce titre sacré. Si parfois il est attribué à une créature, c'esl^ que Dieu a laissé descendre en elle un écoulement de sa paternité. Il lui dit que Notre- Seigneur Jésus-Christ, Créateur et Rédempteur des hommes, source et cause de la sublime vocation des moines, est le seul véritable abbé du monastère. Celui qui en porte le nom ne saurait être que son lieutenant : Christi enim agere vices in monasterio creditiir^. Ce sont les propres paroles du bienheureux Patriarche.
Comme elles pressent le supérieur d'imiter cet abbé par excellence, en dépensant ses forces, sa vie même au service des âmes confiées à ses soins ! Comme elles l'animent à réaliser dans toute sa conduite le beau nom qui lui est attribué !
Les moines, à leur tour, apprennent par là à vénérer, écouter, chérir Notre-Seigneur lui-même dans la personne de leur abbé. Ce sentiment de foi domine la sympathie naturelle que peuvent leur inspirer ses qualités, son dévouement et les services qu'ils en ont reçus. Il leur donne le courage de fouler aux pieds les répugnances que leur pauvre nature et le démon tenteraient de leur suggérer. Tout se transforme et grandit à cette lumière. L'abbaye devient un vestibule du ciel, oii les moines, frères des Anges, savourent le paisible bonheur de l'obéissance et de la charité.
Puisque l'abbé représente le Christ, qui donc osera