‹ Le moine bénédictinChapitre 35 sur 88 · LXIV · texte numérisé non relu

LXIV

2. In ipsis imperiis suis slt providus et consideratus... Opéra quœ injungit discernât atque temperet^ cogitans discretionem sancti Jacoby etc. (Id.)

3. Non sit turbulentus et anxius... non zelotypus et nimis suspiciosuSy quia nunquam requiescet. (Id.)

avant de châtier un coupable. Aussi de combien de délicatesses n'en tour e-t-il pas celui qu'il est contraint d'attrister ! Combien il soumet la rigueur de la justice aux suavités de la miséricorde i ! Et le moine, touché par tant de bonté, se livre, humilié, docile, reconnaissant, entre les mains de son père, et tire grand profit de la correction qui lui est infligée.

Gomment s'étonner qu'un supérieur mû par ces sentiments apparaisse aux yeux de ses inférieurs comme une image du bon Pasteur ? Pourraient-ils lui ménager leur dévouement religieux et leur afTection filiale? Si un malheur quelconque vient à fondre sur lui, s'il lui faut essuyer dans son gouvernement une de ces épreuves qu'il est si difficile à un homme d'éviter, on les voit aussitôt se grouper autour de lui et offrir à tous l'édifiant spectacle de l'union qui règne dans la maison du bon Dieu. Les moines ont tant de profit à s'unir ainsi de cœur avec l'abbé, que saint Benoît lui recommande instamment de tout faire pour se concilier cet attachement. Studeat plus amariquam timeri 2.

L'abbé s'applique à connaître ses religieux, à discerner leur caractère, à deviner leurs besoins. Il va au devant de chacun, sait lui donner les avis et les consolations que son état réclame, les obédiences qui sont propres à le sanctifier et à utiliser ses facultés au service de ses frères et de l'Eglise. La porte de sa cellule et, encore plus, celle de son cœur sont toujours ouvertes à tous indistinctement. Son regard, son visage, ses paroles disent à celui qui entre sa joie de le recevoir et de l'écouter, et sa volonté de le

1. Semper superexaltet misericordiam judicio, ut idem ipse consequatur. (Reg., lxiv.)

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