‹ Le moine bénédictinChapitre 36 sur 88 · Id · texte numérisé non relu

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servir. De telle sorte que chacun se considère, en sortant, comme son fils de prédilection. Ce sont les âmes surtout que son affection va chercher, c'est leur progrès spirituel qu'elle poursuit. Que sont tous les intérêts de la terre comparés à ce bien éternel? Avec quelle facilité ne lui doivent-ils pas être subordonnés? Jamais donc il ne sacrifiera aux avantages temporels de la richesse, de l'honneur ou de la science le plus minime intérêt spirituel du dernier des frères. Le voit-il, par exemple, dans une charge où il rend au monastère des services considérables : il n'hésite pas un instant à l'en retirer, si, par malheur, cette occupation le détourne de Dieu et de son amour i. Ce n'est pas à dire que le temporel doive être négligé. Telle n'est point la pensée de saint Benoît. Il demande seulement que tout se fasse avec ordre. Les âmes passent avant les corps. Mais les âmes vivraient-elles en paix dans un corps exposé à la misère? L'abbé veille donc sur les corps et sur leurs besoins véritables 2, persuadé que ses religieux correspondront d'autant mieux à sa sollicitude qu'ils se verront grâce à lui pourvus du nécessaire.

Mais un seul homme, quel qu'il soit, ne peut répondre aux exigences multiples du gouvernement d'une communauté. Le soin qu'il donnerait aux mille détails de l'administration et aux nécessités des individus le détournerait certainement de l'attention qu'il doit porter sur l'ensemble; aussi la sainte Règle procure-t-elle à l'abbé des aides en qui il déverse une partie de son autorité. C'est le prieur qui veille sur la discipline régulière ; il a pour le seconder les

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