‹ Le moine bénédictinChapitre 38 sur 88 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

Saint Benoît tient à ce que les officiers ne perdent jamais de vue leur complète dépendance i. La conservation de la paix et de la charité est à ce prix. Or, la perpétuité du religieux dans une charge pourrait l'exposer à s'en croire le maître et à n'y suivre d'autre volonté que la sienne. Pour éviter ce péril, la tradition veut que, une fois l'an, tous les dignitaires, depuis le prieur jusqu'au portier, soient déposés de leurs fonctions. Cet acte se passe au chapitre. L'abbé les déclare, l'un après l'autre, absouts de leur office. Ils viennent alors successivement, devant la croix, remettre les clefs et les instruments et avouer publiquement les fautes qu'ils ont commises. Ils se mettent à genoux et reçoivent une pénitence. Quelques jours après a lieu la proclamation des nouveaux officiers. Cette coutume prêche à tous le détachement des emplois et fait penser au compte sévère qu'il en faudra rendre au Seigneur.

Grâce à ses nombreux auxiliaires, l'abbé conduit sa maison sans être 'trop absorbé. Il sait si bien régler l'exercice de l'autorité que tout est prévu et se fait à son heure. De la sorte, il peut s'appliquer à la direction générale et remplir un de ses devoirs les plus importants.

Saint Benoît lui impose l'obligation d'enseigner ; sa doctrine doit être dans les âmes une semence de la divine justice 2. Il lui faut connaître la loi de Dieu, afin de savoir en tirer un enseignement à la fois ancien et nouveau 3. Car ce sont les idées qui jettent la vie dans le monastère. Et c'est une vie intense qu'il réclame. Or nul autre que l'abbé n'est en situa-

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