Id., Lxiv
L'ABBE loi
tion de la lui communiquer. Il le fait dans les conférences publiques ; il le fait encore dans ses entretiens particuliers; toutes ses relations avec les frères lui deviennent une occasion de les instruire ou, au moins, de tenir leur esprit en éveil.
Sa doctrine est puisée aux meilleures sources. C'est un miel qu'il a butiné sur les fleurs des divines Ecritures, des saints Pères et des innombrables témoins de la tradition catholique. Il a scruté tous les passages de la sainte Règle et les prescriptions du droit. Il s'est arrêté sur les écrits des ascètes, sur la liturgie et ses mystères, sur la vie et les œuvres des Saints, sur l'histoire de l'Eglise et du monde. Si étendues que soient ses connaissances, il ne cesse pas néanmoins de travailler. Les heures qu'il sait dérober aux vivants et qui n'appartiennent pas à la prière le mettent en contact avec les hommes du passé et entretiennent le courant intellectuel dont son esprit a besoin. Son enseignement, qui est par-dessus tout pratique, s'adapte au temps et aux circonstances au milieu desquelles s'écoule la vie de ses moines. Il suit la marche des idées ; il connaît son époque avec ses qualités et ses défauts. Sa parole sait imprimer aux intelligences une direction sûre ; elle donne sur les événements politiques et littéraires la note juste et vraiment chrétienne ; elle signale aux âmes le moyen de glorifier Dieu dans toutes les œuvres de sa Providence; en un mot, elle fait du monastère un lieu irrépréhensible, locus irreprehensibilis^ .
Il lui est facile dès lors de discerner la place que le monastère doit occuper dans l'activité contemporaine au service de la cause catholique ; de la lui assigner, s'il en est besoin ; de l'y maintenir, s'il l'occupe