Cf. Lenoir, Architecture monastique, t. I
2. Rich., Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, art. Domus et Andron.
LE MONASTÈRE io5
appelaient atrium. De là, on passait dans une cour environnée de galeries couvertes, à laquelle on donnait d'ordinaire le nom grec de péristyle ; et c'est justement le cloître où l'on entre de l'église; et c'est d'où l'on entre dans les autres pièces, comme le chapitre, qui est Yexèdre des anciens, le réfectoire, qui est le triclinium ; et le jardin est d'ordinaire derrière tout le reste, comme il était aux maisons antiques i. »
On peut critiquer quelques-unes des attributions données par Fleury: il est difficile, par exemple, de voir dans l'église l'ancien atrium. Mais la justesse de son observation frappe quiconque a sous les yeux le plan d'une ancienne maison romaine.
Les moines avaient donc là tout ce qu'il leur fallait : des appartements rapprochés les uns des autres, où ils pouvaient remplir en commun les devoirs de leur état monastique et satisfaire aux nécessités de la vie, c'est-à-dire prier, recevoir un enseignement, travailler, prendre leur repas et se liver au sommeil. Le lieu de la prière ou l'oratoire avait sa place marquée dans l'une des pièces plus vastes qui se trouvaient au fond du péristyle ; ils n'avaient qu'à tenir leurs réunions conventuelles dans une salle voisine qui devenait le cliapitre ; ils se tenaient sous le péristyle ou Vatrium, qui formait le cloître, pour s'adonner à la lecture. Le triclinium ou réfectoire gardait sa destination. Ils plaçaient leur lit soit dans quelques-uns des appartements du rez-de-chaussée, soit dans le dortoir des domestiques. D'autres pièces assez nombreuses leur restaient encore pour servir d'atelier, de cellier, de scriptorium, de chauffoir en hiver, etc. Le jardin, les étables, les champs, placés autour de