Vlta S. Wandregesili, Acta SS. O. M.,\\, 5i
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chœur, disposées dans la nef, d'un jubé, qui en fit un petit oratoire isolé au centre d'une basilique spacieuse ; les moines pouvaient y vaquer à la louange divine sans être troublés par la vue des fidèles.
Toute église catholique est consacrée soit à un mystère soit à un saint, dont elle porte le nom. Les Bénédictins ont aimé à placer les leurs sous le vocable de la sainte Trinité ; c'était une dévotion assez générale au onzième siècle. Celles de la plupart des grandes abbayes de la période mérovingienne, Luxeuil, Gorbie, Jumièges, Fontenelle, etc., étaient consacrées en l'honneur du prince des apôtres ; Gluny et beaucoup d'autres eurent dans la suite le même titulaire. Le nombre de celles qui portent le titre de Notre-Dame est considérable. On en trouve dédiées à saint Michel, à saint Martin de Tours, et aux saints qui sont dans l'endroit l'objet d'une vénération particulière, à cause soit des souvenirs de leur vie, soit de la présence de leurs reliques.
Les titulaires des autels sont choisis de préférence parmi les saints qui occupent la première place dans la dévotion catholique, ou qui ont eu des relations spéciales avec le monastère ou la province. Les Bénédictins professent une tendre piété pour les membres de leur famille religieuse, qui ont mérité les honneurs d'un culte liturgique, en particulier pour saint Benoît, sainte Scholasticme, saint Maur, les saints qui ont fondé l'abbaye ou qui l'ont illustrée de leur présence. Une chapelle leur est d'ordinaire attribuée. Mais ils ne font pas pour cela de leur église un sanctuaire exclusivement réservé aux bienheureux de leur Ordre; ils l'ouvrent aux grands Saints de tous les pays, de toutes les époques, de toutes les familles religieuses. Leur dévotion va de préférence
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LE MONASTERE m
à ceux dont ils possèdent les reliques. Ils déposent parfois ces ossements vénérés au-dessus de l'autel ou sous la table sacrée. Celles qui ne peuvent être placées en lieu aussi vénérable sont réunies dans un oratoire spécial, ou dans une dépendance de la sacristie, appelée avec raison le trésor, puisqu'on y conserve ce qui est, après l'Eucharistie, la principale richesse du monastère.
Les reliques ont de tout temps occupé une place importante dans la dévotion des enfants de saint Benoit. Ils les considèrent comme la dépouille mortelle de leurs frères, les saints qui remplissent au milieu des splendeurs de l'abbaye du ciel ce ministère de louange divine qui est la meilleure occupation de leurs propres journées. Pendant que les âmes des saints reçoivent là-haut la récompense de la béatitude éternelle, leurs corps, qui sont une partie d'eux-mêmes, attendent en compagnie des moines le triomphe de la résurrection. Ceux-ci aiment à devancer pour eux cette glorification suprême, en leur rendant les honneurs qu'ils ont si bien mérités par le travail et la pénitence. Avec quel respect ne les traitent-ils pas? Ils ne reculent devant aucune dépense lorsqu'il s'agit de leur procurer des reliquaires où la richesse du métal est surpassée par la beauté de l'ornementation. Mais ils les honorent surtout en leur prodiguant les témoignages de leur contiance. Ils viennent se jeter à leurs pieds, s'entretenir avec eux de leurs besoins personnels, des intérêts de l'abbaye et de la catholicité. Pendant les Rogations, ils les portent solennellement à travers les campagnes, à qui leurs bénédictions assurent la fertilité. Survient-il une détresse publique : c'est à leur puissante intercession qu'ils recourent immédia-
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tement. Les grâces obtenues de la sorte leur font mieux apprécier la joie de les posséder.
Les saints, de leur côté, recherchent le séjour du monastère. Ils disposent les circonstances qui peuvent les y amener. Et ils y viennent en grand nombre. Souvent il leur est arrivé de préférer le séjour d'un abbaye à celui d'une autre, et de seconder par des miracles le pieux larcin du moine qui dérobait leurs ossements.
Que de fois de saints abbés se sont imposé de longs, pénibles et dispendieux voyages dans le but de se procurer de pareils protecteurs ! Ce culte des reliques est pour le religieux une touchante consolation ; il le prépare doucement à la mort et la lui fait envisager avec confiance. Les âmes des saints dont il a si fidèlement honoré la dépouille lui feront un accueil empressé, lorsque l'heure de quitter la terre aura sonné pour lui. Quand, au dernier jour, son corps sortira du tombeau pour accourir en leur compagnie au-devant du souverain Juge, Dieu voudra- t-il le séparer de ceux qu'il a servis avec tant d'amour?
Saint Benoît, en parlant de l'oratoire, dit une parole bien lumineuse, qui a eu sur l'avenir de l'art chrétien une influence considérable : « Oratorium hoc sit quod dicitur\ qu'il soit ce qu'indique son nomi », c'est-à-dire un lieu de prière. Il l'est par la consécration qu'il reçoit, par le respect dont chacun l'entoure, et par le soin qu'apportent les religieux à n'y rien faire, ni permettre extérieurement ou intérieurement qui répugne à sa dignité. Mais cela ne saurait suffire au Bénédictin. 11 faut que tout y soit