Part. II, ch. m, p. 181, éd
i5o CHAPITRE VI
ment à réformer les mœurs de Tétat monastique et qui y ait réussi avec plus de succès que ce saint Docteur!. »
Quant à cette admirable sainte Gertrude, qui a reçu les manifestations du Cœur de Jésus longtemps avant la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, on la considère à juste titre comme le type achevé de la piété bénédictine : « Elle respire partout l'esprit de saint Benoît », suivant la judicieuse remarque du P. Faber^. Avec quelle élévation n'envisage-t-elle pas le rôle et l'action du Sacré-Cœur dans l'économie de la gloire divine et de la sanctification des âmes ! Personne n'en a exposé les mystères avec autant d'insistance et de précision 3. Pour elle, ce Cœur divin est un instrument merveilleux qui retentit sans cesse à la louange de l'adorable Trinité. Les adorations des anges et des saints, les hommages des fidèles s'unissent à lui pour ne former qu'un seul concert, une seule liturgie. Son Héraut de V amour divin permet de la suivre pas à pas dans toutes les phases de sa vie religieuse, au chœur surtout, à travers les richesses et les variétés du cycle et des offices liturgiques, et de constater ce que le Seigneur opère en son âme. Les novices lisent et relisent ses œuvres. Ils revoient, à chaque fête, le chapitre qui lui est consacré. C'est ainsi qu'ils arrivent à saisir le caractère des relations qu'ils doivent entretenir avec Notre-Seigneur et à comprendre que la forme la plus belle et la plus complète de la dévotion au Sacré-Cœur est la liturgie célébrée avec toute la solennité désirable.
Durant le moyen âge, l'ascèse bénédictine est encore représentée par Alcuin, saint Boniface, saint