Ps. XIV, I
4o CHAPITRE II
Il ne s'agit pas ici d'une pratique passagère, qui puisse durer quelques années seulement, mais bien d'une pratique définitive, à laquelle l'homme s'engage librement et d'une manière irrévocable. Une fois sa parole donnée, il est établi dans un état d'où il ne peut déchoir. C'est ce que l'Eglise appelle l'état religieux. Le fidèle qui l'embrasse se met dans l'obligation de suivre les conseils évangéliques, de chercher par ce moyen la perfection de la vie chrétienne, et d'imiter avec plus d'exactitude les exemples de Notre- Seigneur Jésus-Christ. C'est un lien qui l'attache.
Mais, pour remplir dans toute leur étendue les conditions que cet état lui impose, il a besoin d'une entière liberté. Il lui faut commencer par rompre toutes les chaînes qui pourraient le retenir, et les briser de telle sorte qu'elles ne puissent jamais se reformer. L'Evangile lui indique les moyens à prendre pour cela. « Va vendre tout ce que tu possèdes, et distribue le prix aux pauvres i », lui dit Notre-Seigneur dans la personne de l'adolescent. « Tu t'affranchiras ainsi des absorbantes servitudes de la propriété. Donne à ce premier acte de détachement un caractère définitif, en te réduisant par un vœu à l'impossibilité de posséder jamais quoi que ce soit.
c( Puis viens, çeni, sors du monde, quitte tes parents ; renonce, par le vœu de chasteté, au droit que t'a donné le Créateur de te choisir une épouse et de te créer, avec son concours, un foyer et une famille. Et enfin, par le vœu d'obéissance, contracte l'engagement de marcher à ma suite, seqiiere me, pour me servir de plus près. »
Ces trois vœux sont la triple chaîne qui fixe le religieux dans son noble état. S'ils sont des liens par