‹ Le moine bénédictinChapitre 52 sur 88 · Keg., Lviii · texte numérisé non relu

Keg., Lviii

i54 CHAPITRE VI

loureuses ! je le veux , mais heures précieuses, qui donnent du nevt au caractère et font envisager l'existence sous son vrai jour.

C'est la charité monastique qui peut être l'objet des plus nombreuses illusions. Quel novice, en effet, ne s'est surpris' répétant au fond de son cœur ces vers du poète :

Cloîtres silencieux, voûtes des monastères.

C'est vous, sombres caveaux, vous qui savez aimer '...

et n*a pris plaisir à relire les belles pages où l'auteur des Moines d'Occident parle de l'amitié dans le cloître 2? Ah ! si les liens qui doivent unir les moines pour former cette « armée de frères », acies Jraterna'"^ , qu'est le monastère bénédictin, n'avaient pas d'autre force que celle des sentiments entrevus au travers du prisme de la poésie, comme ils se rompraient vite !

Les hommes sont un fardeau les uns pour les autres : alter alterius onera portate^, et cela jusque sous les voûtes d'un cloître, peut-être dans le cloître plus qu'ailleurs. Là, en effet, les rapports sont plus fréquents ; la clôture, l'isolement, le silence de la journée, l'absence de préoccupations graves, portent à donner aux petits riens de la vie une importance capitale ; le démon, qui sent le moine très diffîcile à attaquer sur les vertus de chasteté, de justice, se venge en livrant à sa charité les plus rudes assauts et en la soumettant à de longues et pénibles épreuves.

Le novice n'envisagerait point cette perspective si on ne lui montrait du doigt ces nombreux textes de la sainte Règle où le bienheureux Patriarche dit les

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