I. Reg., xLviii
i88 CHAPITRE VIII
véritable que saint Benoit impose à ses religieux. Il suffît, pour s'en convaincre, de se rappeler les transformations qu'ils ont ainsi opérées sur le sol de l'Europe pendant les premiers siècles de leur histoire. Néanmoins il ne paraît pas vouloir faire des gros travaux agricoles leur occupation habituelle. Ils ne s'occupent pas ordinairement de la moisson i. A cette époque, les propriétés monastiques avaient, comme la plupart des autres, un personnel de serfs à qui étaient réservés le labour, le soin et la garde des troupeaux, la récolte, en un mot l'exploitation agricole proprement dite. Il y avait toujours du travail à l'abbaye, dans le jardin, dans le moulin, à la boulangerie, dans les ateliers, pour occuper un grand nombre de religieux^.
L'étude prend le reste du temps; ce qui fait une moyenne de deux ou trois heures, les jours ordinaires. Mais sa part est beaucoup plus large les dimanches et jours de fête qui excluent les œuvres serviles. En ajoutant à cela les longues lectures faites à l'office de nuit, au réfectoire et avant Compiles, on obtient une somme de temps raisonnable accordé à l'intelligence. Elle était même considérable pour une époque où la culture intellectuelle était assez négligée. Car, au temps des empereurs ou sous le gouvernement de leur émule Théodoric, l'instruction n'était pas le privilège du peuple. Qu'est-ce que cela devint après les invasions barbares ? Or, c'est de ce peuple ignorant que sortaient la plupart des vocations monastiques. Saint Benoit ouvre à tous les portes du noviciat, sans s'occuper ni de l'instruction ni de la noblesse. Plusieurs même ne savaient pas