‹ Le moine bénédictinChapitre 60 sur 88 · Id., LVII, LXVI · texte numérisé non relu

Id., LVII, LXVI

écrire 1. Pouvait-on dès lors accorder plus à la lecture? Il est certain que beaucoup étaient incapables de s'y appliquer aussi longtemps. Plutôt que de les abandonner à eux-mêmes et aux périls de l'oisiveté, le saint Patriarche demande qu'on leur procure le dimanche une occupation. convenable^. Il usait, sans nul doute, de la même condescendance aux jours de la semaine.

Cette discrétion, qui le déterminait à faire céder la loi du travail intellectuel devant les difficultés d'esprits incultes et à laisser des frères prolonger leur oraison après les offices, au détriment des occupations communes s, le portait évidemment à fournir aux religieux qui avaient des aptitudes suffisantes le moyen de donner plus de temps à la lecture et à l'étude, surtout lorsqu'il en devait résulter pour leurs âmes, pour le monastère ou pour l'Eglise, des avantages sérieux.

Il y avait alors un travail à la lois intellectuel et manuel, qui se faisait généralement à n'importe quelle heure ; c'était la transcription des manuscrits. Or, la création et l'entretien des bibliothèques monastiques exigeaient que plusieurs frères y fussent constamment employés.

Rien dans la Règle ne détermine, il est vrai, ce que peut faire l'abbé sur ces points ; mais la grand latitude que lui donne saint Benoit pour le gouvernement de son monastère lui laissait toutes les facilités désirables. Aussi, quand une abbaye avait à sa tète un homme cultivé et ami des lettres, le voyait-on sans difficulté aucune, avec le seul secours de la Règle,

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