‹ Le moine bénédictinChapitre 63 sur 88 · I. Reg., XL VIII · texte numérisé non relu

I. Reg., XL VIII

mais encore les ressources qui leur permettent d'accroître leur recrutement et de répandre autour d'eux d'abondantes aumônes.

Il est une industrie qui convient plus particulièrement aux enfants de saint Benoît : je veux parler de l'imprimerie. Elle continue, sous une forme nouvelle et dans des proportions beaucoup plus considérables, l'œuvre de ces légions de moines copistes qui ont peuplé de manuscrits les bibliothèques du moyen âge, en sauvant et en multipliant les trésors de l'antiquité chrétienne et profane.

Aussi les Bénédictins firent-ils à cet art nouveau, dès son apparition, un accueil empressé. En i463, l'abbé de Saint-Udalric d'Augsbourg, Melchior Stameihm, établit dans son monastère une presse d'où sortit, trois ans plus tard, une belle édition latine de la Bible 1. L'abbaye de Kempten eut bientôt la sienne. Au commencement du seizième siècle, l'abbé Léonard en créa une dans son monastère d'Ottobeurn (iSo^). Il profita de la publication de l'opuscule d'Alcuin sur la sainte Trinité pour exposer dans la lettre suivante, insérée en tête du volume, les raisons qui l'avaient déterminé à faire une pareille dépense :

« Léonard, par la grâce divine abbé d'Ottobeurn, aux moines qui vivront plus tard dans cette abbaye, salut.

« Notre saint Père Benoît, qui détestait l'oisiveté, dit dans sa règle : L oisiveté est V ennemie de l'âme; aussi les Jrères doivent-ils s'occuper tantôt au travail des mains, tantôt à l'étude des choses de Dieu. Pour éloigner, autant que faire se peut, cette peste de mon troupeau, j'ai réuni à grands frais tout le matériel nécessaire à l'impression des livres; de la sorte, les

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