Id., c. IV
2o8 CHAPITRE IX
scolasticat de conformer leur enseignement aux écrits de saint Anselme et de saint Thomas i.
Mabillon, dans le but de les prémunir contre les abus où tombaient quelques scolastiques ses contemporains, donne à ses jeunes frères les conseils suivants : « N'assurer les choses que suivant le degré de certitude que nous les savons, et ne vouloir point faire passer pour des articles de foi des opinions pour lesquelles l'Eglise ne s'est point déclarée. — Fuir les contestations et ces excès de chaleur que l'on fait paraître souvent dans les disputes. — Eviter les chicanes dans les questions même nécessaires, dont la difficulté ne consiste bien souvent que dans des termes équivoques. — Eviter les termes nouveaux. — Retrancher toutes les questions inutiles..., tout ce qui ne sert de rien, ni pour appuyer la foi, ni pour édifier les mœurs 2. »
Le cardinal d'Aguirre, qui, soit dans son enseignement public, soit dans ses ouvrages, n'avait pas toujours évité ce dernier écueil, en exprime ses regrets à Mabillon par une lettre qui ne sera pas déplacée ici : « Souvent dans les écoles publiques et dans les scolasticats, on perd un temps irréparable en questions absolument inutiles qui, semblables à des toiles d'araignée, n'ont d'autre mérite que celui de la subtilité. Il m'est arrivé à moi-même, je l'avoue à ma graftde honte, de suivre ce courant, qui entraîne beaucoup d'hommes religieux et qui pénètre jusque dans les monastères. J'ai beaucoup dicté, beaucoup écrit, beaucoup imprimé ; bien que j'aie supprimé une foule de choses, il en reste néanmoins peu de vraiment utiles. Tout ce que je publierai