Id., c. VI
désormais ne méritera plus ce reproche. Et si j'ai à rééditer quelques-uns de mes ouvrages, je les débarrasserai de toutes ces bagatelles dans la mesure du possible!. » Il est intéressant de voir l'accord de d'Aguirre et de Mabillon, qui furent, au dix-septième siècle, rhonneur et la lumière de leur Ordre et de l'Eglise, pour signaler les inconvénients de ces excès, qui détournaient trop d'esprits des travaux sérieux et vraiment protitables.
Les heures que le Bénédictin gagne en marchant dans cette voie sûre et sage lui procurent assez de loisirs pour s'appliquer plus librement à l'étude si nécessaire de l'histoire. C'est là qu'il peut apprendre à « former sa prudence par la considération des événements passés, qu'il voit comme dans un miroir l'inconstance des choses humaines et les effets merveilleux de la divine Providence dans le gouvernement de l'univers et dans la conduite de l'Eglise 2 ».
L'histoire de l'Eglise, et en particulier l'histoire monastique et les vies des saints présentent à son intelligence un champ non moins étendu que varié. « Mais comme l'histoire ecclésiastique est tellement liée avec la profane qu'il est impossible de savoir bien l'une sans l'autre ^ », il étudie l'histoire ancienne, celle de sa nation et de sa province, sans négliger l'histoire générale du monde.
Au lieu de s'arrêter aux auteurs de deuxième ou de troisième main, il va directement aux sources. La paléographie, l'épigraphie, la philologie, la numismatique et les diverses sciences auxiliaires de
1. Lettre à Mabillon au sujet du Traité des Études. Œuvres posthumes de Mabillon, t. I, 896.