‹ Le moine bénédictinChapitre 79 sur 88 · I. Traité des Eludes · texte numérisé non relu

I. Traité des Eludes

2« Tit., III, I.

Parfois, les supérieurs lui assignent un travail sans consulter ses goûts ni ses aptitudes. Souvent aussi, ils le laissent mûrir lui-même un projet, qu'ils examinent ensuite pour l'approuver et, au besoin, pour le modifier ou le compléter. Que l'obédience vienne au-devant lui, ou qu'il ait à prendre l'initiative, le moine est tenu, s'il veut obtenir un résultat sérieux, de se faire une spécialité. Car son esprit n'est pas capable d'approfondir toutes les brancbes du savoir humain. S'il ne sait se borner, il court risque d'éparpiller ses forces et de perdre son temps. Il pourra bien acquérir le nécessaire pour être un homme au courant, pouvant causer sur tout, mais en réalité n'ayant sur aucun sujet une idée personnelle. S'il est à même de produire quelques articles de revue, il ne fera jamais un livre utile, une œuvre durable.

Sur quel genre d'études le Bénédictin peut-il fixer son choix? Le but surnaturel qu'il doit poursuivre et la dignité de sa vocation lui interdisent les œuvres inutiles ou qui ne contribuent pas au progrès de la foi catholique, « au bien de l'Eglise, de l'Etat, de la vie monastique, ou à la perfection des beaux-arts ^ ». Le champ reste très vaste, on le voit. Ce n'est pas seulement l'Écriture sainte, la théologie, le droit canon, la liturgie, l'histoire de l'Eghse, avec ses auxiliaires, qui lui conviennent ; il peut, en somme, s'appliquer à l'étude de toutes les sciences, puisque toutes ont pour objet les créatures du Seigneur, et que, en les cultivant avec esprit de foi, il contribue à faire connaître Dieu par ses œuvres et à combattre l'influence du rationalisme, qui souille trop souvent les sciences naturelles.

Quand il est une fois orienté, le religieux marche

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