‹ Le moine bénédictin [microform]Chapitre 29 sur 82 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

du Père céleste, il pourvoit aux besoins de ses enfants et donne à chacun ce qui lui est nécessaire. Le moine se borne à jouir, comme un enfant, des biens de la famille.

Au foyer domestique, il n'y a qu'une autorité, celle du père. L'enfant, par le simple fait de sa condition, est tenu de se conformer à ses volontés. Les lois humaines lui permettront bien de secouer le joug paternel, dès qu'il aura atteint ses vingt-et-un ans ; mais, dans une famille vraiment chrétienne et héritière de l'ancien esprit patriarcal, le lils ne prête aucune attention aux droits de sa majorité ; l'âge donne seulement à son obéissance fihale plus de résolution et de dignité.

De même, le moine reste toujours enfant du Seigneur; son vœu d'obéissance l'engage à suivre en tout temps la volonté de ce Père aimable. L'âge et les labeurs de la vie ascétique ne font cpie perfectionner sa piété et sa soumission fihales ; plus il avance, plus il veut obéir ; l'obéissance est le grand Hen qui l'unit à son Dieu. Le Seigneur organise et

conduit sa famille monastique par la sainte • Règle et les Constitutions approuvées ; il en confie l'application au dépositaire de son autorité paternelle. C'est en son nom et suivant ses désirs que l'abbé règle tout et dirige toutes les volontés. L'obéissance que le moine rend à son abbé s'adresse à son Père qui est aux cieux.

Tant qu'il reste dans sa condition, l'enfant est attaché à son foyer domestique. S'il s'en sépare, ce n'est que pour un temps et avec l'autorisation dii maître de la maison. Sa place y reste toujours marquée.

Le moine, lui aussi, est fixé par un hen spécial à la maison de Dieu, au monastère. Ces maisons sont, il est vrai, nombreuses ici-bas; cette multiphcité est exigée par la catholicité de l'ÉgUse et le grand nombre de ceux qui veulent embrasser la vie parfaite. En réahté elles forment toutes une maison unique, une seule abbaye, dont le chef est Dieu, ce Père que le moine vénère, écoute et chérit dans la personne de son abbé. Néan-

Page 1