‹ Le moine bénédictin [microform]Chapitre 36 sur 82 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

lui est utile, mais plutôt ce qui l'est aux autres. Qu'ils se chérissent en frères d'un amour chaste ; qu'ils craignent Dieu ; qu'ils portent à leur abbé une affection humble et sincère ^ »

Cette charité préside à tout. Elle guide l'abbé dans tous ses rapports avec ses enfants. « Qu'il cherche à être aimé plus qu'à être redouté. Qu'il mette toujours la miséricorde au dessus de la justice. Qu'il haïsse les vices, qu'il aime les frères '-. Il doit se faire tout à tous, se conformer aux aptitudes de chacun, tenir compte des caractères. Sa tendresse paternelle ne néglige rien : il donne à chacun ce qui lui est nécessaire-. » Tout dans

1. Ut honore se invicem prreveniant. Infirmitates suas sive corporum sive morum patientissirae tolèrent : obedientiam sibi certatim impendant. Nullus quod sibi utile judicat sequatur, sed quod magris alii. Charitatem fratiernitatis ca^to impendant amore: IJeum timeant ; abbatem suum sincera et humili charitate diligant. — s. Ben. Règ. Ch. LXXII.

2. Studeat plus araari quam timeri. Semper superexaltet misericordiam judicio. Oderit vitia, diligat fratres. — S. Ben. Rètf. Ch. LXIV.

3. Multorum servire moribus. Et alium quidem blandimentis. alium vero increpationibus, alium suasionibus, et secundum uniuscujusque qualitatem vel intelligentiam, ita se omnibus conformet et aptet. Ibid. Ch. LII.

l'abbaye doit être disposé de telle sorte que la paix et la joie régnent dans les cœurs i.

C'est en prodiguant ses soins à des moines faibles et indociles que l'abbé se montre surtout père ; il imite le bon Pasteur, l'abbé par excellence, qui « laissa sur les montagnes ses quatre vingt dix neuf brebis et s'en alla à la recherche de celle qui était égarée ; il eut tellement pitié de sa faiblesse qu'il daigna la rapporter sur ses épaules au bercail ^. »

Saint Benoît recommande cette même bonté à son cellérier. Le cellérier tient entre ses mains l'administration temporelle du monastère ; « il pourvoit aux nécessités de tous. Qu'il soit comme un père pour la communauté ; Congregationi sit siciit pater. Qu'il veille à ne point contrister les frères : Fratres non contristet. Si quelqu'un vient à lui faire une demande déraisonnable, il ne le con- Iristera point par une réponse dédaigneuse ;

i. s. Ben. Règ. Ch. XXXI.

2. Vi nemo perturbetur. rieque -contristetur in domo Dei. ibid. Ch. XXXI.

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