Gesla, H
lui ', et même en dire du bien s'il le compare aux autres souverains -. Il était clerc, et l'on pourrait croire (|u'il aurait pris parti, dans la révolution communale de Laon, pour l'épiscopat contre le peuple insurgé; d'autant plus qu'il n'aimait pas le peuple, auquel rien ne l'attachait. Le moine considérait la foule comme méprisable, le fils du noble Evrard la regardait comme taillable et corvéable à merci; il trouvait insensées les prétentions sociales et politiques '' de ce peuple qui n'avait jamais été bon qu'à obéir et à souffrir les caprices des grands; il ne pouvait comprendre une tentative d'émancipation du peuple et le caractère révolutionnaire de cette tentative devait froisser un ami de l'ordre. Cependant,
1. Je fais allusion à sa conversation avec l'arcliidiacre lie Mayoïice (Gcsta, II, 1). Voy. i)lus liaut, p. 242.
2. Lorsqu'il parle du faste des rois, il ajoute « des autres nations, car en France on vit toujours nos rois fiarder la modestie recommandée par l'Écriture ». Voy. plus haut, p. 2i"}.
3. Cf. Monodiae, III, 8, le passage célèbre où il s'écrie : « Commune, nom odieux!... Voy. plus haut, p. 193.
262 l'œuvre de guibert.
il reste impartial. Il regrette, certes, ce qui s'est passé à Laon, il blûme les violences atroces, Tincendie des lieux saints, l'outrage infligé à l'épiscopat, à l'Eglise elle-même, dans la personne de Gaudry. Mais il cherche à comprendre, à faire retomber les responsabilités sur les vrais coupables, et, s'il n'excuse pas les violences de la révolution de 1112, du moins il les explique, et excuse la révolution ellemême en montrant que ceux qui en ont le plus pâti étaient les premiers à l'avoir provoquée'. Cette impartialité, nous la remarquons encore dans les jugements qu'il porte sur les gens de cour et d'Eglise dont il a l'occasion de parler. Comme il ne s'est pas ménagé luimême^ quand il racontait l'histoire de sa propre vie, il ne croira pas qu'il soit non plus nécessaire pour le bien de l'Eglise de ménager ses ministres ^ Il les jugera sévère-