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critique, Guibert pouvait faire une œuvre sincère et véridiqué. Mais le rôle de l'historien ne se borne pas à raconter les faits avec précision et exactitude. Il faut encore en rechercher les causes, souvent mal déterminées, les juger, les expliquer, en tirer les conclusions, en un mot faire la philosophie de l'histoire. Tl expose lui-même cette intention dans la préface de ses Gesta : « J'ai cru d'abord devoir exposer les motifs, les circonstances qui rendaient urgente cette expédition' ». Ce n'est « qu'après avoir exposé ces raisons » qu'il entre dans le récit des événements. Par là, son œuvre est toute nouvelle. Il comprenait, ce que n'avaient fait ni l'Anonyme, ni Foucher de Chartres, ni Baudry de Bougueil, ni aucun des autres historiens de la première croisade, que cette expédition n'était pas simplement le résultat d'une fantaisie de la volonté divine, mais qu'elle avait des causes