‹ Le moine Guibert et son temps (1053-1124)Chapitre 49 sur 64 · Gesta, I · texte numérisé non relu

Gesta, I

siers ». Il faut tenir compte de la distance qui sépare un Gésar ou un Alexandre d'un Baudoin, d'un Raymond de Saint-Gilles ou d'un Godefroy de Bouillon, pour juger ceux-ci impartialement.

D'autre part, il est des vertus modernes que l'antiquité ne pouvait connaître, celles qu'apporta au monde la venue du Christ sur la terre, et ces vertus, même à travers l'enveloppe grossière des chrétiens du xi^ siècle, feront faire à l'humanité plus de progrès que toute la sagesse antique, a Si nous regardons de près, dit-il, la lie fangeuse de ces siècles passés que nous ne voyons que de loin, nous reconnaîtrons que notre petit doigt même est plus gros que le dos de nos pères et que nous les exaltons beaucoup plus qu'il n'est raisonnable de le faire '. »

Cette idée, qui domine son œuvre, de l'action divine, maîtresse de tous les événements

Page 1