Gesla, I
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et dirigeant le monde pour faire triompher le Christ, aurait pu déformer ses jugements et lui faire voir les choses autrement qu'elles ne furent, afin de les faire cadrer mieux avec ce plan supérieur. Mais, pour lui, l'œuvre divine correspond à peu près à ce que serait le déterminisme historique chez un historien moderne. Il a une telle foi en Dieu et en son triomphe final qu'il ne s'étonne de rien, d'aucune contradiction apparente, d'aucune incohérence qui, à nos faibles yeux, semblerait faire mentir cette théorie du plan divin. Loin d'altérer les faits, il les raconte tels quels et conclut que, si grand était le pouvoir de Dieu qu'il finirait toujours par lui assurer la victoire. Un autre eût été découragé en voyant « les mille difficultés » auxquelles les croisés étaient en butte, « les victoires achetées au prix de grands sacrifices », leurs « souffrances », leur « pauvreté* ». Guibert,