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LES MOINES SATENT ATTENDRE

pour résaltat de perdre l*aulel et le trône, il se fit une réaction en faveur des idées religieuses; du moment qu'elles tf étaient plus imposées, elles devinrent à la mode, et le voltairianisme fut tout à coup très-mal porté. Le catholicisme avait tout à gagner à cette nouvelle disposition des esprits. Nous n'avons pas à raconter ici commet, au cotttraire, il a perdu immensément depuis. Ce récit viendra à son heure, et nous promettons de dire hardiment la vérité et de soulever tous les voiles.

Dom Claude, lui du moins , fanatique de bonne foi, recommença à rêver la splendeur des ordres monastiques. Dom Guéranger avait restauré les Bénédictins de Solesmes ; c'était un heureux présage pour Charroux. La République effraya un moment dom Claude, mais la République tomba.

Le courant des idées devenait de plus en plus favorable aux moines. Le gouvernement leur laissait toute liberté de se rétablir. Dom Claude se mit à l'œuvre.

Il avait longtemps médité, supputé, calculé. Il lui fallait, pour commencer, cinquante mille francs, qui, joints à ses petites épargnes, lui permettraient d'attendre d'autres ressources.

Mais ces cinquante mille francs, où les trouver?

Depuis près de cinquante ans que dom Claude était vicaire à Charroux, il en connaissait assez les habitants pour ne pas ignorer qu'en exprimant tout ce qu'on pourrait tirer de leurs sentiments religieux, on n'arriverait pas à la dixième partie de cette somme. Quant à étendre son cercle

d'action au delà de Charroux, en s'adressant aux grandes et riches familles du Poitou, il était tn^ tard. Les Jésuites, après la loi sur la liberté de renseignement, étaient venus à Poitiers établir un collège. Toutes les libéralités des saintes âmes leur étaient acquises ; il n'y avait rien à glaner après les bons Pères, Ils sont trop habiles pour laisser des épis dans les sillons.

Mais une volonté ferme et persévérante peut opérer des prodiges. Uïie inspiration heureuse peut sauver la position la plus désespérée.

Dom Claude eut cette inspiration.

Parmi les riches bourgeois de Charroux, il y avait un jeune homme de vingt-huit à trente ans, marié depuis trois ans avec mademoiselle Rose-Sylvie de la Futaie. Il portait le nom très-vulgaire d' Abel Grenier. Cet honnête garçon n'avait jamais pu se consoler d'être né bourgeois. Il avait épousé mademoiselle de la Futaie sans dot, dans l'espoir de se rapprocher, par une si belle alliance, de cette noblesse du Poitou, habile à tenir à distance les présomptueux qui voudraient tenter de pénétrer dans son sanctuaire intime. Aussitôt après son mariage, Abel Grenier loua un hôtel à Poitiers, pour y passer l'hiver avec sa jeune femme. Les la Futaie se prétendaient alliés à toute la noblesse du Poitou, et Abel Grenier comptait bien se faire admettre dans les salons aristocratiques, à la suite de la dernière descendante de l'illustre famille des la Futaie. Un riche bourgeois qui consent à épouser une fille noble sans dot, ne peut espérer moins que cela.

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