‹ Le moineChapitre 28 sur 58 · LB SAINT VOBU DE CHARROUX · texte numérisé non relu

LB SAINT VOBU DE CHARROUX

Qu'était-ce donc que ce saint vœu ?

Je Tai demandé aux savants et aux archéologues, et voici quelles ont été leurs réponses. Les archéologues, on le sait, quoique les plus honnêtes gens du monde, moins sévères en cela que nous, modestes romanciers, ne reculent jamais devant le mot propre.

M. de Chergé (1) nous dit :

« Ce saint vœu n'était autre chose que le pré-

< puce de Jésus-Christ. Il faut lire les détails « curieux de Besly, page 150, extraits des car-

< tulaires de Fabbaye. »

Voilà une première affirmation.

M. de Marchangy, dans son Tristan le Foi/ageitVj écrit ceci :

• C'est à Charroux qu'était le reliquaire de la « Sainte Vertu, qui, dit-on, contenait un morceau « de chair rouge et encore sanglant du corps t de Jésus-Christ (2). »

IjSl relique a déjà deux noms : Prépuce et Sainte Vertu. Cherchons quelques détails :

« On la montrait enchâssée dans un précietix « reliquaire, dit l'archéologue déjà cité, et on la € faisait baiser surtout aux femmes enceintes,- pour « leur procurer un accouchement facile. L'osten- « sion de cette relique se faisait avec pompe tous « les sept ans, et les papes ont accordé des indul-

(1) Notice, vi auprà.

(2) TriHan k Voyageur, 1. 1, p. 302.

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« gences (1) aux jours de cette cérémonie (2). » Dom Fonteneau, dans ses manuscrits (5), met d'accord les deux autorités que j'ai citées plus haut; et au mot Sancta Virtus il dit :

« On entendait autrefois par ces mots, dans « Tabbaye de Charroux, le saint Prépuce du Sau- « veur, que les religieux de cette abbaye prêtent « daient avoir en leur possession. »

J'ai donc maintenant une autorité d'une autre valeur, celle d'un savant Bénédictin, par laquelle il m'est nettement affirmé que le saint Vœu, la sainte Vertu étaient le saint Prépuce du Sauveur. Je ne puis pas me permettre de la contester. Et comme on m'indique les sources, je cours aux chartes publiées par Besly (4). Et là, en effet, je trouve les choses les plus curieuses, tout un roman, peu à rhonneur, je dois le dire, de la véracité et de la loyauté des premiers Bénédictins de Charroux, où est longuement racontée la fameuse histoire de la Sainte Vertu.

O mon lecteur, vous à qui on a si souvent parlé des services rendus à la science par les ordres reli^ gieux, et en particulier par la grande et florissante congrégation bénédictine, suivez-moi et voyons comment les moines de Charroux, qui ont bel et

(1) Voir les manuscrits de dom Fonteneau aux archives ie la Vienne, vol. CH, n^ 4, bulle de Clément YÏI du 15 avril «379 ; bulle d'Alexandre Y, du 30 janvier 1409. •

(2) M. de Ghergé, notice ut suprà.

^3) Archives dé la Vienne, t. IV, p. 225 des manuscrits de dom Fonteneau.

(4) Preuves de ^Histoire du Poitou^ p. 154, 158, 159, 160.

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