LA TERRE CLASSIQUE PES MONASTÈRES
Saint-Laon de Thouars {S. Launi de Thoarclno)^ fondée par l'évêque Lambert en 11 17; les AUeuds, Angle, Celle {Cella prope terras); Chambon, les Chastelliers, Ferrières, etc.
Je ne voudrais pas fatiguer mon lecteur d'une trop longue nomenclature. Nommons cependant Saint-Jouin de Marne (S. Jovini de Marnis) , près de Moncontour, de laquelle dépendaient deux cent seize bénéfices; la Réau, laSie, l'Étoile (S. Hariœ de Stella); Nouaillé [de Nobiliaco), fondée en 830 par Louis le Débonnaire, à trois lieues de Poitiers; le Pin, Quinçay, Saint-Savin, avec trentedeux bénéfices, bâtie par Charlemagne; Saint- Se vérin, fondée en 1068 par Gaufroy, comte de Poitiers; enfin Valence, fondée en 1230, à deux lieues de Vivonne.
Joignez à cela, pour toute la province, un nombre considérable de prieurés, de bénéfices, sous différents noms, qui couvraient le pays comme d'un réseau, et vous aurez une idée générale de l'immense développement des ordres religieux sur la terre poitevine.
Poitiers, la capitale de tout le pays, est aujourd'hui encore une ville sainte (1). Isolée sur im
(i) La seule ville de Poitiers possédait un grand nombre de monastères, qui occupaient environ le tiers du sol de 1 enceinte murée. Nous avons déjà parlé de Sainte-Croix, abbu^e des Bénédictines; citons maintenant Moustier-Neuf, de Tordre de Cluny, fondée par f évêqiie Isambert en 1066, et dotée par Gui Geoffroy et Guillaume Geoffroy son fils, comte de PQÎtiers et duc d'Aquitaine; Sain l-Hi lai re-le-Grand, de Tordre de Saint- Augustin, sécularisée plus tard et devenue une collégiale; la Saiute-Trinité, fondée en 960 par Adèle d'Angleterre, mère de
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promontoire calcaire, à pic de trois côtés, qui s'avance sur la vallée du Clain, elle n*cst que rarement visitée par les voyageurs. Au temps même où le chemin de fer, qui passe au-dessous d'elle au moyen de son tunnel, n'existait pas encore, on ne connaissait de Poitiers que raul)erge devant laquelle s'an'êtaient les lourdes diligences, et où l'on prenait à la hâte quelques aliments. La ville était visitée par jjie rares archéologues qui allaient étudier la façade symbolique de Notre-Dame-la- Grande, type curieux de l'école architecturale poitevine. Tout le reste des touristes fuyait cette terre peuplée, disait-on, de couvents, de nobles et de prêtres.
Nulle ville de France n'est plus triste ni plus silencieuse. A part quelques rues, où se voient les boutiques des marchands, à part une place, où se promènent quelques étudiants et les militaires de la garnison, tout le reste vous dit une ville dont les habitants se sont claquemurés, par crainte de l'invasion d'une épidémie. Les nombreux couvents occupent en superficie le quart de la ville, et de ceux-là vous n'entendez que la cloche sonnant avec monotonie les exercices de la journée.
Vous pouvez vous perdre dans le faubourg Saint- Germain de Poitiers, suivre dans toute sa longueur la rue des Hautes-Treilles, où sont les hôtels de l'aristocratie : nul signe de ville habitée ne vous frappera, sinon le numéro des maisons et les ré-
Goillaume CheM'Ëtoupe, comte 4<5 Poitiers et dac d* Aquitaine.