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LES SCEURS DE LA SAINTE-VERTU

Il n'entrait pas seulement dans les vues de dom Claude de relever à Charroux le monastère des enfants de saint Benoît; il avait longtemps rêvé l'institution de sœurs Bénédictines, qui seraient sous la dépendance immédiate de l'abbé de Charroux, et qu'il destinait à l'éducation de la jeunesse féminine du pays. Tenir toute une contrée par les femmes, épouses et mères, c'est en être le roi. Et le vieillard, plus habile qu'il ne le paraissait, avait très-bien calculé qu'il fallait flatter les familles aisées du pays, en leur procurant une institution complètement locale, dont la supérieure et les premières religieuses fussent de Charroux même.

11 avait de longue main mitonné cette affaire, aussi importante pour le bonheur de l'humanité que la restauration même de l'abbaye. Mademoiselle Hermance-Octavie Grenier, sœur de M. Abel Grenier, premier bienfaiteur de la maison nou-

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velle, vieille fille très-sage mais très-bornée, Jui avait paru, pour cela, un instrument d'une merveilleuse souplesse. Il avait fini par persuader à sa chère fille spirituelle que Dieu la réservait à régénérer le pays, par le moyen de l'éducation pieuse des jeunes personnes. Fière de cette grande mission, arrivée à cet âge où l'exaltation de l'âme s'excite encore des efforts de la vertu pour dominer les sens, quand se fait leur exubérance trop fougueuse, la nouvelle sainte Thérèse, moins l'esprit et la beauté, se consumait dans l'impatience de commencer cette seconde œuvre, à côté de l'œuvre capitale si merveilleusement accomplie par le nouveau Révérendissime.

Il y eut bien des entretiens secrets, bien des pourparlers, bien des mystérieuses allées et venues dans Charroux. Hermance-Octavîe, qui aurait voulu, elle aussi, porter la crosse en qualité d'abbesse, parce qu'elle trouvait que cela allait h ravir à son cher père spirituel, aussi concentrée, aussi habile que son patrm, négocia avec tant de soins sa petite affaire, qu'Hun beau matin on sut, dans Charroux, que les nmisons et terrains de Tancien hôpital, dans la partie du nord de la ville, où la tradition plaçait Fancien château féodal, venaient rfêtre acquis par la sainte mademoiselle Grenier, pour y établir une maison de religieuses bénédictines, que le mystique Révérendissime, leur fondateur et leur père spirHuel, avait appelées les sœurs de ta Samîe-VertH.

Le nom parut bizarre à qnelques-uns. Les mamans du pays, qui ne vivaient plus au treizième

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