‹ Le moineChapitre 5 sur 58 · LA T£RR£ CLASSIQUE DES MONASTÈRES · texte numérisé non relu

LA T£RR£ CLASSIQUE DES MONASTÈRES

Il avait assisté avec beaucoup d'effroi à la ré- .volution de 1818; mais les événements l'avaient rassuré; et, quand la République commença à chanceler, il aida puissamment, tout en ne froissant jamais les convictions politiques de son cher troupeau, à préparer Tavénement de l'Empire, de qui il espérait plus que d'une turbulente démocratie. Homme habile, il avait manœuvré depuis lors avec tous les préfets de Poitiers.

— Que voulez-vous? leur dîsait-il, je suis évêque d'une ville aristocratique et légitimiste; je dois la ménager.

— Que voulez-vous? disait-il dans les maisons légitimistes, il faut bien que je ménage l'autorité, dans l'intérêt de la religion.

C'était un homme grand, sec, au regard assez doux, mais à l'ensemble des traits grave et aus* tère. Quelquefois il était dur pour son clergé, qui l'aimait peu, si ce n'est cette petite coterie de prêtres de la ville, qui formait sa cour épiscopale et lui prodiguait des adulations toujours bien reçues du vieillard.

Monseigneur, qui avait tant de tendresses pour l'ancien régime, était un ami passionné des ordres monastiques; tout cela s'unissait dans ses idées. Point de trône inébranlable sans le solide fondement des maisons religieuses. Un couvent de capucins, une maison de carmélites, valaient, à ses yeux, pour une dynastie, des régiments de grenadiers et de dragons. 11 adorait les Jésuites; et le jour où il avait installé à Poitiers les révérends Pères, il avait dit ce mot si flatteur pour eux : « Si

nous n'étions pas évêque, nous serions Jésuite. » On n'avait jamais mieux rendu le sentiment d'abnégation niaise par laquelle, depuis vingt ans^ le clergé séculier proclame son abaissement devant la société ambitieuse qui le supplante et qui l'écrase»

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