ALEXANDRE DUMAS
PARIS.— TVPOGRAPHIK DE E.ET V. PE,N '.UD FRÉHES, 10, KCK UV FAl'UOURG-UOKTUAKTKIi.
IV* a. — leiHai 184».
î: le MOIS" z
RÉSUMÉ MENSUEL, HISTORIQUE ET POLITIQUE 0£ TOUS LEà ÉVÉlVilMENTS
EaTIÈRCMEIIT RÉDIGE
Par AL.K:i^A]VDRE DUMA^.
niSTOIRE DE FEVRIER. — REVOLUTION DE 1848.
E,a Francm et VtSvrope, avant, peuttant et aprè» le «Jl février.
Paris. — La popiilaiion de Piiris venait de reiirire un drriiier hommage .tux victinipsdes conibuts de Fc'vricr. — Lo Goiiveriipineiil provisoire, qui av;iil présidé à celle lèie, allait conii'iiier son œuvre incessante d'organisaiinn; rentré au ministère d's îiffnireséirangèies, M. de Laniar tine :idressa !<■ manifeste suivant, comme règle lie conilnite auxagenisdiploniatiqu< S' de la Ri pnbliipie fiançaise.
Circulaire du tniiiiulre det affaires étrangères iiu.r agents diplomatiques de la Rc'iniblique française.
• Monsieur, vous connaissez les événemeiit> de Paris, la vit loire du peuple, son héioïsine, sa niodéi'aiion, son apaist'un.Mii, l'ordre rétabli par le concours de lous les citoyens, comme si, dans cet inlmégne des pouvoirs visibles, la raison générale était à elle seule le gouvenienieut de la France.
« La l'évolution française vient d'entrer ainsi dans sa période. detiniiive. La Fiance est République : la Républicpie française n'a pas besoin d'è re reconnue pour«xister. Elle est de droit naturel, el'e « si de droit naiional. Elle est la volonié d'un grand peuple qui ne demande son litre qu'a lui-
même. Cependant, la République française, dé>irani entrer dans la famille des goiivernemenis insiiinés comme une puis i sance régulière, et non comme un ph'''nomène perinrbaieur de Tordre euiopéen, il est convenable que vous lassiez promptemenl coiniaîire au gouvernement près du : quel vous éles accrédité les principes e les tendances qui dirii^eronl désormais la poliiique extérieure du gouvernenieni Iran» çais.
« La proclamalion de la République française n'est un acle d'agression contre aucune form<! de gouvernemenl dans le monde. Les foinies de gouvernemenl on des diversiiés aussi légitimes que les diversilés de caractère, de situation géographiipie et de développement intelli^ctuel, moial el matériel chez les peuples. Les nalioiis ont, comme es individus, des âges diffiTenis. Les principes qui les régissent ont des phases successives.
« Les gouverments monarchique, aristocraiiqne, coustiiutionnel , républicain, soiil l'expi'essitin de ces différenls degrés deinaiuriié du génie des peuples. Ils demandent plus de liberté à mesure qu'ils se renient capablesd'en snpporierdav;iniage ils deniauileni plus d'égalité et de dénio cratie à mesure qu'ils sont inspirés par plus
(■) M. Alexandre Diniiïs, ayant Toalu faire un journal à la ponce de lous, a mis le prix de ce journ» ï QCATRK raAMCs par aa,— S'adresser, Jranco rigourcutemeni, ï U- Beignier, 20, rue NeuTe-Viviuune>
de justice et d"amour pour le peuple. Queslioii lie leiiips. Un pi'iiple fc pi id en tlcvaiiçunt l'heure de celle niaiuriié, comme il se déshonore en la laissant échapper sans la saisir. La monarchie ei la républii|ue ne sont pas, aux yeux des vériiablcs hommes d'Éi al, des pi incipes absolus qui se conibaiienlâ mort ; ce sont des fails qui se coulrasieniei qui peuvenl vivre face à face, en se comprenant et eu se respcciaui.
La guerre n'est donc pas le principe de la République française, comme elle en de. vint la fatale et glorieuse nécessiiéen 1792. Eiilre 1792 et 18/i8, il y a un demi-siècle. Revenir, api es un demi-siècle, au principe de 1792 ou au piincipe de conquête de l'empii e, ce ne serait pas avancer, ce sérail rétrograder dans le temps. La révolution d'hier est un. pus eu avant, non en arrière. Le monde et nous, nous voulons mai cher à la fiaterniiéelà la paix.
Si la siliiaiion de la République française en 1792 expliquait la guerre, les différences qui exisleni cnire cette épuqiie de noire histoire et l'ép0(]He où nous sommes, expliquent la paix. Ces différences, appliquez-vous à les comprendre et à les faire comprendre autour de vous.
En I7&2, la nation n'était pas une. Deux peuples exisiaieni sur un même sol. Une lutte terrible se prolongeait encore entre les classes dépossédées de leurs privilèges et les classes qui venaient de conquérir l'égalité et la liberté. Les classes dépossédées s'iniissaient avec la royauté capiive et avec l'éirangor jaloux pour nier sa révolulion à la France, et pour lui léimposer la moijarchie, l'aristocratie et la théocratie par l'ir.vasion. Il n'y a pins de classes distinctes et illégales aujourd'hui. La liberté a tout alTianchi. L'égalité devant la loi a tout nivelé. La fralerniié, dont nous proclamons l'applicaiiou et dont l'assemblée nationale doit organiser les bienfaits, va tout unir. Il n'y a pas un seul citoyen en France, à quelque opinion qu'il appartienne, qui i;e se rallie au principe de la patrie avant toui,ei qui ne la rende, par cette nnioii même, inexpugnable aux leiilativesel aux inquiétudes il'invasion.
Eu 1792, ce u'etaii pas le peuple tout entier qui éiail entré en possession de son gouveruement : c'était la classe moyenne seuil ment qui voulait exercer la liberté et qn jouir. Le triomphe de la cl isse moyenne alors était égoïiie, connue le triomphe de
toute oligarchie. Elle voulait retenir pour clic seule les droits conquis par tous. 11 lui fallait pour cela opéi er uue diversion forte à l'avénemeni du peuple, en le précipitant sur les champs de buiaille, pour l'empêcher d'entrer d ms son propre gouvernement. Cette diversion, c'était la guerre. La guerre fut la pensée des Monarchiens et des Girondiux ; ce ne fut pas la pensée de démocrates plus avancés, qui voulaient, comme nous, le règne sincère, complet et régulier du peuple lui-même, en comprenant dans ce nom toutes hs classes, sans exclusion et sans préférence, dont se compose la tiation.
En 17. 2, le peuple n'était que l'inslrumenl de la révolution, il n'eu était pas l'objet. Aujourd'hui, la révolution s'est faite par lui et pour lui. Il est la révolution eilemêjiie. En y entrant, il y apporte ses besoins nouveaux de travail, d'industrie, o'iustruction, d'agrituliure, decomineice, de moralité, de bien-être, de propriéié, de vie à bon marché, de navigal'on, de civilisation enfln, q'Ji sont tous les besoins de paix! Le peuple et la paix, c'est un même mot.
En 1792, les idées de la France et de l'Europe n'étaient pas préparées à comprendre et à accepter la grande harmonie des nations entre elles, au bénéBce du genre humain. La pensée du siècle qui finissait n'était que dans la têle de quelques philosopiies. La philosophie est populaire aujourd'hui. Cinqnanie années de liberté de penser, de parler et d'écrire ont produit leur résultat. Les livres, les journaux, les tribunes ont opéré l'apostolat de rin;elligence européenne. Lar^iison rayonnant de partout, par-dessus les frontières des peuples, a créé entre les espriis celte grande naiioiialitc intellectuelle iiui stîra l'achèvement de la révolution liai.çaise et la constitution de la fralerniié internali(jnale sur le globe.
Enfin, en 1792, la liberté était une nouveauté, l'égalité ciait un scindaK", la Ré- ()ublique éiait un problème. Le liiredes peuples, à peine découvert par Fénelon, Moniesquieu, Rousseau, était leliement oublié, enfoiii, profané par les vieilles traditions féodales, dynastiipies, saecniotales, que riulerveiilioii la plus légitime du peuple dans ses affaires paraissait une monstruosité aux hommes d'Éiat de l'ancienne école. La démocratie faisait trembler à la
fois les trônps et les fonderaenls des sociélés. Aiijomil'hiiijles iroiicscl les peuples se sont h.ibilin's au mol, aux loruies, aux agiLilioiis régulières de Ici liberté exeirée dansdes prupoilioiis diverses, presque dans tous les Étais, inèuie Uiouarchiques. [Is s'haliitueronl à la République, qui est sa forme complète ehez les nations plus mûres. Us reeounaîiroiii qu'il y a une liberté conservatrice ; ils reeouuaitronl qu'il peut y avoir dans la République, non-seulemeut un ordre meilleur, mais qu'il peut y avuir plus d'ordre véritable dans ce gouvernentcnt de tous pour tous, qm- dans le gouvernement de quelques-uns pour quelques-uns.
• Mais en dehors de ces considérations désinti'res>ées, l'intérêt seul île la Cunsolidalion et de la durée de la République inspireraU aux lioinmes d'Etal de la France des pensées de paix. Ce n"est pas la paii ie qui court les plus grands dangers dans la guerre; c'est la liberté. La gurrre est presque toujours une dictature. Les soldats oublient les insliluiious pour les hommes. Les tiôiies tentent les ambitieux. La gloire éblouit le patriotisme. Le prestige d'un nom vi(lorie(,x voile l'attditat contre la souveraineté nationale. La R<';publiqi/e veut de la gloire, sans doute, mais elle la veut pour ei:e-inèmc, et non pour des César ou des Napoléon! .
• Ne vous y trompez pas néanmoins; ces idées que le gouvernement provisoire vous charge de présenter aux puissances, comme g ige di; sécurité européenne, n'ont pas pour objet de faire pardonner à la République l'audice q Telle a eue de naître; encore moins de demander humblement la place d'un grand droit et d'un grand pmiple eu Europe; elles ont un plus noble objet : faire réfléchir les souverains et les peuples, ne pas leur permettre de se troujper involontairement sur le caracteie de notre révolution ; donner sou vi'ai jour et sa physionomie juste à l'événi'menl, donner des gages à l'humanité enfin, avant d'en donner à nos droits et à iioire honneur, s'ils étaient méconnus ou menacés.
• La République française n'intentera donc la guerre a personne. Elle n'a pas besoin de dire quelle l'acceptera, si on pose des conditions de guérie au peuple français. Li pensée des hommes qui gouvernent en ce momeul la Fiance est celleci : htureujc, la France, si ou lui déclare
la guerre, et si on la contraint ainsi à grandir en f irce et eu gloire, iiialgré sa moJération ! Respoiisabiiiié terrible à la France si la République déclare elle-même la guerre sans y être provoquée! Dans le premier cas, son génie martial, sou impatience d'action, sa force accumuh'e pendant tant d'années de paix, la rendraient invincible chez elle, redoutable pent-ê're au-delà de ses frontières. Dans le second cas, elle tournerait contre elle les souvenirs de ses continètes, qui désafTi-cuiiMiuent les nationalités, et elle compromettrait sa première et sa plus universelle alliance : I esprit des peuples et le génie de la civilisation.
« D'api es ces principes. Monsieur, qui sont les principt's de la France de sangfroid, principes qu'elle peut présenter sans crainte comme sans défi à ses amis et a ses ennemis, vous voudrez bien vous pénétrer des déclarations suivantes :
« Les traités de 1815 n'existent plus en droit aux yeux de la Républiqui; française; toutefois, les circonsêriptions territoriales de ces traités sont un fait qu'ell;- admet comme base et comme point de départ dans ses rapports avec les aunes nations.
« JMais si les traités de 1815 n'existent plus que comme faits a modiliir d'un aci:or(i commun, e't si la R<''publii|ue déci ire hautement qu'elle a pour droit et pour mission d'arriver régulièrement et pacifiquement a ces moditications, le bon sens, la modération, la consi ieiice, la prudence de la République existent, et soiil pour l'Europe une meilleure et plus honorable garantie que les lettres de ces traités si souvent violés ou modilies par elle.
• Altachez-vous, Monsietii-, à l'aire comprendre et adiiictln- de bonne foi cette émancipation de la Républi pie des traités de 1815, et à montrer que ee;te franchi e n'a rieu d'inconciliable avec le lepos de r£uio[)e.
« Ainsi, nous le disons hautement : Si l'heure de la reconstruction de quelques nationalités 0|)primées en Europe, ou ailleurs, nous paraissait avoir sonné dans les décretsdela Providence; si la Suisse, notre fidèle alliée depuis François T', était con-> irainteou menacée dans le mouvement de croissance qu'elle opère chez elle pour prêter une force de plus au faisceau des gouvernemeali démocratiques; si les Eiats indépendants de.i'Iialic étaient envahis;
si l'on imposait des limites ou des obstacles à leurs irausformations inlérieures; si on leur coniesiail à main armée le droit de s'allier entre eux pour consolider nue pairie italienne, la République française se croirait en droit d'armer elle même pour protéger ces mouvements légitimes de croissance et de nalioualiié des peuples.
. La République, vous le voyez, a traversé du premier pas l'ère des proscriptions Cl des dicaiures. Elle est déci.lée à ne jamais voiler la liberté au dedans. Elle est décidée également à ne jnmais voilei- son principe démocratique au dehors. E'ie ne lai>sera mettre la main de personne entre le rayonnemc nt pacifique de sa liberté et le regard des peuples.
> Elle se proclame l'alliée intellectuelle el cordiale de tous les droits, de tous les progrès, de tous les développements légitimes d institutions des nations qui veulent vivre du même principe que le sien. Elle ne fera point de propagande sourde ou incendiaire chez ses voisins. Elle sait qu'il n'y a de libertés duVables que celles qui naissent d'elles-mêmes sur leur propie soi: Mais elle cxeicera, par la lueur de ses idées, par le spectacle d'ordre et de paix qu'elle espère donner au monde, le seul et honuéie prosélytisme : le prosélytisme de l'estime et de la sympathie. Ce n'est point là la guerre, c'est la nature. Ce n'est point là lagiiaiion de l'Europe, c'est la vie. Ce n'est point là incendier le monde , c'est briller de sa place sur l'horizon des pcïiples pour les devancer et les guider à 1 1
fois.
« Nous désirons, pour rhuiiiam'o, <îiio la paix soit conservée. Nous l'espérons n,ê;nc. Une seule quesiion de guerre avait été [)osée il y a un an, entre la France et l'Angleierre. Cette question de guerre, ce n'était pas la France républicaine qui l'avait posée, c'était la dynastie. La dynastie emporte avec elle ce danger de guerre qu'elle avait suscité pour l'Europe par l'ambition toute personnelle de ses alliances de famille en Espagne. Ain^ crtle politique doniesiiqne de la tijiiasiie décliin-, qui pe sait depuis dix-iei f ans sur iiotse diiïiiitinationale, pesait en uiôine leinps, p:;r^es préieniions à une t< uronnc de plus à iUu drid, sur nos alli;u;c:s libérales et sur lu paix. La République n'a po;:)l d'ambition. La Répiiblicim; n'a point cl;', népotisme. Elle n'hcrilo pas des prétenlion.î dune fa-
mille. Q te l'Espagne se régisse elle-même j que l'Espagne soit indépendante et libre. La France, pour la solidité de celle alliance naturelle, compte plus sur la conformité de principes que sur les successions de la maison de Bourbon !
• Tel est, monsieur, l'espril des conseils delà République. Tel sera invariablement le caractère de la poliiique franche, forte et modérée que vous aurez à représenter.
■■ La République a prononcé eu naissant, et au milieu de la chaleur d'une lutte non provoquée par le peuple, trois mots qui ont révélé son àme el qid appelleront sur son berceau hs, béiiédi<iioni de Dieu et d( s hommes : Liberté, Egalité, Fraternité. Ellea donné, le lendemain, par l'aboliii ou de la peine de mort en matière politique, le véritable commentaire de ces trois mots au dedans; donnez-leur aussi leur véritable commentaire au dehors.
• Le sens de ces trois mois, appliqué à nos relations extérieures, est celui-ci : affranchissement de la France des chaînes qni pesaient sur son principe el sur sa dignité; récupération du rang qu'elle doit ocouperau niveau des grandes puissances européennes; enfin, déclaration d'alliance et d'amitié à tous les peujjles. Si la France a la conscience de sa part de mission libérale et civilisatrice dans le siècle, il n'y a pas un de ces mots qui signifie guerre. Si l'Europe esl prudente et juste, il n'y a pat un de ces mois qui ne signifie paix.
Recevez l'assurance, etc.
Signe' : Lamarti>e, 31embre du gonverncineiit prot>i- ■luire de la R''pulilfqiie, et ministre det affaires étrangères.
Les dons pa'.rloiiqu^s aflluenl de tintes paris. — C'c.-l M. IMinolnurié, avocat, qui offre en cas il- guerre mille écus pour l'équipeài eiil «oniiK'; d".:n cavalier; ce sont MM. Ale.\i'..-.ùr.' el l>;ri.iianJ qui acquitlenl à ravn-re h'uis routiiliu ioti.s annuelles; r'c- 1 il' î;h dOuonncl! qui a.lrcsse a M. Andrwuie son offrande pour les blessés de l'évricr.
Tous les Français viennent se ranger sous le banuièic de la Liberié.
M. de Larochejaqiiidei:i , qui, dès le premier jour, à îa chambri» même, esl entré dans le mouvement, a adrcsié la lelire snivanlu au gouveruvUicnl :
A Menteur* les memhre* du gouvernement provisoire de la République.
«. Messieurs,
• Un immense mouvemenl vienl de s'opérer.
• Un grand appel est faii à la nation tout cnlière.
« Nous devons y répondre unanimcnienl.
• Le spcciacle odniirable que présente la population de Paiis, les efforts de tous pour le niaiuiien de Tordre et de la liberté, nous donnent l'assurance que la nation s'élèvera, par l'arcoid de tous ses enranls, à la liauie-jr de ses plus beaux jours et de ses plus grandes gloires. Respect aux croyances religieuses, respect à la propriété, respect aux personnes !
• Ilonueurct bit n-étreaux travailleurs!
« Ordre et libeité pour tous !
• Cordialité entre tous et sans arrièrepensée !
« Le pays avant toull « C'est aujourd'hui le cri de ralliement de la France.
• Comptez sur moi.
• Recevez, etc.
• BE Larochejaquelein.
« 23 février. •
M. l'archevêque de Paris ordonne à lous les prêires de son diocèse des prières pour la France.
Dans sa séance d'hier, le gouvernement proviboire a fi\é la convocation des assemblées électorales au 9 avril et la réunion des représentants élus;au 20 du même mois.
Les principes généraux du décret sont les suivants : •
1° Que l'Assemblée nationale décréterait la constitution ;
2» Que l'élection aurait pour base la population ;
S" Que les représentants du peuple serait-nt au nombre de neuf cents ;
k° Que le suffrage serait direct et universel ï'aiis aucune coudiiion de cens ;
5° Que tous les Français, âgés de vingtel-un ans, seraient ékcieurs, et que luus les Fr:iuçais, ûgés de vingt-cinq ans, seraient eligibles;
0" Que le scrutin serait secret.
liou-.Maza a été arré.é à Brest.
Lt:s adhésions dis fonciiounaires arrivent en foule. Mais les miuisires opèrent
de nombreux changciDiUis dans les administrations civiles < i niiliiaires.
Le Moniteur algérien nous apporte les nouvelles du 29 fi vrier.
C'est une procIamattcnduducd'Aumale, d'apiès les dépêches télégraphiques, envoyées le 24 dans les départements, à une heure et demie et à dix heures du soir :
• Le roi a abdiqué.
« Madame la duchesse d'Orléans esi nommée régente. »
• Le gouverneur-général , connaissairt le patriotisme de tous, n'ajoute rien à ces nouvelles. Rien ne saurait changer nos devoirs, ni altérer notre dévouement envers la France.
• Alger, le 27 février.1843, à dix heures du soir.
• Signé : H. d'Orléans. • La dépêche de dix heures du soir, annonçant simplement la nomination da gouverncnicut provisoire, est suivie de cette seule phrase :
• Le gouverneur-géuéral ne peut que répéter ce qu'il disait hier : rien n'est changé à nos devoirs envers la France. La population et l'armée attendront dan» le plus grand calme les ordres de la mèrepatrie.
• Alger, 28 février 1848, à dix heures du soir.
« H. d'Obléans. • On alïîche dans Paris le décret suivant - « Le gouvernement provisoire de la Républiijue,
« Voulant remettre le plus tôt possible aux mains d un gouvernement définitif les pouvoirs qu'il exerce dans l'intérêt et par le commandement du peuple, • Décrète :
• Art. 1". Les assemblées électorale* de canton sont convoquées au 9 avril prochain, pour élire les représentants dn peuple à l'Assc mbiée nationale qui doit décréter la constitution.
• Art. 5. L'éleciion aura pour base la population.
• Art. 3. Le nombre total des représentants du peuple sera de neuf cents, y compris l'Algérie et les colonies françaises.
« An. 4. Ils seront répartis entre les déparlements dans la proportion iudiquéeau tableau ci-joint.
• Art. 5. Le suffrage sera direct et universel.
j « An. C. Sont électeurs lous les Fian-
çnîs âgés de vîngl-et-un nns, rësidant dans la coniniiitie depuis six luois, el non judiciairement privés ou suspendus de l'exercice des di'oiis civiques.
■ • Alt. 7 Sont éligililes lous les Français âgés de vingt-cinq ans, et non privés ou suspendus de l'exercice des droits civiques.
« An. 8. f.e scruiin sera secret.
« Ail. 9. Tous les élecieiirs voleront au clief-:ieu de leur canton, par scrutin de liste.
«Chaque bulletin contiendra autant de noms qu'il y auia de représentants à élire dans le departcnient.
. Le df-puui l( ment des siiffrages se fera au chef-lieu de canton, et le recensement au dépariemenl.
« Nul ne pourra être nomme représentant du peuple, s'il ne réniiil pas deux mille suffiages.
« An. 10. Chaque représentant du peuple n cevra une indenmiié de 25 fr. par jour, pendant la durée de la session.
« Art. 11. Une insiruttion du gouvernement provisoire réglera les détails de'xécuiii'U du préseul décret.
«Alt. 1:!. L'Assemblée nationale constiluanie s'ouvrira le 20 avril,
« Art. 13. Le présent décret sera immédiatement envoyé dans les départements, et publié et afiiché dans toutes les commum sde la République.
« Fait a Paris, en conseil de Gouvernement, le 5 mars IS^iS. »
■ Les renréson!ants seront au nombre de neuf cents ; c'est un pour quarante mille habiianis.
Sur la proposition de M. Armand Marrast, le gouvernement provisoire nomme une commission, présidée pai' M. Lherbelle, ancien député, pour la liqiiidaiion des biens de l'ex-liste civile el du domaine privé.
Les biens de M. le duc d'Aumale sont placés sous le séquestre. M Hippolyie Biesia est chargé du maintien de cet ordre.
Au moment de la lutte de février, on avait hésité sur les couleurs à adopter pour le drapeau national; Lamartine avait ramené toutes les pensées aux trois couleurs, dans lesipielles l'étranger devait retrouver le souvenir de nos triomphes et de ses défaites.
Le Gouvernement provisoire vient de rendre le décret suivant :
« Considérant que le drapeau de la France est le signe visible de l'unité nationale;
« Considérant, dès lors, que la forme du drapeau nationaldoit être fixée d'une manière invariable; « Arrête :
• An. 1". Le pavillon ainsi que le drapeau national sont rétablis tels qu'ils ont éié fixés par le décret de la Convention nationale du 27 pluviôse an II, sur les dessins du peintre David.
« Art. 2. En conséquence, les (rois couleurs nationales, disposées en trois bandes, égales, seront a l'a veniri-angées dans Tordre suivant : le bleu attaché a la hani|)e, le blanc au milieu, le rouge Uoiianl à l'exlrémiié.
«Tous les ministres sont chargés de l'exécution du préseul décret.
« Les membres du Gouvernement provisoiie. »
Une foule considérable, au milieu de laquelle on eniendaii gronder la menace»
stationnait ce malin et pendant tonte la journée dans la rue Lalîîite et les rues adjacentes.
L'on commentait l'avis suivant, aCQché à la porte de la maison de banque Gouii» el compagnie :
• La caisse générale du commerce et de l'industrie, leconnaîssani l'impossibilitéde réaliser en ce moment la ph.s grande parlie des valeurs el billets qui forment soa actif et qui assurent le reinbourseiiienl de ce qu'elle doit, se voit dans la nécessité de suspendre ses payements et de lipiider sts affaire-s. A partir d'aujourd'hui 6 mars, les directeurs de rétablissement vont convoquer iiiimédiatement une assemblée de leurs créanciers pour faire connaître la siiuaiion. •
Cependant l'agitation s'est calmée. — La maison Gouiu esi seu'enient en éiai de suspensiun de payement. — Possédant un capital de dix-sepi millions, elle a imm.obilisé trente-quatre millions de valeurs. Il en est résulté po'jrelle l'impossibilité de faire face aux demandes de remboursements.
Nous avons, dans le numéro précédent, montré le steamer VExpret» emportant vers l'Angleterre le dernier représentant de la monarchie en France.
Louis-Philippe est en Angleterre, et voici les détails de son arrivée :
« L'Ea^pî-eits élaif en vue de Nevv-Haven
ce matin (3 mars), à sept heures; mais il n'a pu eiilier dans le pori qu'a midi. Toutefois, le généra! Dumas et le général de Rumigny vinrem. à icrre de boimc heure dans dfsenibarcaiions. Le général Duuias se rendit tout droit à Londies, pour annoncer l'ariivée de Louis-Philippe. Qu;inl au général de Rumigny, il s'occupa de l'aire préparer des apparteuieiiis à l'hôtel du Poni. Le général avait annonré des hôtes illustres, sans diic leur qualité. Mais on sut bientôt de qui il s'agissait, et toutes soriesde piéparaiifs furent faits pour leur assurei- la réception la plus conl'oriable.
• C'est à midi environ, comme nous l'avons dit, que l'ex-roi et sa suite sont descendus à terre. Eu mettant le pied sur le rivage, il s'écria à haute voix : Dieu merci, tne vuici xtir le toi anglais! Pendant qu'il se rendait à l'hôiel préparé pour le recevoir, les habitants l'entouraient et le félicitaient de le voir arrivé sain it sauf. Louis- Phil.ppe leur distribuait cordialement des poignées demain. Il paraissait tiès-fatigUé, tout niouilh-, et sa barbe n'avait pas été faite d(-puis plusieurs jouis.
• Peu après sou arrivée, M. Catt lui fut présenté. M. Catt avait été reçu, il y a deux ans, aux Tuileries, sous les aus|)i(es de M. Païkain. Il offrit a l'ex-roi l'hospiialiié dans sa maison. Louis-Philippe n fusa, en le remerciant beaucoup. Il demanda où était M. Pjckam. — A Brighton, lui réjiondit-oii. — Je désire le voir.
• Un messager lut dépéché à M. Packam, qui ne larda pas à aiiiver en compagnie d'un nommé White, qui a éié, auiicfois, attaché à la maison de Louis-Philippe.
« Le bruit du débarquement qui venait d'avoir lieu se répandit promptement. Il était parvenu à Brighton à une heure de l'apréj-uddi. Aussitôt, un Iraiii spéival lut expédié sous la coudiiile du capiiaine lloiliau), un des, directeurs du chemin de fer de Brighton à Londres. Noiie correspondant eui l'honneur d'étie admis dans ce train, qui airiva à New-IIaveii sur les ipialre In mes. Le caiiit;Éine lloiham arrêta innnediatement avec Louis- Pliilippe les arrangements nécessaires pour le départ.
« ^'olre correspondant, apprenant que M. l'at'kani, qu'il connaissait, était dans Hiôlel, le lit appeler, et il fui par lui introduit près de lex-roi.
• Luuis-Piiilippe éiait occupé à lire un journal anglais. 11 se leva iminédiatcmenl,
et dit : « Je vous remercie, Messieurs, « ainsi que toutes les personnes que j'ai
• déjà rencontrées en Angleterre, pour les
• félieilations et l'hospitalité doni j'ai été « l'objet. • A ce moment, Louis-Philippe avait qiiitié sou déguisement. Il était eniièrement vêtu de noir. Il semblait avoir repris ses foices, et les traces d'inquiéiude qu'on avait, un peu auparavani, remarijnées sur son visage, avaient disparu.
L'ex-reine éiaii dans la même chambre, occupée à écrire, et paraissait abîmée dans ses pensées. A peine s'apeiçut-elle de la présence des deux étrangers.
« Plusieurs autres personnes furent introduites dans la journée. Lnuis-Philippe leur a paru avoir repris sa sérénité, il leur a parlé avec une grande liberté d'esprit, quelquefois eu plaisantant.
• M. Packain ofliii d'accompagner l'exroi et l'ex-reine à Brighion. • Non, mon- « sieur Pa» kain, lui l'util répondu. Je vous « suis fort obligé; mais les braves gens de ■ cei hôti 1 m'ont si bien accueilli ei traité, « que je désiie m'y arrêter. D'ailieurs,
• j'atiends la réponse du messager que j'ai « envoyé à Londres. •
• Au moinent où M. Païkam allait se reiirer, l'exroi lui remit tout l'argent qu'il avait, en le priant de le changer contre de l'or anglais, et de lui acheter des vêlements, attendu, dit-il en souriant, que je suis fort à court. •
Tonte la lamille royale a été conduite à la résidence princicre de Ciareinont, propriété particulière ^n roi Léopold.
La duchesse d Ui léans et ses deux enfants n'ont pas encore rejoint Louis-Philippe.
/cTnvNGER.
En Espagne, on connaissait depuis le 26 l'in^iallaiion du gou\ernfmeut provisoire à lllôiel de ville, et la proclama'.ioii de la ll('puljlique. Le bruit court à Madrid que AIÀI. de Ni;mouis et de Montpensier ont pris p;irl au combat dans les rues, et que le premier a été bles>é.
h la niutvtlic des événements de Paris, le ministère espagnol a l'.iit pariii' eu poHe le duc de, Ahiiinala, chaigii de raiiienerà Madrid la duchesse de Montpensier, qu'on supposait arrivée à Rayonne. Le duc de Ahuinada avait l'ordre, daas le eas où il ne trouverait pas l'inlanle dans celle ville, (l'arriver jusqu'à elle et de réelainer eu sa' faveur la |)rotectioii dn gouvernement français.
A la li^copiion de la nouvelle téli'graphiqiic, les ininisln's se sotil réunis en conseil pnnr s'tiilcndre sur la coiiduiie qu'il eoiiv<n:iii de suivre dans la siiiiaiinn difllftlt' OH lespi:iç;iil inopinëuient la r?vo liuioii de P lis. QiieliiU'S-uiis, dit It; C/amor piiI)/ico,f'<n\ci\i d'avis qu'on fil des coll<•es^ions a r(i|iinioii libérale; d'aulres, au CKiilntire, se soin pionoiicés pour les mesures de violi née el de ici reur.
Allemagne. — Un éeriide Cobleniz, le 2 mars :
« La duchesse d'Oi léans vient d'arriver dans :ioiie ville avec ses deux fils, le eoniie de Paris el le duc de Cliariies. Elle a été accompagnée par le marquis de Moiiltsquiiiu et M (leMotnay. Oe Paiis jusii'i'à Aix la-Chapel (', la dui liesse a voyagé dans une voiiure publique; de là, elle a pris le chemin de fir jusiju'a Cologne, el, après avoir passé la nuit à Deuiz, elle est arrivée ici dans le p us gi an.l iiicugniio.
» La levolutidii est accomplie dans le graiid-duché de Bade. Le graud-duc a acci'idé ce cpie le peuple avait demandé par l'or<;aiie d«; ses députés.
La D et"' gt'riiiaiiiipie accorde à chaque ëtat de la Coiilédération la faculté d'abolir la censure.
Le graiid-Juc de Bade el le roi de Wurtemberg oui prévenu la décision de la Diéie.
Voici l'ordonnance du roi Guillaume:
« Alt : l""^. La censure établie en octobre 1829 est abolie.
« Art. 2. Toutes les dispositions de la | loi sur !a Ibeilé de la presse, du 30 janvier 1517, soni remises en vigueur.
« An. o. L sera présenié aux Eiats une loi sur riniiMdiiciioii provisoire dune procédure joiiiiiiaire publique el orale en matière de presse'. N.s ministres de la justice, des aflaiies éliangéres et de l'iiiiérieur, soiii cliarg's de ve lier à l'exécution de la préseiil'' oiduniiai.ee.
« Donne àSiuU^aidt, le 1" mars.
• Signé: Guillaume. »
A Wiesbaden, les habiianis ont rédigé an iioiii dts ciioy' ns de Nassau, les demandes suivanu's :
Arniiiiieni général du peuple, — Liberté entière de la presse.— Convocation iniméiiate d'un pailenienl allemand.— Serinent des troupes a la coiisiiiiiiion.— Droit de libre réuni. i». — Proceilure publicpie et orale avecle jury. — Suppression de toutes
les restrictions apportées à la liberté religieuse, garaniie par la consliiutiou.
Eu Suisse, lies troubles oni éclaté à Neufl'Initel.— La Republique a été proclamée 1 la ChJux-de-Fi>nds et au Locle.
En Prusse, il est ijuesticui de la convocation immédiate de la Diète.
TJne correspondance particulière renferme les détails suivants sur I armement de la place de Surrelouis par la Prusse :
« Sanejiiuis est en état de siège. Les arbres plantés aux abords de la ville vonl être rasés; on a commencé déjà à les abattre. On a'ien'J aujourd'hui 150 artilleurs. Les canons ^out sur les renipaiis; les portes sont (ermées à six ht-ures du soir.
• Ou a cantonné des Iroupes dans tous les environs de Sarielouis; 50 hussards sont à Foiir-à- Chaux, pnit hameau placé à l'exirénie frontière, sur la route de Metz à S.irrelouisk
• On rappelle la réserve de l'auBée passée et celle de C(!lte année.
■ On lait des patrouilles prussiennes, toutes les nuits, jus{)u'à l'exirénie II oiilière.
• Les employés de la douane prussienne sont chagés di; rechercher toutes les nouvelles de notre grande révolution, et d'en rendre compte à qui de droil. •
8 HARS.
La question des finances est la grande préoccu()auon du moment. Le Gouveiiienieiit provisoire vient d'ac<!ompiir une œuvre uli'e, en décrétant la création de coiiiptiiiis d'escompte dans les villes indiisirielles et commerciales.
Li République n'imite pas le gouvernement de 1830. A ci lie iiaie, ou a prêté trente millions an commerce; aujourd'hui l'Élit, les villes formeul une association de capitaux et de crédit.
Voii i la teneur de ce décret, qui offre aux caj)iialisti s les avantages d'une bonne affuire et d'une bonne action :
« Le Goiivcr leineiil provisoire,
• Vu le déci et en date du U mars , spécifiinl qu'il sera pourvu dans le plus bref dél'ii aux interéis du couimerce el de l'iadu.-tiie;
• Décrète :
• Art. 1". Dans tontes les villes industrielles el coninurciales, il sera créé un coujptoir naiional d'escompte, destiné à répandre le crédit et à rétendre à toutes les branches de la production.
• Art. 2. Os comptoirs auront nn capital don! le chiffre variera suivant le besoin des loculiics.
• Art. 3. Ce capital sera formé dans les proponions suivantes:
• l°Un tiers en argent, par les associés
souscriiiteurs;
• 2°Un tiersen obligations, par les vi'Ies;
• 3"Uuiiers(nbon'*fiiiiré.>')r, parlEiai.
• Le niinislie des fiiiatM es cl le mainde Piris sont charges de l'exéculion de cet airélé.
• Art, II. Les 'propositions sur la création de ces conipioiis siroiii adressées au ministre des linames, qui, nprès avoir verifii! les versements faits par l'industrie privée, assurera la part de contribution des villes et du trésor.
• Fait à Paris, en conseil du gouvcmenient, le 7 mars 1848. •
" Li- Giiuveiiieiiieiil provisoire,
• Vu le décret en date de ce jour,
• Arrête :
• 1" Il est créé à Paris un comptoir national d'escompte, destiné à donner des moyens de crédit au cumnicrce et à l'industrie ;
• 2° Ce comptoir est formé au capital d« 30 iiiillions;
• 3"L'î commerce de Paris a souscrit pour le tiers de cette somme.
° La ville de Paris promet le second tiers en ubliL;aiions;
• L'Etat contribuera pour le dernier tiers en bons sur le trésor.
• U" Les sMiuls de ce comptoir seront publiés, et il entrera en fonctions immédiatcm<-nt. •
Des ctainics s'étaient manifeslées sur les tonds dt'posf'S par les citoyens dans les caisses d'épargne.
La lovauié n:ilionale a placé les caisses de dépf'it sous sa gaianiie. Conserver la propriété des travailleurs, propriété acquise à la sueur de leurs fronts, ne sulTit pas, dit le décret du 8 mars; il faut lui donner une plus grande valeur. Aussi a-l- 6n pris l'arrêté suivant :
• /Irticle unique., L'inléiêl de l'argent versé par les ciloyi-ns dans les caisses d'épargne et fixé à cinq pour cent, à partir du 10 mars procliain. •
M. Goudchanx quitte le ministère des finances, M. Garni 'r Pages le rempiace. M. le minisire de l'intérieur vienl d en-
voyer la circulaire suivante h tous les commissaires des déparicments :
Circulaire du miniatre de TiutPrienrauje eoinmiisaires des deifarleineiits.
. Ciloyen commissaire, la République q'ie nous avons inaugurée n'est pas le résultat forlnil duu mouvement passionné; ellen'.si p;istlavaiiiage le friiiid'unesainie et légitime « olèie. .Sortie louli- frémissauie du combat inégd engagé entre tout un peuple et une pnig ée d'insensés, elle s'était constituée lent, ment par les progrès de la raison populaire. A mesure que la f.i(;ti;>n placée a la lèie du pouvoir devenait |)Ius vioU'iiie ei plus oppressive, la nation se f lUtiail dans lt= smiimft.ni de son droilel dans la résolution d'en proclamer, a la pieinièic gijiidc occasion, l'irrésistible sonviTaiuelé.
• Voila pourquoi ii ne s'evl manifesté ni hésilallou ni lisseiiiimi-ni. La France entière n'a tu qu'une seule voix, parce qu'elle n'avait qu'une seul.; à ne Tons, nous nous sentions Lumiliés, abaissés aux yeux de l'Europe par une injuîiri liie avilie et < onire-i('volnlioiinain!; tons nous avons fièrement leli-ve la tète, le jour où, loubre sous la répiobaliim du mépris, <'eiie nionareliie a laii place à un gouverneinenl républicain.
« Celte union de tons dans une même pen>ée est le ga;e l(! plus cet lain de 'a durcit; de la République. Elle doii aussi èire la source de la niol<ration après la victoire. VoUe piemii r soin aura donc été de faiie comprendieqiie la Républi-pie est exempte de toute idée de vengeance et de réaction. . Toutefois , que cette générosité ne dëgéiiè! c pas en faiblesse. F.n vous absienaul de toutes reiheri hes contre les opinions el les actes politlipies antérieurs , prenez comme règle que les fonct-oiis politiques, à quelque degré de la hiérarchie que ce soit, ne peuvent être confiées qu'a de» ré|iubli<ains éprouvés. Le pouvoir mepris:ible que le souffle populaire a fait disparaîire avait inlei:ié de sa corrnt'tion tous les rouages de radminisraliou. Ceux qui ont obéi à ses in .iructious ne peuvent servir le (icuple. Au inonienl solennel oi^i, recouvianl la plénitude tle sa puissance, il va descendre dans ses comices pour y désigner ses élus, il faui que ses magistrats soient piofondéiiieul pénclrcs de son esprit,
et dévoués de cœur h sa cause. Le salut de la pallie esl à ce prix.
• Si nous marchons avec fermeté dans la voie de la rovoliiiion, aucune limiie ne peut être a^sisnt'e à sa grandeur cl à sa prospériié. Si nous nous attiédissons, tout esl à craindre. A la tête de chaque ai rondissemeni, de chaque municipalité, p!ac(z des hommes sympaihitpies ei résolus. Ne leur niénagiz pas les insirticiions, animez leur zèle. Par les élections qui vont s'accomplir, ils liennenl dans leurs mains les destinées de la France ; qu'ils nous donnent une assemblée nationale capable de comprendre et d'achi'ver l'œuvre du peuple.
En un mot, tous les hommes de la veille, et pa* du lendemain.
« Moins de rigueur à l'égard des fonclionnaires dont le rôle esl purement adminisiiaiif. Vous devez maintenir ceux qui, étrangers à toute action politique, ont conquis leur position par des services utiles.
• Cherch.ini ainsi à demeuicr ferme et juste vis-à-vis des agetils placés sous vos ordres, vous en exigerez un concours aciil et dévoué. Ce concours doit tendre à rassurer les esprits lijnides, à calmer les impatients. Les uns s'épouvantent de vains fantômes, les autres voudraient précipiter les événements au gré de leurs ardentes espérances.
« Vous direz aux premiers que la société actuelle est à l'abri des commotions terribles qui ont agité l'existence de nos pères. Aux antres, vnus direz qu'on n'administre pas comme on se bat. Le sol est déblayé, le mom'îiit est venu de réédifier. Or, qui, pour racromplissemenl de cette grande œuvre, n'est pas disposé à s'élever au-dessus de tous les misérables calculs de l'égoï.sme? La France esl prête a donner au nionde le beau speciacle d'une nation assez forte pour faire appel à toutes les libertés, assez sage pour eu user pacifiquement.
Dans ce vaste mouvement des esprits si énergiqnement entraînés vers l'application des principes de frateiiiiié et d'union, où est le danger pour qui que ce soit? où reuconire-i-on le prétexte d'une crainte?
« Ceux qui se montieni inquiets pour la propiiéiéel la famille sont peu sincères ou fort ignorants. Dépouillée de son caraelèi e de perbonnalité égoïste, garantie et limitée par l'intérêt et le ili oit de tous, la propriété devient le fruit exclusif du travail. Qui ose-
rait dès lors coniesier son inviolabilité ? Do même, régénéiée par une ériucaiion commune à tous les jeunes citoyens, chaque famille est un foyer ardent d'où s'échappent autant lîe rayons de patriotisme. Sa destinée est liée à celle de la société, dont elle est à la fois l'image et le modèle.
« Quant à nous, salués par l'aci lamation populaire pour préparer l'élablibseinent df'finitifde la démitcratie, nous avons hàle, plus que tous, de déposer entre les mains de la nation souveraine l'^iuioriié que l'insiM'rection et le salut public nous ont conférée. Mais, pour remplir dignement cette noble tâche, nous avons essentiellement besoin de confiance et de calme. Tous nos eiïoiis tendront. à ce qu'il n'y ait pas une heure perdue, et qu'au plus tôt, sortis cette fois sans lieiion du sein du peuple tout eiiiier, les représentants du pays se réunissent pour révéler sa volonté et régler les destinées de l'avenir.
« A celte assemblée est réservée la grande œuvre. La nôtre sera complète si, pendant la transition nécessaire, nous donnons à notre patrie ce qu'elle attend de nous, l'ordre, la sécurité, la confiance au Gouvernement républicain. Pénétré de cette vérité, vous ferez exécuter les lois existantes, en ce qu'elles n'ont rien de contraire an régime nouveau. Les pouvoirs qui vous sont conférés ne vous mettent audessus de leur action qu'en ce qui louche l'organisation politique, dont vous devez être les instnmienis actifs et dévoués.
N'oubliez pas non plus que vous agissez d'urgence et provisoirement, et que je dois avoir inimédiatemeni connaissance des mesures prises par vous, C'<ïsi à cette condition seidement que nous pourrons, les nus et les attires, mainienirla paix publique, et conduire la France sans secousses nouvelles jusqu'à la réunion de ses mandataires.
• Aulonr de vous s'élèveront des réclamations nombreuses el de toute nature; recueillez-les avec soiu. Il e>\ temps que le peuple fasse librement entendre sa voix; le goiivernemenl ne peut demeurer indifférent à aucun vœu. Si quelquefois l'expression en est ardente, ne vous en effrayez pas. Il serait dangereux d'exciter les passions même légitimes; il le serait plus encore de s'alarmer de quelques exagérations inévitables el de qnelq les doctrines erronnées. C'est la compression qui altère
et corrompt I;i pensée publique; la liberté l'épure et l'iigrandii.
« C>'pRndaiii, si les hardiesses de l'imagination, si les II niPrilês du langage, au lieu de s'appliquer aux idées générales, a la marche du gouveriienieiii, frai paient les personnes, vi tre devoir serait de; requérir rinierventioii des magistrats pour faire cesser un pareil abus. Du reste, je le crois peu à redouier; l'élan qui cnii'aîne le pays tout eniier élève les ûine^^ au-dessus des querelles niiséiables, si frcqueutes sous le règne qui vient de finir.
« Vous avi z dû vous entourer à votre arrivée des pali ioies les plus influenis; leurs conseils auront toujours un grand poids près de vous; mais n'oubliez pas que le meilleur moyen de les conquérir, et avec eux lotite la poi)ulaiio!i, c'est d'impiiuierà tous les services de l'aduiinistralion une infatigable activité. Nous sommes les serviteurs du peuple, et, par notre application et uoti e /ele, nous lui prouv( rons que nous sommes digues de sa confiance. Donnezdonc partout l'exeuiplc de la vigilance et du travail ; que par vos soins aucun inléièt ne souiïi e de la pe turbaiion momentanée occasionnée par la-cliuied'un pouvoir détesté, et vous aurez utilement rempli voire mandat.
« Je n'ai pas besoin de vous dire que votre attention doil si- porter d'une manière spéciale sur l'organisation de la garde nationale. Composéi- de tous les citoyens, comme elle va lèire, elle est la force et la gloire du pays, la garaniie de nos liberiés. Envoyezmoi dt s états exacts sur la composition de chacune des légions cantonnalcs de voire dépaitement. Faites élire les chefs; entretenez avec çux des rapports nombreux, et communi(|uez bien l'espiit qui vous anime.
« Aiiaciiez-vous enfin à r<'sumei' avec précision ei clarté tout ce qui louche au son des travailleurs de votre dépariemeni. C'est par eux et pour eux (pte s'est fondée la République, dont la mission est de faire cessci' leurs souffrances c t de consacrer leursdroits.Sides nécessités urgemcs vous paraissent commander des mesures extraordinaires, référez- m'en sur-le-champ.
Mais ici encore, appliquez-vous à ménager les Iransilions. N'iiniuiéiez pas des intérêts respectables dont le irouble pourrait nuire a ceux même que vousvou Iriez protéger. Sur quelques points du territoire, ' des actes de condamnable violence ont été '
commis. Éclairez ceux qu'uo passager entraînt'menl égaier.iit.
« En brisant les iiiachities, les ouvriers comsiromeitent leur cause et provoquent le malaise et la ruine. Fncore un peu de temps, et ces merveilles du g(;nie humain, qui n'ont pas nu-rilé la nimilation, fécondées par les capitaux et le travail, enrichiront tous ceux qui les maudissi-ni aujourd'hui. "Unis par les liens de l'assuciaiioD, les ouvi iers et les maîtres ne formeront plus qu'une famille dont les intérêts seront identiques. Riprenant le rang et l'importance qui luionteté ravis, l'agriculiuie fera jaillir du sol les richesses que rin(Uirie des gouvernements antérieurs y laissait enfouies, et jettera ainsi dans la circulation des éléments incounus qui régéuéreroui l'industrie.
• Voilà revenir qui nous est réservé, si nous sommés fraueheinent révolutionnaiies, si nos pensées, nos délibériiions, nos actes, sont conformes a la loi de fraternité qui doil être la règle des sociétés futures. Heureux d'en [>i é|)arer l'avéneuient, il nous appai'tieui de rassurer les esprits, de raffermir le crédit, de reunuer les transactions, de réunir les matériaux ilu vaste éilifice que l'Assemblée nationale élèvera. Que tous les ( œurs généreux, que tous les esprits inielligents se mcltiuii a l'œuvre et nous viennent en ahie; c'est là un sujet de noble ambition !
« Donner au monde l'exemple du calme, api es une éclatante victoire, eu appeler à la puissance des idées et de la raison, accepter courageusement les rudes épreuves du préseiu, s'unir pour les traverser et les vaincre, c'est là vraiment ce qui caracté^ rise, ce qui doit immortaliser une grande nation ! Tel est le but de nos constants efforts. Pour que les miens aient quelque (iTicacité, j'ai besoin de votre concours, citoyen commi^saiie, et votre p^xiolisme me permet d'y compter sans réserve.
- Salut et fraternité.
« Le membre du gouvernement proviioire, minisire de l'intérieur,
« Ledru-Roli.in. • Au Luxembourg, ]\I Lotus Bl.mc tieo.
ses séances d'organisation de trav;iil "i reçoit les délégués des conducteurs <" Je rochers d'omnibus, auxquels donne gain de cause- Les mutations conlinuefttdanslesadmi-
nistraiions civiles et judiciaires, dans la diplomate et dans rarnicc.
Les nouvelles dfs déparlements sont bonnes ; parloul le régime républicain est adopté avec enihousiasme. Les dons patriotiques se nudtipliont.
• Les commissaires délégués pour prévenir la suite des dévastations coniioencées contre les chemins de fer, annoncent que leur mission a plciiuemeni réussi. Ils ont trouvé dans les troupes de ligne, dans les babiiants, le concours le plus t-fflcacc.
M. Dumoulin, ancien officier d'ordonnance de i'emperetir, nommé commandant du Louvre, a fait enlever de son piédestal (a statue élevée an duc d'Orléans par l'armée.
Cette mesure a Jiclé à M. Alexandre Dumas la lettre ci jointe, qui est iidressée à M. de Girardin, directeur du journal la Pte$se.
» Mon cher Girardin,
• Hier, je traversai ia cour du Louvre, et je vis avec étonnement que la statue du duc n'était plus sur son piédestal.
« Je demandai si c'était le peuple qui l'avait renversée. Or. me répondit cjne c'était le gouverneur du Louvre qui l'avait fait enlever.
« Pourquoi cela ? D'cju vient celte proscription <|ui fouille ks loirbeaux ?
• Quand M. le duc d Orléans vivait, tout ce qui lo:maii, en France, la partie avancée de la nation avait mis son espoir eu lui.
« El c'était justice: car, on le sait, M. le duc d'Orléans était t>n lulie continuelle avec le roi, et ce fut i-ne véritable disgià 'e que celle qui suivit ce mot prononcé pur lui en plein conseil :
" Site, j'aime mie.ix être tué sur les « bords du Rhin que dans un ruisseau de • la lue Saint-Denis. »
• Le peu|jle, ce pe.ip'e toujours juste et intelligcni, savait cela comme nous, et comme nous le comprenait Allez aux ïnileriis, et voyez les seiils appartements respectes par le peuple, ce sont ceux de M. le duc d'Orléans.
« Pourquoi donc avoir été plus sévère que ne l'a été le peuple envers ce pauvre prince, qui a le boidieur de ne plus appartenir qu'ù l'histoire?
• L'avenir, c'est le bloc de marbre que lesl gouvernements peuvent taillera leur
guise ; le passé, c'est la statue de bronze jetée au moule de l'éternité.
" Vo'is ne pouvez pas faire que ce qui a été ne soit plus.
« Vous ne pouvez pas faire que M. le duc d'Orléans n'ait pas, à la tète des colonnes françaises, enlevé le col de Mouzaïa.
• Vous ne pouvez pas faire qu'il n'ait pas, pendant dix ans, donné le tiers de sa liste civile aux pauvres.
« A'ous ne pouvez pas faire qu'il n'ait pas demandé la grâce des condamnés à mort, et qu'il n'ait pas obtenu, à force de prières, quel'|!ies-unes des grâces qu'il demandait. " Si l'on serre aujourd'hui la main de Barbes, à qui doit-on cette joie? Au duc d'Orléans !
«Interrogez les artis'.es qui ont suivi son convoi : faites venir les plus considérables d'entre eux, Ingres, Delacroix, Scheffer, Gudin, Barye, Newkeikti, Marochetii, Calamalia.
« Appelez les poètes et les historiens : Hugo, Thierry, Lamartine, de Vigny, Michelei, moi, — qui vous voudrez enfin ; — demandez-leur, demamlez-nous, si nous croyons qu'il est bon que cjite statue koit replacée où elle était?
« Et nous vous dirons : — Oui, car elle a été à la lois élevée au prince, au soldat, à l'artiste.
« A Tàme grande et éclairée qui est remontée au ciel, au cœur noble et bon (jui a été rendu à la terre.
« La République de 1848 est assez forte, croyez-moi, pour cousacirr cette sublime anomalie dun prince restant debout sur son piédestal, en face d'une royauié tombant du haut de son trône.
« 7 mars.
« Tout à vous, , • Alexandre Dumas. • Etranger. — L'.\ngleierre est toujours agitée ; à Glasg(,\v les désordres les plus graves ont écl aé. Les chartistes sont munis d'armes qu'ils ont prises dans les boutiques d'armuriers. Les insurgés ont brisé |. s rails du chemin de 1er de Paisley à .\irdrie.
On envoie d'Edimbourg de forts détachements de troupes de ligne.
Pendant que Louis- Philippe et Marie- Amélie, sous le nom du comte et de la comtesse de Neuilly quittent leur résidence de Claremoni, pour rendre visite à la reine
Victoria, dans Buckinfjhnm-Paiace, Londres a son émeute dans Trafalg:ir-S<iuaie.
La foule a brisé l'écliafaiidage qui entourait le monument de l'amiral Nelson, attaqué plusieurs maisons particulières. La police f l les troupes sont sur lo qui-vive et en armes.
Allemagne. — Le mouvementen faveur do l'emaiicipatio:! des peuples continue.
A Munich, le roi a renvoyé son minisire de l'intérieur, M. Berks, dont les bourgeois et les étudiants ont demairdé la destitution.
Dans l'adresse des Bavarois, on remarque ce passage : • P'iint de guerre avec la République française , aussi longt( mps qu'elle re».pectera nos frontières, sinon une guerre allemande tan» teeours de la RufMie. En ca» cToplion inévitable entre la France et la Ru»»ie, uptei' pour la France contre la Riitsie. •
Le duc de Nas-au , le Sénat de Francfort, le grand-duc de D;irnistadl et celui de B:ide, ont fait droit aux demandes des habitants.
La proclamation du roi de Wurtemberg n'a pas satisfait Je peuple, elle a été déchirée.
On écrit de Francfort, 4 mar» :
• Nous apprenons d'une source sûre que la haute- diète germanique, dans ses dernièies séances, s'est oeciipée des dispositions militaires qui sont nécttssaire» pour la défense d<'s frontières de la Confédération contre toute pttaque.
« Elle a arréli', entre autres mesures, de charger la Prusse et les Etais du seiitiëme et du huiiienie corps d'armée de la Confédération (la Bavière, le Wurtemberg, Bade et le grand-duché de Hesse), de pourvoir à la sûreté des frontières occidentales du territoiie de la Confédération, et de donner avis à la Diète de tout ce qui peut amener ce résultat ;
• De chargiT l'Autriche, la Prusse, la Bavière, le Wurtemberg et Baric, de tenir prèles les forteresses de Jlayence , de Luxembourg, de Landau. d'Ulin et de Rastadi, (|ui, d'nprès les obligations des Etats de la Confédération, pour le cas de guerre, se trnuvi nt sous la dépe'idJnce de chacun de ces Etats ;
« De ( harger la Prusse, la Bavière et Bade, en qualité d Etats limitrophes, de donner avis immédialement à la Diète de tout ce qui pourrait menacer du dehors le territoire de la Confédération ;
De charger en commun to«s les gouvernements réunis de la Confédération, de mettre immédiatement à la disposition de la caisse de la Confédération, les sommes stipulées pour les dépenses qui peuvent devenir nécessaires ; el ce, d'après les proportions fixées par les matricules de la Confédération. •
Italie. — On lit dans le Nouvelliste de Marseille :
• Le roi de Naples, méconnaissant de nouveau la voix de l'humanité, pariure encore une fois à ses solennelles promesses, a porté le fer et le feu dans la riche et populeuse cité de Messine.
• Messine a été bombardée, pendant douze heuies, par les troupes royales. Le Purlo-Franco, ou entrepôt, a été incendié et brûlé piesque entièiement. On évalue les perles à près de dix millions de francs, seulement à l'entrepôt, »
U s'est passé, à Palerme, un fait terrible, mais qui montre en môme temps la puissance et l'autorité du gouvernent provisoire sicilien : M. Santoro, un des membres de ce gouvernement, a fait tuer de sa propre atiiorité, une irenlaine des sbires les plus féroces et les plus détestés, qui étaient tombés entre les mains du gouvernement. Le comité, ayant appris ce fait, a ordonné Tarre^iation de ftL Saiitoro, l'a fait juger et fusiller au bout de deux heures. Cet acte énergique a donné une ttèsgrande force morale au comité qui, eu faisant exécuter un homme bien populaire pour son courage, a donné la mesure de ion énergie.
La police autrichienne a pris des précautions si minutieuses, qu'il ne pusse aucune correspondance delaLombardiepour la France.
On en est donc réduit à des conjectures sur la situation de Mi'an , où tout fait, d'ailleurs, présager des événements graves.
Espagne. — Les journaux de Madrid, du 2, sont lemplis par les détails des événements de Paris.
Une lettre, du 2 au 6, annonce que quelques groupes ont crié dans les rues : Fioe la République .' mais que deux ou trois détachements de cavalerie les ont facilement dispersés, et rétabli l'ordre, qui n'a plus été troublé.
Belgique. — On écrit de Bruxelles, 7 mars :
« De Blanc-Misseron à la frontière de
Hollande, do Verviers à Oslemip, on ne renconre que troupes en marche, entnini dans les convois ou en soriani : dans les places fdrtes, on roule l'arlillerie vers les embrasures des bastions ; daiss les m;iç[asins, on pr('pare des munitions de guérie; les officiers d'tîial-major courent et se croisent ; le minisir»" de la guerre a f lil un plan de défense de Bruxelles con're les ennemis de l'iMiéiieur et <'eux de l'extérieur: la police de la capitale redouWe de vigilance; on anêie d on renvoyé sans piiiéà la frontière l'étranger qui ne peui jusiiûir sa présence, ou se faire réclamer par un tiabiiani notable, qu'il ail ou n'ail pas de moyens d'existence; le service des fiontièns se fait par de nombreux délacheinenis de gendarmerie, porteurs des ordres les plus sévères : partout, enfin, on crainl le conlacl des propaf^andisies fiançais et des insiiiulions ic'iiublicaines.
Au milieu des travaux continuels auxquels le Gonvernenienl provisoire esi livré, il reçoit sans cesse de noiwelles marques de sympathie pour la liépubliqne.
Aujourd'hui, à trois heures, plus de six mille Allemands se soûl réunis place du Carrousel, le drapeau national de {'unité gerinatiique (^row^e, ov et noir) en tète, réuni au drapeau républicain français par une bandernlle poilanl l'inscripiion : Fra- U'v/tité. L'inipo-^anl cortège s'esl mis en mar( he vers l'Hôtel de ville, pour y présenler une adresse de félicilation au peuiile français.
La df'pulation a élé reçue par M. Crémietix. M. Georges Heiwegh a pris la parole, el a exprimé, en quelques paroles chaleur» uses, la sympathie des démocrates alleniands pour la nouvelle Ilépubliqiie française, et a donné lecture de l'adresse votée par plusieurs milliers d'Allimands. . Un déciel du Gouveiiiemenl fixe les élections de la garde nationale au 18 mars.
Les municipalités aideroni aux souscriplions laites pour l'habillenieni des gardes uaiionaux dont les ressources sonl insuffisantes.
Le Gouvernement provisoire vient de prononcer les révocations suivantes ;
MM. Rossi, à Rome; de Flahaul el de MaiescaU hi , à Vienne ; de Bourgoing, à Munich ; de la Fressange, à Bruxelles; de Broglic, de Noailles, Henri de Béarn , à Londres j de Château- Renard, à CarlMulie ;
de Béarn, en Hanovre; de Lavalelte, de Bassano, à Cassel; de Glin ksberg, deTalleyrnnd, à Madrid ; de Dalmaiie, ù Berlin; de Baranle, à Saint-Péiersbonrg; de Bacoiirl el d'André, à Turin ; d'F.yragues, h Dresde ; Polydore de Larochefoucauld, à Weymar; de Bois-le Comte, en Suisse; Hippolyle de Larochefoucauld, à Florence; lie Bouneville, à Munich; de Bourqueney, de Baranle, Edmond de Bouniueney, à Constantinople ; de Mornay, à Stockholm, n vient d'èire créé un conseil de défense de la République française.
Ce conseil est composé ainsi qu'il suit :
Président : M. Subervic, général de division, minisire de la guerre.
Membres : MM Lamoricière, général de divi-ion il'inf:inlerie ;
Bedeau, général de division d'infanterie ; Oiidinol, général de division de cavalerie; Bo leau, général de division d'artillerie; Vaillant, général de division du génie ; Denniée, iulendant militaire.
Secrétaire: M. Charras, chef de bataillon d'infanterie légère d'Afrique.
Le Comptoir d'escompte de Paris est constitué. Le Gnuvernem lit établit les bases de ses opérations et fixe sa durée.
Le véritable peuple de Paiis, le peuple qui combat pour le maintien de ses droits et de sa liberté, cl qui, ensuite, reprend se» travaux avec courage, vient de publier la lettre suivante que nous nous empressons d'accueillir el de donner à nus lecteurs : « A nos frères, « Nous avons tous conibailu pour la liberté; nous avons élé victorieux. H nous reste des devoirs à remplir : ceux du boa ordre cl des secours mutuels entre nous travailleurs.
« Tonte révolution a pour résultat inévitable un manque de travail jusqu'au Jour I ù la confiance remnt. A plus forte raisou doit-il en être ainsi dans l'immense changement politiijue que nos efforts ont déterminé. Uui^so^s-nous tous, pour venir en aide à ceux qui sont en soulTrance, el prélevons sur notre salaire journalier une portion destinée à être répartie entre nos fières sans travail. Nous montrerons ainsi à la France el an monde que nous sommes dignes de la liberté, el que la fr tlernilé est pour nous une vérité.
« N us ne doutons point, frères, que notre idée ne soit accueillie par vous, et nous vous proposons de charger, datis
chaque aielier, uu ouvrier de recueillir, chaque jour de paye, les prélcvemeiils volomaires souscril» par Ks ouvriers cl les employés quelconques. Ces valeurs scroiii adn ssees au gouveriienieul provisoire, qui voudra bien pourvoir à l'organisaiion rtigulière d'un bureau de receiie, cl faire ensuite du produit des coiisaiious la meilleure application possible, dans riniérèl des ouvriers sans iravail. JN'ous commençons dès aujourd'hui, d'apiès ces bases, à rassembler nos contributions. •
Sulvenl deux cents signatures d'ouvriers des afeliers de .MM. Pecceiir, Durand et Buchel, de la galvanisaiion. — Beslay frères. — Henri Lederc. — Desroland. — Woull-Farine. — E( k ei Durand. — Pi;it.
— MM. Bûchez et Recurt, adjoints du maire de Puris, accompagne de MM. Thierry, Diimuut, Voillemicr, Coiilombier, assistés d'un ouvrier brossier, M. Hardouin, ancien préveun politique, un des plus braves défenseurs de la patrie pendant les jouriiéfs des 23 et iU février, ont visité hier les blessés en traiie»ienl à l'Hôtel- Dieu ei à la Charité. Tous les blessés ont été successivement interrogés par les adjoints du niairiî de Paris. Leur élut est gé;néialement irès-saiisfaisnni. L'HôielDiiii en compte 70; la Charité, 138. Dans ce nombre, heureusement, on ne reiicotitre que très-peu de blessures graves Les adjoints du maire ont accordé d'urgence des secours à quel(|nes-uns des plus nécessiteux de ces braves gens, qui tous, il faut II dire, ont fait preuve rTun désiniéresseineni avi-dessîis de tout éh^ge.
Nous avons dit que rarchevèque de Paris avait oidouné des piieres publiques pour la France. — Tous les dio(•è^es ont imité i'exeeiiplc douné par l'église métropolitaine de la capitale.
Seulement, les évéques ont oublié d'envoyer aux 1 urés et aux desservants la formule républicaine.
Aussi, diuiaiiche dernier, dans une petite commune du canton de Condé, le vicaiie ofliciani fi le curé clianiaut au lutrin, arrivé au Domine saloum, l'j bon cuié entonna a plein»^ voix ce passsge de l'oflice, Riuditié ainsi qu'il suit :
Domine talcum fae. .. le gouvernement provisoire.
On faisait courir le bruit que les citoyens qui gardaient les Tuileries, depuis le jour de la conquête du château, refusaient de
quitter leur poste et d'y laisser pénétrer, même les délégués du gouvernement.
Instruits de ces nouvelles, les gardiens du palais ont adressé la lettre suivante aux journaux :
• Monsieur, • Des bruits malveillmls ont alarmé la population. Les citoyens, qui depuis douze jours ont maintenu l'ordre, conservé l'honneur naiional en défiindanl pied à pied le principe de la propriélé, vieniienl devant vous protester éneigiquement contre les calomnies répandues dans Paris contre eux. Nous comptons sur la loyauté des . membres de la commission, pour faire connaître aux citoyens tout ce que noire conduite a d'honorable, et les rasuier sur nos tiiteiitions, en leur rappelant qu'elle ne nous a jamais fait connaître la décision piise par elle pour nous faire i|uiiter un po^te que nous avions payé de noire sang.
• DocY, chef dti pavillon de Flore, rue Caiimariiii, 20 ; Maillé, lieutenant de grenadiers, 10° légion;
LoURDliREAUX, BeLLOC , Duvt-
vit;R, PoNÈTHK, S.-Amand, Commandant des Tuileries. •
JVous avons donné laleilrede M. Alexandre Dumas relative à la statue du duc d'Orli ans, enleviie de son piédestal par l'oidrc du col.oucl Dumoulin. Nous douuons aujourd'hui la lettre du comuiandaut provisoire du Louvre ;
• AU RÉDACTEUK.
• Je lis dans votre numéro du 8 de ce moi'5, une lettre de M. Alexau'lre Dumas, incriminanl la conduite à\\ gouverneur du Louvre, qui a fait enlever la statue du duc d'Orléans.
• Celte leilre, d'un ami du prince, honore son auteur, quand toutes les adhésions que nous lisons aujourd'hui nous moutrenl des républii;ains plus fervents que ceux qui ont jeté le trône par la fenêtre. Il ne m'appartient pas de vouloir coniredire tous les (loges qu'il adresse à la tnémoire du duc d'Urh'ans ; je me renfermerai dans les laits qui m'ont mis dans la nécessité de faire procéder à renlèvemenldece bronze, qui, sous le rapport de l'art, était môme tiéssecondaire.
• C'est après avoir conduit M. de Saint- Aniaiid au comniandeuienl des Tuileries, qu'à deux heures cl demie du matin j'a
cccupcî le Louvre en qualité de commandai» i supérieur.
• A une lu'ure de l'après-midi, au milieu de la foule immense staiionnant dans la cour du palais, un garde national s'écria :
« Ah! voilà le royal niauiiequin,à qui je • vais adresser ma carte de visite.» Et «ussiiôt il déihargea son fusil, doni la balle fui frapper la lêie de la staïue; quelques acclamations se firent entin Ire. Je craignis aussitôt de voir cette statue deveiiir une cible. Je donnai imméclialemenl des ordres pour faire entourer la statue des gardes naMonaux en Monse, pour enipêclicr que ce coup de fusil ne pût se répéter. Dans celle circonsiauce, je n'ai eu qu'a me louer de M. AdolfjK Dumas, homme de lettres, el du brav« chef de bataillon M. Morcno, qui m'ont secondé dans cette gra\e «inonsiance.
• Je fis immédiatement appeler M. de Caiileux, conservateur du Musée, et l'architecte, M. F.rnlriine, leur annonçant que 'étais décidé à faire eidever la staïue cette iiuit, pour éviter dans l'intérieur du Louvre une collision entre ceux qui voulaient démolir la statue et ceux qui auraient voulu essayer de la protéger.
• D'après mes in-^truclions, M. Dobay, maître charpentier du palais, fil apporter dans la cour nue grue el des madriers. Le Louvre fui interdit à la circulation à six heures du soir; il pleuvait beaucoup, ei, sur
'observation de M. Debay, que l'abondance de la pluie reiid;iii celle opération mpossible, je crus devoir lui répondre que ce mot, pour des Français, était rayé du dictionnaire. Je mis dune à sa disposition tous les hommes nécessaires, et qui, par une pluie ballante, se relayaient au besoin. « A cinq heures du matin, la statue, avec ses bas-reliefs, sans aucun accident, roiiail hors des portes du palais. Ce bronze a ëlé inimédiaierm ni et soigneusemenl recouvert d'une grande toile et déposé dans e chantier du Louvre, sous un hangar consiruit à i'insiant même pour le recevoir; et, à six heures, ce piédestal devenait un monume.it expiatoire à la mémoire des victimes de février, par l'inscripiiou que 7 ai fait apposer en ces ternies :
Aux citoyens de Parit morts pour la Patrie m La Re'puhlique reconnaissante.
23, 24 f écrier 1848
« M. Alexandre Dumas réclan«e dans sa lettre • qu'il est bon que cette statue soit « replacée où elle était. • C'est au gouvernement à aviser.
' Obligé de tout prendre précipitamment sous ma responsabilité, j'ai rempli mon devoir, celui d'éviter à tout prix de voir sous mes yeux éclaier une collision grave et dangereuse, et répandre du sang, dont le bronze ne vaut pas une gouttelette.
• Je suis, avec une profonde considération,
■ C. DUM0ULI>,
• Commandant du Louvre, et de l'Hôiel de ville en 1830. •
ÉTRANGER
Angleterre. — Di s troubles assez sérieux ont éclaté depuis quelques jours à Glasgow. Dans les journées des 5, 6 et 7 niar.s, des rassemblements d'oiivrii rs se Sont formés, el s'armani, en s'eniparant des aimes renfermées dans les niagasios d'armuiiers, ils ont parcouru la ville en criant: « IJu pain ou la levoluiion. • Plusieurs boutiques de biiulangerset de march:in(Js de comestibles ont eié pillées. Des troupes ont été appelées d'Edimbourg pour rétablir la irani|uilliie ; malheureuseineut, elles n'ont pu y réussir sans une déplorable collision.
Arrivés en lace d'une foule très-compacte qui se livrait à des démonstrations menaçantes, les magi-itrats donnèrent l'ordre de faire feu : un jeune homme a éié tué sur la place et cinq personnes ont été blessées, (tout deux mort' llement. L'; rassemblement s'est alors dissipé, el de nombreuses patrouilles de dragons, pircourant incessamment la ville , sont parvenues à ramener quelque calme. Mais on écrit que la fermentaiiou est toujours extrême parmi la population ouvrière. Les dernières nouvelles datées du 8 mars, dans la journée, annoui^eiit qu'on u'ctail pas sans inquiétude pour la nuit.
On attribue la cause de ces désordres au niéconienieraeni des classes ouvrières sur leur situation, et notaminenl sur la parcimonie avec laquelle, au moment le plus pénible de la saison, le comité de secours a distribué les bous de vivres ; mais ces manifestaiions ont eu un caiaclère assez grave pour qu'on doive eu rechercher l'origine dans des griefs plus généraux.
Au niomenl où ces troubles éclataient à
Glasgow, des désordres avaient éj^alemeni lieu d;iiis qiiel(|ues quartiers de Ltiiiires. Les deiiiièicsi nouvelles de Londres annonçaient ()ue ces rasseiHblemcnis éiaicnl dissipés; mais ce soir même on nous communique le passage suivant d'une lettre anivée à I in>iunt mêiiie de Londres : • Au mon.eni de fermer ma lettre, j'apprends qu'un mouvement plus grave que celui des dernieis jours vient d éclater dans la Cilé; un rassemblement très-iionibrcux se porte dans l«'s environs de Saint-Paul.
Le Sun du 7 apprécie dans les termes suivants le manifest'- de M. de Lamartine:
• Ce maiiifesti; est digne du génie qui plane sur la Képiiblicjue vic.idrieuse; il est dijrne de la circonsiance, de l'Europe, <ie la France, du rcpobiicanisme et de l'histoire! Il est un garant que l'esprit de la nouvelle constitution est la piix, et que l'ambiiiun ia plus direitemenl opposée à ses désirs est l'ambition de la baluille.
• M. Lamartine p.irle avec la voix d'un poète, la simplicité d'un historien, la dignité d'un h>>mme d'Eiai, lu netieté d'un administruieur, et, par dessus tout, uvcc l'exquise et couragiuse humanité d'un chrétien. On s<nt dans ce manilesie les vibrations de vc cœur qui est comme un instrument d'éloquence, et qu'uni (,'bran!é, jusque" dins sis profondeurs, bs grands événements qu'il vient d'évoquer cl d'accouipiir.
• Celle circulaire porte un caractère éminemment politique. Nous le répétoiis, ce manifeste étincelle des maximes de la liberté, mais leur éclat est adouci par les paisibles rayons de l'unité entre les nations ei de la fraieruile universelle. •
On écrit de Darmsiadi, le 5 mars, au J OH mai fi e Frntirfort :
» Darnistadt est yu comble de la joie.
• S. A. R. le grand-duc héréditaire vient d'être proclamé cci-régent.
• AI. le baron Henri de Gagern est minislre ci succède à M. du Thil, qui a demandé sa démission.
• Une proclamation, signée par le grandduc héréditaire et M. H. de Gagcrii, ministre de l'intérieur, déclare que loin ce qui est du ressort des gai anlies de la liberié poliiique et civile sera accordé au peuple, notamment 1,' liberté de la presse, l'armenieni général du peuple, le droit de tenir des assemblées politiques ei celui de péliliouner. •
A Munich, il y a eu des troubles graves. Le peuple, mécontent de la décision du roi relativenieiii à ta convocation de lu Chambre pour le 31 mai, a pris d'assaut l'arsenal, s'esi emparé des armes qui s'y trouvaient cl s'est dirigé vers le palais. Le prince hérédit^iire Charles est monté à cheval, a harangué le peuple en donnant sa parole d'honneur, 7 »<e /a Chambre sera convoquée pour le 16 mar». Cette promesse a calmé l'effervescence populaire.
L'agitation continue en Saxe ei ilans l'électoral de Hesse-Cassel. Les princes de ces deux pays semblent vouloir résister au torrent. Ce sera en vain. Les habitants de Leipzig se sont de nouveau réuni ; ils demaiidedt la retraite du ministère, la couvocation immédiaie de la Chambre.
A Ilanau et Marbourg , bs habitants sont résolus à rester sous les armes jusqu'à ce que l'électeur ail cédé au vœu formulé par eux.
A Hambourg aussi, le sénat résiste. La censure a reçu ordre de supprimer toute iibservaiion sur les événements de Paris. La ville est dans la plus grande inquiétude.
A Weyniar et Brunswick, le mouvement continue.
Pas de nouvelles du Hanovre. Mais voici l'acie le pies important : • Il s'est formé à Hiidi'Iberg une espèce de parlemeni national, composé de cinqnanle-un députés de plusieurs pays allemands. •
Le but de <!ettc assemblée est de se poser en médiatrice entre les trônes et les peuples, et de prendre des mesures, afin d'arriver à l'unile nnlionale de toute r Allemagne.
Vienne. — La nouvelle de la révoliitioa du 24 février et de la proclamation de la Republique française a produit une profonde sensation à Vienne. La c< vislernation était complète à la cour impériale, et on redoniaii vivement l'effi t qu'allait produire en Lombardie ce grand événement:
M. de Meiiernicli paraît gravement affecté de ce réveil énergique de l'esprit de lib rté, et de la chute du souverain qui s'était mis si servilemenl à la suite de la politique du cabiiiel de Vienne.
M. de Flahaui, ambassadeur de Louis- Philippe, à Vienne, s'est, dit-on, évanoui en appiTiiant la révolution du V^ février. Il est parti immédiatement pour l'Angleterre.
Le roi de Prusse entre à son lour dans
la Toie des concpssions. Aux lermes do lelties-paieiHes du 5 mars, la dièie se réunira à l'avenir tous les ans, tandis que jusqu'à pi éseni la convocation de ceiteassenr blée dépendait du bon plaisir du roi.
Miiyence , h mars. — Le prince de Prusse esl investi du roniniandenient supérieur dans la 'Prusse rhénane. — Tonies les mesures prises, d'ailleurs, sont purement défensives.
La municipalité de Wieshaden vient d'obtenir du duc la liberté de la presse, la garde civique, le jury, la réduction de l'armée active, l'aboliiion des dîmes, un parlement germanique, etc.
Les ( hambies de Nassau sont convoquées extraordinaireiiient.
Italie. — La (;onstiiuiion sarde a été promulguée dimanche dernier. Elle est modelée sur l'anf'ieune charie française, avec quelques différences en des points accessoires.
La souveraineié est exercée par le roi,'1e sénat et la chambre des députés. Les sénateurs sont ù la nomination du roi, qui choisit dans certaines catégories. Tous ceux qui ont rendu un grand service au pays peuvent être noniinés sénateurs. Le sénat se constitue en cour de justice pour juger les attentats.
Les députés ont les mêmes privilèges qu'en France, relalivemenl à leur personne.
Ton> les citoyens sont égaux devant la loi.
La liberté individuelle et l'inviolabilité du domicile sont garanties; le droit de propriété l'est également, sauf le cas d'expropriation forcée pour cause d'utilité publique.
La presse est complètement affranchie.
Rémlution à Moiiaro : Il e»t trop tard'.... Ce mol de l'exil vient d'être prononcé à Mf-nton contre le prince de Monaco, connue il a été prononcé à Paris contre le petit- fils de Lous-Phi'ij>pe; cette ville vient de se donner im gouvernement provisoire, et a proclamé la déchéance du prince. R<'specter la révolution de Menton, si crncllenien' exploitée depuis trente-deux ans, laisser au peuple de la principauté sa liiire action, c'est le devoir du gouvernement sarde. Il le comprendra.
Il appartenait à un Gouvernement républicain de bien préciser au pays sa situa-
tion financière, situation à laquelle se rattachent I» paix ei l'ordre.
M.Girnier-Pagès,en changeant sa position de maire de Paris conire bs fonctions occupées par M. Goudchaux, a couipiis ce que la France attendait de lui et vient de nous donner l'état des dettes et des ressources de la Hcpnblique.
Dans ce rapport remarquable, publié par le ministre provisoire de nos finances, la franchise la plus austère indique le mal, mais à côté l'on trouve l'exposé du remède.
La dette publique, au l" janvier 18/48, s'élevait a cinq miil irds cent soixaute-dixneuf millions six c( nt quaranle-quaiie mille sepis cents trente francs.
Le ministère de M. Gnizol a, dans l'espace de sept années, augmenté le chiffre de la dette de neuf cent douze millions trois cent vingt-neuf mille trois cent viugi-huit lianes, el, pendant les deux cent soixante dix-huit derniers jours de son existence, le gouvernement déchu a dépensé onze cent mille francs par j lur.
Les caisses d'épargne, cette providence de l'ouvrier laborieux et économe, ont reçu trois cent cinquante- cinq millions, et sur cette somme, soixante millions seulement étaient iuseriis au trésor, fc reste était imniobil se en fentes ou eu actions.
La Riipublique accepte ce legs de la monarchie.
, Ell(ï maintiendra l'amortissement , elle trouvera dans le patriotisme des citoyens, dans leur exactitude à payer leurs impôts, le service régulier des sonmies exigibles par les bons du trésor; elle assurera les remboursements d s caisses o'épargne au moyen des bons el de l'argent monnayé.
La suppression des sinécures, la restriction apportée dans le nombre des employés, en réiribiiani leur travail à sa juste valeur, la vente des diamants et de l'argenterie de la couronne, des'doinaines de l'ancienne liste civile, raméuagement des bois de l'État, la bonne gestion des finances, telles sont les ressouices du pays.
« La République sauve la France de la honlé d'une ban(|ueronte,» diiM.Garnier- Pagès, eu terminant son rappwt.
Pendant que le nouveau ministre des finances de la République démontre à toute la France combien le gouverneim ni déi hu a abusé de sou pouvoir poui' dilapider les revenus publics, le peuple, toujours généreux quand il obéit à sou premier niouvc-
ment, trouve un organe dans cliacua de ses enfants. Voici deux exemples de celte noblesse de seiuimenis ci de cet espiir de justice si admiral)les chez les véritables et gluri' ux conibaltunls de Février:
Un assez grand nombre d'ouvriers menuisiers réunis pour pailer de leurs affaires, c;Bisaient du million de la lisie civile que le gouvernemeut provisoire a promis aux travailleurs. C'éiail au moment où l'on annonçait que Louis-Philippe et les princes venaient d'ariiver à Londres dans un (léuûment complet. '■ Sapristi! c'est dur. dit l'un d'eux, savez-vous ce qu'on devrait faii'C? ce serait de suivre le conseil de Bérauger. Un million d'.siribué entre nous, ne ser:i que quelques francs à peine. Eli bien 1 qu'un l'envoyé à l'ex-ri)! ; l'aumône (lu pauvre honore le malheur. •
— Oii [.allait avec animation dans un groupe d'ouvriers, avant- hiei-, des discussions sur l'organisation du travail douf M. Louis Bl:inc porte le poids au Luxembourg. Quelques-uns disaient : ° Il faut que cela finisse, les maîtres ont eu leur tour, à nous à présent! • D'autres rcpeilaient : « C'est cela, il faut que nous vivions bien! — Pas si vite, les antres, répliqua un homme déguenillé; et arrêtant un élève de l'Lcole polyiechuique qui passait : Tu peux diie au gouvernement provisoire que nous avons enciTe trois mois de i.iisère au service de la République, pourvu qu'on s'occupe de nous! •
Le gouvernement provisoire publie aujourd'hui dans le Moniteur une instruction relative aux. élections générales. Ce document indique les moyensde confecliou des listes, la condition d'inscription pour l'cleclorat, la for le des listes, la publica lion et les riclaniaiions a faire, l'envoi des listes au maire du chef-lieu de canton.
Pour les opéi'aiious dans les assem.blées électorales, on aura égard à l'avis aux électeurs, à la coniposiliou île chaque buremi, à l'inscription et au dépùt des bulletins, à la durée et à la clôture du scrutin, au tlépouiltement des bulletins, puis viendra le recensemeni généial drs voies, la proclamation du résuliai déGnitif du scrutin.
Votes miliiaires :
Les soldais en acùvité de service et les doniesii(|ucs sont appelés à Voter. C'est un progrès, ou une réiroaction, sur le mode d'élection de 1789, qui excluait du vote, les domestiques, de peur de l'influence
arisiocraiique des maîires; les soldats, de peur de l'influence miliaire des chefs.
On peut voir aussi dans cme loi que l'éleciion directe est substituée à l'élection à deux degrés.
La nouveile loi donnera dix millions cinq cent mille volanis pour la France, la Corse et l'Algérie.
ÉTRANGER
Italie. — On lit dans le Nouvelliste de Marseille :
« Nous recevons à l'instant la nouvelle que le miiiisière Serra-Ca; riola venait de tomber à Naples sons le poids de son impopularité. Aucim détail ne nous parvient encore sur les événements de la Sicile, et surtout sur l'épouvantable bombardement de Messimi.
« A Florence, on mobilise une partie de la garde nationale. »
L'exaspér:ition augmente à chaque instant contre les Autrichiens. Des conliibulions extraordinaires ont été demandées auxcommunes pour subvenir aux liépenses de l'armée d'occu[)ati(tn , dont plusieurs corps, et surtout les Hongrois, ne craignent pas de donner des tiMUoignages de sympathie pour les habitants.
Le cri de : Five Pie IX ! vive t Italie] est répété partout, et des contrebandiers, aidés par la population, iutrodcdseni des armes qui sont vendues à vil prix sur certains points (le la côte. L'Italie n'est p;is la Gallicie, dit une lettre de Milan : elle sera l'Italie!
Les nouvelles de la province annoncent le mouvement révolutionnaire de la Valtelire, et plus particulièrement de la Vjlenmonica.
On manque de détails; mais, s'il faut en croire des correspondances particulières, le commissaire qui a adressé sur les événements de cette dernière localité un rappou au gouvernement central de Milan, terminait ainsi la dépêche : « Je suis forcé « de porter la cocarde tricolore, tandis que « je vous é<;ris. « Cette circonstance est de nature à ^,ire supposer le suci:ès de l'insurrection.
Le servjce de la garde nationale improvisée à Gènes se fait avec zèle et un grand ordre.
A Parme, le duc semble se disposer à quitter ses Etats, où l'influence autrichienne, qu'il a installée, devient par trop
ruineuse, pour ses sujets. TI est trop tard de s'en apercevoir aujourd'luii.
L'armée aulricliienne occupe fortement la ligue de Massa à Ferrare.
Celle disposition des troupes ne peut qu'cire favorable aux niouvemenis de l'armée piéniontaise daus la Haiite-Lombardie, ou les vœux des populations et le concours des masses l'appellent et lui sont assurés.
A Rome, on croit à une procliaine promulsaiion delà con.-iiiutiou, et là, comme en Toscane, rarniemeni et l'organisation de la garde nationale mobile sont poussés avec activité.
On écrit de Naples, 1" mars :
• Tbrabim-Paclia attendait Méhémet-Ali à Naples avant le 10 mars.
« La loi électorale a été oiricifllrmeni publiée. Le cens est fixé à 24 ducats pour les électeurs, à 240 pour les éligibles.
• Les chambres seront convoquées pour le 1" mai.
• La nomiiKition des membres de la chambre des pairs doit avoir lieu avant celle époque.
» Le prince de Salerne quitte le comjnand -nient de la g;irde nationale. »
Angleterre. — Les journaux anglais d'hier soir nous font connaître un incidt-nt qui a eu lieu dans la chambre des communes, an sujet des ouvriers anglais qui étaient employés sur les chemins de fer de Rouen et du Havre, et qui ont été forcés de se réfugier piécipiiamment en Angleterre.
C'est M. Stafford qui a interpellé le ministère sur ce fait. Il a demamlé .si le gouvernement avait l'intention d'user de représailles contre les Français qui pourraient être employés en Angleterre.
Sir G. Grey a d'abord repoussé toute idée de représailles. Quant au fait, il a dit qu'il en avait été informé ofliciellemeut par une dépêche du consul anglais au Hùvre. Tous les ouvriers expulsés, hommes et femmes, ont été dirigés sur Porismoulh par deux bateaux à vapeur.
Le paquebot qui vient d'arriver à Sou- Ihaniptou apporte d"i;filigeantes nouvelles des colonies anglaises.
Les planteurs, en apprenant que l'Angleterre relirait à leurs produits h; piiviiége du marché national , ont imposé à
leurs ouvriers une diminution de salaire de 25 centimes par jour; les iravailleuis ont inimédiatement d('ciaré grève.
Jusque-là, rien n'est à dire; chacun est dans son droit ; le maîiie refuse le salaire demandé, l'ouvrier refuse le travail dont le maître a besoin. Mais il y a un tiers en pareille occurence, c'est la faim, mauvaise conseillère s'il en fui. Elle est venue de toute sou autorité parler aux ouvriers, qui oni suivi ses méchants avis ; ils se sont mis à brûler, h incendier les maisons, les habitations.
On a mis à prix l'arresialiou des auteurs de l'incendie de trois propriétés. Le lendemain du jour de la publication de ce décret du gouvernement, les ouvriers ont brîilé une quatrième h:ibiiaiioiu
Le meeting annoncé a eu lieu hier à Manchester, à dix heures du malin. A celte heure-là, il n'y avait ei core qu'un millier de personnes. Mais bientôt un jeune Irlandais, du nom de Murphy,a proposé de se transporter inunédiateinent à Saini-George's-Fields, eu pleine campagn», « où, a-t-il dil, ni les tyran» no» mnîlreg, ni le» myrinidons do ta justice, ne pourront troubler notre dêmonislration. • La proposition ayant été acceptée, les assistants, après s'être formés eu colonne, ont pris la roule indiquée, brisant toutes les vitres des boutiiiues qu'ils ont rencontrées.
Leur nombre s'était considérabI»»ment accru quand ils sonl arrivés à Saiul-George's-Fields. Là, le jeune Irlandais a repris son discours, dans lequel il a exhorté tout le monde à imiter lacoiiduiie des patriotes écossais, et soutenu que tous les malheurs du pays devaient être impu es à l'aristocratie. Lest patriotes écossais, a-l il dit, ont tiobtemcnt revendique' leur titre d'/iommes libres, et il a fini en proposant de rentrer en ville pour y faire un appel à la sympathie de tous les iiavailleuis.
Les ( hoses en étaient là quand est partie de Manche^iter la dépêche éiectriiiue qui a transmis à Londres les dt'taiis qui pré- . cèdent.
j^llemagne: — Le mouvement révolutionnaire continue en Allemagne.
Presbourg. — A Presbourg, la Diète de Hongrie, à l'unanimité, s'est prononcée pour une adminislraiioa ministérielle séparée de l'Aulriche.
Lc5 Etals de Boliéuie, dans une adresse
signée par tonte la noblesse, malgré le burgrave Siadioii, demandent à être convoque» immédialevient.
L'agiiytion est grande à Prague, et il paiîiîi qu'elle est encore plus grande en Gallicie. La nouvelle se confirme qu'un régiment hongrois a refuse de se battre conire les Iiaiiens.
Les nouvelles de Vienne annoncent toutes le désespoir de la B'jurseei l'embarras du gouvernement. Le comte de Fiquelmoni a été nommé minisire de la guerre, et M. de VViateslau est appelé à commander le premier corps d'armie en Italie, renforcé de 30,000 hommes.
L'on parie de la démission de M. de Meiternich, mais celle nouvelle n'est point odicielle.
Muyrnce. — On écrit de Mayence, 5 mars, que des mesures militaires sont prises sur les frontières rhénanes, et que le prince de Prusse est investi du commandement supérieur. Notre corre>pondant nous assure qu'un ne doit voir dans ces dispositions que desimpies pn-cautiuns de défense. L'état actuel de l'Ail- magne et l'ailiiude générale des princes qui la gouverneul , aiitoi isent à croire qu'on n'essau'ra pas même de procéder, par voie d'aiiaqui! et de provoeaiiou, contre la République française.
A Wicsbadiii, S. A. le duc a ouvert l'assemblée des Eiais par le discours suivant :
• Ml ssieurs et i lurs membres desEtah,
• Je suis venu ouviir en personne ceite assemblée, pour vous prouver que je me conforme franclienieni et siriclement aux dispositions qui ont été annoncées hier au pays par ma proclamation.
• Vous n'avez à vous occuper maintenant que de la nouvelle loi électorale que je vous ai promise. Je vous iuvile à examiner celle importante question avec un soin tout pariii'uliir.
• Je dois, dans les difficiles conjonclures aclutlles, ponvcur compter plus que jamais, sur vos lumières et sur voire ûdélilé; j'y couipie.
" Vos séances seront publiques.
« .Me^sieuis f l chers meuibi es des Etats !
• J'espèi e qu'avec la grâce de Dieu, les nouvelles in>litnii()ns seront pour notre pays et pour tonte la pairie allemande une snree de béné'iiclious. •
Une proclamaiion ducale, en date du 5, porte à la connaissance du pays que le duc
a accorde les neuf demandes qui lui avaictrt été adressées par l'assemblée populaire, tenee à Wiesbaden, dans la journée du 3 uiar:».
Le roi de Saxe a fait une première concession. M. de Falkenstein, ministre de l'iuiérieur, adonné sa démis-ion. Ce n'est pasasïez. Les habitants de la Saxe demandent un changcmeni de système.
L'électeur de Cassel s'est retiré avec la troupe dans sou château fortifié. On craint des troubles graves, car le bruit se répand que l'électeur ne veut faire aucune concession.
A Brème, il y a eu également une émeute; à Hanovre , le magistrat a envoyé une adresse au roi dans laquelle il demande les libertés réclamées par d'autres Etais.
fValdshiit. — Ou écrit de Waldshut,
5 mars :
« Ou assure que les gouvernements du sid de l'Allemagne ne peuvent parvenir à réunir leurs troupes sous les dr:ip'aux; celles-ci craigueut qu'il ne; s'agisse de l'aire cause commune cou're la France avec les Autrichiens et les Russes.
Carluruhe. — On écrit de Carisruhe,
6 n;ars :
• Le grau'I-duc a reçu de la manière la plus rassurante lu di'pntalion de la deuxième Chambre. Il accorde sincèrement toutes les conccssio.:s d "mandées ; ou s'occupera tout d'abori de la création d'un parlement allemand. Ou veut une assemblée élue librcmeui parioui le peuple allemand, sans distinction d'états, et qui ait pour but la con-tituiion.
• La dieie, ne rèpK'senlant que des gouvernemenis, est iu.;uffisante. ■
Munich. — Le rtii de B ivière rient de céder au mouve.Tiint. Voici les termes d'une proc!auiaiiou'(iui atmoucc à la D:ivièie le coniniencemeni d'une ère nouvelle:
• Je me suis déterminé à réunir pi es de moi les étais de mon royaume. Ils sont cofivO(iués dans la capitale pour le 16 de ce mois.
• Les vceiix de mon peuple ont toujours trouvé un écho complet dans mou cœur.
Aux étais du royaume seront immédiaienienl présentés, entre, divers autres projets (le loi sur la responsabilité coiisliliiiionnelle des ministres, sur la liberté absolue de la presse, sur l'amélioraiion de l'cleclioii des étals, sur l'introduction de la publicité et
des débats oraux dans l'administiaiion de la justice avec le jiiry, sur les mesures indiquées dans le supplémeni IX delaconsliiuiion en faveur des employés de l'Éiai et de leurs orphelins ei veuves, l'extension de cette mesure aux autres fonctionnaires, sur l'aniélioralion de la condition des Israélites.
« De plus, j'ordonne immédiatement la prompte rédaction d'un code de police ; de niciiie, l'impose à mon aimée !e serment à la constiintion; sans dc'lai et d'aujourd'hui, je supprime la censure pour toutes les affaires iniérieurfts et extérieures.
• La Bavière reconnaîtra dans cette décision les nobles intentions des Witielsbach.
« Un fait important se prodtiU dans le développement de l'Etat. La situation de l'Allemagne est sérieuse. Ma vie entière est un témoignage de mes sentiments et de nies pensi'esen faveur de la cause allemande. Fortifier l'unité de l'Allemagne par des mesures efTicaces, assurer une nouvelle vigueur au centre de uos patries réunies, et noire nationalité p:ir une représentation de la nation allemande à Iti diète, enfin introduire une prompte révision de la constitution de la diète, conlurine aux justes espérances de l'Alleniagne : telle est ma pens('e la plus chère, tel sera le but de mes efforts.-
• Le roi de Bavière est fier d'être Allemand.
• Bavarois' votre confiance trouvera un retour; elle sera pleinement justifiée. Assemblez-vous autour du trône. Unis à votre souverain, représentés par vos organes Con^titutionnels, pesons ce qui est nécessaire à nous, à la pairie coniiiiune.
« Tout pour mon peuple, tout pour l'Allemagne.
• Munich, 6 mars 1848.
« Signé : Louis, roi de Bavière. •
Les paroles que le roi de Prusse à prononcées, dans la dernière séance des comités, sont une rép(Uiiion de l'article de la Gazette offîeiclle de Priisne, à savoir, que la Prusse ii'interviendra pas en France. Le roi a dit :
• Loin de songer à intervenir dans les affaires intéi ieures des peuples étrangers,je lais tout ce qui dé(ieiid de moi pour assurer, par la concorde et la parole énergique des grandes puissances, mais surtout
par l'affermissemrnt de la Confédération geiniauiqiie, une paix honorable qui est néccs>aire aux peuples de l'Ei rop ;, si l'on ne veii-t pas (pie la carrière du progrès moral et matériel, où ils sont si bien entiés, soit interrompue et peut-être même brisée pour des siècles. Si mon peuple donne aux races allemandes l'exeinple de l'amour et de la force, on aura fait un grand pas pour atteindre ce but si heureux de la conservation de la paix.
« Mais si Dieu, dans ses décrets impénétrables, en décidait auti ement, si les traités sur lesquels repose l'édifice politique de l'Europe étaient brisés, si un ennemi osait attaquer mon territoire ou celui de mes alliés de la Confédération germanique, alors, comme le commandent l'h luneur et le devoir, je préférerais les daUj^ers de la guerre à une paix honteuse; alor.s j'appellerais aux ariues mon peuple belliqueux; il se grouperait autour de moi com.ne il s'est groupé, il y*a trente-cinq ans, ;iutour des drapeaux de mou père, de glorieuse mémoire, qui était aussi le père de 'son peuole. Voilà ma confiance : rhércâsme de 1613, ISlù et 1815 ne manquera pas. ■>
Nous craignons que les concessions du roi ne viennent trop tard. El d'abord le roi a dit que la périodicité des comités aura force di; loi pour la dièie. Qu'est-ce à dire? la diète ne se réunira-t-eile que tous le* quatre ans? Ce serait une dérision. Plus que jamais, il est du devoir de tout patriote d'exiger de véritables réformes. C'est le seul moyen de prévenir des orages à l'intérieur et à l'extérieur.
II nous faut avant tout la liberté de la presse, le jury, etc., etc.
La Gazette de Cologne se prononce franchement pour la Fiance et sa révolution socrale.
Espagne. — Nous n'avons reçu aujourd'hui de Madrid (jue les journaux ministériels, le Faro et le Heraldo. Ceux de l'opposition, VEcode/Comcrcio, \eClamor puhlico, \' Espectador et le Sigfo uoiis manquent. Il n'est pas probable cependant qu'ils aient été tous saisis.
La discussion avait continué le 3 au congrès, sur le bill qui donne au ministère des pouvoirs extraordinaires. La séance a été remarquable pnrun Ion gdiscoui'sde M. Olezaga, qui a très-vivement et personuellenieut attaqué Louis Philippe, et déclaré que ; ce que l'Espûgne avait de mieux et de plus
press(5 à faire, c'était de reconnaître la République française.
Au f-énai, qui s'occupe d'un projet de loi q«i règle les ailribulions judiciaires, on a lu la leilre par laquelle M. de Lamariine a informé le rhargé daffaires d'Espagne à Paris rie riiisiallatioii du gouvernement provisoire, ei la réponse de M. d'Araau.
Un décret inséré dans la (iazeite de Madrid, appelle sous les drapeaux les 25,000 liotiiines que le gonvernenienl est autorisé à lever par la loi du 28 janvier dernier.
Le parti progressiste vient d'adresser à la reine une pétiiion pour la prier de refuser sa sanction à la loi qui investit le minislèie de poHVoir» extraordinaire» et in eon *titii tion n t h .
Le gouveriienient espagnol a décidé, à ce qu'il paraît, dans un conseil tenu le 3 de ce mois, qu'il ne reconnaîtrait la Républi(|ue française qtie lorsqu'elle aurait été sanctionnée par l'Assemblée nationale.
Hollande. — On écrit de La Haye, 8 tnars :
• Aux étals-généraux, les organes du gouvernenienloiit déclaré que la situation de l'Europe demandait certaines mesures d>^ prudence qui n'avaient aucun caractère offensif.
• Les miliciens de la levée de 1S45 et 18&6 sont rappelés sous les drapeaux.
Toutefois les esprits sont calmes, et la sagesse du nouveau gouveruemeui fraiiçais iuspiie confiance et sécurité. •
Pari». — Toute la France se préoccupe des élections générales. La conslitiiliou nouvelle appelle tous les < itoyens à exercer leurs droits civiques. Cependant, nial};ré l'attention portée sur celte convocation générale des Français pour élire leurs représentants, on tourne les regards vers i'Algi-rie.
Voici les nouvelles apportées aujourd'hui par 1(; dernier courtier.
Nous les empruntons aux feuilles odlcielles et à notre cornspoinjance particulière.
Alger, 5 mars. — «C'est par des dépêches télégiaphiiiues reproduites dans un supplément du Sémaphore que nous avons su les événements de Par is. Le 27, au soir, deux de cps dépêches nous apprirent la formation du ministère Barrot d'abord ,
puis l'abdication du roi et la régence de la duchesse d'Orléans. Rien ne nous expliquait le pourquoi cl le comment de ces événements. Cependant, un second supplément au Sémaphore, apporté par des voyageurs et daté de Marseille, à midi, contenait quelques détails sur les affa-ires du 22 ; mais peu de personnes en purent prendre communication.
« Le lendemain 28, une corvr-ite à vapeur, expédiée exprès de Toulon, nous Iransniii la dopêr.he télégraphique unnonçint la constitution du gouvernement provisoire. Cette dépêche fut, comme les autres, immédiatement affichée par ordre du gouverneur- général, qi;i y ajoutait seulement deux lignes très-convenables sur nos devoirs envers la France. Les événements, isolés des cireonsiauces qui les avaient fait traître, se succédaient ei frappaient coup sur coup les imaginations cond. minées à remplir les lacunes par des conjectures.
« Pour comble d'effet, la frégate partie, suivant l'usage, de Toulon, le 28, essuya un coup de vent et fut en relard de vingtqriaire heures. E-ifin, elle arriva apportant la nomination d'un nouveau gouvemeurgi'uéral et des nouvelles de Paris jusqu'au 26. Le lendemain, 3 mars, à dix heures du matin, le duc d'Aunrale, son frère le prince de Joinville et leurs enfanls, traversaient à pied, par la boue d sous la pluie, les rues d'Alger pou s'embarquer à bord rlu Solon. Les princes ont tenu une conduite tièsdigne et toute française pendant ces événements. La population d'Alger leur a répondu par des acclamations qui les ont escortés jusqu'en mer. Eux partis, tout le monde s'est retrouvé répubircain ; mais il faut des canons : nous n'en avons que tout juste ce qu'il faut pour saluer ravcnemeul de la République, et c'est au bruii de cette canonnade que je vous éci is. »
Dans le Moniteur alge'iieit du 5 mars, nous tionvons les pièces suivantes :
« Le gouverneur-général n'a reçu de Paris aucune communication officielle.
« L'oidre règne dans le midi de la France.
« Une dépêche télégraphique du gouvernement provisoire a prescrit de tenir l'escadre de 'Toulon prèle à prendre la mer.
« Union et calme doivent i ester la devise de tous les bons ciioyeirset de l'armée.
« Alger, 2 mars 18/rO.
« H. d'Orléans. »
« Ilabilanls de l'Algérie,
« FifJèle à mes dc^voirs de ciloyen cl de soldai, je suis resié à mon poste lani que j'ai pu tioire ma présence utile au service du pays.
« Celle siiuaiion n'existe plus. M. le général Cavaignac est iioiiimé gouvenieurgéuéral de l'Algérie. Jns(|u'à son arrivée à Alger, les fondions de gouverneur-général, par intérim , st ronl remplies par M. le géinTal Cliangarnicr.
« Soumis -s la volonié nationale, je m'cioigne; mais du f jud de l'exil, tons mes vœux seront pour votre prospr-riié ei pour la gioire de la France, que j'aurais voulu servir plus longtemps.
« Alger, 3 mars 1848.
« H. d'Orléans. »
« Au quartier-général, à Alger, le 3 mars 1S/|8.
« M. le général Cliangarnier remplira, par intérim, les fonctiohs d(ï gouverneurgénéral, jusqu'à l'arrivée à Alger de M. le gfnéral Civaignac, nommé gouverneurgénéral de l'Algérie.
« En me séparant d'une armée modèle <J'hotin('ur et de courage, dans les rangs de la(|uelle j'ai passé les plus beaux jours de. ma vie, je ne puis que lui souhaiter de non veaux succès. Une nouvelle carrière va peiil-éire s'ouvrir usa valeur, elle la remplira glorieusement, j'en ai la ferme «royance.
« Olfi iei's, souf-ofTiciers et soldais, j'avais espéré coinbatire encore avec vous pour la pairie!... Cet honneur m'est refusé; mais du fond de l'exil, nnu) cœur vous suivra partout où vous appellera la vcdonté naiionale ; il triomphera de vos succès ; tous ses vœux seront toujours pour la gloire et le bonheur de la France.
« H. d'Orléans. »
Au moment où M. le duc d'Aumale publiait cet ordre du jour, le générai Changarnier, nstiiilde son pouvoir intérimaire, faisait expédier, par la voie télégraphique, la lettre ci-jointe, qu'il faisait suivre le lendemain des deux proclamations que nous donnons ici :
Le lieulemmt-ge'itéral Chavgarnier au ministre de la guerre.
« Je prie le gouvernement républicain d'utiliser mon dévouement à la France.
« Je sollicite le commandement de la frontière la plus menacée. L'habitude de
manier les troupes, la cinfiance qu'elles m'accordent, ime expérience éclairée par des études séi'ieuses, l'amour passionné de la gloire, la volonvé cl l'habilnde de vaincre, me permeiirom sans doute de rem.ilir avec succès tous les devoirs qui pourront m'èlre imposés.
« Djus ce que j'ose dire de moi, ne cherchez pas l'expression d'une vanité puérile, mais l'expression du désir ardeni de dévouer loulps mes facultés au salut de la patrie.
« Changarnikr. »
« Au quartier-général, à Alger* k mars
« Trop peu de temps s'est écoulé hier entre ma prise -de possession du gouvernement par iniéi iiu et le dépari du courii(>r, pour que je puisse réunir M. M. les otticiers-généraux , commandants siip»»rieurs d'ai-mes spéciales et de services, afin de conférer avec eux au sujet de l'ailhesion à donner au nouveau giiuvcrncmeni qui vient d'êire institué en Franee.
« J'ai eu me i( ndre le fi lèle organe des sentinienis de l'armée, en exprimant (|ue, liée aux intérêts de la nation, insiruiiieiU de ses volotilés,elleélait pièteà sedévouiT, comme toujours, à la cause de l'in lépendaiice iiaiionale, et qu'elle atiendaii, pleine d'ardeur, lidele aux lois de la discioii'ie et de l'honiieui' miliiaire, les onlres du gouvernemeni provisoire.
« Le liemenanl-général, gouverneui-général par intérim,
« CH\^GARNIER n
« Citoyens d'Alger,
« Le gouveinemeni républicain de la France a nommé gouverneur-général de l'Algérie le général Cavaignac.
« Le général Cavaignac est déjà en Algérie. Il est attendu a Alger d'un momeut à l'antic.
« Il a reçu dircciement les instructions de la République. S iil, il a mission de les faire exécuter.
« Rtnnise va lui être faite de toute l'autorité.
« Félicitez-vous-en, bons citoyens; que cet accuniplissen)ent en .llgérie de la révolution lermini'e en France ait lieu sans que la paix pub ique puisse être troubli e.
« Tons les gouverneinents oui besoin d'ordre : c'i si ce qui les constitue, les honore, les affermit.
• Le pi emier soin du gouvernement pro-
visoire a éio de prescrire aux aiitoriiés exisiMMles le muinlieii de la iraii(|uillité puitlique.
• C'est en vertu de ces prescripiions mêmes du gouvernetnt ni républicain, et dans rinléiéi de tous, que, momcnianénu'ui iiivt'Sli di-s forulions de gouverneurgénéral, j'ai a veiller au bon ordre.
• C'est mon devoir, et je le remplirai jusqu'à l'arrivée prochaine du général Cavaipnac.
• Ali-er, le h mars 1868.
• Le licuieiiajit-général, gouverneurgénéral par iniériin,
• ClIANGARPIIER. •
Le drapeau répidilicain a été arboré le 5 mars sur les édifices publics et sur les vaisseaux de l'Etal.
Il a Clé salue par rnriillcrie de terre et de mer.
Le conseil supérieur d'administration s'est mipressé d'adhérer à la République. — Nous rct-evous la noie suivante :
Le gouverncnii'iii provi>oirt'a ri'çu aujnurd'iiui lieux lettres de iM.M. Henri et Fiançi>lsd'Orlé;ins (d'Auinale et Juinviilc), dans le.-qndies ils assureni qu'ils oui quille la leire française ei remis le. comuiaiidenieni aux oITi. iers nommés par le guuver- Deinenl provisoire.
La coinniission des travailleurs, siégeant au Liixend)0iiig, sons la présidence de M. Louis Blanc, a nommé aujourd'hui un comit)' permaïK-ni, à la suite d'un discours prononcé par l'auienr de la théorie de l'orgaiiisaiion du iiavail.
Les nif inbi e$ de ce comité son! au nombre de dix. '
Nous donnons Ici leurs noms :
M.M. Philippe Poiulanl , bontonnier en corne, rue de I^lénilnionlanl, 44, à B. Il< vi.le; Louis Ptiiin, ai mûrier, rue de Provence, 2 ; Jo>eph Uavoiiie, éperonnier, rue
Pofiinrourl, 6G ; Pierre Barré, pcinire en voilures,
rue du Colysée, 9 j Jcau-Cfle>tiu L-g'os, menuisier en
bâiiihciiis, rue B^ lletoiitls, 5; GuMave B'inard, forgeron, rue des
Ptlii>-IIôi(;'s, 12 ; Charles Biémoml, f ibricaiil de châles à laçon. lue d<s Rosiers, 23 ; J.-B.-Meilcric Ilobry, tonnelier, rue et îleSaiui-Louis, 6}
Xavier Chagniurd, fondeur en fer, rue Sailli-Charles, 5, à la Chapelle ; Nicolas-.\rsène-Moulon Labral, couvreur en bâtiments, rue do Sèvres, 92, à Vaiigirard.
Le Gouvernemeiii provisoire, sur la proposiiiondu miiiisire de la giurre, arrête :
Art. 1". Amuisiie pleine et entière est accordée aux homme qui éiaieiA détenu?, le 24 f^'vrier, dans les prisons militaires; des ordres seront donnés pour que ces hommes soient immédiatement réintégrés dans l'armée.
Ali. 2. Seront recherthés immédiatement et léincarcérés les irenie-ciiiq militaires qui (taieul déieniis pour des crimes ou (iéliis couunuiis. Ces hommes p nirront eue compris ulieiicurement dans un travail de gràee, s'ils s'eu rendent dignes par leur, conduite.
Art. 3. Le minisire de la guerre! est chargé de l'exécution du présent arrêté.
Nous avons annoncé la création de vingtquatre bataillons de garde mobile, dont la direction est confiée ait licuienanl-général Diivivier Ces b;itaillons seront lonués par arrondissemem.
L'organi>atiou de cette force armée est en voie de progrès, grâce au zèle des volontaires et aux souis du général et de M. Icsous-iniendaut militaire Villemain.
ÉTRANGER
Aiifilelerre. — Manchester, 9 mars^ neul heures du soir :
• Les ém. uiiers ont attaqué ce soir l'hôtel de la police dans Uldham-Road, et sont en ce moment occu|)és à dciruire les réverbères dans ce (piariier si populeux. Ils ont biisè le» barrières du marche de Siiiithfic;ld, et se sont armés des débris de bois que celle expédition leur a l'ournis. On rediiute de nouveaux désordres. Plusit uis col isions ont eu lieu entre la police et le peuple. La force militaire est suus les armes. Le maire et les magistrats sont en permanence à IHôtel de ville. •
Alliiuarjne. — Madame la duchesse d Orléans est an ivée, le 3 mar», à Berlin.
A Siuilgirdt, la léaction se fait déjà sentir. Uu nouveau ministère, piis dans les rangs du parti libéral, venait d'eue firme; mais, à peine insiallé, il a donné sa démission , et l'ancien ministère est rentré en fonctions,
Les journaux de Suiilgardl iiivileiu polimcni mademoiselle Slubcmaiicli, aeti ice ei nmîiresse du rui, à quiiier la vill<!, si elle rie veul pas exposer sa vie. La ville esl dans la plus i,'raiide agiiaiiou.
Le roi de Saxe; a uoiiinie M. Zscliinsky Biiuislrede l'intérieur, à la placedcM.Falkeiisiein.
Il a, en cuire, publié une proclamalion, dans laquelle il prie ses sujets d'avoir confiance eu lui ei de rester tranquilles.
En général, le niouvémcui allemand fait une halle; mais celle lialie n'est que provisoire.
La Gazelle officielle de Prusse insère les évcnemeuls qui se sont passés à Neufcliàlel, i^ans y ajouter aucune obseï vallon.
Plus que jamais, la presse allemande se prononce contre l'amiiié de la Russie.
Par l'organe de M. Kos^uili, la diète de Presboutg vient demander une espèce de re/»ea/enlre la Ilongiieel l'Auliiche. Dans son discours, M . Kossulh, ancien rédacieur du Pesli-Kerlup, a vivenienl aiiaquc la cour < t le piince de Meticrnich. Il demande un min slère spécial pour la Hnngrie, conipusé exclusivenienl de Hongrois. Une députaiiou est partie pour Vienne, chargée de cette mission.
Siirdaigne. — On écrit de Gènes, 6 mars :
« L'opinion se prononce nettement pour la France et pour le gouvernemeni si mesuré, Si ni de la révolution , et la cour de Turin, dominée par le senliuteni national, devra nécessairement reconnaître la République.
« Il est question de faire marcher au besoin la léservé de l'armée sarde, ce qui porieiait les forces disponioles a 130,000 hommes. »
Suisse. — Le directoire fédéral a adressé aux cantons les circulaires suivantes :
» Berne, 2 mars.
• En suite des derniers cvéïn ments sur^ venus en France , l'au'ibastadeur français, M. le coniiç de Bois-le-Couite , a déclaré sa uiission en Suisse terminée, et en a donné noiificaiiou par l'organe du premier SP<'réiaire de l'ambassade, AI. le comte Reiiihard, au s.oussigné président du directoire de la conlédération si.issc. A celle occasion, M. le ( ointe Ileinhard a annoncé qu'il a déclaré au Guuveriitmeni piovisoii c à Paris, adhérer an nouvel ordie de choses et se bouaieitre aux ordres iju'il en recevra.
• Le directoire invile les Etats à prendre acle de ceiie communic.iiion pour ce qui concerne les relations diplomatiques et autres rapports poliiiqucs et d'alTaires.
« Les pnisidenl et conseild'Elat du canton de Berne, directoire fédéral. •
Autre circulaire à tous les confédérés : • Berne, le 2 mars 18ù8.
« Citoyens, <■ Le gouvernement provisoire du canton de Neu.fehâiel a transmis, sous la date d'aujourd'hui, au directoire fédéral , les communications que nous portons en copie à voiie connaissance.
• D'après la leneur de cette lettre, on peui sans doute s'attendre à la recoiistilulion de ce canton, et nous avons déjà salislait à la demande d'y envoyer des commissaires fédéraux de la manière (jue nous vous l'avons déjà annoncé dans notre lettre d'hier.
« Le directoire fédéral a aussi mainleiia, vis-à-vis le canton de Neufchàiel, le principe positivement reconnu depuis 1830, d'après lequel chaque Élal a le droit de se constituer librement et de régler son organisation intérieure comme la majorité du peuple le juge convenable el dans l'intérêt de sa prospérité. Par ce niuiif , M.M. les représenianls fédéraux ont été chargés de remettre leurs crédiiives au gouvernement existant de lait dans ce canton.
« En vous renouvelant, etc.
« Les présideul cl conseil-d'État du canton de Berne, directoire fédéral. »
(Suivent les signatures.)
12 HAftS.
L'acte le plus important de cette journée est la circulaire du ministre de l'iiiérieur aux commissaires du gouvernement. Nous la donnons aujouid'hiii sans aucun commentaire; nous nous léservons cependant de rcxaminer séiieusement.
Circulaire du minisire de Vinlérieur aux conimissaiies du gouvernement
procisuire.
La circulaire qui vous est pai venue et qui a été publiée traçait voire devoir. II iinjjorie <iuj'eiiire avec vous dans quelques détails, et que je précis/; plus nei;cmeni ce que j'attends de votie patriotisme,
maintenant que, par vos soins, la Républitjiie est pi-oclaméi>.
Dans plusieurs dépaiienients, on m'a demandé quels éiaieiil vos pouvoirs. Le citoyen minisire de la guerre s'en est inquiété eu ce qui touche vos rapports avec les chefs militaires. Piusimrs d'entre vous veu!i-ni être fixés sur la ligne de conduiie à suivre vis à-vis de la magistrature ; enfin la garde n:iiionale et les élections, li's élections surtout, doivent être l'objet de votre constante piéoccupation.
§ I". Quels sont vos pouvoirs ?
Ils sont illimités. Agent d'une autorité révoluiionnaire, vous êtes lévo'utionnaire aussi. La victoire du peuple vous a imposé le mandat de faire proclamer, de consolider ton œuvre. Pour raccompUssemeiude cette t;\che, vous êtes investi de sa souveraincK-, vous ne relevez que de voire conscience, vous devez faire ce que les circonstances exigent pour le salut public.
Griice à nos moeurs, celte mission n'a rien de terrible. Jusqu'ici, vous n'avez eu à briser aucune résistance sérieuse, et vous avez pu demeurer calme dans voire force ; il ne faut cependant pas vous faire illusion sur l'état du pays. Les senimenisrépub;!cains y doivinl être vivement excités, et pom cela, H faut confi -r toutes les fondions politiques à des hommes siîrs et sym|)aihiques. Partout les préfeis et sous-préfets doivent être changés; dans quelques localités, on réclame leur maiuiieu. C'est à vous de faire comprendre aux populations qu'on ne peut conserver ceux qui ont servi un pouvoir duiit chaque acte était nue corruplion.
La nomination des sous-commissaires remplaçant ces fonctionnaires vous appartient. Vous m'en référerez toutes les fois que vcus é,)rouverêz quelque hésitation.
Choisissez de piéférence des hommes apparteuaniau chef-lieu : vous ne les prendrez dans l'arrondissement même, que lorsque vous les saurez dégagés desprit de coterie; n'écartez pas les jeunes gens. L'ardeur et la générosité sont le privilège de cet âge, et la République a besoiu de ces belles qualités.
Vous poui\oirez aussi au remplacement des maires et des adjoints. Vous les désignerez provisoinmenl, en les investissant du pouvoir ordinaire. Si les conseils numi- Vipau:^ sont .hostiles, vous les dissoudrez,
et, de concert avec les maires, vous constituerez une municipalité provisoire, mais vous n'aurez recours à cette m,;sure que dans un cas de rigoureuse nécessité. Je crois q.-.e la grande majorité des conseils municipaux peut être couservée, en niettani à leur tête des chefs nouveaux.
§ 2. f"'os rapports avec les chefs militaires.
« Vous exercez les pouvoirs de l'autorité executive; la force armée est donc sous vos ordres. Vous la requérez, vous la mettez en mouvement; vous pouvez même, dans les cas graves, suspendre un chef de corps, en m'en refi'i'ant immédialement. Mais vous devez appoi-ter de grands méitageaients dans celte par.ie de vos fonclîorrs. To'.U ce qui, de votre part, blesserait la juste susceptibilité des chefs de corps oit du soldat serait une faute inexcusable. J'ai appris que, (fans plusieurs déparieme*is, les couimiss, lires n'ont pas établi sur le-champ un lien entre eux ei l'autorité militaii-e; je m'en étonne et vous invile à ne pas manquer à ces règlrs si simples de bonne politique et de convenance.
• L'armée a montré dans ces derniers événements sa vive sympathie à la cause r'épnblieairre, il faut se la ratiaeherdc plus en plus, iille est peuple comme nous, elle est la première barrière qui s'opposerait à une invasion. Elle va enircr pour la première fois en po>-sessiori de ses droils politiques. Honorez-la donc, et conciliez-vous les bons sentiments de ceux qui la cornmanderrt; n'oubliez pas non plu^quevos pouvoirs ne saui'aii'iri toucher à la discipline : vous devez vous servir de la force militaire ou la contenir et la gagner, par des témoignages d'estime et de cordialité.
2 3. -Fas rapports avec la magistrature.
• La magistrature ne relève de l'autorité executive que dans le cercle précis tracé par les lois. Vous exigerez des parquets uu concours dévoué : partout otii vous ne le rencontrerez pas, vous m'en avertirez, en ni'iudiquant le nom de ceux que recommandent leur dr oiture et leui fermeté. J'en ferai inimédialenienl part au ministre de la jus'icc Quant à la magislralure inamovible, vous la surveillerez, et si iiuelqu'un de ses membies se montrait publiquement hostile, vo is pourriez user du droit de suspension que vous offre votre autorité souveraine.
§ U. La garde nationale.
• Vous recevrez de moi des instruciions délaillées sur rorganisation de la milice civique. J ai lài'hé d'y prévoir et d'y résoudre loulcs les d flicullés que vous pouvez reueoiiirer. Celles qui naîiroui d'obsiacles imprévus ei locaux scroul levées par voire pairioiisme. Eu faisant procéder aux élections, vous vous coiiformeiez aux décrets du Gouvernement, c'esl-à dire que, par dérogasion à la loi de 1831, vous ferez nommer tous les officiers sans exception par les gardes uationaux, en commençant par les grades supérieurs.
« Vous suive! lierez soigneusement l'action des suus-cornniissaires ei des uiuuicipaliiés, et vous les obligerez à vous rendre un couipie exact de leurs opérations.
§ 5. Les élecliong.
« Les élevions sont votre grande œuvre; elles doivent être le salul du pays. C'est de la composition de l'Assemblée que dépendent nos deïtinces. Il faut qu'elle soit animée de l'espril révolutionnaire, sinon, nous marchons à la guerre civile et à l'anarchie. A ce sujet, 'mciiez-vous en garde contre les intrigues des hommes à double visage qui, ajirès avoir servi la royauté, se disent ks serviieurs du peuple. Ceux-là vous trompent, ei vous devez leur refuser votre appui. Sachez bien que, pour briguer l'honneur de siégti' à l'Ass-mblée nationale, il faut cire pur des traditions du passé. Que voue mol d'ordre soit partout : des hommes nouveaux et, autant que possible, sortant du peuple.
« Les travailleurs, qui sont la force vive de la naiion, doivent choisir parmi eux ceux que recommandent leur intelligence, leur moralité, leur dévouement : réunis à l'iliie des penseurs, ils apporleroni à la discussion de toutes les grandes questions qui vont s'agiier l'autorité de leur expérience pratique. Ils conlinueront la révoluiion, et la eouiiendroni dans les limites du possible cl de h\ raison. .Sans eux, el!e s'égarerait en vaines uiopies, ou serait étouffée sous l'effort d'une l'action rétrograile.
« Éclairez les électeurs, et répétez-leur sans cesse que le règne des hommes de la monaichie est hni.
« Vous' comprenez combien ici votre tâche est grande. L'édncatiou du pays n'est
pas faite. C'est à vous de le guider. Provoquez sur tous les poiuis de votre département la réunion de comités électoraux, examinez sévèrement les tiires des candidats. Arrêtez-vous à ceux-là seulement qui paraissent présenier le plus de garanties à l'opinion républicaine, le plus de chances de succès. Pas de iran^aeiiuus, pas de complaisances. Que le jour de l'élection soit le iriomphe de la révolution.
« Le membre du Gouvernement provisoire, ministre de l'iiitérieiir,
« Ledru-Rollin. ♦>
Le gouvernemeni provisoire rfçoit chaque jour les alhésions des puissances étrangères el leur reconnaissance de la République française. Aujourdhni , le chargé d affaires d'Espagne, le minisire plénipotentiaire des Villes Anséatiques, sont ^enus donner à M. de Lamariiue communication des ordres qu'ils avaient reçus pour euirelenir de bons rapports avec la France républicaine; el les délégués des démucraies de Loutlres ont présenté au gouvernement deux adresses de féliciialion.
— L'on se rappelle qu'à la suite du duel dans lequel succomba M. Dnjarrier, la cour de Rouen évoqua l'affaire où M. de ■ Beauvallou fut acquitté de l'accusation portée contre lui.
On sait encore que M d'EcquevilIey, recherché sous la suspicion de faux témoignage, fut condauiné, le 13 aoûi, par la cour d assises de Paris; que M. de Beauvallon, arrêté dans cette séa.iee, fut condamné deux mois plus tard à la peine de la réclusion. Ces messieurs, par suite de la tolérance du ministre de la justice, subissaient leur emprisonnement à la Conciergi'iie et avaient pour c mpaguou de captivité l'ex-uiinistre M. Teste.
Le 25 février, MM. d'EcquevilIey et de Beauvallou furent mis en liberté par l'inlervention de M. Bout bonne, de ti ois offîcieis de la 7« légion el de plusieurs citoyens.
M. Teste avait été rendu à la liberté plus lard que ces messieurs. Il vieni d'être réintégré à la Conciergerie.
M. Teste, accompagné du chef de service de sûreié, s'est rendu à la prison, où il a été réiniég'é dans le logement qu'il occupait anléricutemtnl.
13 UARS.
Parh.—Le gouvernement provisoire publie chaque jour de nouveaux décreu pour saiisfaire aux besoins nouvellement surgis; chaque ministre adresse de nouvelles circulaires comme rè^ç'.e de conduite aux nouveaux agents de chaque administration. Les peines corporelles soni abolies dans l'armée navale ei la révision du code pénal maritime est décidée.
La dissolution du conseil général de la Seine est prononcée ; le nombre des conseillers d'Etat en service ordinaire est ré duit à vingt cinq. M. Valout, président du conseil des bàiimenls civils, est révoqué de ses fonctions. — Ses loisirs académiques le consoleront de ente retraite forcée. Le compioir national d'escompte a déj i reçu six cents mille francs de souscription.
Le procès du frère Léoiade, suspendu par les événements de février, piéoccupe de nouveau l'aiiention piib'i(|ue.
Le frère Philipp -, directeur-général de l'ordre, vient d'écrire une lettre au ministre de la justice, dans laquelle il rappelle une Titre lettre, écrite par lui au 30 avril I iV, et dans laquelle il iuviliii le diiecl 'lii- b Toulouse à favori>er de tout son i (. livoir les investigations de la justice.
Nous avons annoncé la léintégraiion de M. ïesle, cx-mini^lre, dans la prison de la Conciergerie. — M. Andryane qui avait, au ministère de l'intérieur, dans la journée du 2G, signé l'ordre de transfeit de M. Teste dans une maison de sauté, adresse aujourd'hui à M. Dupont ( de l'Eure) une lettre qui explique la liberté provisoire donnée à l'ex-miuislre.
Il y avait, disaii-on, péril pour M- Teste dans sa prison. • La lui faire quitter, dit M. Andryane, était un acte d'humanité et de justice, parce que le déienu que la loi punit doi'. être protégé par elle, autant et plus peut-être que tout autre citoyen ; un acte que tout homme de cœur, que tout loyal républicain amait fait comme moi, parce qu'il fallait éviter, avant lotit, que la cause sacrée de la liberté pût être, en .ces gloiieux jours, souillée par un seul crime, i le, etc. •
ÉTRANGES
Allemagne. — A. Berlin, le roi de Prusse \ieul d'accorder la liberté de la presse
pour toutes les provinces de son pays. La diète sera convoquée incessamment.
Une assemblée assez nombreuse a eu lieu à Berlin, dans laquelle une pétition adressée au roi a été signée.
Voici les points demandés :
1" Liberté de la presse, sans aucune restriction ;
î* Amnistie pour tous les condamnés et prévenus politiques; S* Liberté de la parole; U* Libei té d'association ; 6* Le jury ei une magistrature indépendante;
6° Réduction de l'armée, et armement du peuple avec élection des grades;
7* Reprcsenlaiion généiale de l'Allemagne ; 8° Convocation immédiate de la diète; 90 Egalité des droits politiques pour toutes les confessions, pour tous les étais et louics les fortunes.
Le roi, en apprenant la réunion de celle assemblée, lui a fait dite qu'il ne s'opposerait à aucune manifestation calme et légale.
On dit que le roi a gracié tous les Polonais condamnés par la première iu>iance; la peine de ceux qui ont été condamnés à mort a été commuée en six ans de délentioa ; ceux condamnés à plus ou moins de prison vieuiient d'être mis en liberté.
On assure que M. de Humboldi va arriver à Paris, chaigé d'une mission par le roi. Oa sait que M. de Huinboldt est l'ami de AL Arago.
Le roi de Hanovre paraît vouloir résister au mouvement.
L'électeur de Cassel suit l'exemple du roi de H;inovie ; mais la commission populaire, constituée à Hanovre, a envoyé à Cassel une députaiion chargée d'obtenir une réponse catégorique a ses demandes, en donnant iruis jours à l'elecleur pour répondre. Son silence serait considéré comme un refus.
A Vienne, la famille impériale est scindée en deux partis : le régent, l'aichi Juc Louis, est pour le tialu quo, coûte que coiiie. Il lient à la promesse qu'il a laite à son frère, sur son lit de mort, Je ne rien changer. L'archi iuchesse Stphie, mère du prime hérédiiaire, est au contraire portée a fiire des concessions.
Lu dièie de Hongrie a présenté une adresse à l'emp-reur d'AiUrichc; elle d-
man le un ministère responsable, chargé de l'administraiion spéciale du budget de la Hongrie.
Les élections générales de la garde nationale sont toujours imliquées pour le 18 mars. Le bulletin officiel du gouverne-nient provisoire donne aujourd'hui l'ordre des opérations éleclorales pour la nomination des chels, des officiers et des sous-olïïciers des légions.
Un d'écrei du gouvernement supprime les compagnies d'éliie des bataillons de la garde nationale.
Celle mesure, dont ropporiunilé n'est pas généraiemeni appréciée, a fait rédiger la protestation suivante, qui doit être portée demain a l'Hôtel de ville :
« Citoyens g()uvernants, ,
« La garde nationale a toujours admis el admet mainlenanl surtout le principe d'une égalUé parfaite entre Ions les citoyens armi'S, et repousse toute idée de distinction spéciale.
« M.iis la décision du citoyen ministre de l'intérieur détruit cette égaliié même, en dissolvant, à la veiUrt des élections, les compagnies de grenadiers el de voltigeurs, qui, oiganisées depu s dix-huit ans, ont toujoui s religieusement c;béi à la devise de leur drapeau : Liberté, ordre publie.
« Il est impossible que les citoyens faisant partie de ces compagnies, brusquement et violemment n-parùsdans d'autres compagnies auxquelles ils ont été étrangers jusqu'à ce jour, puissent avoir l'influem e individuelle qui leur' appartient dans l'élection de leurs officiers.
« Les gi enadiers ei voltigeurs ne demandent à consirveriii leur qualification ni leuis insignes : ils acceptent bien volontiers l'uniiormité d'équipement; mais ils demandent à rester unis en un faisceau, comme ils l'ont été jusqu'à ce jour; à choisir leurs chefs parmi.les plus dignes et les plus énergiques d'entre eux, et avec lesquels ils ont des rapports d estime el d'affection.
« La mesure générale du citoyen ministre de l'intérieur est donc réellement désorgnnisatrice de la garde nationale, dont elle divise les éléments réunis; elle ne tend à rien moins, dans son exécution, qu'à détruire les droits d'égalité, el le dioil d'élection noiamnienl.
c Le gouvernement provisoire , qui a besoin du concours de tous li;s citoyens, qui l'ont maintenu jusqu'à ce jour dans un intérêt général, ne peut ratifier une pareille mesure, contre laquelle toute la grande famille nationale proteste comme contraii'e à l'harmonie nécessaire à la constitmion d'une république, et au maintien de l'ordre général.
« Le gouvcrnenienl provisoire réfléchira que celle mesure désoiginisatiice atteint plus de deux mille citoyens par légion, s^oit plus de vingl-quatre mille dans la seule ville lie Paris.
« D'un autre côté, cet élément nouveau, jeté sans réflexion el subitement parmi les autres compagnies, dont les membres, eux aussi, ont appris à seconnaîire, amènera nécessairentenl des divisions et une lutte, desquelles sortiront des choix qui ae seront pas l'expression de la majorité.
« En résumé, la compagnie do grenadiers du !"■ ba.iaillon de la 3° légion réclame la révocation de l'arrêté du citoyen ministre de l'intérieur, ei ce, bien entendu, dans l'intérêt de la liberté électorale, de fégalilé nationale el de l'ordre public, admettant la suppression des qualificaiions el signes distiuciifs. >>
L'organisation des bataillons de la garde nationale mobile marche rapideminl; plusieurs bataillons sont déjà au compilât de huit compagnies; l'inscripiion malriculaire el la révision oui lieu, et bientôt les éieciions légales seront faites dans tous les bataillons. Celles dti 3° bataillon auront lieu probablement demain, en présence de M. le maire du 2"= arrondissement.
ÉTRANGER
Angleterre. — Le plan financier de M. Garnier-Pagès est jugé bien sévèrement par les journaux anglais. — « Les . mesures pioposées par le Gouvernement n publicain, ilil le Times, indiquent un cas désespéré. La suspension du p;iyenieni des caisses d'épargne révèle un acte d'insolvabilité. Nous recommandons le rapport de M. Guruier-Pagès à Cattention de ceux qui Duiid raient savoir ce que coûte une révolution. Les de'posnnls des caisses d'épargne en sont toujours les premières victimes. »
Le même journal publie les détails suivants sur Louis-Philippe et sa famille :
« L'ex-roi el l'ex-reine des Français vi-
veni forl leiiiës à Claremont, au milieu de leur ruiiiille.
« Durant la semaiue dernière, Louis- Philippe a rtçM la visiie de plusieurs amis personnels, iioiamnieul des membres de l'arislocialie briianiiique.
« M. Guizoï est venu à Claremont plusieurs fois dep.'.is sou arrivée ici. Le duc de Monlebt'llu et M. Duchàiel sont aussi venus rendre leurs devoirs à leur ancien souverain. '
« Louis-Philippe et Marie-Amélie sont en bonne santé. Le grand i.h;ingemenl survenu dans leur S'iliiaiion paraît moins les affecter qu'on aurait pu le croire.
« L'ex-riii prend souvent l'air, dans une voilure particulière, aux environsdesa retraiie. Partout il csi reçu avec respect paileshabiiauts du voisinage. Ceci s'applique égalemer.t aux ducs de Nemours et de Mouipen^ier, qui se promèneiu fréquent meut à cheval.
« Deux olliciers de police sont en permanenceà Claremont, pour protéger la famille exilée. ALtis leur oITtce e.si une sinécuie. Ou ne voit que peu d'étrangers datis la localité.
« La comtesse Granvilie est venue au t;bàteau, samedi.
« Hier, S. E. l'ambassadeur d'Auii iche se trouvait au nombredes personnages distingttésqui ont rendu visite à l'ex-monarque.
« Toute la famille a entendu le service divin, dim:inche, dans la chapelle catholique de Weybiidge. »
Allemagne, — Par un rcscrit officiel, le roi de Prusse abolit la censure, mais sous condition d'une loi future conire l'abus de la presse.
En Saxe et à Hambourg, îa censure a été également abolie. A Stuligardt, un nouveau ministère composé des chefs de l'opposition a été forme par le roi.
La ch:itnbre a été convoquée.
La Gazette de CarUru/ic, du 11 mar^, contient le piojet de loi suivatU, qui a été soumis à la deuxième chambre d(S étais par l'oi die du grand-duc :
« l.éopoM, par la grâce de Dieu, etc.,
« D'accord avec no» fldèles États, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
« I^ToUb les droits féodaux iiuu encore £U[<piiinés ^ulll abolis par la piésente loi; 2° une ind< milité équitable sera accordée aux ayant-droit. »
Le roi de B.tvière a chargé un représentant à la diète germanique de deniiinder la révision du pacte, et la représeuiaiiun du peuple allemand.
La comtesse de LandsffM (mademoiselle Lola Moitiés) était retournée à Munich; elle en a été de nouveau expulsée.
On écrit du Micklembourg au Correspondant de Hambourg :
« Schwerin, 7 Hiars.
«Le grand-duc ayant appris l'arrivée de la duchesse d'Orléans en AUemagiie, lui a envoyé son aide-de-camp, le major de Ziilow, pour lui offrir, ainsi qu'à ses enf nus, le rliàieaii de Lu .wi^liist, pour y résider. Une; lettre de M. de Lamartine, adressée à notre tiouverneiucnt, est arrivée ici par l'inlermédiaire de notre ambassadeur. Dci» tin, le gran l-diic et la grandeditchisse I artiroiit pour Brrlin. LL. AA. RU. reviendi oui, le 10, attendre la duchesse d'Orléans. »
On écrit de Gènes, le 9- :
« Un bruit (ortemeut accrédité ici, et considéré comme très-sérieux, c'esl que l'Autriche se prépare à attaquer le Piémont. Cette nouvelle, au lieu de décourager les esprits, a excité un magnitique élan et un enthousiasme géni'ral. »
Italie — La nouvelle de l'établissement de la République française a produit, à Rome, un immense ellèi. Le 5 mars, une foule immense aparcouru le Corso avec des cocardes et des bannières iiationa|f-s; elle s'est arrêtée sous les fenêires du Quirinal, où elle a crié : Five la Coastitulion ! vine la Rdpuhliqun française!
Une députaiion s'est rendue auprès du pape, ei lui a présenti; l'adresse suivante :
« Les derniers événenienis de France sont de nature à exercer la plus grande iiillueuce sur l'Europe, et surtout sur l'Italie.
« Les sujets de Voire Saiiiieic, vos amis et ceux du trône, profondément préoccupés de ces événeinems, éprouvent le besoin de vous exposer leurs craintes cl leurs espérances.
« Pour diriger avec sagesse le mouvement des passions politiques qui ne peuvent manquer de se manifester dans les circonstances actuelles, vos sujets regardent comme indispensable la piiblic.iiion prochaine d'une conslitution qui réponde largemenl aux iusliiutii ns des aiiues Etats de l'Italie. Il faut que toutes les forces de
la nation se réunissent pour défendre l'ordre iiiiéiicur f-l l'indépcndjincc exiéricuie.
« bi riéj;'i aupaiavanl l'opinion a réclamé avec unauiniilé un niiu'stere homoi,'ène, ' compact, libéral et a la hauteur des événements, ce besoin est devenu aujourd'Inii d'uuf urgence exirênie. Tout relai'd aniaii des ccuiséqueiiccs funestes el irréparables, devant lesquelles a toujouis reculé voire âme généreuse.
« l\s hommes cap;ibles de soutenir un tel poi Is ei qui sont inve; lis de la coiifianc*publi(iue ne manquent pas parmi les laïques de vos Etats, et déjà l'opinion les a désignés à votre choix.
« Vous qui, eu bénissant l'Italie, avi z, à la face liu monde, associé sa caiise à celle de la religion, vous comprendrez que votre pouvoir temporel est élioiieineut uni aux destinées de la patrie commune. Ce sera l'honneur le plus grand de votre pontificat, de pouvoir éviter a l'Italie Ils maux dont la menacent les tempêtes qui se préparent en EuiO| e, et de pouvoir en môme temps, tout en sauvant l'oidre intérieur, fonder la liberté et recouvrer riudependance. »
La loi électorale vient d être prodaniée à Naples; le cens des électeurs e>t fixe à vingt-quatre ducats (cent francs) de revenu imposable, et pour les éligible» à d< ux cent quarante ducats, c'est-a-dire mille francs. Le nombre oes députes, pour le royaume de Kaples seulemeut, e^t de cent soixanle-sepi, lépariis entre les districts, d':ipres la population.
La Sicile aura un gouvernement et une represi nt:ition séparés.
L«; roi n'a pus accepté la démission de ses ministres, qui continuent de siéger, per.sOMue ne voulant accepter la responsabilité des actes de van;lalisme qui se passent à Messine et de lexpediiioii (pie, dans sa folie, Ferdinand veut diriger contre la Sicile.
Voici deux lettres publiées par le Nouvelliite :
« Messine, 29 février.
« Nous avons été bombardes depuis le 22 jusqu'au 27. Hier il y a eu trêve et il paraît qu'elle continuera aujourd'hui. Aoiis n'avons pas été découragés par ce crut I boniliardiMuent, au eoiiiraite, nous sommes préparés à voir anéaniir notre ina^iiiU(pie ville de iMe,>sine, pourvu que notre cause Il iomphe. L'incendie qui a eié mis au porlfrauc par une bombe, le 26 février, conti-
nue encore malgré les efforts des généreux citoyens. Il paraît (jue le nouvel .Xitila, qui represenic le roi constitutionnel napolitain, a juté de di'liuiie nus maisons et nos fortunes pour se venger des pertes que les vaillants JWessinois font éprouver à ses troupes. Je ne vous p wle pas îles opérations qui se préparent pour donner l'atta()ue géi;éi aie à la citadelle, dans la crainte que ma lettre ne tombe entre les mains de rennemi.
« Tel est l'étal de Messine. Dans toutes les autres villes de l'île, tout inaicht; tianquil einentelavec un ordre iidtnirable.
« Le parlement est convoqué defiiiiiiveinent, a l'aierine, pour le 2 à mars. Le roi seia invité à se faire représenter à l'ouverture des chambres. »
• Naples, 6 mars.
• L'ancien niinisière vit encore. Ou He peut prévoir comment cela finira. Un paquebot, parti de Reggio le 3 et arrivé ici hier, a apporté la nouvelle que, le 3, à une h>iiie après midi, le b<<mbaritenient avait recommencé et Uiiraiteiicoreàcinq heures du soir. Le même paquebot, (|ui a leiàcbé à Pizzo, en Calabre, y a vu deux frégates qui embanjuaieiit des troupes pour aller rtiifercer celles qui occupent la citadelle de Messine. Et, chose uni(pie, les troupes (pteleAPjleimiiaiiis n'avait ni laisM-es sortir de Sicile que sous le serment qu'elU-s ne se bâtiraient pas d'un aii contre les Siciliens, sont précisément celles qui viennent d'être envoyées contre eux... Adniiiez la bonne loi de ce gouveinenient!...
• Je vous dépeindrai difiicilenient la joie qu'a pioduileici la chufe de M.Giiizot et les nouvelles de Paris. Hier au soir, dans les cafés, dans tes rui-s et au Larijo del Palazzo renie, des mil'iers de per.ioiines Cl iaient : Five Paris l vice ta France! »
Tome» lei dliipoKiiion» sont prl»e» pour donner InniiérilaleiHf ni à nos ubniiué!> la seconde partie dn roolM de luar». — Ils peuvent lonipter sur l'exact tude de la ré(li.ciiou, et à punir tlu mol» procliulu, noiii» tenant rlianue jour au conra»t des évi'ni'iuenls, nous tiendrons scrupuleusement la promesse «e notre prograniuie: UiEU DICTE ET
MOUS ÉCUIYOMS.
PARIS.-TYPOGRAPHIE Dli E. ET V. PEN UD FKÈRES, JO, BOli DU FAlIBODHG-itO«mAB1 BB.
]«• ^.'-SlSIal 184».
PAR AK
ir.
AN
RÉSUmÉ MENSUEL, HISTORIQUE ET POLITIQUE DE TOUS LES ÉVÉNEMENTS
Par ALiEXAMDBE DUIIASI.
niSTOIRE DE FÉVRIER. — RÉVOLUTION DE 184S.
£« France et l'JEttrope, avn»»l, penttant et âpre» te t-M février.
Dan» vue répahliqne où un ciloyen se fait donner vu ■poiicoir exorhUant, dit Moîiiesqiiii'U, l' uhiig de ce pouvoir e»t ping grand parce que le» loig qui ne font pat pre'ru, n'ont rien fait pour t'nrréler.
L'un se plaiiil huulciiieiil dans Paris de la mesure cfiii supprime les Cûinpagiiips d'élite des baiailluns de la garde iiaiio- .'lale.
De toutes parts le« protestations des grenadii rs et des vi>lligeurs arrivent aux membres dn gouTernement provisoire; dans ciiaque légion de Paris et de la banlieue on regarde c( t arrêté comme un attentat à la liberté des élections.
Mais aux plaintes de la population de la capitale viennent se joindre celles de la France eniière. La circulaire d.; M. Ledru-Rollin a converti les commissaires du gouvenieinenl en aulant de proconsuls , et en France, sur cette terre des nobles susceptibilités l'intiuiidaliou ne saurait réussir.
C'est une grande faute que cette puissance illimitée donnée à des proconsul;; de hasard, sortis presque tous de l'hùlel du miiiisire de l'inlérieur et qui vont placer la souveraineté électorale sous leur haute surveillance.
Jamais peut-éire gouvernement n'était entré dans une voie plus facile que celui du 2k février, chaque ciloyen avait compris et comprend encore qu'il faut sacrifier au bonheur de lous, à la tranquillité générale, ses répugnances, ses souvenirs, ses regrets, pas un qui manifeste une idée réactionnaiie, et voilà qu'on menace.
Aussi que la faute retombe sur son auteur.
Les démissions an iveiu en foule.
C'est M. Kératry qui dépose librement entre len mains du minisire de la jutlice S071 titre de conseillcr-d'elat en service ordinaire, p:)rce (|ue, dit il, deux circulaires émanées des bureaux de l'intérieur et de linstruciion publique ont un caractère de réadion manifeste, établissant au mépris des lois des catèijories entre les citoyens et les soumettant à des pouvoirs iltimile's.
C'est M. Karbiiat-Diiplessis, juge d'insiriiclion à M-aux, dont la dignité d'homme et deniagixtral se soulevé à la penxée d'être surveillé.
C'est M. d'Assailly, peiilfilsdu général Lafayeite, qui croit rêver en lisant la circulaire Ledi u-I5ollin, et demande, si républicain hier, il n'a pas été transporté pendant son sommeil dans une satrapie
(*) M. Alexandre Dumas, ayant voalu faire un journal à la portée de tous, a mis le prix de ce journal ï UCATRR rsAncs par an.— S'adresser, //oiko rigoureusement, \ M. Reigkikr, 26, rue Neuïe-Vivienne;
£Orieni, et s il n'a pas fovs les yeux le fefla d'an oixir.
Cest M. MncTier-Monijau qui refuse d'occuper ses fondions de couseiller sous un dictateur.
G'esl le coîonc! du 8' de liussards qui, ne poiiv;uil, après Irente-'cinci ans de service, refnke son éduntlion militaire, ii';ic<;ppie pas la i-iliialioii illégale et humiliante faite aux chefs de corps par la ( irculaire signée Leilru-Uoliin.
Lebiuii se répand quel on voni reiiicUre les éleciions à un icrme plus éloigné que le 9 avril, jour fixé d'abord par le gouvernenienl. Celle nouvelle a donné ttoit à la pélition suivani£ :
> Ciloyens membres du gonvernement piuvisoire,
-Les ciiojeus d(îsdivers arrondisscnieuls de Paris viennent vous demander de maintenir au 9 avril prochain les élections GÉNÉRALKs des r(p^é^e^lanls du peuple.
« Ils vous le demandent au nom de la Répni(li(|ue, au nom du travail populaire, de l'industrie, du commerce.
• La Fiance s'est sentie républicaine le jour où, par la proclamation de la Répubrupie, vous lui avez révélé ses véritables insiincis.
• L'eniliousiasme qui a accueilli la révoluiiou du 24 Févriiir est un sîir garant de l'accord patriotique qui présidera aux élections.
• Qui n'est pas cnvaincu aujourd'hui qu'au-delà de la République, il n'y a pour la France que l'anarchie et la gm-rrc civile?
• Ne laissez pas, par le maintien du pro^iêoir<», naître l'incertitude dans les esprits, le décourageraenl dans les cœurs, *l l'espoir chez les partisans du passé.
« Nous avons toute confiance dans voire patriotisme et votre sagesse.
• Vous ne voudrez pas retarder, nous en sontmes convaincus, l'afferniissenient èe la République, ei la crcaiion définitive des inslituiious démocratiques, que le peuple atiend avec impatience de l'Asseii;bl('e nationale.
• Paris, le 15 mars I8/18.
« SALUT ET Fn^TERNlTé. •
Un décrel du gouvernemeui piovisoire, sur le ryppoil du ministre des ulTaires étrangères, modifie ainsi la position des ^igenls di|iloniaU<}u€S.
),;.. |-éSyagjcul& extérieiirsdc^ la JRiépublique sw)OiU ifiésaiwHtb ! •'
1" Les envoyés extraordinaires, ministres plénipoieuliaires de la République;
2° Les chargés d'affaires;
3' Les secrciaires de b'gaiion ;
h" Enfin les aspirants diploniatiiincs, qui ren>placeranl les aitacln-s, les attachés aclncls, lis aliachés indemnisés actuels.
Un second décrel indique les éleciions de la garde nationale pour le 25 mars, et fixe à huit le chiffre des compagnies par bataillon.
L'arrêté du ministre de l'intéiienr, qui dissout les compagnies d'élite, a porté ses fruits. Les légions eniières se rendront demain, 16 ni^irs, à IHôtel de ville pour poi'ter une proiçsiaiion unanime.
Des rendez-vous sont assignés aux différentes légions. Tous les hommes habillés revê; iront leurs uniformes. On sera sans armes et sans sabre.
Les voltigeurs cl grenadiers porteront le képi au lieu du bonnet à poil.
On assure que le Conseil de défense est dans l'inteiiiion fle demander l'éiabliisement d'un camp de 30,000 hommes, en avant de Dijon. On est encore indécis sur le choix de rollicier général qui commanderait le rasseniblenient des ironpes;on désigne cependant déjà le général de division Négrier.
La cri>e financière se complique encore par le vol, fait au dtMrinieni des banquiers. Une dépêche léiégrai)hi(i'.ie, adressée daus louies les directions, oidonne l'arri station de l'anglais Burion, caissier de MM.Laffilte et Biount, parti de Paris, eu eusporlant des valeurs et des sommes d'argent considérables.
Les ouvriers maiéchaux de la ville -de Lyon, qui, dès les premiers jours de la révolution s'étaient joints aux auires ouvriers, qui faisaient grève, vienneui, en reprenant leurs travaux, de publier un manifeste contenant les si'niimenis les plus justes et les plus honorables.
On 1 econnaîi dans colle lettre cette droiture innée chez le peuple, qui assure l'ordre et la liberté, ces deux principes ii>séparables.
Des bruits , à la source desquels il est impossible de remonier, ont alarmé le public sur la valeur des billets de banque.
D ins plusieurs quartiers de Paris, on est allé jusqu'à prélcudiequela bauque faisait purdre 2P à 25 francs et plus sur le rembwirsement de ces billets, cuQn <iue les
clmuseurs nVri vculaiinl à .-(iicuii prix. Hàloiis-noiis (!o dire fine ces b' iiiis, propages pur l:i peiir ou par la inaiveilkmce, nwiiatttmi fc*nde:neiii.
Due dé|itraiion nombreiiçe de Grecs, rosidaul à P:ii is, s'e>i présfiitée à l'Hôii-; de ville pour fairo acte d'adliésiou à la Képubliqiîe.
M Dianiaulopolos, l'un cVeux, rtvôUi du cosiu'iie national ei porlnil lelLudar I giec à la niuiii, a donné Icciiire d'une adresse.
ÉTBAKCCR.
Angleterre. — La question de Kineometax ol toujours rol)jcl des discussious du parlement anglais.
Lord Russell a soutenu le principe que l'Aiiglelerre devait se tenir eu armes contre loiile évcnlualité.
Des vivais nouibi'cuxontaccneilli son discours dont nous donnons h; rieruier pnragraph' :
• Qu'on prenne bien noie de mes paroles et qu'on n'eu alière pas le sens! s'est écrié lord RuBsell. Si je ve w mainipnir nos (orces do terre et de nier, ce n'est p'.>int dans une pensée d'hostilité conti-e la France; c'esi seulement dans la pensée do ne pas lai^serdécllCoi^ l'Angleterre du rimgqu'ellc occupe parmi les nations. Si le pays pense auirenicnt, s'il est disposé à abandonner riiiflueuce qu'il exerce sur le moule, influence glurieiise, eltjiii a loujoiirs l'ail mon légitime orgueil, quo le pays s'explique iui-inèuie, je me soumettrai, mais jamais je ne cousenlir.ii à me faire l'instrunif nt de rabaissement d(; la patrie. •
Lord Palm"rstoD, sur- rinlerpcllaiion de AL Hindey, a déclaré absolument faux le bruit (pi'un traité avait été conclu entre l'Angl. terre et la Prusse, en vue des éventualiiés qui peuvenitoilir de la rcivolulion du 24 lévrier. :(>,:
Duvière. — On écrit de Munich 10 mars : • Hier maiin, la niuivellc de l'arrivée de la comtesse de Landsfeld, s'est réiiaudue avec la rapidité de l'éclair. Si la vérité ne s'était pas Tait jour immédiatement, les cons('quences auraient puèinMlépforabîcs.
On apprit, en eff. l, que Lola Montes avait passé un instant ici en h ibits d'homme, mais que le roi l'avait fait arr<!ter par des gendai mes et l'avait fail conduire hors de la vill;;. Elle est retournée à Linda, sous escorte de la police.
Hier, le roi, eu entrant au lli(';\lre, a été applau Ji avec cnlhousiasnic. Le public a
lanlé la métodie />/^ hrhim'e U 'i'of'.t,l
ôiipcl le pfuple paraissent récoiiTilies èX
. .. fî..:..„ 1,;,,., r : . • ■• ■ ■;''
cha
irôii
tout fiiiira bien. Le roi est aus:^i allé voir"
les éiud'.anis a l'Universiié et leur a' fait
(les couiplinienlS' sur leur zèle et leur
courage. •
Pauvre roi que ce LonisdeP)avière, aussi pauvre roi qut^, piiuvrc poè.'e, qiii , après avoir lisqiié sa conroniie pour les sourires d'une fi'le de joie, va remercier ceux qui l'ont coTi'faint à chasser de son lit, la eourlisane dont il avait du relié à caeher la honte sous niiecouionnc dé comie,-.se !
ylulriche. — La Gazette officielle de Vienne, du 10, déclare eu ces tei mes la ré-' solution de l'Aniiiche de ne point intervenir dans les afTaiics de fa France :
• Eu présence des événemeuis iuiportanls qui viennent de s'accomplir, S. M. croit devoir s'expliquer sur sa position en ce qui concerne ce qui est arrivé etrelativemeui à l'avenir, d'après les décrets delà Providence. L'empereur espère que ces paroles reciifiei-oiit des idées erronées et de fausses iuterpréiaiious qtii pourraient l'aire naître d^s iuqniéiudi s inutiles. S. M. considère le changement de gonvcnieme^it en Fiance cominï une affaire iniéiieure de ce pays. L'Autriche est bien éloignée de voidoir intervenir médiaiemeni ou immédiatement dans les afl'aiies de la France. S. M. consiilère comme do son devoir de protéger flans ses Liais les insiituiious et. le droit do travailler à la prospérité des peuples qui lui sont confiés. S. M. saura remplir ce devoir daus toute son éi.ndue, mènv' dans la situation politique actuelle du monde. Mais si, contre toute attente, les traités européens existants ou les frontières des Etats de Icmpire ou de la confédération geruia!;ique éiaienl niciiaeés par r<iinomi, S. M. repousseiait une par. ilie a!;ression par lotis les uioyetis que la ProsiJence a mis à sa disposition. •
A Ca.-sel, l'éiceieur a été forcé par les menaces du peuple , à accorder toutes les demandes qui lui ciaieiit faites. Le ministère a été changé.
Italie. — On écrit de Milan, le 9 mars : « Le bruit so répand ici que la cour de Vienne a envoyé à celle de Turin son itUimiUnm, et que, s'il n'est pas accepté, dès le 20, elle déclarera la guerre à la S;rrdaigiic. Cette nouvelle ne paraît pas vraisemblable; cependant, le vice-roi l'accrédite en quittant Milan pour se rendre
iOO -
Vérone, en faisonl surtout dos prcparaiifs qui ne permiaicnl guère de douter de sa relrahc définitive.
<■ Venise est assez calme : le duc de Bordeaux ei la duchesse de Berry y sont toujours.