‹ Le MoisChapitre 13 sur 75 · IC MARS · texte numérisé non relu

IC MARS

Dès le malin, des groupes nombreux de gardes nationaux et d'ouvriers se forment sur les boulevards et dans les rues les plus fréquentées.

LVnireiien de chaque réunion porte sur la manifesiaiion de la garde nationale et sur une proclamation que vient de faire afficher le gonvi rnenieni provisoire.

Les élus du peuple rappellent à ce peuple ce qu'il a accompli de saint, de glorieux, d'admirable pendant le combat et depuis la luiie.

•Nous demandons, disent les membres du gouvernement, encore quelques jours de magnanimité, de dévouement, de patience, et l'Asscmb'ée nationale recevra de nos mains la République naissante. De ce jourlà, tout sera sauvé! Quand la nation, »par les mains de ses représentants, aura saisi la Républiiiiie, la Uépublique sera forte et grande comme la naiion, sainte comme l'idée de peuple, impérissable comme la pairie. »

A midi, une partie des diverses légions de la garde nationale était réunie : la 1'" sur la place de la Madeleine et les autres sur le parcours des boulev.-irdspar leur ordre de numéro ; les 10', 11* et ta' légions étaient placées sur les quais de la livc droite; de nombreux détachements delà banlieue étaient venus sejoiudre à la garde nationale de Paris.

A une heure et demie, les gardes nationaux présents, rangés par pelotons, se sont mis en marche ci se sont dirigés vers IHfMel de ville eu traversai;! la place de la Révolution et en suivant les (piais.

A deux lienies, la tète de ce cortège, qui se comjjosail de détachement de toutes les légions et de toutes les comptignies, est arrivée à la place de l'IIôicl de ville. Là elle a rencontré une foule, considérable; le cortège s'est alors aiiété : le général Coui lais a longé le front des diverses légions, a harangué plusieurs pelotons, et les a eu-agés a rentrer dans kurs foyers. Les di'Iégués des légions ont été reçus par uit n.ciri.ic du goiiv; riidiif'iit provisuir::

qui leur a répondu que le décret rendu ne pouvait être modifié.

La réprobation générale qnl a frappé la citctilaire Ledru-Rollin , les démissions nombreuses de citoyens honorables appartenant à l'armée, à l'aduiinislratiou, à la magislratuie , ont ouvert les yeux aux membres du goiiveriiement provisoire.

Aussi vient-on de prendre la décision suivante dans les ministères de l'intéiieur et de la justice:

Aucune suspension ne serait prononcée directement à l'avenir contre la magistrature assise, par les commissaires du gouvernement. Si les plus impérieuses nécessités d'ordre public semblent à un de M.\L les commissaires commander la suspension, il s'adressera ii .M. le ministre de l'intérieur, qui en référera lui-même à M. le ministre de la justice, chargé d(! siauier. Les commissaires n'ont d'ailleurs pas reçu le pouvoir de révoquer les magistrats.

Le ministre de la marine annonce aux gouverneurs des colonies la nouvelle de la création d'une commission chargée de prépan-r, dans le plus bref délai, l'acte de l'abolition de l'esclavage.

Le Gouvernement provisoire, ajoute le ministre, confie le maintien de l'ordre à la raison et à la bonté des maîtres et des esiîlaves.

Pendant que les gardes nationaux se rendent en foule à l'Hôtel de ville, le Gouvernement provisoire lait afficher une proclamation, qui explique la nécessité de la suppression des compagnies d'élite. — Cette proclamation se termine par ces mots :

• Le Gouvernement provisoire est accessible à toutes les réclamations, il s'éclaire des vœux, des lumières des citoyens dont son pouvoir provisoire est l'expression : il n'a d'autre force que ce concours, mais ce concours est d'autant plus puissant qu'il est plus calme; et sou action légitimement influente, quand elle se produit sous la forme de conseil, rend la résistance du Gouvernement iiécessaiie quand elle ressemble à une menace ou à une force.

<■ Fait à l'Hôtel de vilic, en couscil de Gouvernement, le 16 mars 1848.

ÉTRANCrn.

La puissance aitirichienne est vivement uiciia-fL- en AlloniUgne. — La dé.'hiiaiiou

f;iiie par le gouvcrnenieiii do Vienne, de ne poini iniervenir dans les affaires de la France, a paru ridicule, quanl à la forme; une guerre eontre la nouvelle Képublique serait la ruine de la maison régnante.

M. de Meiiernieh a le droit de dire : jai trop ve'eu; alors que terrassé par le regrel el la maladie, il voii le manque d'argent, fie crédit el d'union dans tout l'Empire; alors qu'il eniend les plainies, les réi lamaiions de la Hongrie, de la Bjliéme et du Tyrol.

En Italie les altitudes de conquéran's et de maîtres, affeciées par les ofli':iers el les soldats antricliieus, sont encore des signes de faiblesse.

Dans l'Assemblée tenue à Ileidelberg on a agile la question de savoir si on donnerait à I Allemagne un Empereur, ou si l'on proclanierail la R'^pnbliqne.

Nous ne croyons pas à l'éiablissemenl républicain, mais les conservateurs el les princes eux-mêmes ne voient de salui que dans lëlei'iion mipériale. — El te serait au roi de Prusse qu'on offrirait celle couronne.

Alors l'Autriche devienrlrait puissance du '^econd ordre La Lombardie, la Gallicie, la Hongrie, la Bohême seraient délivrées du joug de l'oppression.

Le Schleswig-Holstein veut rester allemand, en dépii d.i roi de Uanemarck. Une colli»ion est imminenle.

Le prince de Prusse <'St nommé gouverneur de la province Rhénane et de la Wes'phalie.

Aiirjleierre. — Le chartismc prend une attitude menaçante.

On se rappelle, et nous l'avons dit dans le dernier nimuro, qu'une dépuialion avait été envoyée à Pai is.

Cette (Jépiitaiionest de retour; elle a été reçue dans l'établissement littéi'aire de John-Street.

Nous empruntons au Chronlcle un extrait (Ju compte rendu de cette réception. « Paul Jones a dit qu'il avait entendu les Français crier : A bas Gin'zol .' ce qui signifiait, lu bon anglais : A bas Rustell! à ba» la corruplion !

« L'oratciM' exprime l'espoir que le jour n'est pas éloigné où les cliariistes recevront une dépuialion de la Rc'pnbliqiic IVançiisc d:ins le palais de leur gouvornciiKiit.

• ]VL Graffi. rend compte de la réceplioii

de la dépiitaiion cliariis(e à l'Hôtel de ville. M. Garnier-Pagès leur n dit qu'il tenait à honneur de recevoir une fîéputalion représentani un parti aussi puissant que les cliariistes anglais. Dans trois semaines, ajoute AL GialVe, nous aurons une convention siégeant à Londres.

■ Celte convention rédi^jera nne pétition au parlemeni, et deux cent cinquante mille hommes solides porteront celle pétition de Kennington-Counston au parlement. J'espère que vous la signer* z tous, que tous vous ferez partie du cortège, et qu'à la face du ciel, par l'amour que vous portez à la patrie, par votre respect pour ses enfanis, vous jurerez de ne jamais cesser de faire de l'agitaiion pour la charte jusqu'à ce que les droits et les libertés du peuple d'.\nglelcrre soient établir^ d'une manière peraiancnte. •

Belgique. — Les troubles de Gand ont été fort graves dans la soirée du 18.

Un grand nombre d'ouvriers sans travail s'étaient réunis el commençaient à dépaver la place du Marché-du-Vendredi, aux cris de : Five la République! lorsque la gendarmerie et la troupe de ligne sont venues à bout de disperser les rassemblements.

Dans la matinée du 14, de nouveaux aitroiipemcnts se sont formés ; cependant, s'il faut en croire les journaux de Bruxelles du 15, le calme était rétabli à Gand le ÏU, à trois heures de l'après-midi.

La manifestation des légions de la garde nationale avait été mal interprétée, le peuple a paru craindre un moment nne menace de violence contre ceux qu'il a élus après la victoire et auxquels il a confié ses intérèis jusqu'au jour où l'Assemblée naiionale seia constiti.ée.

Des bruits de tentatives réactionnaires en faveur de la maison d'Orléans, du comte de Chambord avaient circulé.

Aucune de ces rumeurs n'était fondée, mais le peuple est à Juste litre susceptible.

Dès neuf heures du malin, d'innombiab!es dép!)tatioits d'ouvriers, ayant toutes à leur tête le drapeau aux couleurs nationales, se sont réunies sur les places du Louvre et de la Révolution. Vers midi, elloà se sont furmécs en colonnes et oni pris le chemin de l'Hôlel de ville.

A Hiic heure, les premiers rangs s arrelauM ) Incedi. Rn.Mil escalier de la mairie de Paris. 11 y avait T.ule sur la place. Les .uMc.v se ,,res^aiet... aux feueires. Vers dH.x ljen.es .-l demie les umboui s de la ..ard.- de l liùt.l, o«i bu lu aux champs. MU Garni.i-P^'gès, Lainariine, Ledru- R^ilin, Louis Blaiie, Ctcmicux ei Mar.e, inembi.s du <;»iiviMi.ea.e«i provisoire, ^e som avancés Mir le p-rron. Aussi.ôl loui le mon.lc sVsl d.r.ouvn-l ; les l.amneres se f onl agitées, et nii eti unanime de / >ve la J}rp„hhq„e! f^ire te (f^urtn.ement provùoirtl .-,'. si < k-NC dans les a\rs.

m Louis in^iiic a h:irangué les assistanis. Son alloeuli.n a élé couve, le dapplaudis-enienls.

Quelques inslanl* après, le corlége s'esi diriu-i veis la DaMiUe en rércu.ni le m de ° Fire-le gouremement pru-^isoire!

au.piel se mcU.ii celui de : A l.as les car- /htes ' Il :i d.'filé devant la colonne de Jntllei ei a d!'>c.n.hi en>uite les boulevards jusqu'aux Cl.an.ps-tlysées,.OÙ les députa tioii-* se ^oiu séparées. . , '

Un assez sçrand nombre d'eccleViasiiques onl |n-is pai'i à eeiie manilesiation.

Nous recevons auiouid'luii lEclio d'Ornn; .» cunlienl les deux prodamalious suivantes :

. Le jvoiiverncment républicain a été institué à Paris, ainfi que dans tonte la France L'Assemblée nationale fera bien'ôl connaî le la volonté du peuple. Vous porterez celte nouvelle à la connaissance de 1 1 popnla ion ei vous Tel ez reeonnaili'e imniédialemenl le gouveriiemeiil républicain; vous voudrez bien me nndie compte de

celle mesure.

« £« qouptrneur gênerai

de t Algérie,

• Cava.igix.\c. »

a r,iloyer.s, . La R publiqttc est proclamée.

. Celle grande révolnl'on s'opéreia dans notre piv.viace avec la disuilé ei le calnie qui onl niarqic son avénenicnl dans la France entière.

« Unis dans une seule pensée, tous dévoués à la sainte cause de la patrie cl de la Lb'.lc, nous ne resterons pas au-dessous des devoirs (pii nou»» soni imposés, el de ce que lu pays atiend de nous.

. Vive la France ! Vive la République ! . Oran, le 6 niai-s 18iS.

Le directeur des affaires civiles, pur intérim,

Gaubé.

MM. d'AumnIc et de Jornviile sont arrivés le 5 à Cariliagène; ils onl gardé le plus slrict incognito ; ils onl dû se rendre de Caitlirigène à Gibraltar; do.'i ils coniptaieni se diriger vers l'Angleterre.

ÉTIXANGER.

l'russe. — L'agitation règne à Berlin.

Les tioiq>es soin sur la place avec l'aiiilleiic chargée. — Une réunion de cinq cents pci'soimos a eu lien an Tliiergarl-i» pour allei-demanlerau l'oila liberiéde la presse, l'eleelion générale, raiiiieme.il desciioyius el la repiésenlaliiin du peuple à la Diète. Le roi avait dil à M. de Humbuldi qu'il monriail pluôl que de faire la moindre concession, — mais la nnil porte conseil, — une ordonnance convoque la Dièlc pour le 27 avril, a Derlin.

Angleterre. — Tous les meeiings populairesdes grandes villes volent desadressea an peuple français.

Voici quelques paroles de M. Baidwin, an meeting de Birniingli.ini :

'< Je uie .éjoiiis, a-i-il du, de la révolulion arrivée eu France, non-seulemeni pour ce pays, mais aus.--i pour l'Aiigleiei re, car liesl impossible que la FraucejiHii!>*e longtemps de la libriié, sans que bieuiôl elle s'étende à l'Angleterre. Il faut que nous ayons la charte el un gouvcrnemeni à bon maiclié. La révolution do France a déjà profilé à l'Angleterre. Sans elle, nous aurions eu l'impôt de 5 pour cent sur le revenu.

« Je féliciie le Gouvernemrnl provisoire d'avoir aboli la peine de mor t pour délits poliiiipies. Cela est noble^ Qu'a l'ail le duc de Wellingion, quand son armée environnail Paris? A-l-il protégé les auu urs de délits politiques? Non. Il a laissé fu- >iller le maréclial Ney. Je dirai senlemeiU ()ue j'aimerais ii.ieux èire un républicaia français que le duc île Wellington. •

Allemagne. — Tons les vœnx appellent rétablissenieul d'une repiésentaiiun nationale allcmamle.

L'élecieur de llesse-Cassel a fait loulcs les concessions libérales réclauiées par le peuple.

Prague voit, chnquc jour, des proda-

maiions qui appellent les Boliémiens à l'indrppndaiire,

L'Auirit lie est en pleine crise finnncière. — La Hongrie parle toujours de sa séparation.

//o//<7«rfe. — Unercaclion libérale vieo t de s'opéier.

Le Courrier bntuee, dans un niimôro extraordinaire, du 15 mars, complète cette nouvelle par les détails suivants :

• Tous losminislrcsoiit reçu leur démission; MM. Luzac ctTliorbecki; sont cbar^QS de présenter au rqi un nouveau çboix de

^miiiisinis.

. . • Le roi accordei-a toutes les légitimes ..^mandes de la nation.

• Le làrbe et fatal sysièmc de conservuiioii c.-l renversé; il est tombé pour ne plu» se relever. »

Siiinse. — On lit dans la Heeue de G-enèee :

• Une découverte importante vieni d'être faite .Niinnlianénicnl à Altorf et à Nfiifchilel. On a irouvé parmi les papiers du Sonderbund l'acte qui renferme les plans de la ligue sur le sort qu'elle réservait après la viciiiii e aux canions de la majorité. Berne, Zurich, Argovie, Saiiit-Gall, Vand devaient être privés d'une paiiie de leur territoire, et se voir réduits à la coudilion de petits canions.

• Cet acte, qui sera incessamment publié, est revêtu de l'approbation de M. de Pluel, Rouveriieur de Neulcliàtel pour le roi de Prusr-e. Ainsi, li; Sonderbnnd et ki saiuie-alliance, qui conieslaicnt à la Suisse le droit d'intr^jduire des changements au pacte de 1816. méditaient toute une révoïuiion poliiique et terriloi i de ; à eux le droit de concpiète, au peuple suisse pas même la f^cullé d'introduire dans ses instililiouslcs perfectioiniemenls les plus simples. Le sort que quel^jues souverains préparaieui à 1 Europe devait être affreux; le Sonderbtind était leur avant garde , cl Loiiis-Pliilippo k'ur complice. Le canon de Gi^likon e'. riiéruisuie des Paiisiens ont ht m tusement anéanti ces projets. •

18 HABS.

Le gouvernement provisoire remercie aujouririiui la population parisienne de la manifesiation iuiposaiite faite en sa faveur, «l annonce que les élections pour la gaide nationale sont fixées aa 5 avri'.

Le nombre des citoyens inscrits dans les douze légions est de l"J0,:!i)9.

Le général Couri:iis (|ul auibi ionne à la fuis le titre de gi'and oraieiir et celui de général du peuple fait cu(ture aujourd'hui un ordie du jour à ses conciioyens des légions.

Il leur annonce entre auires choses l'adoption du nouvel uniloiine : V \.\ phique des shakos, la l'osace de la jugnlaiie et le boulon de la luniquc, sont moilifn's conforniénienl aux modèles (|iii S(trout déposés dans les mairies à dalir ilu lundi 50 mars; 2° l'épauletie rouge, corps et fiange, est adopiée pour toutes les cotupagnii-s ; o" grenade blanche au colb-l de la iuni(iue ; h" les biiftleieries sont conservées, mais les gib riK s porteront eu outre une grenade blanche en métal.

Nous aurions chaque jour à enregistrer des dons piiiiioliques , des remi^es de loyers faites parlas propri(!laires; contentons-nous donc de dire que ton.s les ciloyens font pri'tive envers la patrie el les uns vis-à-vis des autres, do la plus grauJe générosité.

éthangeu.

Allemaçine. — D.-s ircniblfs ont éclaté à Berlin dans la journée >lu 13. .\ la date du 15, le calme matériel éiai< rétabli à Berlin ; mais la popidatiou était irès-ii ritée conirelcs soldats, qui avaient fait plusieurs charges sans soninrailon préalable.

Ou nous coumiuuii|ue a riM>taul une leltr'C particulière en date du 15 mars, venant de Berlin, qui contient les ligues suivantes :

« Hier, c'éiait de l'agitation ; aujourd'hui le combat s'engag»-. Le |»euple dépave les rues et ciie ([u'il f;iui :d!er brhler le palais du roi... J'apetçuis leministie ''odelscliwing que l'on pours-uii à coups de pierre el qui se réfugie dans une mai-on... Je prends mes armes et je cours aux barricades. »

On écrit de Prague (Bohème) le 11 mars:

• Hier nue réunion ilevait avoir lieu dans le Wnizelsba I, où se rasseuiblent ordinairejnent les patrioies. L'autoiiic l'a défendue; néanmoins, elle aura lieu aujourd'hui, et, au besoin, ou emploiera la force pour voler des Kisoliilions el les proclamer ensuite solennellement ù i'iiùtel de ville.

• Presque tous les souverains de.l'^^llemagiic ont donné leur asscniimcilt au con-

grès qui floil se réuuir à Dresde. Le |)riiicc de Meilcrnich paraiia avec un archiduc.

Ou eoiiipie au!-si s'ij la picbeiice des rois de Ilauovre el de SVuiiembeig , mais on ne sait pas si le loi de Bavière pourra se prôsenier an couir^s. — On dit tjue le congics ne s'occu[,o?a que de nicstuTS défensivis dlaisserw les affaires cxiérieurts suivre leur dévelof'pcmeni uainrel. •

Un autre joiuini annonce (jne le comte Orioff assistera aux dulibéraiiuns du congrès.

Comme commcnlaire au congrès, la Gatelle <ï/tiigsbuitrg annonce qu'un corps d'armée auiritbien va se cunccnlrer sur K- niiin.

Italie. — Le roi de Naples a cédé aux Siciliens.

Il a donné l'ordre d'évacuer la citadelle de Messine,

Il concède la séparation des royaumes de Napies el de la Sicile.

L'amiral Rugf;J(M0 Sciiimo est nommé lieinenanl-généi Li! de la Sicile,

Un ministère cpëcial lui est adjoint.

Le parlement sicilien se réunira le 25 mars, pour adapter la constitution de 1812 aux circonstancî;? aciiielles.

Le gonvcriieiïicnt sarde a autorisé la fabrication el le commerce des armes de guerre dans l(;s provinces frontières de Lonibardie. Cf le mesure a été accueille aux cris de : P Ive Cli. Albert! viee iépc'e de l'Italie!

L'arniemem. de la garde nationale à Turin et dans les aut;î;a villes se complète, et les enrôles s'exercenl avec enthousiasme, soit aux rnanœtivresihinslt'S villes, soit à l'exercice de tiraillciirs dans les campagnes.

Les journaux de Turin arrivent remplis de détails el d'observations qui prouvent que les choses sont poussées à la dernière extrémité, el qu'une explosion ilaiieiinc va avoir lieu chez les opprimés et chez les libérateurs.

En s'occiipanl des élections prochaines, les publicisles insistent pour que les repiéseutants nonirnés soient pris dans les rangs des partisans de rindépendance iialieniie. A Gènes, l'agitation continue dans ce sens. Le roi, en reltisant toute explication sur les arniemenis d'Alexandrie, ei en demandant l'évacuation de Parme ei de Modène, d'où "^'Ufiche le menace dans son indépendance, va s€^ trouver à lu lêie Uc l'opinion et de la liguto italienne.

En Toscane, on dirige des troupes sur la frontière de Pietra-Santa pour icnir tète aux Auliich'ens qui occupent Massi. Il serait à cet clfci formé un camp entre Pise et Lucques.

Dans les Étals-Romains, la ligne italienne est dans tous les esprits el dans tous les cœurs. Les gardes nationales s'organisent, et les troupes suisses envoyées sur la frontière seraient d'un grand secours contre îa partie de l'armée autrichienne qui menace à la fois les Légations, la Toscane et l'extrémité des états sardes.

On écrit de Londres :

« Le duc d'Aumale et li; prince de Joinville sont arrivés, hier mercredi, au château de Claremonl. Le duc de Montpcnsier est parli pour se rendre Vn Espagne avec sa femme. Tonte rancieinie''fàinille royale vit à Claremont avec la plûssti'^icte économie. » — -

Le 14, le duc et la duchesse de Montpcnsier étaient attendijs d'yii. moment à l'autre à Sainl-Sébastieni où devaient les lecevoir le chef politique el la dépuiation d(! la province de Guipuzcoa. COmme l'état de la mer était très-manvais, on pensait que leur arrivée seiail un peu retardée.

Paris. — La commission du gouvernement pour les travailleuis a réuni les délégués des corps d'état au Luxembourg.

Une ovation a été décernée a M. Louis Blanc à son enti'ée dans la salle de réception. Le gouvernement provisoire a reçu les mêmes léinoignagcs de sympaihic. On a procédé par la voix du soit à l'élection des membres du comité au nombre de dix. Les noms suivants sortent de l'urne :

M.\I. Otimau-Du|ilaney, relieur de luxe; Ri'liard, entrepreneur de charronnage; Frégier, entrepreneur de gravure sur bois; Eck, fondeur en bronze ; Peihiney, fabricant de coiiveris métalliques; Rieussec, entrepreneur de voitures piibliques; Chapelle, mécanicien ; 'Vilatte, véiéiiuuire et maréchal- ferrant; Lechatdier, ingénieur des mines; Charpentier, ciseleur en bronzes.

Paris se préoccupe beaucoup d'une pièce trouvée aux a(1\tires étiangères et contenant une inculpation de vol dans les bibliothèques. Le savant M. Libri serait l'auteur de ces soustractions frauduleuses. ftl. Libri est en fuite.

- lOo

Des (roubles graves oui cclalé à Lille. Ii'Ei^laprorogé(lesi\ mois les ccliéauces des bons du Trésor.

ÉTRANGER

Angleterre. — La proposition de l'appMcalion de Vincome-tax à l'Irlande a élé rcjeiée à une m;ijoriié de 80 voix.

La reine est accouchée d'une princesse le 18 mars, à huit heures du malin.

Berlin. — Nous avons annoncé que dos troubles avaient éclaté à Berlin. Voici les nouvelles que nous recevons aujourd'hui de la ( apilale de la Piusse, on peut s'y fu^r d'auiani mieux, qu'(;llcs nous sont transmises par la gazelle ollîcielle :

« Hier, dans la journée, des atlroupemenis se soni formés dans plusieurs rues, et, dans l'après-midi, la foule s'est rendue sur la place du château. Vers le soir, des pierres furent lancées contre les sentinelles placées aux portes du ( liàieau. Aux soniniaiions faites à la multiinde de se retirer, elle lépondil par de nouvelles pierres lancées. En sorte qu'il fallut que la cavalerie intervînt pour faite évacuir la place. La foule descendit prndeniinent de Brciiensirass et éleva des barricades. Les soldats occupés à les enlever furent assaillis à coups de pierres, et il fallut employer le salirc et les balles. Il y a eu des blessés et même quelques moiis. Les commissaiies des bourgeois, mêlés aux groiip» s, oui fail tons leurs efforts pour l.s déterminer à se disperser. C'est à leur zèle qu'on doit d'avoir évité de plus graiids malheurs. .\ oiize heures la irauqnillilé était partout rétablie.

« Le magistral de Berlin vient de publier l'avis suivant :

« Di-puis trois jours, la propriété el la '( sfiteté des bourj;eois de Bci lin sont nn;- « nacées. La bourgeoisie s'est prononci-e « lormellemeni contre ces attentats. Eu « C(insé(|iieii(e, il a été décidé que dans clia- « que quartier de la ville serait ('lablie une « cummi>sion de proieciiuii, composée des « ouvriers communaux, qui appelleront les « bourgeois de leur quartier les plus con- « nus et les plus dignes, et surtout les chefs « de corporation. Ces commissaiies au- « roiit, au bias gauche, une écharpe noire »< et blanihe. Les délits commis contre eux « seront punis comme dtlils contre les •< agents de l'atitoi ilé. »

Cofogiie. — Le bruit court à Cologne 1

que grand nombre d'A',..:iiiands, résidant à Paris, se sont réunis e- îégions, el ont résolu de faire irruption en Allemagne et d'y proclamer la Républiqr.?.

On pen^e, ajoute la {azelle qui se fail l'écho de ce briiii , g;3t le gouvernement provisoire n'est pour rîcn dans celle tentative, surtout après l'assîirance donnée par M. Lamartine, de respecter l'indépendance des gouvernements aUcmands.

An reste, ajoute le joiirnal, messieurs les républicains recevront, ici un accueil auqufl ils ne s'aileuden' pas.

El la Gazette de C, 'ogne a raison : l'éducaiiou socinlede r.Mlemague, el surtout son éiluca'ion poHiiqtie, n'est point faite encore. L'Allemagne proprement dite, et par rAHeinagne propj ornent dite nous entcndous louie laCoiifét!éraiion,lcWiirieniberg, la Bavière et la l*i ir^se. l'Allemagne, proprenienl dite, en o- ; à peine à la royauté coiistiiutionnelle. Si ta France voyait dans ks Iroubles d'- Berlin, que nous venons de racontt r, et dans ceux de Vienne, qui vont suivre, une manifestation démociatique dans le genre de celle qui s'est faite à Paris le iû février, elle se ironiperail étrangement.

Nous ntius inscrirons dès aujourd'hui comme étant de ceux (jui ne croieni pas à une n'pubh'qu" pioi h line en .Mli/migue.

Ri'vohilioii à Fittiiie. — M. de Mctiernich est en fuite; il i dij (initier Vienne au milieu des cris de: l'aine la conslitulion .' eice la liherte Je la presse ! et passer, en se cachant, devani saviila eu (lainints. Les comtes Kollûwraih cl .Montecncul!i so:it à la lêle du gouvcrneinenl ; l'einiiereur fail publier par le journi'l otticiel qu'd est prêt à acitédcr à tous le^ vœux de son peuple; tous les soldats sont sortis de la ville ; les envois de troupes en Italie sont suspendus. Un archiduc e^t pat ii pour Prague, un antre pour Piesbourg, iliii de calmer, s'il se peut, l'cirervesceuce, par les plus larges ctnicessions. Pour c<;iie fois, l'Alleniague e^l libie, car le desp jtisme et l'oligaicliie sont v;iiiii'us dans le, r citadelle. Honneur aux étudiants cl au; bourgeois qui ont rempoilé celle viclo're si glorieuse, et il faut te dire, si iiicspi-rée!

La révolution a oinmencé le 13. Les étudiants et les boi.iigeois ont profité de ronverture dis Etats pour présenter des pétitions; on les a r. çiies, maiS en déclaranique la réponse était ajournée. En pré-

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sence de ce. movrn dilntoiio, un cri imnifii^c h'oM ôlovc. Les lif'piiK's de ia diète se l'cndii çiil en forps aiipiès de l'empereur jioiir ai piiycr lis çk'iiiainlesdii peuple. Selon lbal)ii'H!«v Ufuliiioimelle, S. M. réponda (ju'elle nieliail luule sa coiifiancc dans les Vieiiiioi.s, (pic dji'piiis loiigiemps le goiiveiuenien.i s'oceupail do projets de nalnic à salis,!airc aux nécessités de l'épuipie. Une personne qui n'a pas été recoMUuo, paiiii même au balcon du paliis, aniionçaui que l'cuipercur syti^ferail au\ justes \œux de; ^es sujets. Cependant les troupes SI- dé()loyèrenl , elles ne lardèreni pas à tiaduiif eu leux de pelotons les prol^1e^^e^ Itbéiales de l'en'pereur. 0:i compta bieniôi dix-ncnl' morts et (piaranle-im blesses. Les éliidiaets et les houri»eois linrenl ferme, ei le peuple lii pieux ûir une grcle de pierres s-ur la troupe. Le 13, à quatre heures et demie, V.eune était dans un état d'exalliiion où jamais on ne l'avait vue. Malgie la précaution prise par le gouvernement de s('paiei' la ville des faubourgs, il devenait éviiliiii que les soldais allaient être écrasés.

Un capiiaiue a été renversé de son cheval, sm- leijuel on a p'acé nu étudiant b'cssé à la lèie ; le peuple qui servait d'escorte a ce jeune lioiuine passait devant les soldais en silllant et en poussant des huées. C(Mix-ci, déeoucerics, hésitaient à laire usaiîe de leurs armes; un bataillon relira môme si'S b^i'ionnelics sur rinjoiiclion du peuple. A <e moment, la milice bourgeoise a paru uMisique eu tèie, e!, an fiéuiissenient de joie cpii a éclaté, le gouverueaieut a où comprendre que le règne du despolisnu! é:ait fini. l'outefois, il ne s'est pas encore rendu; mais peuple, éludianis, bourgeois, oui couiiuué de se tenir un:s, ayaut pour mot de ralliement: La constitution l la liherlè de lapr^!<!.e, et dans un conseil de i'amille, l'empereur a décidé qu'il l'allaii céder, les soldais ne monlrani pins aucune dispO!>ii ion ù tirer sur le peuple, el l's faubuirgs pouvant descendre sur la ville, malgré les mesures prises par l'autorité mililaiiu.

Voici la nroclamaiion que la Gazette de Vienne, du 1^, publie dans sa partie olficielle :

• Poui- assurer la tranquillité dans celle capitale II ès-agiiee depuis hier, Sa Majesté avcsolu d'armer leséludiauts, à l'exclusion

de tous les étrangers et er| procédant d'une manière régulière.

« L'empereur espère que tous |es bourgeois, entrant daîis le corps de la bourgeoisie , le renlorcerout et coopéreront énergiquenieut au maintien de la tranquillité.

« Sa Majesté vient de former un comité pour examiner ce qu'exigent les circonsiances, el il y fera entrer non-seulement des membres des Etals, mais aussi des membres de la bourgeoisie. Sa Maje^li; espère qu'on verra dnis cette mesure une nouvelle preuve de sa sollicitude pateinelle, et que le calme .sera rétabli; sinon, elle ordonnerait, quoiqu'à regret, aux troupes de faire usage de leurs atmcs. Le prince cIiMUcelier d'Eial de Mi^tternich a remis sa démission entre les mains de Sa Majesté. •

La menace maladroite qui accompagne ces concessions a décidé le peuple a demander l'éloignemeni des troupes. La police de Vienne est maintenant remise à la seule garde nationale.

Paris. — Le général Cavaignac est, diton, nommé ministre de la guerre. M.Cliangaruicr le remplacerait en Algérie.

Le Gonvernement provisoire continue à recevoir chaque jour de nouvelles députalions; aujourd'hui deux mille Savoisiens se sont rendus pi es de M. de L'imarline. Un grand nombre de Corses sont allés saluer JM. Louis Blanc.

ÉTRAKGEU.

Tarin, 15 mars. — • Milau est en complète révoluiion.

• Le royan me Lombardo-Vénitien, désespéré, furieux, lutte contre l'ennemi avec tontes les armes que peut donner le désespoir. Le sang de nos fièies coide et de l'autre côté du Tesin sont des bel os et des martyrs qui nous tendent les bras el nous appellent à leur aide.

• Piémontais, quiconque ne sent pas tout son corps fi issonui-r à cette nouvelle, est indigne du nom italien.

« Piéiuoutais, réparons le temps perdu : un cri de vengeance se lève des rives du Tesin. Alexandrie, Novaiie, Voghiera, el tonies les provinces y répondent. — C'est une question de vie ou de mort.»

Voici les dernières nouvelles parvenues de Milan par estafette, à une heure après minuit , nous les publions sans commcn-

laircs, elles parleront plus énergiqueiiient que nous.

Navarre, dix heures du malin :

«Nous a(>prenons, p:ir un posliUon , qu'il er, uu voyasteur, eu chaise de poste, voulut entrer à Milan : la porte était fermée. — Le postillon sonna du rornel, la porte s'ouvrit; mais il trouva les pavés enlevés et les barricades faites : loice lui fui donc de revenir eu arrière et de s'anêli r à la Croix-Blanche. Hier, à une heure et demie de l'aiirès miiii, est anivé, à Magenta, un M. Banni, lequel à raconlé avoir été niiraculefiseinenf sauvé par uu colonel de la cavalerie autiiehienne; il raconta que la lutie avaii çoniiueiice i)ar un assa^sinal, les Autrichiens's'étaieul embusqués, et au moment où les citoyens s'avançaient sans armes, ils avaient fait feu sur eux.

Norarre, une heure et demie :

« Quelqu'un, qui arriw du pont de Buffalora, encore occupé à ceite heure pai' h s agents de la police autrichienne, dit qu'il est défendu de traverser ce pont, sans passeport régulier. De ce pont on entendait une canonnade régulière, quia couimencc-, au (lire des personnes qui se irouvaiei't sur la frontière, vers sept heure du matin; les niènu'S personnes dirent (|ue les vuiinies qui parcourent les routes ont annoncé <|ue les troupes auiricliienties, dispersées sur les confins de la Suis>e et du Piémont, se sont conceniiées à Milan, ei, s'étaut emparées des portes de lu ville, ettipéclieut louie conimuiiicalion entre les habiiauls de Milan et ceux de I.t campngne. Le château est au potMoir des troupes v\ le bruit du canon indique, par la régularité el la célérité di s décharges, que les canons sont aux mains de troupes régulières. Les canons avec lesquels on tire sur le peuple sont sans doute les six pièces de dix-huit qui aiment la citadelle. »

Des lettres pariieulièrcs indiquent que les sujets du prince Borromée s'ai inent et, avec ccfuxqireiiiiaîuera leur exemple, s'apprêtent à marcher sur Milan.

Ou nous assure eu outre (jue lapopiilalion de Berganie, deBrcscia cl deCùine se soulève dans riuteniion de porter secours aux Milanais.

Ou dit en outre qu'il y a îi Magenta cent ciniiiiaiile Croates ei six jjiéetîs de canon ; ces cent cinquante hommes sont découragés el pourraict.t'étréjsuijpris par un coup de main. Mais le gouverneur de

Novarre, qui a quinze cents honimos, n'a pas d'ordres, et ne veut rien piemlre sous sa responsabilité. La populaiiou de son ccilé a bien les duq cents fusils de la gaixle civique- mais elle n'a peint île munitions. — iVoiis attoudoiis d'ini moment a I autre le lils du roi, avec des aruie.s el di s soldats, et surtout avec des ordres (jui nous tirent de cette nouvelle inertie, où sont plonifées armée et population, qui, en traveisaiil la frontière, sans se soutenir miiluellemini, n arriveront qu'à se faire massacrer.

D nx heures et demie : le bruit court ici que les vploniairts Suisses sont venus en aide aux habitants de Côuie et soiH mtiî'res (leCômeeldt:V;ires- .Ou dit aus>i()ueP;ivia .s'est soulevée cl a en le dessus. N.aexfvédié ujfe estaiélte à D. La lettre lioiit il est porteur, annonce (pie les alT lires de Milan vont mal ; on croit que If s Milanais perdent du terrain; ils manquent de munitions et decanons,cont!nueuldecouibalirf comme des vaillaïUS; mais, sans le secours prompt et clTicace du Piémont, ils sont perdus. Toutes les portes soûl encore aux ii aiiis des troupes, et li s paysans qui viennent du (Il hurs, attirés p:!r le tocsin, qui sonne couliniiellemeni, sont foicés de retourner en arrière; déjà la liiito dure depuis dimanche et nous sommes à marili. Ici, e'eslà-Uire à Novari e, le gouverneur déclare ne pouvoir bouger, par(;e(pi il nianqu(! d instructions. Les Novari-ais soûl dans la plus grande agitation et voudraient, par tous les moyens, venir en aide à leurs frères ('e la LoiuV)ardie, mais la garde nationale n'est pas même organisée.

Quatri heures du soir : Des gens de Morla:a, qui an ivent de Milan, (-crivenl :

«Ou n'entic point dans la ville; nous avons couché dans le bourg. L's Milanais sont maîtres de l'inléiienr, niais les .Autrichiens sont m lîties des remparl'i. \\\ Pontde-fer (porte (lu TesinJ nous fûmes témoins d'une charge, l'aile par la cavalerie, cliarge a laquelle on répondit des fenêtres. L^-s cloches sonnent à grande volée. Dans le bourg de Saiut-Guthard tout le monde se bat, potir repouss(;r la cavalerie qui vient de l'avie; tous altenLieiit secours dtS Picmou tais.

Du haut des murs on a jeté des procla^ mations; du milieu de la ville ou a enlevé des ballons avec des lettres.

Ces letties, ces proclanuitions, annonçaient les nouvelles suivantes :

Hier la révoliilicn aéilaié. Les Milanais font des prodiges de valeur ; mais si les Piémonlais lardcnr, je crains que les iiiuniliuns ne manquent. Hier, ou a eombuilu petidaiil toute l'après-midi et pendant toute la nuit. Anjoiirirhiii, le canon gionde plus fort encore qu'hier. Tonies les rues sont barricadées, les Aiilricliiens lienuent les portes ; les soldats italiens sont lenferuiés dans les casernes; il y a déjà beaucoup de morisdes deux côtés, cependant les iroii(. es ont fait la perle la plus grande ju-qu'à ce moment. Un gouvernement provisoire a ('lé établi ; le podestat Casaii et le comte Liia et Borromce eu sont les chefs; mais au nom de Dieu, cliers frères, venez à noire secours; venez, venez; toute notre espérance est en vous.

La Coiieordia, joiM'nal lurinois, paraît quelquefois à trois tirages dans le même jour.

Voilà ce que contient son numéro d'aujourd'hui :

« Piémonlais, a;is armes ! Ne lardez pas uneheute, pas un niuuieni. Lemass;icre de Milan coiiiiniic; nos lières coiiilatleul comme des géants ; Corne et Varése sont aux mains du peuide. Les Suisses et les Génois pénètrent de tous côtés sur le territoire milanais. Un'. 3ons-nous, organisonsnous, marchons ; ï oire cause est la plus juste, la plus sainte des causes. L'unique secours que nous puissions offrir à nos frères, c'est de coiiîbatlre ei de mourir avec eux. L'Europe et l'hiimaiiiié vous jiigi'ront. Piémonlais, toute àeure, toute parole perdue nous fait complices de l'agoiiii; de nos frères. Uiiis-ions-ifCins, levons-nous; clan nom de Dieu, lavoas les vieilles iionles de notre pays. Picmoitjis aux armes !...

• A Gènes le int .ivement est non moins emporié, non moiir violent.

« La Jeunesse de Gènes est décidée à partir et à venir (;n aide aux Lombards. La cinquième con];-.agriie de la garde civique a demandé au gouverneur la permission de partir ce soir. On ignore quelle sera la réponse, inuis quelle qu'elle S()it,oii sait ce que feront les Génois; avec le courrier de Milan sont partis à celle heure plusieurs envoyés de cette cinquième compagnie et entre autres deux de nos plus courageux compatriotes, Nino B xio et Daneri. Ils ont leur;; fusils et des cartouches. C'est inie f;;;.b!e avanl-g:ird8; nous e savons bien, nu:is ils vont préparer de

grandes choses. Ils descendront ;i Torlose et de là se rendrnnt à pied jusqu'aux frontières. Et partout sur la route ils disposeront la population à suivre l'exeinple des Liguriens. Tout une troupe de citoyens assistait à leur départ, souhaitaat un bon voyage à ces braves jcuni'S gens, décidés à sacrifier leur vie à la rédemption de cette courageuse Lombardie.

« Vivent donc ces généreux et nobles cœurs! »

Le régiment piémonlais qui devait partir hier, a reçu aujourd'hui contre-ordre. Q'.iel est la cause de ce contre-ordre? On l'ignore. Au reste, nous verrons bien ; en attendant, beaucoup déjeunes geuspurteni avec des bannières. Toutes les places des vélocifères sont eiicombrés de jeunes gens accoiti us là dans un même dessi in.

Voilà les nouvelles de Milan, apportées par «lie lettre datée de la put te du Tesin, à neuf heiii es du malin , aujourd'hui 20 mars I8ii8 :

« Je profile du départ du voiiuiin de Vigérani) pour l'adresser ces deux mois : depuis hier j'essaie d'entrer dans la ville sans ponvciir y parvenir; nul ne pi ul franchir la ligne des bastions , le canon a travaillé toute la nuit et, à 1 heure où je t'écris, travaille encore ! C'est terrible à entendre ! les Milanais font des prodiges. Une garde civique est él:iblie. Les Milanais, barricadés, sont maîtres du centre de la vilie. Les Autrichiens occu|ient les bastions, d'où ils combattent à finlérieur en empêchant qu'on n'approche des muraiUis du chàieau. Ils ont tiré à mitraille jusipi'an centre de la ville, pour intimider les Milanais et leur faire quitter leurs barricades, mais ceux-ci tiennent bon et ont déclaré qu'ils s'enseveliraient soii.s les ruines de la ville. ■■ Les soldats italiens se sont révoltés, mais les pauvres diables ont été désarmés et enfermés au château. Les Tyioliens sont montés sur le dôme afin de faire feu du haut de la plate-forme, mais les citoyens ont lue les gardiens d.s portes, et les oui fermées, do sorte que depuis hier ils sont sur le dôme, sans pain et sais munitions.

« Les carro>ses de la cour et la voitiiie du gouverneur font partie des barricades. « Le podesta Gasaù et l'archevêque, tenant chacun une bannière tricolore à la main, sou'ieuneni la force moi'ale des habitants. Je fus hiei' spectateur d'un combat entre cent dragons à cheval,, eugagûs sur

le pont de fer de Vercellina, contre un seul homme, qui, caché sous le poni, en a liié plus de dix, puis s'est relire, mtiiKiuam saus doute de muniiioiis. Je l'éi-ris la tcic louie brisée par le bruil du canon, et je sens mon cœirr se fendre à l'idée de tous ces pauvres malhenreiix qu'on éjçorge dans ia ville. Dans le faubourg, on blasphème conîre les Piémontais, qui tardent à apporter du secours. Je parle milanais du mieux que je puis, car ce serait une imprudence de me faire connaîire pouice que je suis. »

Ou écrit de Novarre, à la mên:e date :

« Les nouvelles de Milan font pitié; le peuple manque de munitions. Tonte bi-uie de reiard est fatale et peut amener l;i peiie des Milanais, et la ruine de leur ville. Aujourd'hui, à trois heurts, nous en avons eu des nouvelles. Les Suisses, après avoii- occupé Cùrne el Vaiese, marchent sur Milan.

« Nous venons d'envoyer à la malheureuse ville ciu(| cents livres de poudre; mais arrivcroutelles? Le canon de la citadelle ne cesse pas de retentir un instant. Par bonheui-, Ks Auirichiens n'ont pas de bombes. Les portes de (a ville sont gardées par eux. Les morts sont nombreux, et parmi les morts on compte beaucoup de femmes el d'enfants. »

A Brescia,ci ù Burgame, la révolution triomphe.

Novarre, six heures de l'après-midi :

« Des personnes dignes de foi, qui anivenl de la Douane de Magenta, connnneni la prise dcl^ômeei de V;irese, cl l'on ajoute qu'un cor|)S de cinq à six mille homme.'', levé dans ces deux pays, auxquels sont mêlés des volontaires Suisses, s'avance vers Milan avec six pièces de canon. Un escadron de cavalerie autrichienne, qui voulait rentrer par la porli; du Tesiu, fut accueillie par une telle pluie de projecùles lancés des lenèircs , qu'il fut forcé de battre en retraite, après avoir perdu bon nombre de chevaux et de cavaliers. Tous les pays qui se lèvent au bord du Tesiu font entendre le tocsin, sonnant à lonte volée. Des bandes de gnérlllus sont org.jnisées sui- toutes les roules, et déciment au passage tous les détachements d'.Auirichiens el de Croates qui se hasardeut dans la campagne. »

Quant aux Milanais, ils combattent comme des lions. Les comtes Borromeo, Casati et Giulio Lilta répandent, avec une gule prodigalité, leur sang el leur argeut.

Parts. — W. Caussidière est nommé préfet de police du département de la Seine.

Nousavons pai lé des ti'onbles qui avaient en lieu à Lille. Le dt'sordre continue. La luite est engagée entre les ouvriers el la garde naiionule. Dix ciioycns, appartenant à la milice civique, ont été dangereusement blessés.

Par arrêté du gouvernement provisoire, la ville de Bourbon- Vendée reprend le nom de Napoléon- Vendcie.

Le bal de Peiii-Bourg a éié magnifique. Une sociéié nombreuse s'y était donné rendez-vous. Les événemenis politiques n'ont nullement nui au plaisir qu'on se promenait en faisant une bonne action.

On firépare pour le 23 mars une fêle send)!able a l'Opéra.

Le général Subcrvic quitte le ministère de la guerre pour la chancellerie de la Légion d'honneur.

AL Arago est ch;irgé pai' intérim du portefeuille de la guerre. La jeune llépubli(iue est bien heureuse. AL François Arago commande sa flotte et sou armée, M Etienne Arago dirige les postes, et M. Emmanuel Arago organise l'ordre et le travail dans Lyon, celte seconde capitale du pays.

M. Charras, aucien élève de l'Ecole polytechnii|ue, cbel di; bataillon d'infanterie légère, et sous-secrétaire d'Etat à la guerre, est noiumc lieutenant colonel au 9'= de ligne.

On poursuit l'instruction commencée contre les anciens roinislies. Le maréchal Bugeaud a été entendu par un juge d'inslruction de la Dordogiie, en venu d'une commission rogatoire envoyée de Paris.

Les dons patiioiiques continuent à être adressés aux membres du gonvernenient piovisoire.

On vient de rendre le décret suivant, fur le rapport de /a cointni.ision du gouvernement pour les travailleur* :

« Toute exploitation de l'onviier par voie de marchandage sera i)imie d'une amende de 50 à 100 fr. pour la première fois; de 100 à 20U l'r. en cas de lécidive; et, s'il y avait double récidive, d'un empiisonnement qui pourrait aller de un à six mois. Le produit des amendes sera destiné ù secourir les invalides du travail. »

ETRAN&EJR.

Turin. — Nous le disions et nous le répelons, el Diru veuiric que nous soyons écaulé?, s^i noire gouvernement larde encore une heuie a entrer sur le lerriloire Icuiban), i! met <n péril la cause des autres pi ovinces d'Italie : si l'AiUrii he étouffe rinsiirrtciioii lombarde, une réacliou terriole se ff ra par le parti rétrograde, par le parii rxallé et même par le parti modéré, et de là, sur toute la surface de l'Italie.

Guerre à l'Auiriclie;

Ou gtuTic aux peuples.

Un voyaj;eur arrivé liior de Slradella, nous acporie les nouvelles suivantes :

• M. Gui est mon eu r ouibaiiaui comme un lion : la porte du Tcsin et la poudiicje sont aux mains du peuple. Une nouvelle sonie di s iroupes de la ciiadelle a cié vigoureusement rf poussée avec grand carnage d'Autrichiens. Lés jeunes gens sont parveirus à iransporier un canon sur la loui' de Si-Celse : le combat coniinne toujours plus acharné. Le plus fort de la lutte est toujours autour de la citadelle ; les troupes as;^iégé( s comnienccnl à manquer dt' vivres; elles ont lait une sortie dans la campagne, et ontfulevc d'nuepetite ferme, dite la Burella , deux vaches el quelques poulets.

« Si l'on pouvait affamer le château !... •

Une lettre particulière contient ks délaîli suivtmts :

• Il m'a été impossible de pénétrer à Slilan. J'ai essayé d'escalaJcr les murailles à l'aide d'une corde, mais les balles sifflaient autour de moi avec une telle rage, «jue j'ai été forcé de renoncei- à ce projet ; les troupes assiégées dans la citadelle oui envoyé un parleiueiiiairc au podesia C;isati ; mais le br:ive ciluyeu a répondu qu'il n'admettrait aucune onveilure, tant que les Autrichiens n'auraient pas quitté Âiilan , dût la ville ne pas conserver pitrre sur pierre. Les p;iys;Mis sonl aux portes, et demandent à grands cris à rentrer dans la ville ; le canon lonue sans relâche, et l.i luiie obstinée «t moriel'.e continue. Au reste, plus de six cents étudiants de l'Université royale se sonl enrôlés atijourd'hui comme volontaires. Voilà comment les Laliens saveiii joiiwlre l'idée à l'action, et l'hymne de la patrie au sacriûce de leur existence. »

Dernières nouvelles de Milan :

• Oii apprend que ce malin, à dix heures,

les Suisses sont entrés à Milan. Beaucoup de munitions ont été expédiées de Novarrej 500 hommes sonl partis de la brigade piémontaisc el sont entres eu Lunibardie par la frontière du Tesin.

• Le bi nit court ciu'un régiment do calerie, eu garnison à 'Vigerano, est entré de son propre mouvement sur le t'.'rrilcire lombard.

• Radeizki a arboré la bannière blanche.» Des lettres de Parme et de PLiisance annoncent ce matin, qu'une insurrection aurait écl:ilé hier dans ces deux vides. Onze Hongrois qui avaient déserté Plaisance, el qui uvaiuii vécu en demandant l'aumône loui le long de la route, étaient arrivés à Bonnaseo, el disaient que le régiment était prêt à déserter.

Un voyageur a rencontré soixante voilures pleines de Géu.jis armés, qui s'acheminent vers Pavie. A Alexandrie on avait, dans l'espace de deux heures, recueilli six mille Irancs pour les volontaires.

Ou écrit de Suadeila, à sept heures du soir :

• De tous côtés arrivent les nouvelles que Parme, Modène el Reggiu, semblent cire sur un volcan. Plaisance esi toute fréniissanlc; ici même, la population s'agite el s'in'palienie. Que le gouvernement fasse vile, autrement les populations se chargeront de f.iire. •

Nouvelles du soir:

« On dit que Parme et Plaisance sont aux mains du peuple. »

Géiic*. — Les nouvelles arrivées de Milan enllamment tous les esprilsj de nouvelles brigades déjeunes gens sont parties pour les frontières , l'ardeur n'i'st pas moindre ( hez les femmes que chez tes hommes, beaucoup de mères sont de venues des Spartiates. J'en ai vu une place du Dôme, qui, en remettant une carabine esp:ignol(î aux mains de son fik, lui disait : • Prends el « cours rejoindre ceux qui sonl pai lis hier « pour porter du secours aux Milanais :

• prends, tue le plus d'Auirichiens que lu

• pourras et reviens digue du nomiiénois.» Puis, lui donnant une bourse el un

baiser, elle s'éloigna sans verser une larme. Ce soir pai lira un bon nombre de volontaires ; une partie, a.ssnre-t-on, se portera sur Parme, mais nous muiiquons d'armes, ce qui excite le mécouUMuemenl de tout le monde. Ce n'est pourtani pas le moment de temporiser, bon Dieu ' figinez-vous que

dimanche on demanda nn (ambourpour la qtiinzif'me compagnie, savcz-vons ce que l'on nous répondit?

« 11 f;iiit en référer an minislre!... •

Pari». — M. de Lamariine a reçu aujourd'liiii du iniiiisire de Toscane l'assurance des disposiiioiis pacifiques de sou gouveruemeiii vis-à-vis de la Ilépubliqtie française.

Des députaiions belge, romauioie, des conip-!gnoiis du devoir cl de.s Qiiiiize-viiigis sesoui rendues à l'Hôtel de ville lémoigiier de leurs synipaihies pour la République.

\^" briiii a»aii couru que M. Roiliscliilil voulait quiiter Paris. Le riche banquier a été lui-nièfue déminiir (;e bruit auprès de AI. Caussidière. On lui a offert une garde pour son hôie) ; il a répondu :

« Loin de la deniamler, je vous prie de n'en rien faire; je désire siulenient qu'on sache qu'ayant confiaiice dans le gôuyerntnient, on doit avoir confiance cri moi. »

ÉTRkSGKR.

Nouvelle* de Milan. — F.uAn, nos pauvres frères de Loniburdie peuvent respLier; eufiu le maiiyre des quatre jours de la ciié héruïqiie et .'^aiiile a cessé. Dieu soit béai. Voici la ci»(;ie des proclaoïaiiiius arrivées par courrier extraordinaire à Turin,. par la route de A'igerano :

Italie libre.

Polli Pi^tTO, ouvrier milanais, a remis 3U comité des finances une valeur considérable en or et en argent, trouvée par Ini dans les bin-eaux de la défuiiie police.

Que son nom soit imprimé à l'honneur de litaiie.

nve Pie IX.

Le Conseil de guerre.

Cattanko, Ckrnuschi ,

Tebzaomi, Clkhic.i.

« Citoyens ,

« Nos avant-postes de l.i porte Tosa sont déjà dans les jardins de la Passion, oit nos tirailleurs commencent à balayer les bastions.

« Do côlé de la porte Vercellina, nos frères sotii parvenus victorieusement jusqu'aux Grâces ; quelques aqueducs, passant sous les bastions, ont été desséchés et vont lions miitre en comniunicaiion avec l'extértenr.

• Le bàiimentdu génie militaire a été pris

par les nôtres, à la baïonnetlo ; en Irais jours , des citoyens ont appris à se basire comme de vieux soldats.

• Hier, cinquante lijmmesd.'Melegnano ont surpris, dans une embuscade, un ba~ laillon de chasseurs, qui, croyant avoir affaire à un corps nombreux, prit précipitamment la fuile, ab-utdoutianl ses morts et ses blessés, »K ■;■*!)(: i-c-mÎ h ■.

« L'ennemi niantjoe de tivres ; des oUiciers ont éié vus des morceaux de pain noir à la main.

« Hier, Il ville était entourée- de nonibreuses bandes venues du tous côtés. Ad milieu de ceux qui accouraient ainsi, on dislioguait les nuit'unnes des tirailleurs suisses et piétBoniais, qui (jul préi édés leurs corps, occupés à franchir le terrain.

• L'ennemi deiMaud(; ou armistice ponrse remettre et se reiirer, mais il est trop lard, les routes postales sont coupées par des arbres abattus, et la retraite des Autrichiens est devenue presque itupossible.

« Courage ; maivhez de tous côtés ver» les bastions; tendez lu main à ci:us qui viennent audevanl de vous; celle nuit.

Milan sera eu grande parlie débloqué.

« Braves citoyens, soyez tranquilles, rEiiroi)e parlera de vous; li hoiiie de trcnie ans est eiacée; le trium;jhe de l'Italie est sèr. ' ' •

« / ive fftrrliel vine Pie IX.

« .Milan, 21 mars 1848.

• Catanho, TERZAcni, Crrni'Schi , Clkrigi. »

A deux heures de l'après-midi on reçoit de Milan les nouvelles suivantes :

• Je suis dep«>is hier à G' avellone. J'y ai trouvé un comité qui m'a tuljoint à lui. J'ai visité \\\vt miiiuiieusemeni les uiffén'iils ports, et entre autres celui du Pont, et c'est avec douleur q ïc je l'écris les détails suivants, mais il l'aul (jne lu sacites la vérité, dans l'iniérêl même ds la guerre sainie que nous faisons.

• Les forces voloniaires réunies à Gravellone et autour de Gravelloue, se composent de deux cents Génois environ, ceux-ci très -bien armés, et de cent cinquante Lombards et Lomellins, presque sans armes ; vois quelle énorme diffipence. Mais sache-le bien, ce petit nombre de Génois s'est échappé avec ses armes, et u (fnitié les rangs de la g"arde civique, a qui le gomer:ieu'.' a durement Tefiisé l-a permi»siou de partir. Dans la Lomelline et dans le

lia

Novarrais.pas un fusil n'a été donné. A Novane (m a cinq cenis fusils ; mais le gouverneur a répondu qu'ils étaient destinés à la garde civique, el à celte réponse, loul le monde s'csi tu.

'. Ce ii'«si pas le cœur qui manque, ce n'est pas l'argent non plus, on a même quelques munitions, mais il n'y a pas d'armes-, el comment laisser aller aux froniièros tout le peuple désarmé?

• Hier au soir, ccni hommes de la cavalerie royale el quatre vingts d'infanterie sont arrivés ici, un autre déiacliemeni s'esl arrêté à Caibonara, un autre à St-Marin; demain on attend une troupe assez considérable que l'on dit armée de canons.

« Hier au soir, tandis que quelques-uns des nôtres passaient en clianianieien poussant dt s acclamations sur le pont, portant la bannière de la Savoie, el se tenant endeçà de nos limilt s, deux gardes des finances auiricliicnnes firenl feu sur nous, el traversèrent, pour nous charger, la ligne qui marque nos fronlières; mais à peine avaienl-ils touché notre lerrimire, qu'ils furent pris el restèrent aux mains des carabiniers; à l'inslant même, un procès-verbal, connaiant celle violation de territoire, fut dressé en présence du général Bnretli el de l'iutendanl de la Lomilline, le procès-verbal coiisialail la violation du territoire, dont l'Autrii he venait de se rendre coupable dans la personne de ses agents. Dieu veuille que celte imprudence triomphe du légalisme de notre gouvernemeni, qui prend des arrêtés tandis que Milan expire.

« Kl Pavie qui ne se remue point! A qui pousse en avant louïe la canipagne milanaise, elle ré|iond : « Donnez-moi des ar- " mes. • L'unique espérance de tout le monde esl dans l'attiiudequoprenJra notre gouvernement.

« Je l'envoie un cri de détresse qui nous csl parvenu celte nuit. Milan le jette à l'Italie, à l'aide d'un ballon enlevé par dessus ses murailles:

• A toutes les villes et à toutes les com-

• munes du royaume Loinbardo-Véuitien ; - Milan, victorieuse depuis deux jours,

« n'est demeurée pas moins entourée d'une

• masse de soldais, vaincus mais encore

• formidable.

• Nous vous jetons du haut de nosmu-

• railles ce cri , pour appeler immédiale-

• ment aux armes toutes les villes et toutes

• les cités. Que partout la garde civique « fasse comme nous avons fait à Milun, et « s'organise en compagnies de cinquante « hommes, qui éliraient chacune un com- > mamlanl, le(|uel les guidera partout où " besoin cera.

• Secours et victoire l Fioe V Italie!

" Five Pie IX! •

« Enfin quelques meilleures nouvelles nous artivoni de Pavie, qui s'échaulTe et paraît vouloir marcher en aide à la ville. \\ parait certain, en onlre, qu'un grave mouvement se serait opéré à Manioue ; ce qui donne quelque consistance à ce bruit, serait, à ce quou as>ure. Tares aiion de l'estafette qui, envoyée par Radelzki, el se dirigeant vers Pavie, portail l'oidie aux troupes autrichiennes de marcher sur Manioue.

" Parme esl libre, son duc l'a abandonnée. La ville est régie par un gouvernement provisoire. »

Ou écrit de Stuilgard, le 10 mars :

« L'insurrection des paysans continue à Lechlenfels, Schney el dans quelques autres localités; ils fe sont levés en masse; ils ont démoli le château dti comte de Brockdoif, à Schney. On vient d'envoyer des ironpes à Lechtenfels. Les nouvelles 1( s plus récentes annonceni que l'insnrrection des paysans se propage aussi dans le Wuricmbeig, Bade el llesse-Durmstadt.

« Une lettre particulière du Tyro! va plus loin, et dit que la République est proclamée dans tout le Haut-Rhin du grandduché de Bade, (jue les patriotes niarchent atniés sur Carlsrnhc, el que partout ils sont accueillis par le plus vif enthousiasme. »

On éci il de Wilgenslein, le 15 mars, à la Gazette de Cologne^

" Le 9 mars, des groupes nombreux ont parcoui u les rues de la ville de Laasphe, en ciiaiit: « Bourgeois, à nous! » et eu sifllaut. Biciiiôt ils se mirent <à démolir les maisons de plusieurs employés de la seigneurie de Wilgenslein, qui étaient odieux au peuple. Le lendemain, des bandes de paysans cnlrèrent dans la ville, poursuivirent le chef de radminislratiou ties forêts, sans pouvoir l'arrêter, et se rendirent ensuite au château de Wilgenslein, où ils contraignirent le prince à leur accorder des droits très-éteiidus dans les forêts. Un 01 a leur populaire a vaiueiuent essayé de

calmer le» cspiiis. Nous ne savons pas ce qui arrivera. •

Le roi de Ilnnovre, le représeniani le plus etiK^ié de rabsolutisme allemand, a loul cédé. Il a accordé d'un seul coup, contraint p.ir la ferme ailiiude de soa penple :

La liberic de la presse;

Une aniuisiie générale pour les délits pelitiques ;

L'! droit d'association.

Dans ions les pays allemands, les détenus politiques ont clé mis en liberté.

Le bruit s'éiant répandu que Lola-Monlèi était de leloiir àAIunich, des troubles très-graves, et dont le dénuûnient n'eist pas encore connu, y ont éclaté. Le bi uii était faux.

On écrit des frontières de la Gallicie, qu'une insnneiiion générale est iuiminente dans la Pologne autricliiennc.

Berlin. — Nous avons des nouvelles de Berlin jusqu'au 18 à dix heures du soir.

Le 18 à dix heures du soir, le roi était encore à Berlin ; il y fait concessions sur concessions. La luite eonlinue et gran'lit, ce qui lait croire avec raison que le principe royal absolutiste finira par succomber. Les journaux de Berlin niaiiqueni, la seule Gazelle de Cologne est arrivée; elle contient les nouvelles suivantes :

• Hier, le roi avait publié un manifeste qui avait lempli tonle la population de joie. Il y eut un nioinenl d'abandon et d'enthousiasme. Le roi avait paiu au balcon et avait été reçu avec des applaudi^iscments frénétiquiS; on apprenait en même temps que la partie rétrograde du cabinet, MM. de Thile, Eiclihorn, Saviguy et Slollberg se leiraicul et étaient remplacés par les chefs de l'opposition, ALM. de Vincke , conile Schweriu, Caniphauseu et Auerswaid.

• Bref, (OUI sen:blait fini, comme à Paris le l'o féviicr au soir, quand un hasard, un malentendu, un malheur semblable a celui de l'hoiel des Capucines, a loul remis en question. Une charge de dragons, nullement motivée, a provoque une nouvelle rcsisiance. Au même instani, un incendie coiibi'lérable a éclaté.

• A neuf heures et demie du soir, l'ordre a été donné aux iiiilitaires d'évacuer la ville. La lamiwehr (garde nationale) a été appelée pour les remplacer.

Procîinnulion du roi. — ChangemenI complet de miiiUlère.

Nous avons reçu les journaux de Berlin d'avant-hifr soir.

La Inlte a cessé. Grâce à l'atlachemenl tradiiiounel des Prussiens pour la famille de leurs souverains, Frédéric-Guillaume a conservé son irùne. Mais jaaiais prince n'avait été plus menacé.

Nous avons raconté les événements du 18. On sait qu'à la suite d'une aiiaque imprévue de la iroupe, le combat avait recommencé avec une nouvelle ardeur.

La nuit du 18 au 19 fut terrible. Le tocsin sonna; les étudiants s'ariuèrenl et conduisirent la multitude.

Toute la bourgeoisie, tous les habitants se préeipiièreni dans la lutte. Bientôt, toutes les rues sont dépavées; des barricades giganiesqut's s'élèvent, au haut desquelles flotte le drapeau allemand ronge, noir et or.

La iroupe est partout tenue en échec ; du haut des maisons pleuvent sur elles des tuiles et des pierres. Des feux bien nourris lépondent à ses feux de peloton. Les arquebusiers de la garde passent du côté du penple.

Le combat dura ainsi jusqu'au 19, à dis heures du matin. S'il s'était prolongé, si FiédéricGuillaume s'était obstiné dans la Inite, c'en était fait de fon règne.

Mais il cède, il ordonne aux troupes d'évacuer la ville; il publie une pioilamalion suppliante; lui- même paraît au balcon du château et harangue la multitude, il annonce que tout le minisièie est changé, qu'il va faire tendre immédiatement les prisonniers.

Une révolution subite s'accosiplit dans l'esprit de la foule. Encore palpitante des émotions du coinbal, elle s'arrête, et enlonne un ch:!nt religieux. Le monarque est sauvé.

A deux heures a paru une attiche, sur laquelle on lisait :

■ Dès hier malin, j'ai accepté la démission de tous mes anciens ministres, et chargé le comte d'Arnim de la formation d'un nouveau ministèie.

« Frédéuig-Guili.aume. »

Le roi a autorisé rarmcmeni de toute la population, et s'est conlié à la garJe des citoyens.

Le nombre des moris est considérable.

Fienne. — La révolniion aulricliiennen cause, dans loiile l'AllemasiiR, une surprise telle qu'on n'a voulu ci oii e à la réalité des cvénen;ci)is qu'après avoir lu les oi'doniiaiicesde l'cnipi reurdaiis les journaux oITiciels. Une joie profondi; a succédé à 1 > surprise. Les Allcmauds craignaient , pins qu'ils n'osaioiil l'avouer , que l'Auiru lie et la Prusse ne réussissent à dominer le congrès de Dresde, et à tourner coiiir(! la liberté la révision projetée du pacte fédéral.

L'archiduc Liienue est parti, ainsi que nous l'avons dit, eu toute liàie pour la Hongrie, où il espère, par de promptes concessions, empêi lier une déclaration d'indépendance. L'archiduc Louis-G illauuie s'est enfui avec M. de Meiieriiiclr. L'archiduc Aibcri , qui était général en chef de l'armée, a donné sa démission et quiiic précipilanmimt Vienne. C'(si lui qui a ordonné de faire feu sur le peuple saiis sonimaiiou. De la famillie impéi'iale, le vieil archiduc Charles et renij)eieur sont les seuls dont le peuple ne se dcfie pas absoment.

« L'empereur vient d'ordonner qu'une garde nationale serait organisi'e pour protéger les personnes et les propiiciés dans la capitale. — Une autre ordonnance abo'it la censure, et ainioiice la prochaiii<; publication d'une loi sur la presse. — Enfin, une troisième ordonnance convoque, pour le 3 juillet prochain au plus tard, les (ilaisde la monarchie pour d(^llbérer avec S. M. sur des questions législatives et administratives. »

Le peuple a exigé que les troupes sortissi ntdela ville. La g.irde nationale comptera bientôt si.ixante-dix milli; Iiumn^es armés. A la tête du peuple de Vienne, ou remarquait biancnj) de Hongrois en costume national; ils criai ni : Les Aulrichieiiisimldii hrncesgons! P'ii'e la liberté! et pus de JliissfS !

Il y avaitdansVicnnedix-huit mille soldais qui, expulsés de leurs casernes , sunl obligés de bivouaquer, nialgié la saison encore rigoureuse.

L'opinion la plus générale est que la Hongrie, la Louibaidie, la Bohême, formeront des Ltiiis distincts, ayant chacun son aduiiuistraiion et sou armée particulières. L'emperi'ur poriiTail ainsi quaire couronnes distinctes, fardeau bien lourd pour une seule têie. Il est, du reste, à remarquer qu'on ne parte pas du sort futur

de la Gallicie, tant il semble naturel, lors- (|u(; les nulionali es se relèvent, que la l'olngiK,' recohsiruis •, la sienne.

Pe.'eifhiiurç). — Le 8 mars 18/|8, il y avait bal à Saim-réteisbourg, au palais d'hiver; un olHcu r s'ap[)ii>che du c/ar et lui remet une dipèihe, on remarqua' que Nicolas se in'uble et pàiit eu laiisam ; bieiilôt , icprenani un calme qu'il s'ajipli.pie à, rendre nnijcstin'ux, le czur s'avance au luilicu ilelasa'h'Ja uiusiquese tait, les danses sont suspen<lues : « Mes ieurs , dit-il en élevant la voix, la république est priclamée à Paris, Louis-Pliilippe cs' eu fiote, les TiiiferiL-s sont en fl mum-s, il fan; vous prepaier à mouler bieulôt à cheval. • Et le bal se teimiiifi pour faire /[)lace y des conversations d:ins le-<iuellcs par les projets de coiwpiêie attribués à la France, on justifie! le> projets de cou(|uèli; rêvés par la Russie. Tous les rois, celui de Piémunl exie|)lé , oui aussi faussemeut appr<'cié les conséquences de la révolution du 24 lévrier. Us ont supposé, d'ahonl parce que cela était dans l'intérêt de leur (l(S(>otisme, ensuite p;irce que les esprits qui uiai-client dansla r^aiiine imagiueiii toujours cpie le passé est le miroii- exact du présent, ils ont s ipposé la France iuipatientede ri ssaisir parla force ses frontiôies lies Alpes, du Rhin, et de promener Iriompliaieinent son drapeau à travers les capitales de l'Europe. (Séries, moins (jue jamais la France renouce à voir se réaliser l'oracle porté par Mirabeau : • La révolution française fera le tour du monde. » Mais la France a snlTisairimeiri payé sa dette de sang à la libellé de i'Etir'ope, et désoiinais, sans leur nfuseï- au besoin un appui fiaternel, elle laisse aux jieiiples la làche de reveiidiquei- leui's propres droits.

D'après la Patrie, p iisieurs httres d'Allemagne aunonceiaieirt la mort de l'eiupeleur de Russie. Les journaux ue font aucune mention de cette nouvelle.

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