‹ Le MoisChapitre 14 sur 75 · HAR · texte numérisé non relu

HAR

Piiria. — Ce soir, il y a eu grande fête au b "Utevaid du Temple : l'exemple donné le 20 mars, par la population du Gros- Ciillou, a successivement été suivi par tous les quartiers de Paris. Chaque place, chaque cai'iefour, chaipie coin de rue a voulu avoir son ai bre de la liberté, et le Théâtre-Historique a réclamé sou droit, que personne ne lui a contesté.

Eli e(ï( t, le Tliéàlre-Hisloriqiie avait eu sa bairioade liiifraiic; elle diiait de la première soirée où fiil joué le Clieculier de Muhoii-roiige, ei où se fil i iitendre pour la preuiière fois ce ibaiil des Girondins, dfviiusi populaire ilepiiis.

li en résulta que la piaiiiuiittii de son arbre fui, pour le Tliiâire-Hisloiique, une sûlonuilé.

La f.içade fui éclairée à giorno, comme on ilil en Italie. M. Varnc y, l'aiiieur de la musique des Girundins, se plaça, avec tout son orcheslre, au balcini, et iiiin.édiaicnitni après la sortie de Monte-Cristo, le concei ( commençai.

La foule s'amassa devant le ih'âtrc; puis, roiunie à cci endroit le boidt vard est dallé d'asplialie et présente uiie surface aii^si uiiie qu'un païqiiel, elle comprit bieniôl qu'elle pouvait se faire du boulevard une \as;e salle de bal.

La foule d(muiula donc une contrcdausc.

L'orclu'stre s'empressa d'obéir.

Aussitôt le bal s'or<;aiiisa. avec l'arbre delà libi'iii- pour cenire, lu voùte cioilée du ciel pour dùuie, la populatiou des maisons voisines pour spectaieurs.

Le eilé Moale-Crislo cl le café du Tlnàin -Historique poriaitni les raliaîctiissemeuis,

Le bal dura jusqu'à quatre heures du malin.

I^itileaux vient d'éire le (liéàire d'une niaiiifesliition assez giave. Le iii, le bruit se répaiidii dans la ville <|u'uu commissaire général du gouverneinenl était arrivé, avec des pouvoirs e\iraord:naires qui plaçaient .M. (Chevalier, conimis>aire île >a Gironde, sons >>a dépi ndau( c imniédiaie. Celii- non -elle pioduisit un \il' mérouieiitenienl, el un grand iiondire de négociant» se poricreut vers la preftclure, pour protester contre celle nomination. L'enio Jou devint bientôt plus vive, les abords de la prcleciurc lurent encombres par une foule CwOipaitie, dont l'aiii ude devint presque menaçanie. -M. Qievaiier parui au balcon, ei prononça qui:)(|ucs paroles (|ui fnrenl accuiiilic s par les cris de : f^ice Chevalier l à hus te jiroco/iful!

Le commissaire g»''néial, noiivcllemenl arrive, M. Louis Lalrade, voulut à son tour prendre la parole; mais la foule ne voi'lul pas t'eniendie, cl il fut forcé de se n tirer.

L'annonce du départ de M. Lanlrade calma la foule, (jui se retira en silence.

Le b.ilrau à vafieur le So/on a paru hii r sur la rade du Havre. Ce bà!in;enl, qui portail AI M. de Joiuvilleet d'An inale, après avoir liuiiié Alger, a louché à Cadix d à Lisbonne, el s'est rendu à Darinoulh (Aa- ({Icleirr), où il a débarqué ses passagers. C'est de là (lu'il est revenu au Havre.

ÉTKANGLR.

Les Auirkliiens ont le dessons ; mais la vicioire n'est que couiinencce. Si les secours de la camiiagne et di Pif'nionl u'arrivenl pas en louie liàie aux Milanais, la victoire peut-être faiale auxvainqueiu'S. La jeunesse ligiiro-piémoniaise Iréniiide rage et se désespère à la fninlière; désespoir inutile, elle n'a poiul d'armes, rarloul il y a confusion, douleur, colère, el cependaul! cependanl avec l'aide de Dieu la cause de l'Italie irionipliera, à la liunle des indifférents et des oppresseurs.

P.irn.e est aux mains du peuple; on a établi une régence provisoire, composée d'hommes libéraux, tresl un nouveau molif à notre gouvernement d'inieivenir, le (ici lui ouvie la voie, le doigt de Dieu dirige les «^nemenis en Italie; le blùme universel de l'E irope planera f^ur le gouvernenienl >arde; protéger les villes italieunes, afta qu'elles ne i'('clamcui pas un secours étranger, voilà son droit, voilà son devoir; la paix inainteiiant esi impossible, la neutralilé armée iniiiile et ruiaeusc. Guerre donc! guerre! guerre!

Correspondance de Milan :

• Hier je l'ai envevé un couriier, mais il aura été arrêté aux fronlieres. Milan se bal toujours d'une façon héroï ;|ue : toutes les 1 avenus sont pi'ises, beaucoup d'Autrichiens tués ou Uiiist>risonniers. Les Autrichiens en sout rédu'is au château et auK remparts : le gouvenieiueii: provisoire a organisé dix mille gardes iiaiiou^iux. Aujourd'hui et hier nous avons reçu des secoui-s de tons les pays envirounanis et niëuie de Urescia el de Bergame. Ce sont des jeunes gens courageux, mais presque sans armes el sans muiiiiions. Celte nuit, Vimercati, avec quelques centaines d'hommes, a teiilé un assaut, d'accord avec quelques-uns de ceux qui sont dans le château ; mais ceux sur lesquels on croyait pouvoir com^pier n'ont pas répondu, ou ne sait pourquoi. Ce matin, avec ciini cents

lioiiiinrs environ, on attaqua ]fs murailles vers la purie Veicellinc, où Viraercaii devait leiiici- une escalade.

• Les échelles clait'iil déjà appliquées à la muraille. Il monta et derrière lui tous ces vaillant^, parmi lesipiels Ccrnuselii, moi et un frère de Bcrgame, tenant son crucifix à la main. Mais l'ennemi était trop nombreux, nous fûmes obligés de faire retralje en conibailanl ; quatre des nôtres ont éié lues, mais nous ;iv(iiis de notre côté tué huit ennemis. Monza a désarmé; sa garnison, et d'ici aux frontières de Suisse, tous les autres pays en ont fait autant ; en somme, tout va bien si les Piémonlais se décident ; dans le cas contraire, nous sommes iitTiiiis ei eux aussi.

• Un lils du vice-roi a été gravement blessé à Milan : un autre, assure-i-on, a été tué à B.'rg;>me. »

On écrit de Vigevano :

« D'ici nous entendons encore le biuit du canon, si.;ne certain que si les Milanais attaquent avec courage; ils trouvent cIkz les Auiricliiens une résistance désespérée. Dieu protège les liérus milanais! et Dieu les proié'gera, car il est avec nous. Hier, avec i'assistauce de notre évè{iu(' , des prières publiques ont été faites dans l:i cathédrale. On a clianté le Mhererp, quitnd donc chanlera-t-on le Te Deum'!

• Je vous envoie copie d'inie dé|j^clie que nous avons envoyée aux pauvres Milanais pour les encourager. Nous l'avons fait ti ailnii e aus>i en Allemand, afin qu'elle produise l'effet contraire si elle tombe aux mains des Autrichiens.

« Fières de la Lonibardie, Dieu récompensera voti-e héroïsme; c'est avec admiration et respect que nous nous disons vos frères.

« Dix mille soldats sont à Casteggio avec six pièces d'ai tilleiie. A Voghiera sont six autres mille hommes; à Gravellone toute la garde civique de Gênes ; le régiment de cavalerie qui stationnait à Vigerano, a été transféré à Garlasco, au-dessus de Pavie. Les autres troupes, enfin, qui portent l'armée piémentaise, a plus de trente mille hommes, ayant quarante-cinq pièces de canon, marchent de Turin sur Navarre, ayant à leur lèie le fils du roi. Les volontaires sont a|)pelés aux armes. Le souUîvement est général dans loirs les villages lombards et nous ne pensons qu'à voi.s el à votre délivrance.

« Dieu le veut, f l avec l'aide de Dieu riialie se suffira. »

Deux heures de l'après-midi.

Eu ce moment le conseil des ministres est rassemblé. Puisse sortir de cette conférence la décision (lue nous attendons tous avec anxiété et qui décidera de la honte ou de l'honneur de noire pays.

Quatre heures.

La décision du conseil est telle qu'on la pouvait attendre et va porter la joie dans le cœur de tous les Italiens.

• Fii^e Charles- Albert ! vivent ses viinish'es! vire l'armée ilaliennel

Anx armes \ aut. armes', aux armes!...

Nonrelle officielle! Pavie est évacue'e.' On écrit de Plaisance :

• Décidément nous allons être délivres de tous nos petits lyruns.

• A huii heures du matin, la révolution a éclaté à Paime, et, après trois heures de combat, le peuple est sorii victorieux, avec perle scidemeni de sept citoyens tués et de (|uelqucs blessés. L'ennemi a perdu un colonel hongrois, pas mal d'cflîciers et beaucoup de Soldats italiens lues ou blessés. La bannière trico'orc floite parioul. Les postes, depuis le premier jusqu'au dernier, sont occupés par la garde civique. Le trésor est surveillé, et le duc prisonnier danb son palais; il a offert, un peu tard, une coustiiuiiou; aussi, une régence a-t-ellc été organisée à l'insiant même.

• Elle se compose du comie San-Vitali, de l'avocai Muestri, de l'avocat Givia, du professeur Pellegrini, du comie Cantelli.

• Ce sont tous hommes populaires et capables; aussi, vous pouvez penser avec quel enthousiasme on a reçu cette nouvelle à Plaisance. •

Ou dit que le fort de Pizzighitioiie s'est rendu à la population, qui marche sur Milan.

Kien de certain sur Modène.

• Chailes-Albcri, par la grâce de Dieu, roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem ;

• Peuples de la Lombardie et de Venise. « Les destins de l'Italie sont miirs; des

jours plus heureux vont luire pour les intrépides défenseurs de nos droits foulés aux pieds.

• Par amour de race, par l'iuielligeuce des temps, par la communaulé des vœux, nous nous associons les preniiers à celle

unanime admiration que vous doit l'Iialie.

• Pt uplcs de lu Louibaidit; el de Venise, nos amies, qui se concenliaîenl sur vos froniièies (jnand vous aniicijiiez sur la liberiédc l'Iialie, en délivrant Milan la Glorieiite, vienneni aujoiiid'liui vous apporier le secours que le frère attend du fière, l'ami de l'ami.

• Nous .seconderons vos justes désirs en nous conliaui à l'aide de Dieu, de Dieu qui maiclie si visiblemeui avec nous, de ce Dieu qui a donné Pie IX à l'Iialie, de ce

, Dieu dont la merveilleuse bonié peimel que rialic fasse tout par elle-uiênie.

« El pour mieux prouver encore par des sigiKfs vi!>ib!( s combien Csi puissani dans noire cœur le sentiment de l'union iialienne, nous vouloui que nos troupes, eu entrant sur le teiriloire de la Lombardie el de Venise, porieni l'écu de Savoie superposé a la bannière iiicolore ilalicune. « Turin, -23 mars I8/18.

• CUAKLES-Al.Bl'RT. • LA GUEnRE-SAINTIÎ.

• La guerre! la guerre ! Voilà la terrible divinité que nous appt lions an secours de l'Iialie. JS'ous exciliuus noire gouvernenu ni à (a guerre; nous l'y excitions avec des

. paroles sévères, mais franches, paice que les temps le voulaient ainsi, parce qu'ainsi '^. le voulaient les évéïrcmeuis. Les faibles, ,iles méchants , les aveugles se levaient . contre nous, nous apije!;iiii provocaieurs eianari'hiïtes, et nous répondions, criant : La gu( ne ! la guerre! et puis la guerre! et laissant aux faits le soin de justiûer notre opinion. IVous nous nioiitiions peu soucieux des traités, parce que l'Iialie légale était l'Iialie auiiii hienne, el l'Italie naturelle, l'Italie géograjdiique, l'Italie de Dieu, étaii l'Italie illégale, mais la vraie, la seule, l'unique, .aujourd'hui, la guerre-sainte tsl déclarée. Notre Italie e.sl celle de (Ihiirles- Albeit, celle tous les bons ciioyens qui habit'iu de Suze à Spartivenio. Milan, l'héroique .Milan a secoué la première le joug autrichien, et est entrée lu première, l'épée au poing, dans l'ère nouvelle qui se lève pour nous. Charles-Albert, à la tète d'une valeureuse armée, et accouipagiié de ses deux fils, aura bientôt franchi la frontière, pour tendre la main à nos frères le> Lombards. Depuis loiigienips, ce valeiiieux roi voulait se donner, lui el sa famille, à la cause iialieniie ; il voyait, dans la domina-

tion autrichienne, la mort de l'Italie, ei l'avilisseuient de sa propre royauté ; mais il atlcnduii que les temps fussent mûrs, que les jours lussent arrivés : il attendait que les violences do l'Auiiiihe fussent à leur comble, ipie la rage d'un gouvernemoni enivré excitât contre lui les peuples ses sujets, et que la sainte insurrection lombarde donnât le signal de l'inlerveniion. Le signal est donné, la Lombardie est victorieuse; les bannières tricolores du roi italien pousseront devant elles les barbares hors de l'Italie; et nous, qui, depuis si longtemps, pleurions sur les malheurs de nos frères lombaids, nous les embrasserons avec fierté, ceux là qui ont su payer la liberté de leur sani;! avec eux, nous irons au-devant de tous ks périls ! aveir eux, nous partagerons tous les sacrifices! et l'Italie, divisée, déchirée, insultée depuis si longtemps, redeviendra enfin une, forte et terrible ! «

Pendant que Turin se réjouit. Milan lutte encore.

Voici les nouvelles du 22 :

« Le combat continue avec une effrojable ardeur. Toutes les rues qui ont pu Otie barricadées le sont ; dans les autres, des cnfanis, défendus par des bandes de ( itoyens armés, ont planté entre les pavés des clous à trois pointes, confectionnés exprès, el très-aigus, pour arrêter les charges de cavalerie. Dans les parties de la ville où les Aiilrichieiis manœuvraien! par niasses, on a transporté des pompes de plouib qui ont fait pleuvoir sur eux une pluie dévorante d'huile de vitriol; les femmes jelaienl par les fenêtres de l'huile et de l'eau bouillantes, les meiibles, les lits, les secrétaires; eu même temps, par toutes les ouvertures qui pouvaient donner passage à un fusil, les hommes faisaient feu ; et beaucoup de femmes furent vues, armées de pistolets el de fusils, coinbaitaiit avec un coiirag*! égal à celui de leurs frères <i de leurs maris. Les pli irinaciens ne faisaient autre chose que de fabriquer, jour et nuil, de la poudre et du coton fulininaiits ; les serruriers el les armuriers, des balles; les charpentiers et les maçons, des barricades. A la porte de Vercelles, le peuple, en avançant loujours de plus eu plus, est arrivé à détourner l'eau qui allait désaltcler uu bastion. Le château commence a manquer de provisions de guerre, et même de vivres, Le peup'c triomphe sur tous les

poiiKs ; sur Ions les poiiU''. vicillanis. fouîmes , jpiiiios gpns, fonibaiifnt avec I énergie du désespoir. »

L'inviniion des coiiib.iilants éiaii merveilleusemeiil nxcilée. Cliaciin se créaii di s moyens de mori; quelques-ntis sYiaieni Aibiifiiié des espèces de gi(!ii;ules avec de^ boiUeilles à bière eiivelop()Ces; ces Ijouteilles se cliargeni de poudre, se lèrnuni, el quand les Iroupcs passeul,on y nul le feu et ou les jelie dans lai ue, où elles éclulenl en faisaui des ravages terribles.

Pjrnii ceux qui sont lombes au tnilic'i de la lulle, Milan pleurera longtemps Auguste Aufoni, chargé du déparienieul de la guerre. Cet excelleul ciioyen est tond)c en héiop, à la porte de la easerne du génie.

Uu ciloycii, uoniuié rraiiecseo Giaui, a lail, avec irois cents liommes, mettre bas ips armes à un corps de huit cents Ault'iehiens.

Les ennemis, dans les joui'uées milanaises, ont eu mille honnnes lues ci douze cents hommes faits prisonniers.

Deux cents Milauais ont perdu la vie.

Ou lit dans la Concorde, journal de Turin :

" Nous invitons nos compairioles à illuminer ce soir, en signe de joie, les façades de leurs maisons. Eu elTei , aux longues luttes passées, aux tri>tes joui's évanoui^, succède la ceriiiude du bonheur auquel aspiia,de idut lentps, noire lialie. Ils ont enfin arraché de leur poitrine le vauioniautrichien qui les *iivor:iil ; elle ei^t enfin renversée, l'idole aux pieds d'argile, ei ait non -seulement à la joie des Lombards, mais à la joie de touie l'Iialie. Touies nos villes reieiitissenl d'hymnes n;iii!iuali s, et les Lombards peuvent eiiieiidie soilir des puissantes poi'.riues picinoniaises ce chant cher à tous les cœurs :

• L'aig!e d'Auiriche a donc perdu ses plumes. »

Les chanis des grands poètes sont tou jours des prophéties.

La veille du jour où éclata la révoluiion à Milau, ou trouva ces six vers, écrils au charbon, sur la maison de Radi tzki :

A Mai'Piigo, ccl.ilo in un pollain ; Ad Ulaia, il primo Int gli croi ru^gi.-ischi ; , , A Milaiio, un birlinnle, un m.u-ellaio ; A Ftrrar.i, polilico Ira c linsclii ; P.innogalo Polacco Ir.T i Tcdcsclii, Eccovi, amiei, il gênerai l'.adcUki.

Voici la traduction :

A Marengo, cache dans un poulailler;

Alllm, le premier parmi les liéroïquisfnyards ;

A Milan, un fripon et un l)OUclier ;

A Ferrare, diplnmate siHIti j

Pulonais renégat parmi le.« .Vutricliiens,

Frères ; vuila le geueral UadeUki.

Piiiitte. — La censure des journaux et ouvrages périodiques, publiés dans le grand-duché île Luxembourg, est abolie.

La presse est libre désormais.

Bnvière. — On a reçu aujourd'hui, de Munich, par dépèihe léh'grapliique, la nouvelle de l'abdicaiiou du roi de Bavière.

l^aris. — La popu'ation parisienne a été mise en éuiui aujounrhui dans deux quartiers diff.'rents Ou parlait d'une atiaque dirigée contre les bni'eaiix d i jouinal la Piexfe, rue iVlonimai-ire, et on r^ installait le li(fut( liant généial Petit aux invalides.

L'aitiique projetée, dii-on, coiitie les rédaetfurs de lu Prexue, n'a point eu lieu. La leiiii ée du général Petit aux Invalides a été lin triiirii|ihe pour le vieux guerrier que iVapiléoii embrassa à Fontainebleau devant loiiie laigarde impériale.

Trompés pir quelques soldats mutins, des ouvriers avaient prèle secours à une espèce de rébellion coiilre le gi'uéral Petit, "u'on avait conduit à l'éial-major de la gai de naiionale, el dont on demandait la (hfsiitulion. Aiijoni'dhiii , honteux de la secne d'hier, les ouvriers du Ch;inip-de- .Mars ont accueilli le collège du générai avec ife iion-ibreiix vivais.

M. Loi kroy, placé à la tête du Théàire- Français, avait odèit de donner graïuiiemeiii, et à des époqiies rapprochées, des rcpiéM'nlaiions natiuiiales.

Sa proposition a clé accepiée avec empiessenieiit.

Ciiiains commissaires expédiés du ministère de riiiterieur par M. Ltdni-Rollin, exéciiieni à la lettre la consigire donnée par leur chef.

Dans ledéparicmcni de Maine et-Loire, le eiiiiyen commissaire, G. Boidillon, tians|;orie de sou auiorité privée le»siége de i'ai rondissenieul de Beaupréau à Ghollei. Céiaii puremeiii et siniplenienl la ruine de la |,reniière ville, satis profit niè.i.e pour la si-eouile. M. Ledrii-Rullia est ob igé d'envoyer toujours, à raison de ^0 Irancs par jour, un autre déiégué pour

héparor la maladresse oiUrccuidanle du ciii^yeii G. riurdilloi).

JDaiis ledéparieineiit du Rliàiie, M. F,mmaiiKf.l Aragi), le fils du iiiiiii>tie aux di-iix dép:iriri!ieiiis de la guerre el di- la iiiaiine, fait ain liera la Mii'e du drcrel de l'iniprtl des liô cciiliiius un anèié qui frappe les Lyonnais d'u'i, impôl éi^al an mouiani de quatre < onirihuiions, ei annonce que louesortie d'oi' on d'ari;(;ntdi'passaiit 5110 francs sera aiicii e el l'excédciil de la somme Sooniis à confiscation.

Abd-, 1 Kader a écrit une lettre au <;onveriK-nuni piixisoiie. LVx-éinir réclame l'exécnti' n de la prunicsse faite par le géiiéial Laniurlcière. Le duc d'Aiinia'e u'isi pas iiomnié .dans cette lettre qui se lerniiiic iiiu>i :

• Ji- crains que quelques-uns de vous ne puissent pensrr tju'eu retournant aux clmsrs de ce monde et eu re^euini en Algérie j'y ferais rtiiaîirc dc> tronb'i'S. C'e.-t une clio>c ii:i|Kissil)le el qui ne pourra jamai-, 3'rivi r : w'ayiz aucun douie sur nioi à cet éj;a:d, l'as plus cpie vous u't'u anrii / en pareille circonsiauce de la pai l d"«:i homme qui est mort ; car je nie place au nombre des mnrts. Mou si ni désir est de ree rendre à la Mecipie et Alédiiie p4>nr y élu lit rel adorer Dieu jusqu'à mon dcruier jour. Salul. •

ÉTRANGER

On lit dans la Putria :

« Au moment où nous mettons sous presse, on nous assure (|u'uii grau I mouvement a éclaté à Gènes, cl que (elle \ille s'est ilétachée de la S.irdaigne avec le pro- ' jet de contribuer a londer limité iialienne avec une forme lépublicaiue de gonverneineiit. »

t Lomhardie. — La nouvelle d'une insurrection à Milan est pleinenieui confirnice.

Le 18, à une heure et demie, des rassemblement nondireux se sont foi mes. Le peuple, qui >ei»aii d'appren tre les nouvelles d ■ Vienne, t'esi présenté en masse a l'bôiel du gouverDement, pour demander : l'ubolilion de la police, la liberté de la presse, la garde iiatiotcale, une régence provisoire, un parlement iia<ional.

Il accordait, a ces condiiions, la ncnlralitéel les vivres aux troupes étrangères.

La police a voulu réprimer ce mouvemeui.

Le podcsîa Casaii s'est mis à la lêle t'u peuple, et l'on a commencé à dépaver les riK's.

Un combat très-vif, el qui a été trèssaujilaiii, a été livré par la po|>nluiion aux Ironpes antricbienncs.

Le vice-roi, archiduc Rrynicr, a pris la f'iiie i mais il a éié saisi par le peuple à Biiscia.

Lis autorités auir'<'hienncs ont rapilnlc afin d'obieiiir pour unii)uc condiiioii l:i libre retraite de toiiies les troupes auiricliienues hors du terriloire lombardo- vénitien.

Le drapeau ti icolore a élé arboré dans toutes les villes de l'Iialie scpieniriotiale.

Eiaig Itomain*. — La coiMiiniion a

été pr.iclaiiK'e à Konie. Le peuple l'a ac-

ctiei lie avec joi •, sans se dissimuler qu'elle

pouvait èii-e largement améliorée,

V"ici les bases de ceire consiitntmn :

Un Collège de cardinaux élec'ours du

souverain poniife, el un sénat inséparable de ce conseil.

Deux chambres hgislaiives , l'une, dite haut conseil, rlont hs membres sont nommés à vie par le pape; l'antri', composée Je depuii's élus par la nation , sur le pied d'un repré-eiii;iiil |)ai 3O,0UO àiiics.

Les élecienis sont pii-» parmi certaine» capacités déliiiies, et parmi p'usieiirs catégories de censitaires. ( La possession d'un capiial de SOO scu'li on le payement d'un impôt de lt> scndi par an à l'Eiai, suffit pour assiiier la iranehise éleciorale.) On est clecli-ur à vingi-cinq ans. l'oiir être éligible, il faut avoir trente ans, posséder nu capital de 3.0UU sciidi, ou payer 100 scudi d'impoi par au.

lndépend:iiice du pouvoir Judiciaire.

Point de cours prévôlales. Garde naiionaic.

Liberté indivi luelle garan<ic. .\buliliou de la censure eu matière de presse.

L'iniiiaiivede la proposiiion des projets de li:i appartient .suit aux ministres, soil aux dépinés, | oiivn rpie la proposition soil ap(iuyée par dix membres.

Le droit de péiiiiun est leconnu Les ji'snites doivent s'éloigner de Rome. Us tini ét(' expulsés de Gènes el de Giaelz eu Shiie. Le loi de Naples a dû les bannir de SIS Liais. Ils oui éié iransporlésà Malle, après avoir juré qn'ils n'emponaient rien qui ti'appaniiH à leur maison.

I Deux-biciU». — La frayeur que montre

Ferdinand depuis la proclaiiiaiion de la ropiibliqdoeii France, laiiiipliciié, la criiauié dont il a l'ail preuve dans It's affaires de Palcnise et de Messine, ei dans une cb[ièce decouire-rcvo'.ulion qu'il a icniécà Naples par les lazznroni, peuple digne d'un tel roi, oni inspiré des deux eôtés du Phare une si violcnle iiiitaiion contre ce prince, qu'on lui a sijïnifié qu'il eût à abdi(|ueren faveur de son fils. A la daie (I< s dernières lellres de Napl( s , cet acte nViail pas encore accompli, maison icnail pour certain (ju'il le serait, la Sicile ayant l'ormellemcnl déclaré qu'elle ne voulait plus entendre pailer de c'oC homme , ei les Napolitains ne voulant pas garder un roi que répudient lionleasenient leurs frères de Sicile. Si la république pDrlliénopéenue, proclamée par le général Ciiampionuci, ressuscitait dans ce conflit, serait-il permis de s'en éiouucr? Quanta la Sicile, elle a nettement diMjliné la médiation de lord Minto par ces quatre monosyllables, contre lesquels la royauté est désormais exposée partout à se briser : ir. est

TROP TAHD.

Dans le mouvcmcnl rétrograde tenté par les lazzaroni, la i^arde nationale a fait bravenicni sou devoir : elle a eu trois blessés. Les laz/.aioui, qui avaient pris pour prétexte d'empêcher le pillage du couvent du M(mt-Cainiel, auquel personne no p( usait, ont en liiiil morts et quinze blessés. Ou a arrêté soixante-cinq d'entre eux. Le niouveuient libéral est tellement irrésistible , qiTaleroiet sesminisires, malgré tout leur mauvais vouloir, ont dû s'empresser de sauciionner par un décret l'expulsion des jésuites, exécutée par l'auioiMié populair'e.

Bavière. — Ou écrit de Munich, le 19 mars :

« La plus grande fermentation règne ici: le bruit court que le parti ultramoulain veut forcer le roi à abdiquer et à nommer le prince royal co-régent. Cette nouvelle paraît vraie; car, avant ti.idi, une dépu'aiion de bourgeois s'est rendue chez le minisirede l'iisiérieur, pour le préveuir et lui donner l'assurance que les bourgeois de la ville étaient étrangers à ces machiiialious et piêts à d<'fendre le roi. Ou voulait aujourd'hui tenir une assembiée du peuple à l'Hoiel de ville ; mais le magistral l'a sagement lait fermer, en sorte que personne n'a pu entier. »

Irlande. — Le meeting tenu à Dublin 1 ar les ouvriers ei les membres de la jeune

Friande, et dont nous avons rendu con»pie hier, a donné liru à des poui'snites judiciaires contre les principaux chefs de celle assemblée, parmi lesquels figurent M.

O'Brien et un autre membre du pirlemenl. Ces messieurs sont accusés d'avoir provoqué le peuple à la rébellion.

Paris. — Une imposante cérémonie a eu lieu aujourd'hui sur la place de l'Hôtel de ville. On plantait un arbre de la liberté, a l'endroit où périrent les (luaire S('rgenls Riioulx, Pomiuier, Guubin et Borie>, connus SOUS le nom des Serge/ils de ta Rochelle. j\l. le curé de Saint-Gervaisa prononcé nue allocuiiou touchante, à laquelle a répondu m. Bûchez, adjoint au maire de Paris.

Le Comptoir national d'escompte vient, dès son début, d'être victime d'un vol.

Une dipêche lélégraphique , adressée dans les départements par le minisire de l'iiitérioui', prescrit d'arrêter le nommé Nicolas Leguay, âgé de dix-huit à vingt ans, qui a disparu important 58,000 francs au Comptoir national d'escompte.

On répand le bruit que l'on veut renvoyer de France tous les ouvriers étrangers. Ce serait un acte bien coupable. La •{(■publique s'est annoncée comme venant inaugurer une ère de paix et de fraieinité sur la terre. Au-delà de nos frontières, les peuples l'ont saluée avec des cris de joie.

Comment veut-on que les peuples, qui iious avaient d'abord tendu une main fraierutl!e,couservei)i ces sentiments de bienveillance envcis notre f>ays, quand ils apprcndiont qne des bamles parcourent les ateliers, à Paiis et ailleurs, pour expulser en masse les ouvriers étrangers , qu'ils soient anglais, allemands, belges ou sardes? Comment veut-on que les gouvernements ne prennent pas ombrage, s'il est vrai que l'on ail mis eu réquisition le chemin de fer du Nord trois jours de suite pour transporter des Belges allant proclamer la république dans leur p:iys, et que l'on autorise des Allemands à se former en légions, à s'armer pour une expédition du même genre?

La République est tenue, conmie la monarchie, d'observer les règles qui président au droit des gens. Si l'Espagne ou la Belgique tolcrail sur son territoire des rassembleuieuisqui auraient pour but p;ileut

la reslauraiion de Louis - Pliilii>pe ou d Henri V, la goiiveriienicnl piovisoiie cOHsidéniail assiiréinenl colle loléranco ciininii; im acte dluslililé à peine déguisé. Neiiuiiiions pas le même prclexlc aux gouveriienieiiis éi rangers.

Dans la nuit du 21 , le général Thierry, ex-aide-de camp du duc de Monipensier, a traversé Bnyonne, dans une voilure à cjualre clicvaux, se remlant à Sainl-Sébaslirn, ei de là au Passage, où il auendra M. Il madame de Aiouipeusier.

ÉrHA>'GEK.

Le roi Oscar de Suède s'est n»is à la lêie du pani qui veui réformer la cousliiuiion lou'e féodale du royaume.

Jluyatime Loinhurdo-f'éntlien. — Les Lombards oni pensé qu'il sérail peu digne d'eux irjiiendri' au 3 jiiillrt l'acconjplissemenldes promesses de Ferdinand; ils ont furuiulé sur-le-champ leurs demandes en ces termes :

• 1° L'abolition de la police administrative et .<a reiiiise euirc les mains du conseil municipal ;

• 2" La libei té de la presse ;

• 3" L'établissement d'une garde civique qui ne recevra des ordres que de la ninnicipalité ;

• h" L'abolition de la peine de mort et la mise en liberté immédiate des détenus politiques ;

• 5° Un gouvernement provisoire;

• C Une représentaiion nationale ;

• 7* La neutralité des troupes auirichiennes. •

Ces demandes n'ayant pas été imniédiaicmcni accoidées, la luiic a commencé le 18 et durait encore le 19 à Milan. £n voici le récit donné par la Coiicordia de Turin, d'après un témoin oculaire :

« Dans la matinée du 18, la foule commença à se réunir sur les places publiques. Elle éiaii simplement armée de bâtons.

• Toute la multitude se poite au palais du gouvernement. Le corps de garde est surpris, envahi, emporté. Quelques soldais et irjis bourgeois sont tués. Le palais du gouvernement est envahi ; on arbore le drapeau tiicolorc aux couleurs iialiennes. Le ciirps municipal et rarchcvôque harangaent le peuple victorieux.

• On dépave ensuite et on barricade les rues. Du palais Ou gouvernement, le peuple se poite nu palais de la police, qui est égalenieni empurië sans résistance.

• Les troupes ne se montraient pas encore; elles paraissaient avoir abandonné l'intérieur de la ville à l'insurreeiion, et se borner à garder les portes pour empêcher les habilauis de la campagne de venir au secours des Milanais.

" Ce n'est que (dus lard, vers la nuil, que le combat s'esi vériiablenient engagé. Le canon a tonné pendant toute la nuit du 18 au 19, et dans toute la maiinée du 19.

• Des barricades sont construites dans toutes les mes. Les habiiants sont maîtres de l'iniérieur de la ville. Le drapeau iialieu flotte sur tous les édifices, mais les portes sont toujours au pouvoir de la garnison.

• Le bruit se confirme qu'une partie des soldais a passé du côté du peuple.

• Tel était l'éiat des choses a la date des dernières nouvelles. •

Nous lisons dans une lellre de Turin :

• Les Milanais auraient probablement succouibé, si ime pailie des troupes ne s'éiait rangée Aa leui- côté. Les g.-enadiers hongrois , les chasseurs tyroliens et les grenadiers lombards ont combattu les régiments fidèles aux oidres de Radeizki, puis se sont retirés eu Piéuioni ; ils serviront d'avant-garde à l'armée sarde qui s'avance.

• Le bruit se conflrme que le vice-roi a été pris à Brescia, et que le peuple le garde en ôiage. •

Des frontières de la Pologne. — Il faut s'aiiendre à une insurreciion générale dans la Pologne an<ieiinement ou nouvellement annexée ;i la Russie. Coue insurreciion a beaucoup plus qu'on ne le suppose généralement de chances de succès. La nouvelle de la révolution de Paris a produit une telle impreision à Saini-Pélersbourg ([ue le j'iurual ofïïoiel a été quatre jours sans paiaitre. A Varsovie, la nécessité de prévenir une explosion a paru telle que voici coinmcnl, le 10 mars, un journal e.\posaii les événements qui ont si miraculeusement éclaté en Fiance :

« S. M. Louis-Philippe est gravement indisposée. Par le conseil de ses médecins, le roi a résolu de s'abstenir pendant quelque temps des affaires du gouvernement, et d aller preudie les bains de mer à Biighlon. Au Uepii l du i oi il y a eu une émeute insig'iiliaiiie qui a été comprimée et qui a eu pour résult.ii lu reiraiie de M. Girizot. Pendant soir absence le roi a corrfié ladireclijn des alTaircs à M. le comte Mole. •

Les Polonais du gr.md duché de Poscii ont luncé leur nianif.s-ie.

Une dépiiiation, à la tèie do laquelle se trouve révoque de Pizyln^ki, est panie :poiir Berlin avec la mission de demander au loi la séparation du gi aiid-dn<lié.

Espurine. — Cadix. — Le Solvn, vapeur de guene fiaiieiis, ponant le prince de Joinville et le duc iTAumale, est eiilré eu rade de Cadix le 7 de ce mois.

Les princes sont (ies<;euilu>à lerre avec leurs épouses, et pour mieux garder l'incogniio, ils avaient conserve kur tenue de bord.

Un de nos con\pairioles eut l'occasion de parler au prince de Joinville à Cadix, et il fut vraiment louché de la manière noble et calme dont le prince puiaissaii acci pteisa nouvelle position. Il ne sortit de sa bouille que des vœux cliab-nieusemenl expiiines pour l'avenir de la Republique, «l il ajouta :

" La perle de ma fortune me louche

• peu ; et au train dont sembieni aller les

• choses, dans vingt ans, il n'y aui a, peut- « être aucun piince en Europe. Il n'est

• |)our moi qu'un litre plus précieux à lui

• seul que tous les aunes : c'est celui de « Français, et rieu au monde ne saurait « me l'ôier.

• La seule chose qui m'atirisie en ce <■ mouK-ni, c'est d'ignorer où se trouvent

• mon père et ma bonne mère; mais j'ai

• tout lieu d'espérer que leurs personnes « n'auront Jamais couru le moindre dau- <■ ger. »

Paris. — Toutes les mesures sont prises pour armer les gardes iialronales de la Ilépub'ique. 1,600,000 fusils sont mis à la disposiiiou du ministre de liiiiéiieur. On pouira donner aussi un nombre pioportionnelde canons à laJégion d'ariilltrie parisienne et aux diff renies villes.

Chaque jour, Paris voit s'élever sur ses places, sur ses boulevards, de nouveaux arbres de la liberté. Aujourd'hui, les citoyens du quartier de la barrière du Trône, en iiyant dressé un, l'abbé llugonet e^tvenu présider à la cérémonie. Nous avons retenu la dernière partie de son discoui s, accueilli avec les cris les plus enthousiastes de : Five la lie'piihliquel

• Ministre d'un Dieu de paix, a dit M. l'abbé Hngunet, Dieu nous défend de verser le sang ennemi; mais s! (ce qiià Dieu

neplaise!)la paliie en danger redemandait eneore et vos bras et votre, sang, si>y z >ûrs que vous nous trouveriez atipi es île vous pour attirer sur vos armes les béuédieiious du Dieu des armées ; nous serons là pour panservos blessures, cmisoler vos dertders niomenis en vous montrant les couronnes que le ciel vous l'é^erve; nous vêtons là pour répi'ter à votre oreille ce refrain qui parlait de vos âmes il n'y a qu'un instant :

Moivir pour fa patrie.

C'est le sort le pUu beau, le plug cligne d'envie. •) if -.f.î

• Oui, c'est le sort le plus beau, parce que mourir pour la pairie, c'est muiiiir pour son devoir, et niourir pour son devoir, c'est uioiuir coiniiie le CIim.-'I expîfant pour sauver ses fièies... Vive la liberté ! •

Nous ne saurions enregistrer tous les a( tes de loyauté, louies les preuves de générosité fournies chaque jour par le peuple de Pi^iis et lies di'pariements. Voici un de ces mille exemples si beaux à suivre.

Hier, un brave eiioyen, noiimié B rnard, ttiilleurà Monttouge, rue de Chû iUon, 4, est venu offiirau guuvern: nient provisoire le fusil du romie de Paris, qui avait été Irouvé aux Tuileries. Le travail en est irèsdélicat et de fort bon goût. L(; fusil est ea argent massif. On en avait offert 2,000 francs an citoyen Bernard. Il a préféré ledi-poser à l'Hôtel de vile comme un souvenir de la vi'.-toire du peuple. Le gonvernement provisoire a vu avec un vif plaisir cet acte de probité et de désinti'ressenienl.

Des troubles avtiieni éclaté à Reims à cause de la suppr^Siioa des ateliers nationaux. L'ordre a été rétabli.

Un des neveux de l'empereur. Napoléon Bonaparte, fils de Ji'rôme Bonaparte, vient d'adresser aux ciloyeiiS de la Cor-e une ciicid;iiredai!s laquelle il déclare qu'il considère cotnnie un devoir pour lui de demander à la Corse riionnenr d'être un de ses leprésentaiits. Celte ciiculaire se termine ainsi :

« En aimant la République, et eu me dévouant il elle, j'obéis à Napoléon, qui, sur le rocher de Sainte.- Hélène, où la haine des rois l'avait attaché, piédit qn'flwa/// <?/«qiiatito année* l'Eiirupe snrait réfiiltliciiineou coxaii ne. Gtin'c à Dieu ''i an peuple français , c'est la Réptib.ique qui ti iomplie ! »

ETUA^IGER.

H fit-fin. — Nous connaissons (rr>p le c;iracK'i'*', les hiibiitrles dn penpli» allemand ponr- avoir «rn à ïa proc!a:t!aiion de la répnblique à B-rliii. Le peuple prassieii est 1^ niaîiie, c'est vrai, mais il n'a vonin, après sa vicioire, que la consccialion de jcs droiis.

On a rendn anjonrd'hiii les honneurs funèbres anx vjciimesdes 18 et 19 mais.

Le cor|èt;e, qiri cooipiail pins de vingt iDÎMs personnes, se cotrposaH des éiujfent:., de la garde nationale, des aiclicis de B'i'lin et des villes environnanlrs, de Uiiues IfS ciprpoiaiioiis portant cli:i(-nre

' drapean voilé d'nn crr-pe, des Polonais risrdant à Berlin et des familles d' s victimes. Tiius les assi-iants poriaint un crêpe au bras et an ( hapeau, et lis dames éiaienl en deuil. .Après la ce ébration d'un service soli-nnel , le coriége s'e>l remis en mâche et a traversé nue pariie de 1 1 ville pour s»- rendre an einieiièi'e de Fricdrii li-hiit, où les morts devaient être inhumés.

Lorsque le convoi est arrive devront le chàiian, la porte vitrée du ba'con s''St ouïerie, et le roi a parn, cnlom-é île s'S miniirres. M. de Patuw, direcieui- an nii- Dislè''e di'S tlnances, placé à rôle du roi, tenait le drapeau aux trois couleurs, noir, ronge et or. A droite et à gauihe, un aidi;de-camp et iM. Xornentaim , le nonvenn ministre de la justice, avaient déployé des drapeaux Hoirs.

Au moment où les cercueils ont passé, le roi s'est découverl ei est resté dans l'altiiiide d'nn ri-spectneux recueillement.

Des <hanls funèbres répondant à la douleur Commune ont accompagné les moi-ts jusqu'à leur dernière demi-ure. On évalue à denx cent niillt! personnes le nombre des spi'ct;i leurs de celle douloureuse cérémonie Au cimciièie de Fncdricli^bnt, la fosse conmuin*! a été creusée par les combattants; elle forme mi carré dans leipiel 1 s cercueih sont placés sur un doidjie rang, et contient on espace libre sur lei|Ui 1 on ë'èvera un moiiiiment. Un antel avait clé .;é ."-ur la lianteiii- de Friedriclishnt, pour I udre aux morts les derniers honneurs religieux.

Autriche. — Vienne jouit dn plus grand calme, les troupes vont reprendre lesposics da château.

A Pesih, en Hongrie, on a proclaïuc le» droits suivants:

« La presse libre;

• Un ministère responsable siégeant à Pesili ou à Dude;

• Une dieie annuelle; « Iv.:aiiié drvaiit la loi;

• Garde nation de;

• Que les nobles payent l'impôt comme les bourgeois et les paysans;

• R pri'seniation du peuple;

• Une banque naiionnie;

" Les soldais hongrois en Hongrie; le renvoi des soldats étrangers. •

Biipshe. — Le roi Louis a abdiqué en faveur de son fils Maxiniiiicu. — Voici les deux p'oclamatioiis adressées aux Bavarois par les d -MX princes :

• Une nouvelle direction a commencé, qui s'éloigne du pacte fondanieuial, conforniémenl auquel j'ai gouverné 2;! a^îs.

• Je dépose la couroni-e en faveur de mon bieu-aimé fils iAlaximilien , prince l'oyal.

• J'ai gouverné d'après la consiiiufion. Ml vie éiaii vonée au bien de mon peuple. J li admiiiisiré hs biens et les funds de l'Eiat aH<M consciencieusement que si j'avais été fonctionnaire d'une république.

Je puis regarder îoul le monde en Hice: que c ux (|ui m'ont été aiiachi's reçoivent iHCS piofmdi s actions de glaces.

« Descendu du trône, mon cœur bat encore piiiîS.Mumeiit pour la Bavière, pour rAlleniagne.

• Munich, 20 mars.

• Louis. •

« Mon bien-aimé père et roi a daigné nie céder la couronne. Profondément sai.sj je Sens tout le poids des obligations qui .•n'incombent.

« J'arrive an trône à une époque dont les exi>;ence& agitent profundémenl la pairie et l'éiranger. Je nie fie à la toute puis>ante proieciioii de Dieu, et à lua ferme et bonne volonté pour comprendre ces exigences et les siiisfaire. Je veux la vérité en tout, le droit et la liberté légitimes dansl'Eglise et dans l'Etal,

« Je compte sur la fiJélilé de tous les B.ivaruis, sur leur anu)ur envers la patrie, éprouve pendant des siècles.

« Bavarois, asbi-iez-nioi dans mon ferme dessein de vous élever ù la hauteur à laquelle vous êtes appelés comme peuples

- vu —

libres, afin que vous devenifz un état respcclé dans rAIIeniagiie unie.

« Muiiitii, 20 mars.

<( Maximilien. »

Le 21 mars, Maxiniilicn II a juré la consiiiiiiion.

L'armée ei la ajarde naiiouale onl prêté scrnieni entre ses mains.

Le 22, le roi a présidé à l'ouverture des chambres.

Mnnidi est tranquille.

On apprend que le landgrave de Hessellombourg vient d'abiliquer en laveur du grand-duc de Hesse-Darnistadt. \

Pari*. — Les élections générales des représentants sont encore ajournées ; im nouveau décret vient de les fixer an dimanche 23 avril. L'Assemblée se réunira le h mai. Pourquoi le h mai? à cause, sans doute, des états-généraux de 1789. Nous ferons donc toujours de l'imitation , ou plniôt du plagiat.

Une dépuiation de Polonais s'est présentée au gouvernement provisoire. M. de Lamaiiine a répondu an discours prononcé par AL Godebski, orateur de la dépntaiion.

Un incident •• été remarqué dans celle entrevue des Polonais et des membres du gouveriremenl pi'ovisoire.

Emporté pai' son patriotisme, un jeune Polonais laissa échapper quelques paroles un peu vives. Après avoir entendu M. de Lanraiiine, il s'approcha du ministre pour lui demander pardon.

« Oublions tous deux vos paroles, répondit Lamartine. Ne parlons pins de ce mol, le patriotisme porte sa justification avec lui ; je ne m'en souviens plus, et la Fiance ne se souvient que de son amour pour la Pologne. •

La dépuiation se retii-e iuix cris de : f'ive lu Jiépuhliqtie ! Une vive émotion règne sur la place de l'Hôtel de ville, et la colonne se remet en marche aux acclamations du peuple.

La justice poursuit avec aciivilé les enqiièies dirigées contre les auteurs du pillage de la maison de M. Rothschild, à Suresnes. Le dégalest estimé à un million. PInsieiiis individus mal famés ont été livi'és à 1\I. Landiin, comnii^ïaii'e du gouvernemeni , par la garde nationale et les ouvriers du pays.

ÉTHANGER.

Belgique. — Noits avons annoncé la création, à Paris, d'une légion belge, dont le but était d'aller pi'oclamcr la Répub'ique dans le royaume de Léopold. Celle tentative a été sans résultat. Voici le cotnplerendn de celte expédition avortée :

■ Hier matin, à six heures, un convoi spécial, ponant environ neuf cents individus, venant de Paris, est arrivé à Quiévrain. L'autorité belge avait été avertie. Une colonne mobile de troupe de ligne occupait la station ; beaucoup d'habitants armés de fusils de chasse s'étaient spontanéineiil joints à la troupe. Lorsque le convoi est arrivé en vue des s(ddais, une centaine d'individus, parmi lesquels on suppose qiieselrouvaient les principaux chefs, se sonl précipités hors des voilures en marche, et se sonl dispersés.

« Le convoi a été eniouré par les troupes. Les individus qui n'avaient pas de tiapiers onl été conduits, sous escorte, à Mons, et remis à la disposition du parquet. Quairevirigt-dix Fr-ançais environ ont été reirvoyés eu France par les voitures qui les avaient amenés.

• On a trouvé dans les wagons des cartouches, des pistolets, des pioclamaiions, cl un drapeau sur lequel était éci il : Appel aux Belges.

• Quatre individus, porteurs d'armes, ont éié arrèiés cl mis à la disposition du procureur du roi.

« Les autres onl éié dirigés, sous escorte, dans leurs communes respectives.

• D'après les nouvelles d'hier soir, un second convoi de huit cents inilividus, commandés par' le sieur Fosses, était arrive à Valenciennes.

• C( s hommes, apprenant que la station de Quiévraio était gardée parles troupes, se sonl arrêtés. Ils disaient qu'ils aitendraient un nouveau convoi pour enirer en Belgique.

• Des rapports parvenus à la station de Quiévrain assui'ent qu'une grande démoralisaiidn règne parmi eux, <t qu'ils se plaignent d'avoir été trompés par ceux qui les ont conduits. •

Itulic. — Milan est libre. Une leilre de NovaiTC nous apporte les détails suivants: « Frèr'es italiens,

«Notre sainte cause a iriomphé : le Dieu des ar'uiées a béni notre enln prise. Milan est enfin délivre de ses oppresseurs, et

— lâs —

(rois mille d'eiilre eux sonl resiés aux mains des braves Milanais. L'époe même de Kadeuki esl en Uiir pouvoir. La canoiiiiaile couue la ville durait depuis qualre heures du malin, lorsque, à l'improvisie, les .\uiricliicns ont fait une sortie à travers nos courageux tirailleurs, qui faisaieul un massacre horrible des Allemands.

• Les dragons, qui nous firent tant de mal, sont nos prisonniers.

• Nous avons trouvé des muniiions de guerre de tout genre dans le chàieau, ei, de p'us, la corre^pondance de Radetzki, qui nous apprend des choses iuiportanies pour noire cause.

• L'ennemi s'nifuit sans ordre, et les volomaiies et les tirailleurs piémonlais les poursuivent. Ces braves ont fait des prodiges de valeur et continuent à eu faire. •

Diivetnarck. — Les villes de Kel, Schleswig, Alloua, se S(uit déclarées iudépendauies et ont établi un gouvernemcnl provisoire.

Cette nouvelle ariivée à Copeniiague a donné lieu à une ninnifesiatioii populaire, pour deniauilcr au roi de s'opposer à la sépa'aiinii des duchés de Schleswig et de Holsieiu.

Uuc assemblée d'un grand nombre de citoyens a eu lie'u, et elle a adopié, après une courte discussion , un manifeste qui a été piï^eiHé au roi :

« Accorder aux duchés réunis de .Sehleswig et de Holstein, dit ce inanifeste, nue coiisiiiulion particulièie, c'esi renoncer au droit que la couronne de Daiicmarck a au pays de Schleswig. Une (elle renoneiaiion, le roi n'a pas le droit de la faire, et le peuple dauois ne pourra jamais permettre que S. M. la Tisse.

« Le peuple danois promet au roi de donner à S. AL toute a'^sisiunce, afin qu'elle puisse remplir le plus sacré de ses devoirs de roi, savoir, ce'ui de pioléger li- maintien du souveraia royaume dano-sleswicois. »

Angleterre.— Une démonstration charliste a eu lieu à Notiiiighnin, sur la place du marché. M. iM Uonall a faii un loi g discours sur les chances de la démocratie. • Le peuple anglais, a-l-il dit, doit élrelibre comme le peuple f-auçais, comme le peuple prussien , comme les Autrichiens , comme les Italiens. Le 10 avril prochain, sera présentée nue pétition émanée de luut 11- peuple anglais, deniiindanl que lu chariu

devienne la loi du pays. Ce sera là noire dernière péiilion : si e'ie est rejetée (et elle le sera), on adoptera d'autres mesures que des pétillons. Ou nous uienae.o d'un grand d'^ploiement de forces mililaires; mais nous ne devons pas craindre les soldats. Lessiildais s ml nos frères, el ils ont les mêmes iniérèis que nous. •

Louis Philippe va, dii-on, quilicr Claremont,qui esl au roi des Belges. Il .nchè- Irraii îa propriété de M. Siandish. fils de celui qui avait donné ses lableaux ù l'exroi. Celte propriété (sl estimée plusieurs millions de francs.

28 MAHS.

Par il. — Nous avons enregis'ré bien souvent des dons pairiotiqiies, des remises de loyers aux locaiaiies : une poi lion de la populaiion, égarée sans douie par de perfides conseils , a voulu imposer à tous les proprii'taires celle remise des termes échus. Depuis quelques jours des menaces onl été proféréjs dans différents quai tiers de Paris, coiilre les propriétaires qui ii'iniiieraieut pas l'exemple donné par beaucoup de ciloyens. Chaque si.ir',aux cris des mots : des lampion!!! des /ampion'.' des mas.ses d'enfants el de fi mmes troublaient la lraui]uilliié. Le préfet de police, M.Caussidière, aiiqui I on doii déj» une vive reconnaissance pour la fermeté de sou adminisiratien, vient de prendre des mesures pour dissiper ces attroupements.

Le ministre de l'intérieur publie aujourd'hui les documents uéces.saires pour les éleclions de la garde nationale.

Une députaiion ires-nombreu.se de l'associaiion iiaiionule italieiiiie s'est prés'*nlée à l'Hôtel de ville. Joseph Mazzini, président de l'association, a lu une adresse à la(|uelle a répondu M. de L.imariine.

iM. Arago vcui, à ce qu'il parait, ne pas regarder comme une sinécure son minisicrede la marine. Jus(|u'a préseni, la fiolie n'avaii r( çii de celui qui préside a ses destinées qu'une seule oidoiiuance : c'était celle qui < hangeait le titre d'e'fére de /a marine en l'appellaiion plus ré/iuhliciii/ie d'uspiraiii ; anj lurd liui on vient de créer tiiie eoiiiMiissiou pour aniiliorer, sous le double rajipori matériel et moral, le sort des mousses de l;I lîépublique.

Par suile de.s dernières nouvelles d'Italie on va former un corps de 32,000 Iioinmes sur la froulicie.

KTRANCFR.

•Jiiifiii'fie. — L'ernp' reiir accordo iino amirisiii; cornplcre à tous les conrt:iiiinés poIiiiqn''sv o( irO'animciil :"i cé\ix de la Guliictp; d(i Cracoviè et de la Lombarilie.

Tous lesdi'ipdtis poliiiiines âbrortiiiiimé' dfFftff mont mis pu liberté.

Les républicains aPeinands Viennent de préparer un manifeste adressé au premier pailcmeni qui sera liommé par le peuple.

La dépnlalion polonaise du sfrand-dnehé de Posf n a été reçue par le roi do Prusse, qui a répondu en ces termes :

« Coulormémenl à vos désirs, je prêterai volontiers la main à une réoiganisution rlii Grand Duché de Pofen. Je donne mon assentiuienlà la fiirniation d'une comuiissiou prisedausles ilcux naiionalilt's, qui ne foiiclionnçi'fl utilement cfue si 1 ordic légal el les auioriiés exisianies sont maintenues provisoiiement.

« Berlin, 2i mars. »

Une dénionMraiion importante a en lieu dimanche à Cologne. A l'arrivée du prince Adam Czarloryski, le peuple s'est rendu à son hôtel poiu' le saluer. Le docli'ur d'Ester prit la parole pour dire que l'heure de la résuireetion de la Pologne avait sonné; le réveil de la liberté albi>iande en donne le si^rial ( t la garantie. L'orateur cria : Five la Pologne! et remit au prince la cocarde tricolore d'.AMeniague, afin que celui-ci la portât à côté de la cocirde polonaise.

Le prince Czariorjj-lii, vivement ému, répondit en français, promettant que tous ses efforts seruieul dirigés vers rétablissement d'une Pologne Jcw ocra tique.

Eupagttc. — La reine d Espagne a suspendu les séances des eonès.

Portiigiil. — Il est faux qu'une révolte contre le gouvetnenicui actuel de Portugal ait éclaté à Porto ; tout le pays jouissait de la pins grande tranquillité. 11 paraît que le gouverneniint portugais, d'accord avec le comiedeThomar, chef du parti cliariisîe, a repoussé toute idée de moyens coërcitifs.

Les événements qui oui eu lieu en France ont produit une immense impression dans tous les esprits.

29 M Ans.

Depuis plusieurs jours une agitation sourde régnait dans Paris. — Les esprits seniblaicnt surexcités, et l'on attribuait ce méconieuteniem à l'iiiiluciice exercée par

les art'cles publiés dàrts làfrésse, par l\Lde Giiardin, i ; ? ,

j Ge soir, irofs du quafe cents personnes

• ont a<;pii'gé las bnreaox de la réda^iion de I fn J^-eng/', criant : /i' f/aii In Presse l ■M. deGiranlin leura fait ouvrir h-s portes

et les a fait engagera choisir dans leur sein

• un certain nombre de délégués, pour qu'ils 1 vinssent s'< xfdi'Hier avec lui sur le motif de ; cette mauifeï^laticui. La proposition a été

aiissîidt acceptée. A peine éiaient-ils sortis des buieaux de la rédaction de la /Ve-we, qu'une noinbrcii'^e (b'pn'aiion d.- la Sudèté centrale re/iiihlipainevucnny^il, prévenue que la liberté de la piesse était gravement menacée dans la personne de M. de Girardin.

La liberté de la presse pouvait pérird.ans celte pri'niièr-e épiTuve ; elle en est sortie triomphante; Ions les vrais répuWicaiiis, sans disiinciioii d^ ceux de la veille el do lendemain, s'en féliciteront.

La pro\iiice a aussi ses agiiations.

Dnxordres fie Rouen.

Depuis l'éiahlissemeut «les ateliers comnumaiix, h s ouvrics ont élevé, sur leur champ de lrav;ii', une efpèi;e de iiibane, qu'ils ont ornée de nomlireux drapeaux, et où les plus îtvancés d'enti-e eux prononcent des harangues.

Depuis plusieurs jours, ce rassemblement, qui se sépare le soir pour se retrouver le matin très- exactement à son poste, s'est présenté au n)agasiu de M. Atliia^, an bas.de la rue Grand-Pont, el s'est fait donner des lubans aux trois couleurs, dont tous se sont parés.

L'auiorité, ioformée de la manift station qui se préparait, envoya sur la brnyère M. Avi il, coma'issairc; de police, 3L Aviil, ' ayant essayé des paroles d'ordre, fut nialheuieiiseiiK'oi assailli par rpielques membres dur assemblenieiit, qui se portèrent sur sa personne i\ des voies de fait; un garde municipal fut nrallraité avec vitdenee, ses vêlemenisfureiit n)iscnlambi'aux,fpielquespersonnes encore furent victimes de cette exasp('!ation, e< l'on nou< eu a cité une qui avait la figuie toute déchirée.

Le comndssaire iiud(''parteinent, instruit de ce qui se passait, s'est n'iidu sur les lieux, escorté de hussards; il est moulé à la tribune el a exhorte le rasseniblemcnlà rentrer dans le calme el à s'absieuir de toute démoiisiraiion en ville.

Peu après sou dépari, un long cortège

est desrendu, s'est pronirni' sur lesboiilevanls, l'uis s'csi fi actionne par bandes noinbieiisps.

Une (le «s baiidf s, en nombr»? considorablp, sVsl préi:ipiié(; vers llicèire, potii' délivrer les piisonniois picvcnus de l'incendie dn pont (lu duniin de 1er cl ceux qui, le jour nême avaioni éié cond:inmés pour SI vir,(^s sur ia personne de M. Lemoyue, filaieni-.

Le posie de B'cèire, trop Hi ble pourrésisler, a éié envahi, on a f;iii iriupiion dans la prison. L'un des déleous, uotniné Biancbai d, a éic délivré.

Ce n'est qu'après une n-êlée effrayante ■ l tu) désordre qui s'est prolonge, r\\Ht I' s niililairrs sont venus à boni de reprendre possession du poste et d'éloigner à peu près la foule. »

On lit dans un supplément à la Gazelle <le Lyofi, eu dale du 26 mars :

• Ilit-r (tes ouvriers se soiil emparés d'un convoi de fusils à silex qu'on envoyyii à Saint Eiienne poui'les tiausrorii'.ereii rii>ils à piston, et ilsi'''4i sont fait le pariage sans qi;e l<!8 troupes, en prPsei;ee des(|uel!es ee pilagc avait li'U, y niissi ni le moiiid'e obstacle. Les enfants ont en leur pai t. On en a vu qni emportaient trois l'nsils. «

Ou lit dans l'ALtilli^ de Po'tieis, du 27 :

• Celle iiuii, notre ville a été mise en «nwii par des actes le^reilables d'insubordinaiion de la part de la garnison. Dés samedi, s'était nianifesii-e, au quai lier de cavalei ie, une agiiaiion (pie les (;lii fseiai^ ni pai venus à (Mimer. Hier, bs dragons sont SOI lis, musique en lètr, et ont parcouru la ville en ebaiiinnt la Alorsei/lnige. Le soir, à onze lieures, des cris partis de la caserne Sainte- Caiberine éveiilaier.1 les liabilauts du voisinage.

• Lu poi te de la caserne, bri-ée en morceaux, a livré passage aux Soldats, qui sont soriis eu ch:anani, et se sont rendus à ia caserne du Peiit-Séminaire, puis au quartier de cavalerie. .\u nioiiK'iit où nous met- Ions sons pi esve, les soldais en ti'oujie rccommeiiceiii ù parcourir la ville, les magasins se fermeiu sur leur pass;igc ; la garde nationale se rassemble. •

Jeudi, dans la matinée, Oit la Gazelle du Ltivgiif.dve , la maison des jesiires d'Avignon a élé eiiviioniM-e par ordre du commissaire du gouvt rneineui dans le départenicni de VaiicUise, et il i été enjoinl aux révér^iuls pètes d avoir ù s^jrlir de la

vil'e avant onze heures du malin. Cependant, et à la suite d'observations émanées d'une autorité vénérable, il a élé accordé un sursis de vingt-quatre heures, pendant lequel la maison a continué d'êsre gardée par fies agents de police. A l'exiiiraiion de ce délai, les révérends pères ont quille la viile, où cet acte de ri};ui. ur a causé une certaine émotion.

ÉTRANGER

Un bulletin extraordinaire, daté de Milan, le 24 mais, à deux heures après-midi, nous arrive à l'instant.

Il annonce que Trente cl tout le Tyrol sont soulevés.

Lodi et Crémone combaiient, incendiées, mais victorieuses.

Pavie, Biescia cl Desenzoue tnl égalcnicnl chassé les Aulriehieiis. ^

Les troupes qui d« feulaient Pizzi-Jiiitlouc ont l'ait déleciion ; la foi teieshe a élé prise par b s Milanais avec tlix-sept canons.

Les duchés de Parme et de Modène se sont réunis au Pi(:nioniel à la Lombardie.

Le duc de Modène n'est pas en faiie, comme nous le disions hier , mais cmpiisonué.

A U(>nie, le 21, à l'arrivée des premières nouvedes de Milan, le peuple a arraché les armoiries du palais de l'ambassade d'Autriche.

L'ambassadeur est en fuilc.

Le bnlleiia que nous avons sous les yeux se termine ainsi :

f'ioe le peitji/e i tu lien !

Vivo Charles-yllbert, vol d'Italie !

La perte des Autrichiens à Milan est évaluée a deux mille morts. Celle des Milanais est beaucoup uioindic.

Le boinbardemeiii avait commencé le 22 et avait duré jusqu'à la retraite des Autrichiens, mais sans grand effet.

Les con>uls éirang. rs avaient unanimemeul prolesté contre le bouibardeuient.

Nous avons sous les yeux un grand nombre de décrets et de proclamations du gouvcrneineul provisoire de Milan, qui pourvoit avec la plus Utuable activité a la police, aux subsistances et à la sûreté publiques.

Nous avons annoncé hier que les duchés de Sihleswig-IIolsteiu s'éiaienl déclarés indépendaiiis.

La Plusse fait marcher ses troupes pour les proliger contre uue agression possible du Danemark.

Russie. — Des lettres de.Saiol-Pélers-

bourg du 10 murs anriuiiceiit que la ville esi dans une cxliènie agitaiiou.

Un coup de pislolci auiail ëlé tiré sur le czar dans lu ru •, t.1 la balle aurait iraversé son chapeau.

Pans. — La journée se passe sans événenicnls remaïqunbles. — Le gouveruemenl provisoire aiiresse deux proclamations, l'une aux habiiants de Paris, l'autre à l'aruii e. — Il ordonne, d'après l'organisation de l'arlitlerie de la garde nationale, que les bàiimenis du Temple seront afft'ctcsà l'élai-major de celle arme.

Les nouvelles des déparlenienis sont fâcheuses.

A Rouen, à Lyon, à Sainl-Eiienne, l'agitioii el les désordres cotilinnent,

A Troyes, une émeute a eu lieu pour l'augmentation des salaires.

Le journaux deMarseille n'ont pas paru.

Le Courtier de Marseille, ce mutin, •dit à ce sujet :

« Diverses demandes élevées par les ouvriers composiietir» de tous les journaux de Marseille, el sur lesquelles les cliefs d'imprimerie n'ont pu s'accorder avec eux, ont éic suivies de l'ybandon géi.'éral des ateliers de typographie, hier à quatre heures de l'après midi.

tflTRAKGLR.

Belgique. — Une collision sanglante a eu lieu mercredi malin à la frou'ière de Belgique, près de Mousciou, entre les troupes de Léopold et quelques centaines de leurs compatriotes qui chiucliaienl à pénétrer en armes sur le territoire belge.

Voici comment les faits sont racontés par un témoin oculaire ;

• Partis de Paris samedi dernier, par le chemin de fer du Nord, nous ne pûmes entrer en Belgique parla frontière de Qiiiévrain. Repousses sur ce point, nous restâmes à Séclin depuis le dimanche jusqu'au mardi soir.

« Dans la nuit du mardi au meicredi, à une lieue et demie de Lille, sur la roule de Gand, l.tiOO fusils furent distribués, et chaque homme recul eu outre plusieurs paquets de cartouches.

• Nous nous avancions l'arme au bras par le pont du Turcoiug, lorsque nous aperçûmes un bataillon du 1" chasseurs à pied belges, flanque d'un escadron de cava'èrie, et soutenu à petite dislance par d'auiies détachemsnls d'infanteriô.

• Deux ou trois cents voloniains seuls engagèrent avec les soldats un feu de tirailleurs en s'aidant des maisons ou des obstacles naturels du terrain.

• Dans la lutte, les troupes belges franchirent deux lois la ligue frontière, et la plupart des hommes que nous avons perdus furent atteints sur le territoire français.

• Nous avons eu une douzaine de lues, environ quarante blessés et trois prisonniers.

• La perte des troupes n'est pas bien connue : le maire de Mouscron el plusieurs prêtres français se sont interposés pour faire cesser le feu. Ces mêmes ecclésiastiques ont prodigué des soins empressés aux blessés,

« Les voloutaires belges, revenus à Turcoiug après 'eur malheureuse expédition, y onl été désaimés. »

La ville el le territoire de Venise se sont constiiués en république.

Autriclie. — Gallicie. — Dès le 19, une grande fermentation régrail; à Lemberg, une foule considérable se porta vers l'hdlcl du gouv<rneur : le peuple demandait : r Une consiituiion ; 2" Que lempcrenr d'Aulricbe prenne le litre de roi de Pologne; 3" La liberté de la presse; U" Amnistie pleine et entière pour les condamnés politiques de toutes les catégories ;

5° La formation d'une garde nationale dans les villes, et l'armement des citoyens pour résister aux paysans révoltés ainsi qu'à la Russie;

6° L'admission exclusive des Polonais auxetnpiois publics; 7" L'usage oITiciel de la langue polonaise. Le gouverneur accorda la liberté de cent cinquante détenus politiques; la suspension de la censure, l'organisation de fa garde nationale, avec la cocarde polonaise. Toute la ville fut illuminée, et l'on vil bientôt partout des transparents portant ces mots : Fine la Puhrjnel Vive h roi constitutionnel de la Pologne]

Le 22, à midi, un courrier de Vienne apporta l,i réponse de ren<peieur; elle était favorable aux habitants, qui raccucillirent aux cris de : Pire lu jeunesse polonaise l Vice le roi de Pologne!

PARIS.-TYPOGRAPtllE DK E.ET V. PK.>/.UD FRÈRgS, 10, RCK DO FACBOURG-MOXTMARTRB.

IV* s.'— le Jnln IS49.

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