L. A. Blanqci
Lyon a été fort ému, mercredi, par l'arrivée d'un bateau à vapeur, venant de Valence, avec fljmme blanche. Touie la population s'est précipitée sur les quais.
Le capitaine du fautour, dans une
noie qu'il a rendue publique, explique que ce qu'on a pris pour un drapeau blanc, était un guidon fond blanc avec liseré rouge, et \n nom du vapeur au milieu, qui servait pour des signaux.
ÉTRANGER
E/tpofine. — Un mouvement, lente dans la foirée du 29, à Madrid^a cié comprimé, ei les personnes compromises onl été livrées à une commis>iou militaire.
Ob n'a pas d'autres détails. .
Suéde. — A Stoïkiiolin, le 18 mars, jour fi\é pour le banquet réformisie, (oui s'était d'abord passé très-conveiiablemenl; mais, à neuf heures, pendant que le plus grand nombre des convives étaient au théâtre, de atlroupemcnls onl attaqué les hôtels des ministres, et plusieurs soldats furent blessés.
Le lenilcmain, la lutte s'est engagée de nouveau.
La cavalerie a inntilemenl circulé dans les rues pour dissiper les groupes. Plusieurs soldats ont été atteints de coups de pieire et de coups de pistolet, et même le commandant de la place fui grièvement blessé. Les souim.iiions faites, mais point écoulées, alors le feu fut commandé.
La garnison a eu trois oITuMers tués, et de vingt à trente soldats blessés. Les assaillants onl eu une ving'.aine de morts, et trente blessés ont été recueillis dans les hôpitaux.
Daniiinark. — Copenhague, 55 mars.
Le roi cl le peuple danois sont d'accord pour ne pas céder le duché de Schleswig. Douze mdle hommes environ seront destinés à roccnp;"lion de ce duché. Les forts sont armés ainsi que beaucoup de vaisseaux. On veut se mettre à l'abri des attaques d'un eaneml extérieur.
Pologne. — La nouvelle du bombardcmeul de Varsovie ne s'est point confirmée. Le gouvernement russe prend les mesures les plus rigoureuses pour éloigner toute possibilité de soulèvement.
Quelques-uns des Polonais partis de France, traversent déjà l'Allemagne au milieu d'acclamations générales et des nianifesiaiious de la plus vive sympathie.
On écrit de Hanovre, 28 mars :
• Le prince C7,artoi7ski est arrivé ici liier ; presqu'aussiiûl il s'esl rassemblé une feule immense pour le saluer. Toute la soi-
rée on entonna des chants pairioiiques. A Hani, à Meinden et à Buck bourg, le prince a é:é reçu aux cris de : Fiée la Puhigne ! •
Ita/ie. — Le roi Charles-Albert est parti de Turin pour se mettre à la tôle de sou armée. Ce prince n'a, en ce moment que vingt-cinq mille hommes, partagés en trois divisions, l'un?, coniman lée par le duc de Gêues, à Verceil; l'aiilre, par le général Soiinaz, à Novarre; la troisième, par le géiiér.il Broglia, à Alorlura.
Radpizki s'('iaii d'abord retiré à Lodi, où il a rallié les quatorze mille Autrichiens chassés do Milan par le peuple insurgé. Les Autrichiens onl quitté Lodi et se sont retranché enire Crème et Orsi-Novi.
Ou écrit de Gênes, le 25 mars :
• L'étendard tricolore floite eoliu sur les tours du palais du Gouveinomen.
c l^hymne de giàce a été chaulé ce malin dans la cathédrale.
« Le soir, toutes les rues étaient illuminées, et le prince de Carignan, en grand uniform.-î, parcourait leiitemeut la ville. »
Les événements qui se sont passés dans la Lombardie onl eu, à Rome, le plus grand reieulissemenl.
Depuis le 22, les jeunes gens s'enrôlent avec le plus grand empressement, pour n)archer à la frontière comme volont lires.
Le gouvernement a donné ordre à touleg es troupes de partir pour Bologne.
Pari». — Certains républicains de la iieille semblent vouloir repousser avec indignation toute supposition qui tendrait à les présenter comme des gens polis et bienveillants.
Lorsqu'une masse de citoyens égarés vint atia(|uer le journal rédigé par M. de Girardiu, la Société déinucradque centrale envoya une dépuiation pour contribuer à lélablir l'ordre et à protéger la liberté de la presse, violemment compromise par une agression redoutable. — M. de Girarain, en remerciant les citoyens qui étaient venus à son aide, confondit la Socic'lc rc'puhlicainc avec la Société démocratique.
M.VI. Blanqui, Malapert, Houard et Pirrre Lachanibeaudie, au nom des membies de la Société républicaine centrale, s'emiDrcssèreni de protester conire les reniercîmenls de M. de Girardin et des autres propi iéiaires de la Preste.
« La Société rèpuhUeaîne centrale proteste formeHemenl contre l'asseriioii de la Presse, et en réclame le démenii immédiat. »
Cette lettre a donné lieu à la réponse ci-jointe, qui prouve victorieusenieiit que certains de nos démocrates aciucls comprennent que la politesse et le dévouement à un principe sacré peuvent s'allier par failcmcnt.