AD RÉDACTEUR DE LA PRESSE
• I a dcputation qui s'est présentée dans vos bureaux nurcredi dorni( r était envoyée par la Société d('niocrati(iue centrale.
• Sa démarche avait pour but unique la proleciion de la liberié de la presse qu'on disai! menacée dans voire propriété.
« Quant au citoyen Rétif, que vous nommez dans votre feuille d'hier, il est membre de la Société cl faisait partie de la députalion.
• Recevez l'assuraiice de ma considération distinguée.
" Le président de la Société démocratique centrale,
« A. CUINARD. •
Les provinces s'agitent. On leur présente avec exagération l'état des esprits dans la capitale, cl l'on parle déjà dans les départements d'organiser des détachements pour protéger l'Assemblée. Dans les clubs, ou demande aux candidats quelle conduite ils tiendraient dans l'hypothèse où les fauteurs de discorde voudraient imposer leur volonté à l'Assemblée.
Les réponses sont presque toutes en faveur de l'ordre. On entend cependant quelques orateurs faire allusion à la défenes- Iraium de Sainl-Cloud, ou à celle de Prague.
L'on n'est point agité dans Paris ; on est las de la suspension du ti avail, des théories impuissantes, et chacun est résolu à protéger énergiquement, s'il en était besoin, l'Assemblée, nommée par la volonté du peuple.
Le clergé parisien s'associe nobiemenl à la générosité populaire qui apporte chiique jour ses dons patriotiques à l'Hôtel de ville. L'archevêque de Paris écrit aujourd'hui :
« Messieurs ,
• Voici ma faible offrande; ce sont quel-
ques couvepls d'argent, les seuls qui m'ap pariiennent.
• Je me serais empressé beaucoup plus tôt de les apporter au tiésor de la République, si je n'avais dii m'occuper avant tout de satisfaire aux obligations de justice et de charité, qui, cette année, sont plus étendues que toutes les ressources dont je puis disposer.
« Agréez, je vous prie, l'assurance ce ma haute considération ,
• f Dems, archevêque de Paris. •
Départements. — L'ordre est complèlenienl rétabli à Rouen et dans les vallées environnantes depuis mardi dernier, mais il vient d'être fatalement troublé à pt u de distance de lious, à Lilkbonne.
Au commencemeni du mois de mars, des désordres graves s'étaient déclarés dans celte partie du département, et avaient nécessité l'intervention de la force armée pour en arrêter le développement el en assurer la répression judiciaire.
Des arreslaiions furent faites , et les prévenus dirigés sur la prison du Havre.
Il s'ensuivit quelques jours de calme, mais l'orage grossissait et a éclaté jeudi dans l'après-midi.
Une masse de tapageurs se transporta sur la place de la JSlairie, demandant à grands cris la délivrance de ceux qui étaient délenus dans la prison du Havre.
Le maire s'efforça de démontrer l'impossibilité où il se trouvait de rien changer au coui's naturel de la justice.
L'attroupement se reforma lo vendredi.
C'était l'arbre de la Liberié qu'on voulait inaugurer el planter, avec le cortège de l'insurrection el de la violence.
Le maire et le conseil municipal descen dirent sur la place et essayèrent de faire rentrer dans le devoir cette foule égarée. Ayant épuisé les voies de conciliation, le maire commanda alors, au nom de la loi, à l'atiroupemcnt de se disperser. Les sommations légales ayant été itérativement faites, la ligne cl la garde nationale s'av.-iucèrcnl pour prêter force à l'auiorilé de la loi.
Elles furent accueillies par une grêle de pierres qui blessèrent plusieurs personnes dans les rangs de la ligne et de la garde nationale. Les assaillants étaient nombreux; quelques-uns étaient armés de bâtons. Eufm, deux coups de feu, partis de
deux poinis du groupe, annoncèrent des projeis atliariics de lésisiance.
Une décharge riposla des rangs de la garde nationale et de la ligne.
Les balles avaient tué deux femmes, quatre hommes, fait une quinzaine de blessés, doni un a succombé hier matin.
A la réception des rapports officiels sur les troubles de Lillebonne, IM . le prccureurgéné rai a prié M. le premier président de convoquer la cour, qui a dé( laré évoquer l'affaire ; elle a confié le soin de celle instruction à MM. ks conseiliers Fouëiet de Ramfrcville.
Ces magistrats sont partis hier soir avec M. Sénard, proiurcur-géntral, assisté de M. Vaiiier, l'un de ses sub.-liluis.
I^I. le commissaire du gouvernement provisoire a pris l'arréié suivant :
« Le commissaire du département,
« Considérant que l'état des villes de Bolbec et l'e Lillebonne peut exiger l'action incessat;ic de l'autorité; « Ariète :
« Le ciioycn Riancourl est nommé souscommi^saire exiiaordinaire pour les cantons de Lillebonne el de Balbec. Il prendra louies I( s mesures convenables pour ramener ou maintenir l'ordre el concilier ions les intéi êls.
« T' uirs les autorités el tous les citoyens amis du bien public sonli'equisde lui prêter leur concours.
« F. Deschami'S. »
11 a, en outre, adressé aux ouvriers une proclamation.
Lyon. — M. le miniilre de la guerre a négligé l'armée, les proclaniaiionsdu gouvei iiemeiii provisoire sont insuffisantes aupiès des soldais. Cet oubli fatal-de celui auquel on a confié les intéréis de nos soldais cl la suiveillance de la discipline a poiic ses fi uiis : une insurrection militaire a é<:laié dans Ljon.
Lcb soldats ont respeclé les propriétés tt les liabitanis, mais ils ont manqué gravenunt à la discipline, et le moment choisi par eux pour commetlre cette faulc était bien inopportun : on leur annonçait qu'ils allaient fuiie paiiic de la première division de l'yriiice des Alpes.
Jeudi matin, les soldats du 13" de ligne Cl du 2%' léger sont soitis en corps, ei sont allés rejoindre, sur la place Bellecour, les
atlroiipemenisqui s'y formaient pour servir d'escorte aux ouvriers étrangers.
Vers une heure et demie, une colonne sans armes, composée de soldats mêlés à des ouvriers, s'avança, portant un écrileau indijjuaiit que celte manifeslaticn avait pour but d'obtenir l'élargissemfut d'un sous-officier du k' d'artillerie, emprisonné la veille pour cause d'insubordination.
La colonne, dirigée par un maréchal-deslogis du régiment d'artillerie, vint réclamer la liberté du prisonnier. O sousofficier avait été envoyé à Grenoble. La fou'e continuait à insister, les grilles furent fermée*. Mais bientôt des soldats, s'aidant des guérites placées en dehors, parvinrent à pénétrer par l'espace qui sépare la voûte des barreaux de "fer. Alors, la grille s'ouvrit : la foule se précipita dans l'intérieur de la caserne, qu'elle envahit.
Le général Neumayer, accompagné de son aide-de-camp et escorté de deux hussards, arriva à la caserne, et, du balcon qui dominela place, harangua la multiiude. Il promit de demander au lieutenant-général Bourjolly la liberté du sous-officier préventivement arrêté.
La colonne s'est alors portée à Thôler du lieutenanl-général; la foule pénétra jusque dans la pièce occupée par M. le lieutenanl-général Bourjolly; celui-ci s'est efforcé de calmer les assaillants par des paroles bienveillantes, et a, séance tenante, écrit l'ordre de libération du prisonnier. Les soldais insurgés ont passé le reste de la journée à se pronicuer en colonnes dans la ville en chanlanl la Margeilluise et d'autre* airs patriotiques, auxquels se mêlaient parfois le cri : A bas tes carlùles !
« Les corps de la garnison qui ont pris part à la manifestation d'hier devaient, dit-on, quitter noire ville aujourd'hui. Leur dépari avait été fixé à quatre heures du malin. Mais hier soir une réunion générale des clubs a eu lieu sur la place de Bellecour, el, vers ininuii, une nianifestaiion de leurs membres a eu lieu auprès du commissaire du gouvernement, afin d'obtenir que celle mesure fût rapportée ou ajournée jusqu'à ce que l'ovaiion préparée au prisonnier fiit accomplie. Eu efl'et, le départ n'a pas eu lieu.
« Ce malin, le sous-officier d'ariiilerie, dont on avait demandé et obtenu la libéra-, lion, el qu'on a clé chercher, en poste, à
Grenoble, esl arrivé à Lyon. II a été conduit àrilôiel de ville, devant l'enfée duquel se pressait l'ne alQuence considérable, et amené devant les yuloiilés. Quelques voix s'eiant élevées dans la foule pour (|ue le piisoniiier se montrât au balcon, il y a bieniôt paru, environné dune parrii; de nos auioriiés. De là, il a harangué le peuple, lui a recommandé le bon ordre, ei a engagé les soldais à rentrer dans leurs casernes, et à respecter leurs offitieis et sousofiiciers.
« Ainsi s'est terminé ce grave incident. >> M. Emmanuel Arago a saisi celle occasion pour faire une proclanialion aux travailleurs.
ÉTnA>GF.R.
Tnsufrection à Madrid dans la nuit du 26 mars.
Depuis le malin, le bruit courait qu'on allait avoir une nouvelle tentative révolulionn;iire. Cepeiidaul, la population de Madrid, j^oussée parla magnificence du temps, se répandit sur les promenades.
A six heures du soir, au moment où tous les promeneurs rentraient tranquillement,on entendit des coups de fusil.
A rinsiant. el au moment de la confusion produite par les premièies décharges, les insurgés se mirent à construire des barricades.
A huit heures, le feu était bien nourri, surtout du côté des insurgés, la troupe ne faisant guère usage que de la baïonnette pour enlever les barricades.
Le combat avait à peine commencé, quand un bataillon de chasseurs est arrive à la Ptieria del Sol. Le capitaine Espana, qui la commandait, a été tué à la place de la Cebada , dans une charge contre les émeuiicrs.
Ceux qui défendaient les barricades des rues Saint-Gérome et Ancha do Peligros, se replièrent, sous le feu de la trou()e, sur les ban icades de la rue de la Visitation et du ihéàire del Principe, où ils firent une énergique résistance.
Dans la rue de l'Arsenal, le général Narvaez, qui a passé toute la nuit à cheval, a fait un grand nombre de prisonniers.
La rue di; Tolède et la place de la Cebada sont occupées par le régiment d'Amérique, et la Puerta del Sol, gardée par quatre compagnies de chasseurs, nue pièce de canon et im régiment du roi, offrant l'aspect le plus imposant.
Le palais est défendu par de forts détachements de troupes de ligne.
Il vient d'arriver de Valence quelques renforts d'artillerie.
A minuit, la tranquillité était jélablie sur tous les points, excepté dans la rue del Pi iiicipe, où le* insurgés ont tenu jusqi^ une heure du matin.
Il y a eu des deux côtés un grand nom bre de mort-; et de blessés.
On a fait plus de deux cents arrestations.
Le conseil des ministres était réuni.
La Gazette de Madrid publie plusieurs décrets.
Le premier clôt la législature de 1847, le second suspend toutes les garanties dtî liberté établies dans l'article 7 de la constitution, le troisième met Madrid en état de siège.
Italie. — La Gazette pièmontaise publie la pièce suivante :
Bulletin de V armée.
« Aujourd'hui, après midi. Sa Majesté entre à Pavie. L'ennemi se retire de toute la ligne de l'Adriatique, el paraît démoralisé. La citadelle d'Aiifo est entre nos mains. Vive l'Italie! vive l'indépendance! »
Le roi de Sardaigne et le gouvernement provisoire de Milan ont conclu une convention militaire.
Le roi Charles-Albert a nommé le prince Eugène de Savoie-Carignan lieutenantgénéral du royaume pendant son absence.
Les troupes piémoniaises sont entrées à Milan. T<iute la garde civique est allée audevant d'elles.
L'hymne de la Résurrection de l'Italie a été chanté au théâtre de la Pergola. On a apporté sur la scène le drapeau lombard, enveloppé dans un crêpe noir, il a élé découvert aux cris de : Vive l'Italie! vive Milan 1 L'enthousiasme soulevait la salle entière.
Prusse. — Par suite des dépêches qui lui sont parvenues, le ministre russe, baron de Meyendorff, a quitté Berlin avec sa famille et tout le personnel. La guerre avec la Russie est à peu près déclarée. Le 2' régiment, stationné à Stetiin, a reçu l'ordre de partir pour la frontière de Russie.
Pologne. — On écrit de Varsovie, le 26 mars :
« Le gouverneur militaire de la ville de
V^arsovie vient d'ordonner que tous les liaiiianls de la ville doivent, dans les vin^t- ^uaire heures, déposer au bureau de police ■es armes a feu qu'ils posséfleraieni. Qui- :onque sera convaincu d'avoir caché une irnie semblable sera renvoyé devant le conseil de guerre.
« Tout bourgeois qui se trouve dans les rues après onze heures du soir, doit porter mie lanii-rne allumée. Le récalcilianl sera iirêié sur-le-champ par les pairouilles de police. »
Danemark. — On écrit de Reudsbourg, 29 mars :
« Hier, un courrier i)russien a passé ici ; il est porteur d'une déclaration formelle 3U gouvernement danois, que le premier corps danois qui ferait son entrée sur le lerriioirede Schleswig serait cunsiJéré par la Plusse comme porteur d'une déclaralion de guerre. »
D'un autre côté, on écrit d'Allona ^Schl» swig-HoIsleiii), 29 mars :
« Les forces militaires danoises se concentrent près de Konigsau. Deux vaisseaux de guei re danois croisent près d'.\lsen, ei deux frégates se sont montrées, dit-on, devant le golfe de Ficnsbourg. Aujourd'hui des quantités c^nsidéi ables de poudre ont été envoyées de Friedrickhardl à Rendsbourg. ■>
3 AVUIL.
Pari*. — M. Louis Blanc, organisateur du travail et la commission qu'il piésidc au Luxembourg, vienutnt de développer leur plan. Ce sysième si prôné et auquel AL Blanc doit sa position au pouvoir pèche enlièremeni par sa base el par son application. Il laisse d'abord en-deh^irs l'industrie agricole, celte fortune de la nation, et annihile toute espèce de concurrence.
La question de l'égalité du salaire est une uiopie sans consistance. Elle détruit le principe : à chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres.
On aura beau plantrr au milieu des ateiersdes poteaux avec l'inscriiilion :
Tout paressujx E^T u.n voleur.
dette maxime n'engendre point l'émulaion. —
Les manifestations biuyantes continuent laiis Paris et prolongent ainsi la crise loin le crédit et le travail ont laiii a souffrir. Le maire de Paris vieui d'adresser aux nagi&iruts municipaux une circulaire dans
laquelle il les invite à prendre des mesures énergiques pour comprimer les désordres.
Paris a vu aujourd'hui les crainies qu'il avait pour sa Iranquilliié, se changer en un beau jiiur d'union et de fraternité.
Dos placards répandus dans la capitale, annonçaient une réunion dangereuse au Champ-de iMars. On devait, disait-on, forcer par la violence les citoyens riches àdes sacrifices en faveur des ouvriers.
Mais ces craintes se sont heureusement évanouies.
Dès dix heures du malin, Is jeunesse des écoles s'est réunie sur la place du Pans théoii et s'est rendue au Champ-de-Maroii elle a fraternisé avec les ouvriers el travaillé avec eux aux terrassements. Là, quelques jeunes gens ont fait une quête qui s'est continuée sur la route parcourue par le cortège, auquel les terrassiers du Champ-de-Alars s'ciaient réunis.
Celte masse de citoyens unis dans une iiiênu! pensée, l'amour de l'ordre el de la République, est venue oCTrir sou offrande payioiique au gouvsruement provisoire à I Ilôiel de ville.
Les grands travaux de consirnction de la salle de l'.\-isefublée nationale, dans la cour du Palais Bourbon, sont toujours activenieni poursuivis.
L'hôtel du président de l'Assemblée nationale sera bieniôi décoré et meublé.
Tout sera prêt pour l'ouverture de la session.
L'ordre vient d'élre donné de préparer le château de Pau, pour y recevoir Abd-el- Kader, sa famille et quarante personnes de sa suite.
La mère de M. Guizot est mor t à Lon dree samedi ; elle était âgée de q uatrc-vingtirois ans. Elle a gardé sa connaissance jusqu'à sa dernière heure.
Aujourd'hui, à midi, les abords de la salle de la République, à l'Hôtel de ville, étaient eiicoinbrés d'une niultiiiide de citoyens qui allaient s'enrôler dans la légion des gardiens de ville qu'on est en train d'ùrgani>er.
Ce malin, à dix heures, une légion dTia liens, lormée d'ouvriers, d'ariisies, d'hommes de lellres ei de gens du monde, s'est
— lôG
réunie place Yondôme, pour s'organiser el fixer !e jour du dépari pour reiiirer dnus la patrie.
Nous avons donné la nouvelle de la piiblicalion de M. Tascliercau el la lellre de M. Bianqiii. La Société républicaine a formé un club dont M. Blanqui est le président. On s'atiendaii donc ce soir à une séance fort oragfuse, à la salle du Conservaioii e où le club lient ses si'ances.
La foule était ronsiilérable.
Après une heure d'aiiente, le club a été ouvert.
Lé président, le citoyen Blanqui, esl venu déclarer, el ccl.i, il faut le dire, avec un certain embarras, que la Gazelle des Tiihunaux avait publié une noie infâme dont les termes sont lellenient transparents qu'il leconnait qu'ils s'appliquent à lui ; qu'il avait rinteniion de la combattre ; que, pr>ur le faire, il lui fallait un numéro du Moniteur de ISûO, et un numéro de la Réforme de décembre iW-t ; qu'il ne s'agissait pour lui de rieu moins que de f^^re des révélations qui terniraient la réputation de (|uelqnes membres du gouvernement provisoire, el qu'enfin il allait céder le fauteuil au vice-président, afin de recueillir plusieurs renseignements.
Kntffel, il s'est relire dans le fond de la salle, cl là il a en quelques entretiens avec plusieurs personnes.
Ou s'aiteiidail géncralemeni à ce que le ciioyeu Blanqui prît la ) aiûle avant la fin de la séance, mais on a été désappointé. •
Le général du peuple, M. Connais, vient encore de faire une proclamation à propos des oliliciers d'éiai-niajor que l'eu nommera désormais à l'élec ti t>
ÉTRANGl^R.
AUe7nagiie. — Fiaiicfort, 51 mars, — Les cinq cents dépuiés envoyés ici pour délibérer sur la formation d'un parlement allemand, se soni réunis aujourd'liui dans la salle des empcieurs do Kœuigsberg.
Voici le programme que Ja commission des sept a soumis à la délibération de l'assemblée :
1" Un chef suprême de la confédération
avec des niinisircs responsables; 2° un sé-
al des Étais païuicnliers; 3° une chambre
de dépuiés formée par des éleciions dans
proportion de^uH député sur soixante-
dix mille âmes ; h" compétence de la confédération par la renonciaiion des Éiats aux p(ùiits suivants en faveiii' du pouvoir central.—l" L'armée; 2° li représenlaiiou nationale vis-à-vis de l'étranger; S" systèmes de conunerce, de navigation , de douane<i, de monnaies, poi Is ei mesures, les postes, les canaux, les chemins de fer; W arrêtés de la législation civile cl pénale et de la procédure, un iribunal de la confédération ; 5° garantie des droits de liberté nationale.
Pruise. — Berlin , 28 mars. — On as sure que le cabinet de Saint-Pétersbourg a envoyé n:\ une note contenaiil la déciaralion que la Russie ne se mêlera pas des affaires inlérienres de la Prusse. Toutefois, si le cabinet de Berlin altérait l'iniégiilé de la Pologne russe, la Russie agirait suivant les ciiconstances.
30 mars. — En Russie lout esl tranquille; seulement, un mouvement moscovite se manifeste en faveur de rempereur et contre les é; rangers. On vent chasser du terriioire de l'empire tous les Allemands aiu»i que les Français.
Schlesuig-Hohtctn. — Rend^bon^g , 29 mars. — On s'atiend dans quelques jours à un combat. Hier on a aperçu la frégMte de gueire danoise HAla dans le golfe de Fleiisbonrg, mais Ls élu iianls ayant tiré sur elle, on l'a vue se retirer. Il y a une frégate danoise dans la mer Baltique, aux enviions de Dultebu'. On manque d(! vaisseaux et de canons pour aiiaquer. Une ballcrlede nutrsera établie sous la direction d'un ingénieur hanovrien.
L'île d'Alscn esl entourée de vaisseaux danois avec des trou|ies qui veulent nonseulement occuper cette île ci les possessions du duc d'Augiistembourg, mais faire passer sur le continent les Danois disposés à la guérie ; comme les SchîtrsvNig-Holsieinois sont en niincriié dans fîie, il est probable que ce projet réussira. On dit que là ville de Sondcrbourg, où le parii danois compte des adhérents, a fait sa soumission.
lUilie. — Le roi Charles-Alberl devait passer le Tésin le 30. Radetzki est avec viiigl-ciiiq mille hommes entre Souciuo e Orsinoni. Quatre mille soldais italiens, désertés de divers corps, sont à Crémoni avec douze pièces de canon.
On a la nouvelle Je rcvacualion de Padoiie par les Auiricliiens. Ceux qui éiaieni à Ferraie se sont telitës dans la ciiadelle ; elle (SI entourée et bloquée de toutes pai ts.
On écrit de Rome, le 2i :
« Douze mille sol Jais pailenl pour la guerre saiulio. Le grand poniife les bénit. Le général Duraudo est à leur lèie. Rome est dans la joie.
• Voici les [)arules de Pie IX eu bénissant les voluutaires partis pour la Lonibardie :
« Comme chef de l'Eglise, je suis en paix « av(c l'univers; mais, comme prince iia- « Jien,j'ai le droit de défendre la patrie « italienne. Je vous bénis. La cause que «vous défendez est sainte; Dieu la fera « triompher. Je vous bénis encore une « fois ; combattez et triomphez au nom du « Seigneur. »
Sicile. — PaUrme, 28 mars. — Le parlement sicilien est ouvert. Les deux chambres (pairs ei députés) sont consiitnëes. Le vieil amiral Ruggiero Scliimo, chef de la révolution, a été proclamé régent.
La sc'pSration poliiique entre Naples et la Sicile est désormais un fait accompli.
On lit dans ïlmlépendunce belge du 30 mars :
« Mardi matin, M. le duc et madame la duchesse de Montpensier ont quitté Rotterdam à bord du bateau à vapet»- hollandais \<iBaluvier. Le prince et la pi incesse avaient brusquement abandonné rAii};leterre et éiaieiil ariivés depuis une quinzaine de jours à Rotterdam, où ils conservaient le plus strict incognito.
« Leur départ pour l'Angleterre avait été nécesiiié pai' suite du désir que lord Palmerston aurait exprimé devoir madame la d'.'chesse de Montpensier renoncer à son intention d'aller chercher un asile en Espagne auprès de sa sœur.
« On dit aussi que, le lendemain, le prince et la pi incesse seraient allés faire une visite à la reine Victoiia, qu'ils auraient attendue vainement pendant piès de deux bi ures, et qu'ils avaient cru, alors devoir sVmbar(|uer peu d'insianis après, pour venir aueudre sur une aune terre l'arrivée d'un bùieau à vapeur que le gonvernemeiii e-pagnol faisait armer pour leur voyage.
« Ce navire, ayant touché par un gro»
temps, près do Flessingue, et ayant l'ait quelques avaries, le duc et la <lu hcsse ont dû fnJtcr un steamer hollandais pour se icndre à Saint-Sébastien, où ils étaient attendus depuis plusieurs jours. »
Parii. — Lf s iravatix publics se reprennent avec une giande a(;iiviié à l'hôpital de la République (autrefois liôpila! de Louis-Philippe); on employé chaque jour cinq cents ouvriers. Environ milîe hommes sont occupés au chemin de fer de Strasbourg. Les Icrrassenienis du Champ dc- Mars et des Champs-Elysées fournissent du travail à un grand nombie de citoyen*.
Nous supprimons un nouveau placard du général Courtais sur les élections de la garde nationale.
Dt:[>ar(e>n ut». — Ain. — Hii'r soir, une grande agitation s'est emparée de la vil'e de Bourg. Le bruit venait de se répandre que le gouvernement provisoire envoyait dans le département de r.\in deux nouveaux commissaires pour remplacer ou suppléer M. Cliantpvans. On annonça bientôt qu'un des nouveaux commissaires était arrivé. Un vif sentiment de désapprobation et de répulsion se manifesta imuiédi;ilement dans toutes les classes de la population. Des groupes se formaient da^is les rues. Bourgeois, marchands, chefs d'atelier, ouvriers, tous tenaient le même lan-
g;>ge.
A huit heures, un mouvement plas considérable a eu lieu. Au chant de la Margeillaise, mille citoyens au moins se r('Unirent et se rendirent devant l'hôicl de la préfecture, en criant : Fice M. C/iampvaits! nous n'en voulons fias d'mihel à bas le nouveau commissaire! M. Cham|ivans parut d'abord au balcon, descendit ensuite au milieu de la foule et lui a Ircssa une allocution, à la suite de laqiu>lle la foule se scoara, exprimant l'espérance (pie celte manifestation leiaii comprendre aux nouveaux commissaires la n('cessiié de ne pas essayer d'un pouvoir coiitie Icipiel la ville pioiestait. Il n'y avait qu'une voix sur le langage prudent, noble et mesuié qui a été tenu par le commissaire du gouvernement.
Une députaiion de citoyens Irlandais,
des villes de Dublin, Manchester el Li verpool, soni venus présenier des adresses au gouvernement provisoire. M. Lamariine leur a répondu.
M. Cavaignac a refusé le portefenille de la guerre. Si l'on en croii h National, qui doii être bien informé, M. François Ar.igo, déjà ministre de la marine, piendraii le poitcfeuille de la gneire, au re.fusde MM. Oudinot, Charig:iriiier, Si hranim et Prévai.
Nous ne ft'licilons pas l'armée de ce choix. Le génériil Gazan, qui exerçait les fondions de direcîeur du personnel, a remis, ce malin, ses pouvoirs aux mains de M. Arago.
ÉTRANGER
Ilaîie. — Dans le mouvement qui emporie les populations iialiennes vers les champs de la Lombaniie, la Toscane se faii remarquer par son ardeur. Les enrôlements sont si nombreux, que le gouvernemenl a dû établir differenis dépôts de volontaires à Flon nce, à Pise, à Livourne. à Luci|ues, etc. Entretenus aux frais de l'Etat, ils y seront exercés au maniement des armes, jusqu'à ce qu il paraisse nécessaire d'utiliser leurs services; dans l'état des choses, leur concours est inutile; onze mille Toscans, dont six mille hornmes de troupes de ligne et cing mille volontaires, sont déjà en Lonibardie ; ces troupes , jointes aux Milanais, à l'armée piémuntaise, aux volontaires déjà engagés clans la lutte, forment un noyau plus (;ue suffisant pour forcer l'étranger à repasser les Alpes.
Radetzki est aux abois, sou aimée est complètement démoralisée; celle aigle si menuçauie il y a qtielqiies S'jmaines, éperdue aujouidliiii , cherche un moyen de fuir : il n'est pas même cei tain qu'elle le trouve.
Fivizzano est rentre dans la famille toscane, a laquelle se sont volontairement incorporées Massa et Carrare. Le 27, à la Pergola, le grand-duc Leopold a été salué roi d Eirurie.
Tout ce qui se passe à Konie est inouï.
La guerre cotiire l'absolu. i^me est déclarée; c'est une véritable crois ide qui s'organise contre les oppresseurs de la liberté Cl de l'indépendance de l'Italie. Toutes les troupes sont parties vers la fioniière avec de nombreux détachements de volontaires.
L'enthousiasme est vraiment remarquable.
On a fait une souscription pour l'équi-
pement des volontaires; on leur a offert 15 bayoqnes par jour; ils ont répondu:
« Nous ne voulons (pie du pain !... » Alors le général s'est écrié : « Non ! non ! vous aurez 10 bayoqnes! »
On a fait une souscription. Le pape a envoyé 50,000 fr.; tous les ordres religieux, la noblesse, le commerce, les cardinaux y ont coniribué.
Les gens du peuple se rendent sur les places publiques où les sonsci iptions sont ouTertes, et vont offrir publiquement, les hommes, leurs montres, les femmes, leurs pendants d'oreilles, leurs anneaux, Ipurs chaînes, loute leur parure d'or et d'argent. C'est un fait inouï dans les annales de Rome.
Espagne. — L'insurrection de Madrid, si promplement réprimée, aurait été cependani une affaire très-sérieusement or^ ganisée, s'il faut en juger par les personnes qui y ont pris pari , et qui se trouvent aujourd'hui en étal d'arrestation. Les noms les plus remaïquables et les plus significatifs se trouvent dans la liste que publient les journaux.
La cour martiale a condamné à mort deux piisoniiiers, dont un Fiançais qui se nomme Pierre Barbes.
L'énergie avec laquelle le barricades ont été défendues, Ihabile combinaison des manœuvres, qui donnaient aux insurgés l'aspect de vieux soldais opérant siraiégiquenieni, et non d'insurgés à la débandade obéissant aux inspirations de leur enthousiasme, prouvent que l'insurrection avait été préparée de longue main.
- Copenhague. — Lesprobabilitésde guerre devieiinenipliissérieuses. Hier, 4,000 hommes onl traversé le Bell pour se rendre dans le Juilaud, et quand 12,000 hommes seront réunis, le roi se rendra à l'armée. Aujourd'hui on a mis en réquisition des corps de voluutaires ; tout le monde veut partir, même les bouli juiers. L'enthousiasme est extraordinaire.
On assure que le dixième corps d'armée allemand, fort de 28,866 hommes, se concentrera prochainement, el sera réuui aux troupes déjà sur pied, de manière qu'eu peu de temps, une année de 40,000 hommes pourra prendre position sur 1 Elue inférieur, pour suuienii' et faire irioin|)her la cause de l'Allemagne contre le Danemark. On ne parle pas encore d'une grande cou-
«eniraiion de troupes sur noire fronlière de l'est.
Pari». — Lorsque la France a compris le besoin des clieniins de fer, tous les esprits sages oui dem:indé l'exploiiation par l'£lut de ces grandes lignes qui relient les points e\> renies du territoire nu centre du pays. — Ce que l'on nonune la paro'e savante de M. Aiago, a coniribué à laisser aux particuliers la propriété des chemins de fer, après leur en avoir abandonné la Consiru< lion. Aujonid'hui, II- gouvernement provisoire rend uu déciet c,\\\ place sous le séqnesire les chemins de fer d'Orléans et du Ceiilie, et le décret, dans ses considérauis fort vagues, du resie, préieud que c'est pour assurer le service des transports.
Cette mesure, toute provisoire, il est vrai , porie 1 effi oi dans une masse d'intérêts solidaires, et Ion craint qu'elle ne soit défmitive.
Les conseils d'administraiion des compagnies d'Urléans et du Centre ont pris la résolution suivante :
Que la lexée du séquestre dans le plus bref déhi pussible serait dès à présent réclamée avec instance auprès du gouvernement provisoire;
(i»v: pendant la durée du séquetire toute mesure serait prise par les deux conseils pour la conservailun des droits des actionnaires et des tiers, expre*sén»ent réservés par le décret.
Au mois de février, après la victoire du 24, M. Cave reçut dans son cibinei la visite de iM. Garraud, qui lui demanda d'un ton plein d'urbanité de lui celer sa place.
Noms devons rcndie celle justice à M. Garraud , qu'il n'avait point, comme M. Etienne Arago, s'itisialhinl aux Postes, un fusil à deux coups pour menacer le directeur des Beaux-Arts, ainsi que l'avait été M. bejeaii par le troisième membre de la dynastie Aiago.
M. Garraud aime les ans, il en a donné ]a preuve, puisqu'au moment on chacun ^ iivait, en qui hpie sorte, prendre la place
i lui convenait, il a choisi celle de la direciion, oi ciipée parJL Cave. M. Gairaud a donc invité M. Ledrn-Rollin a s'occuper de la réorganisation de l'Ecole française à Rome et à Paris, et le ministre a nommé la mmi ssion suivante :
Les citoyens David (d'Angers), sculpteur; Rude, id ; Birye, id.; Ingres, peintre; Dioling, id.; Horace Yerntt, id.; Delacroix, id.; Jcanron, id.; Culamatia graveur; Henriquel nupont,id.; Homard, id.; Labrouste, archiCectc; Théodore Charpentier, id.; Baliard (Victor), id., Gustave Planche, homme de letires; F. llalévy, compositeur de musique ; Félicien David, id.
Ces choix nous semblent heureux et méritent les sympathies de tous les artistes.
Les gardiens de ville ont contmencé d'entrer en fonctions ce malin, dans le quartier des halles centrales. Us sont jeunes pourla plupart, habillés en bouigi^ois trèspiopremeui ; ui:e plaque jaune, fixée au bras gauche, porte ces mots : gardiens de ville.
Ce corps, lorsqu'il sera complètement organisé, se composera, dit-on, de deux mille honmies et de cinquante brigadiers, qui feront le service de nuit et de jour.
Le quatrième détachement de la légion démocraii(iue allemande est parti aujourd'hui pour la frontière du Rhin. M. Bornstedt, le vice-président de la société, est parti hier pour Nancy, Strasbourg et la Sui;>se, afin de réunir tous les démocrates allemands pour le même but.
Partout, en Suisse, en Alsace, etc., les Allemands se sout organisés dans le même but.
Une réimion de treize mille citoyens allemands a eu lieu à Achtern, dans le grandduché de Bade. Elle a proclamé iiu'elle rei cevrait la légion des Allemands de Paris comme des frères.
M. le maire provisoire de Lyon a réuni, samedi, à l'Hôtel de ville, les fabricants de soieries, à l'occasion de la commande d'étoffes pour écharpes et pour drapeaux que donne le gouvernement. A ce propos, W. le maire s'est appesanti sur l'éiat de la classe ouviière et de la fabrique de Lyon. Il a adjuré les fabricants de f.iire tous les efforts compatibles avec leurs moyens pourcouvrir le plus grand nombre possible de métiers.
ÉTRANGER
Voici les dispositions de la loi électorale en Prusse :
Suffrage universel sans aucun cens élec- -'oral, avec l'éleclion à deux degrés. Toul Prussien de vingi-quaire ans est électeur, excepté les domestiques et ceux qui reçoi- : ont laumone.
Toul Prussien de trente ans est éligible.
Il y a un député pourciiaque district.
Il n'y a point de mandat impératif.
Le scrutin se décide à la majorité absolue.
Danemnrck. — Hier malin , le roi a passé e<i revue, sur la place d'Armes, la pieniière division des iroupes qui devait partir potsr le Schleswig.
Après le défdé, le roi s'est adresse aux militaires : « SoMais, leur a dit Sa Majesté, je suis certain que vous ferez honneur à voire roi et ù la patrie. Bientôt je me mettrai moi-même à votre tête, et nous combattrons ensen)ble. Adieu, mes enfants. »
Les troupes ont répondu : Vive le roi de Daiiemarck!
Italie. — Le gouvernement provisoire de Milan a publié le bulletin suivant :
« Les corps francs lombards et suisses sont à Bresiîia.
« Le général piémontais Bès s'est avancé jusqu'au-delà de Cliiari avec un corps de cinq mille hommes.
« Le général Crotti, avec un autre corps de mille hommes, était aujourd'hui à Lodi.
« Le roi Charles- J.lbert et le duc de Gènes sont partis aujourd'hui de Pavie à la lêle de huit mille hommes cl arriveront ce soir à Lodi.
« Suit le duc de Savoie , avec un autre corps de deux mille hommes; cent pièces de canon accompagnent ces troupes.
«Dix mille Romains et sept mille Toscans arrivent par Cologne et Ferrare, sur les rives du Pô, qu'ils passeront à Lago- Secero. »
Charles-Al'Dert, en franchissant le Tésin, a publié une proclamation à ses troupes et aux Italiens de la Lonibardie, de la Véiiétie, de Plaisance et de Reggio.
Angleterre. — Après un discours de lord Juhn lîussell, qui a déclaré que le gouvernement était très-décidé à en finir avec les inouvements séditieux de l'Irlande, la chambre des communes a adopté sans amendement et après une assez vive discussion, le bill qui supprime l'ii :tpacit politique des juifs.
6 AvniL.
Pari». — Le mini stère de l'intérieur n'est pas heureux dans le choix de ses agents, ou plutôt ses agents ne sont pas heureux d'être choisis par lui.
M. Lodru-Roliin expéJie des commissaires dans les départements, soudain il les révoque, encore même qu'ils soient agrées par les habiianis, ou bien on leur adjoint des collègues munis de pouvoir's égaux ou supérieuis. Il en résnlie des tiraillements ou des conflits qui fatiguent ou désaffeclionnent la province.
D'un autre côté, les «ommissaires des déparlements substituent le régime de l'aibiiraiie au régime de la liberté. Ainsi M. Joiy, commissaire de la H Jute-Garunne, vient, sans au préalable considier le gouvernement, d'expulser de son siège un magistrat inamovib'e. M. Martin, ex-député, est suspendu de ses fonctions de président de chambre à la cour d'appel de Toulouse.
Le gouvernomenl provisoire n'a pas voulu prendre sur lui de donner la permission à Abd-el-Kader daller ù Médiue ou en Egypte. La présence même de l'émir sur les côtes de la Méditenanée, ne lui a pas paru convenable, et le fort Lanialgue n'a pas semblé mi puste assez sûr. Le gouverneur du château de Pau a reçu des ordres pour approprier des apuariemeuls destinés a l'ex-émir ei à sa suite.
Les demandes de renvoi des ouvriers étrangers portent leur fruit. L'un trouve placardées dans Paris les affiches suivantes :
• On invite les Savoisiens à se réunir à l'Hôtel de ville, salle Saint-Jean (entrée par la rue Lob.iu), demain vendredi, 7 avril, à huit heures du soir, pour aviser ;iux mesures à prendre dans la position fâcheuse (jui leur e^l faite, et organiser des colonnes de départ dans un bref délai.
La garde nationale de Paris et de la banlieue a lerminé aujourd'hui ses travaux d'élection pour les colonels des diverses légions.
L'état-major de l'armée des Alpes a été constitué ainsi qu'il suil par le ministre de la guerre :
1" division d'infanterie. Général de di-
vision, Bedeau. — i" brigade. Général de brigade, Gueswiliers. — 2« brigade, géiiérlSaleyx.
2« division d'infanterie. Général de division Bjragiiay-d'IIilliers. — 1" brigade.
Général de brigaJc, Talandie. — 2° brigade, Duliol.
8' division d'infanterie. Général de division, Magnon. — 1" brigade. Général de brigade, Guillabcrl. — 2« brigade Renault.
Cavalerie. — Gcnéial de division, Oudinoi. — 1" brigade de cavalerie légère : général de brigade, Regnaull de Saint- Jean-a'Aiigely. — 2" brigade de cavalerie de ligne : général Tarias. — 3' brigade de cavalerie de réserve : général Lcbon des Molles.
Ariillcrie. — Général de brigade, Legendre.
Génie, général de brigade, Morvan.
Intendant. — L'inlendanl en chef, Den- DJée.
Le plus ancien général de division prendra provisoirement le commandement en chef de l'armce des Alpes.
ÉTRAHGF.R.
Espagne. — A Madrid, le roi a visité, dans les hô|iiiaux, ks blessés (jni y ont été déposés ù la suite des événements du 26. Le régiment de San-Marcialseul compte 28 blessés à l'hospice.
Russie. — Le journal de S:iint-Pétersboin'g publie une sorte de proclamation adressée au peuple russe par le czar Nicolas, qui demande le concours de la nation contre Ir s idées révolutionnaires qui, parties de la France, ont gagné l'AILmagne.
Pologne. — Le général gouverneur mililaiic de Var-^ovie, prince GorischakofI, publie, par ordre du prince gouverneur, les dispositions prises en cas d'émeute. On y remarque le passage suivant :
• Si un coup de feu est tiré d'une maison, les propriétaires et les locataires les plus Voisins de l'endroit d'où le coup est parti seront poursuivis, et ils devront prouver qu'il n'y a eu aucune complicité de leur part. •
Danemark — Le gouvernement provisoire de Schleswig-Holstein vient d'adresser aux Danois une proclamation dans laquelle il leur annonce que le roi ayant
résolu d'incorporer le Schleswig au Dane' mark comme province danoise, et de mettre à exécution cel'e résolution par la force, il a décidé qu'il défendrait les droits des duchés et ceux du duc contre toute induence étrangère, et comptait à cet égard sur l'a^ipui de tout le peuple allemand. Le gouvernement provisoire a adressé au roi une lettre conçue dans le môme sens.
7 AVRlt^.
Paris. — M. Ledru-Rollin doit rêver chaque nuit contre-révolution, retour de rois, restauration bonapartiste. Il doit voir en songe quelque citoyen, jaloux de son bonheur, venant lui enlever son portefeuille provisoire; aussi à son réveil fulmine-i-il quelque circulaire à ses agents des départements. M. LeJru-Rollin vienl encore de gratifier la France d'une de ces pièces d'éloquence qui ont excité de si nobles susceptibilités dans l'ai mée, la magistrature et l'administration. Et ce chefd'œuvre de logique ultra-démocratique a pour but de n'envoyer à l'assemblée que des républicains de la veille.
Après M. Ledru-Rollin et le général Couriais, un des orateurs les plus féconds de la République est, sans contredit, l'homme du travail, M. Lo'iis Blanc. Nouvelle séance au Luxembourg, nouvelle improvisation du citoyen Blanc. M ilgré toutes les belles paroles du premier ouvrier de France, le travail ne reprend pas son cours. La misère du peuple s'accroît chaque jour. Les circulaires de M. Ledru-Rollin et les promenades des ateliers nationaux ne rétablissent ni la confiance ni le crédit.
Sûreté, liberté, respect aux consciences de tous les citoyens électeurs; voila l'intention du Gouvernement républicain, voilà son devoir, voilà le vôtre! voilà le snUit du peuple! Ayez confiance dans le bon sens du pays, il aura confiance eu VOUS; donnez-lui la liberté, et il vous renverra la République.
Aujourd'hui a eu lieu, au théâtre de la Bcjiublique, la première des représentations gratuites offertes au peuple de Paris par le gouvernement; le plus grand ordre a régné dans cette nombreuse assemblée; d'énergiipies applaudissements ont salué tour à tour le Chant du départ, le Roi attend et les vers ^Horace. Il est impos- 1 sible de rendre l'effet produit par la Mar-
<(5i7/(ji««?,c'hanléeparniademoisell(,'Raclicl. La pliipari «les membres du goiiveriieiiieiu provisoire, MM. Dupont (de l'Eure), Lamariiue, Ledru-Rollin, Louis Blanc, Armand Marrasi, Carnoi, assislaienl à celle soleuniié.
Les (léparlemenls n'accueilleni pas avec un enthousiasme bien profond les commissaires envoyés par M. Ledru-Kollin.
A Besançon, M. Fèvre a été obli^çé de se retirer devant une maiiifesiation de toute la garde nationale, qui s'est portée à la préfecture.
A Bourg, M. Roselll-Mollel avait été prévenu ainsi que son collègue, M. Alberi Hug(|n, d'une réception fâcheuse de la part des habitants. — A l'envoyé de M. Charassin, maire de Bourg, les deux conim ssaires avaient répondu par l'ordre d'afticher leur proclamation et ranuonce de leur prochaine euirée dans le chef-lieu de l'Ain. — Le maire crut devoir s'abstenir de rendre publique la proclamation des commissaires.
M. Roselli-Mollet ne larda pas à se rendre à Bourg. Il se rendait chez le maire de celle ville, lorsqu'il fui aboidé ei entouré par une foule compacte. En vain il voulut se faire enteniire; les vociférations ei les menaces les plus violentes lont empêché de se faire écouter : « Vous èti's, lui a-t-on dit, lerepréseniani de Ledru-Rollin, de son système exécrable, nous vous repoussons; nous le traiterions conime vous, s il se présenta il. »
Ces excès regrettables ne se sont pas bornés à ces cris; on a fait ouviir les malles de M. Roselli-Mollet, on a |)ris sa commission ; la femme du Cjnimissaire elle-même a été injiniée. Cetie scène anarchique a duré plus d'une demi-heuie sur la voie publique ei dans les couloirs de l'hôlel. Enfin, le commissaire a dû quitter la ville.
ÉTRAAGER.
Angleterre. — On a affiché à profusion dans les rues de Londres la proclamation -chartisie, c'est-à-dire le pi ogramme de la journée du 10.
« Hommes de Londres, il est lenips de vous éveiller, de vous lever cl d'agir. Vous vivez à une époque féconde en éveuemiuis.
« Alors que le monde entier est en marche, voulez-vous demeurer inimobi;es?
Alors que la victoire populaire est à l'ordre du jour, qutl sera votre exploit à vous?
Hommes de Londres, la question de vos libellés naissantes ou de la coniinuaiion de votre esclavage va dans quelques jours être soumise au parlement. »
Danemark. — SchlesTvig-Holstein. — L'ennemi a occupé le bourg de Grawenstcin , appartenant au duc d'Augusiembourg. — Nos troupes occupent une forte position près de Bail, à dix mille environ en deçà de Hesisbourg. Elles sauront s'y mainienir. — Peut-être se b;il-un en ce moment. Dix miile hommes sont attendus.
Eitpagne. — L'infante doua Maria-Luisa F(rnandaesl arrivée ce matin à onze heures et demie à Saint-Sébastien, à bord d'un bateau à vapeur hollandais, venant de Rotterdam. Elle est accompagnée de son mari. Le cJipiiaine-général des provinces basques et des dépuiations de Guipuzcoa et de la Navarre ont reçu la princesse au débarcadère ; il y avait grande foule et la ville était pavoiséc. On a tire le canon; toute la troupe et les douaniers étaient sous les armes. L'infante s'est rendue à l'église, où on a chanté un TeDeum. 11 paraît que le départ pour Madrid aura lieu demain matin.
Italie. — Milan, 28 mars. — Le gouvernement provisoire a publié la nouvelle que le généralSchonhallo, chef d'éiat-major de Radetzki, 2 colonels, 2 lieutenanis-colenels, 50 officiers, 800 soldats de dilïéreiits corps, CO dragons, 3 pièces de campagne, des voilures ei caisses ont été pris par l'avocat Scogna, à la tête de iOO hommes de Brescia. Il s'est écrié, à la vue de& Autrichiens:» Rendez- vous! je suis à la tête de 4,(>00 insurgés. « Les Autrichiens se sont rendus sans coup férir.
Manloue, 27 mars. — Le sang n'a pas encore coulé ici ; mais nous aurons une liberté complète ou un horrible carnage.
Tontes les rues sont barricadées.
D'après une correspondance parlicuMère datée de Milan, le :l" avril, et publiée dans la dernière édition de la Cuiicvrdia, il paraît que les Autrichiens étaient à quatre milles de Brescia, en avant de Saini-Eufemio. Un corps de Piémoniais établi à Ospedaleilo venait d'entrer dans celte ville pour renforcer la garnison, .inimée toujours du plus grand euibousiasme.
La nouvelle de la révolution du Tyrol italien est confirmée.
Une correspondance particulière, datée de Rome le 26 mars, annonce que ce jourlà les ëtndiaiiis, conimandés p;ir le père Gavazzi, sont pailis pour la Lonibardie en même temps que deux autres bataillons de voloDiaires
Le lendemain, tout ce qui restait d'infanterie, d'artillerie et de carabiniers devait se mettre en route. Tout le monde est plein d'ardeur, on craiut seulement de ue pas arriver à temps.
Un grand mouvement se fait aussi chez les Napolitains, qui tieontnl également à joindre leurs efforts au reste de l'Italie pour expul^er les étrangers.
Le guiiveinenient romain déploie la plus grande énergie et seconde par ions les nioycHS en son pouvoir l'élan qui eairaine les peuples d'un bout à l'antre de la péninsule dans les plaines de la Lombardie.
Les dons volontaires pleuvent de toutes parts. C'est à qui apportera le plus vite les boucles d'oreilles, les anneaux, les colliers d'or.
Le grand duc de Toscane, par décret du 29 mars, établit immédiatement un corps d'opérations entre Alodène et Reggio. Ce corps agira de concert avec les troupes pontificales et sardes.
Ilulluiide. — Le roi de Hollande vient de piibiiei' un décret qui dis^^ont les états du grand-iluclié de Luxembourg l't convoque les collèges électoraux pour l'élection des nouveaux députés eu nombre double.
Ces dé|iutés s'occuperont de la réviiion de la constitution.
Paru. — Chaque ministre éprouve à son tour le besoin de prouver à la France qu'il travaille activement à remplir le mandai qui lui e8t confié.
M. (arnot qui, dans sa première circulaire, rccuinmandait (le ne passe préoccuper de lacaj»aciié des candidaisa l'Assemblée nationale, ce ministre de l'iiistruction publique qui, sans doute, dans la crainte d'être éclipse ou pour assurer sa nomination , semblait dire que les hommes les moins instruits étaient ceux qu'il lallait choisir, vient de modiOer les cours du collèj,'o de Fi ance.
Le ministre de l'intérieur adresse, dans toutes les communes, une ciriulairc parlant insiinciion sur les opérations préparatoires, relatives à la tenue des assemblées
cctoiaks.
Une grande émotion règne au Palais.
Le Gouvernement provisoire paraît avoir pris, sur la proposition de M. Crémieux, ministre de la justice, des mesures pour interdire à divers magistrats de l'ordre judiciaire de remplir à l'avenir leurs fonctions.
La cour de Cassation n'est pas exceptée.
Il peut se faire que ces mesures soient justes et même nécessaires; mais que du nioiiis personne ne puisse dire que les déplaeenienis qui auront lieu sont faits nniqiiemeni pour caser les nouvelles ambitions qui assiègent le pouvoir ! *
A Valence, deux des commissaires, sur les trois envoyés, ont été obligés de résilier leurs foiK^iions devant une manifestation énergique du peuple.
ÉTRANGER
Événement» de Chamiéry.
La colonne volontaire, au nombre de deux mille hommes, composée de Savoisiens et de Françiis, agissant contre les intentions et les ordres du gouvernement provisoire de la République, est entrée à Chambéry le 3, à huit heures du matin. Elle avait à sa tête MM. Peyssard, Burnet, 'fhiard et Guilleiinet. Elle s'est emparée d'abord des postes cl des casernes. Puis les chefs se sont rendus à l'Hôtel de ville, où ils ont fait quatre proclaniaiions pour constituer la République et un gouvernement provisoire.
Bientôt, des rassemblements hostiles au pitrti républicain se sont formés, mais les volontaires les oui forcés de se séparer en les menaçant de faire feu sur eux, et se sont alors portés sur le château royal et les édifices publics, qu'ils ont dévastés.
Alors une réaction a eu lieu. Le tocsin a sonné; les habitants des campagnes voisines se sont portés sur la ville; les gens de Chambéry, dispersés la veille, se sont joints à eux, et un combat s'est engagé avec la colonne républicaine. Les postes ont été r. pi is ; on a fait le siège des casernes occupées depuis la veille par les volontaires; les paysans étaient armés de faulx et de pioches. Le combat a duré deux heures; presque tous les insurgés oui éiè faits prisonniers, les chefs ont été mis en prison, les autres enfermés dans les édifices pu- I blics; tes journaux de Lyon portent le
nombre des moris à quinze ou vingt ; celui des blessés esi considérable.
Parmi les voloniaircs se iroiivaient quelques Français; les royalisies vaiu(|ueurs ont sépare les Savoislens des Français et ont renvoyé ces derniers en France. Trois mille hommes de troupes sardes, en rouie pour le Piémont, sont r<nircs à Chanibéry aux acclaniuiions du peuple.
Italie. — Nous recevons d'heureuses nouvelles du uariicr-gcnéral plériiontais, en date du 2 a i il. Charles-Albert avait f;iii son euirée à Créma à la lèle de l'avaiilgarde^l'un d ses corps d'armée. L'autre coups, parii de Milan, était arrivé à llrescia, où il avait éié également reçu avec enthousiasme. Le 2, un engagement assez" sérieux a eu lieu dans les enviions de Créma. Les volontaires lombards ont, soutenus par le régiment piémonlais de Pigneroi, remporté la victoire.
Le Tyrol italien insurgé a envoyé son adhésion au gouvernement provisoire de Milan. Venise a fait de même, en faisant toutefois ses réserves relativement à son organisation républicaine future. De toutes paris les auxiliaires se mettent en mouvement pour renforcer l'année sarJo-Ionibarde. Les Romains envoient douze mille hommes; les Toscans cinq mille; Naples, douze mille, et la Sicile elle-même se met en devoir d'expédier des troupes et du canon. La célèbre princesse de Belgiojoso est débarquée à Gênes avec deux cents volonlaiies napolitains et calabrais, ciiuipés et soldés pur elle pour toute la durée de la campagne. L'enthousiasme est partout à son comble. Prêtres, moines, femmes, enfants, vieillards, Valides et invalides, tous offrent à l'envi leur dévouement à la cause italienne. Les daines milanaises confectionnent des équipemeuts militaires et des cartouches. C'est une guerre sainte, une nouvelle croisade qui, bénie par Pie IX, remue jusqu'en ses profondeurs cette vieille leire d Italie, depuis si longtemps désaccoutumée d'émotions pareilles. La seule crainte de ce peuple, qu'on croyait si amolli, cest maintenant que l'Autrichien ne parvienne à s'évader sans combats.
Autriche. — Vienne. — Nous recevons des nouvelles alarmantes de toutes les parjies de la monarchie. Toute l'Italie autri-
chienne veut se détacher de l'empire. On va envoyer des renforts aux troupes, qui sont pressées de tous côtés. Depuis hier, on enrôle un corps de volontaires pour l'Italie. Deux mille jeunes gens, qui reçoivent vingt-quatre kreutz -ri par jour, se sont fait inscrire. Ou espère qup, grâce à ces mesures, l'Autriche conservera l'Italie. Mais ce n'est pas seulement en Italie, c'est en Bohême aussi, et surtout à Prague, que la situation devient alarmante.
Atirihlerre. — Lord Grey, ministre de l'iniéritur, a fait alTicher l'avis siiivanl dans Londres, relativement à la démoiistralion des chanistes :
« Attendu qu'une réunion est convoiiuée pour le 10 avril à Kensingion-Common, et que dans les avis imprimés convoquant ce meeting, il est proposé que certaines personnes se rendront processionnellement à la chambie des communes avec un trèsgrtind nopibre d'hommes, sous prétexte de présenter une pétition à la chambre des communes du parlement ;
« Et attendu ([ue l'on a été avisé que dos personnes avaient reçu le conseil de se procurer des armes et de les porter à cette procession ;
« Attendu que le projet de procession est de nature à exciter la terreur et l'alarme dans les esprits des sujets de la reine ;
« Tout le monde est engage par les présentes, et il est enjoint rigoureusement à tous de ne pas assister, ni participer, ni être présent à celte rcunion ni à cette procession ;
« Tous les personnes bien disposées sont requises par les présentes d'aider à faire exécuter les dispositions de la loi et à protéger edîcacemeni la paix publique eu comprimant toute leuiative de désordre. »
Prusse. — Berlin. — SirStrattford Canning, arrivé ici la semaine dernière, a donné à notre cabinet l'assurance formelle que le gouvernement de S. M. Britannique ferait tous ses efforts pour régler, d'une manière pacifique, les différends survenus entre le Danemaik et le Schleswig-Holstein. Dans l'attente d'un résultat favorable, il avait dissuadé le gouvernement d'envoyer des troupes prussiennes dans le Holstein. Malgré cela, les troupes se sont mises en marche. Lord Palmersion, insti uit du fait, a, dit-on, déclaré que l'Angleterre
\të —
considërrrail comme une déclaration de guerre l'arri\ée des ironpes prussiennes sur le lerriloire danois, cl qu'elle emploierait ions les moyens pour empêcher celle intervention armée.
Pars». — Le gouvernement provisoire vient, sur la proposition du niinisii-c Carnet, de créer, ainsi que nous l'avons dit, de nouvelles < liaiies au collège de France; mais ce que nous ne savions pas, cl ce que \e Monileur nous révèle ce matin, c'est la nomination de jM.M. Lamarihic, Armand Marrast, Garnier-Paj^ès et Lediu-Rollin à quatre emplois de professeur. — Est-ce mystification pour le pays, est ce prévoyance de la part de ces Messieurs? — Le citoyen Carnotleura, peiil être, rappelé que Dtiiys de Syracuse, en qniitani le pouvoir, avait été heureux de fonder une école primaire à Corinihe.
M. Lcdru-Rollin vient de fixer à 40 fr. par jour le traitement des commissaires expédiés par lui dans les déparlemenls.
On a inauguré aiijourd'liui le chemin de fer de Monieieau à Troyes. M. Marie a présidé le banquet donné à celte occasion.— Un arbre de la liberté a été planté à renliée du débarcadère.
Des adichp!!, placées dans tout Paris, convoquaient pour midi les ouviicrs place de la Bourse, pour entendre, disait-on, une communication très-importante pour eux. Uri giand nouibre d'ouvriers s'étaient rendus à cet app(-l et attendaient la communication promise, lorsqu'i nfin ils virent paraître un individu qui, après avoir déployé un drapeau, leur lut une violente proclamaiion pour les engager à chasser de France tous les ouvriers étrangers. Justement indignés d'avoir été dérangés pour si peu, les ouvriers qui formaieni le rassemblement, au nombie de in is à quatre cents, saisirent cet homme et le conduisirent chez le commissaire de police du quartier, qui lui-même le fit conduire à la Préfeclure de police.
Nous ne saui ions trop louer l'esprit qui a dicté la proclamation que vient de publier le gouvernement provisoire, et dont
les considérants sont pleins de stgesse et de générosité :
« Le gouvernement provisoire place sous la sauvegarde des travailleurs français les iravailleursétrangers qu'emploie la France, el il confie l'honneur de la République hospitalière à la générosité du peuple.
« Paris, le 8 avril IS^iS.
« Les membres du gouvernement profisoire. »
Lille , Roiibaix , Tourcoing vi'cnneni d'être le théâtre de graves dési rdres. — Des scènes de violences ont eu lieu à Lille, chez tiois citoyens honorables, MM. Versiraete, Crespel et Descanips.
La conduite de M. Pereira commissaire du Gouvernement dans le Loiret, devrait servir de molèle à tous les agents de M. Ledru-Rollin.
M. Pereira, qui, sous l'ancien gouvernement, était à la tête de l'opposition, avait vu sa candidature adoptée par tous les comités du dépariemeni; mais il a adressé aux miMnbrcs du comité réptdjlicain du Loiret une lettre dont nous reproduisons \fi passage suivant :
« Citoyens, je me ronds celle justice de n'avoir jamais alTaibli par mes actes l'auiorité morale de mes fonctions; mais je serai heureux si je puis la rehausser encore. Le goovernemeui a récemment invité les commiss;iires des départements à donner l'excmjile d'une abnégation absolue. J'accepte ce conseil : je résigne en vos mains l'honneur de ma candidature.
• Permettez-moi, en me retirant, d'émettre un vœu que je livre aux lumières de votre patriotisme. Le nom daiicun ouvrier ne figure sur la liste de vos candidats; saisissez l'occasion de ma reirai'.e pour réparer celte injuste omission. •
ÉTnANCER.
ytnghterre. — Le gouvernement prend toutes les précautions possibles contre la grande démoiistraiion chartiste. Il embrigade des constabies, il commatide des armes et des bâtons en chêne d'Afrique, comme nous l'avons dit ce malin. Aujourd'hui le Slttndard nous apprend que tous les employés de l'amirauté ont prêté serment comme consiables spéciaux; ils sont armés de bàlons el ils recevront des armes plus destructives, s'il en est besoin. Il a éié distribué hier aux autres départements cinq
cents fusils el baïonnelles, cinq cenis couteaux eldenx mille cai louches. Les divers soldats de Somniersei-Ilousc ont reçu des munitions et même des vivres pour l'éiai de siège, dans le cas où il faudrait faire le serviie de nuit. Tous les bateaux à vapeur ont ordre de se tenir prcis à transporter des troupes partout où besoin sera.
Quatre à cinq mille personnes ont prêté serment de consiable, à Mansion-House, pendant la journée.
-^M^r/e/ie— Vienne. — Aujonrd'lnii,une déclaration de guerre à la Sardaigne a été résolue par la chaiHelleriedEiaiei la chancellerie de guerre. Les journaux du soir la publient. L'Italie paraît définitivement perdue pour l'Aiiiriclie. C'est un coup niorlel pour le conmierce et l'industrie de Vienne et de Bohême.
Dans une réunion générale des chefs et officiers de la garde nationale, qui a eu lieu aujourd'hui, il a été décidé que tous les gardes nationaux porteraient les couleurs alUmaiides. Le prince Schvvarizemborg a offei l de prendre le commandement en chef des corps francs qui doivent partir pour l'Italie.
Nous apprenons, d'une source digne de foi, f)u'il a été décidé hier, dans une conféreuie d'état, que l'on ferait marcher le général Radeizki contre les Pii'montais; mais qi;e l'on renonçait à reprendre Milan.
Prusse. — Berlin. — Le gouvcrnemeni, ayant appris que les Danois avaient envahi le Sclileswig du Nord, a donné l'ordre à plusieurs bi igadfs de se mettre en marche. Ces brigades forment un corps de seize mille hommes, dont le gouvernement provisoire de Schleswig-Holstein pourra disposer.
Pologne. — Posen, 1" avril. — A Varsovie, h' prince de Paskewich a l'ail assembler les principaux habitants el leur a laii prêter un serinent, au nom de l'empereur, qu'ils ne voyagei aient à l'éli anger que pour affaires particulières, et qu'ils s'abstiendraient de la lecture de journaux et brochures politiques. Les habiianls ont prêté ce serment. Le prince leur demanda ensuite, au nom de l'empereur, de lui faire connaître leurs vœux ; mais la n ponse a été que l'on ne pouvait savoir cela que par tine assemblée du peuple. Le prince a déclaré une pareille réunion contraire aux lois de police, et a fini par dire qu'il an-
noncerait à l'empereur que les Polonais n'avaient rien à détirer.
Le ministre de rinsiruciion publique prend un arrêié relatif au concours d'admission aux places d'élèves du Collège de France.
M. Marrast invite les maires des douze arrondissemenls de Paris à prendr'e toutes les nresures nécessaires pour réprimer les attaques dirigées contre les propriétaires qui se sont refusés à donner quiiiance gra- 'ule des termes qui leur sont dus.
L'organisation du travail, par M. Louis Blanc, avec la direction des ateliers nationaux par M. Emile Thomas, coûte déjà 112,550 fr. par jour, ou 3,o7d,000 fr. par mois.
On vient de former un bataillon de garde marine consacré à la surveillance de la navigation parisienne et au service des ports.
ÉTRANGER
Angleterre. — Lord Grey vient de préscniei' un bill four la plus grande sécurité de la couronne el du gouvernement du Royaume- Uni.
Ce bil!, renouvelé d'un acle de Geot^ geslll, taxe da je'lonie toute entreprise contre la reine, ses Iréiitiersou le parlement, el condamne à la déportation les coupables de ce oime.
Italie. — Une proclamation de Radeizki déclare Vérone eu état de siège, et ordonne aux habitants, sous peine de mon, delivr-er toutes leurs armes dans les vingt-quaire heures.
Milan. — Demain, après l'office solennel pour le repos de ceux qui ont succombé eu délèiidant leur p lys, la princesse Belgiojoso entrera avec ses deux cents volontaires des Abruzzes déjà arrivés a Locale.
Padoue et les autres villes de la Vénélie orgarrisent leurs moyens de défense. Le corps fia irc , commandé par Sanferma, marche sur Vérone.
A Manioue, d'après ce que dit une correspondance, le gouverneur a Ir-âppé sur lesisraéliics une contrihuiinu d'un iiiillion.
Les jésuites ont quitié Konre, cédant à la loi el ne voulant pas que leur personne ser-
vft de prélexle à quelque grave désordre et à l'effusiou'du sang.
Vienne. — L'aicliiluc Jean, le plus populaire (les archiducs autrichiens, est parti pour Fraiicfori pour représeuier l'empereur aux séances de la dièie germanique.
11 AVKIL.
La grande revue de la garde nationale, qui devait avoir lieu dimanche, 16 avril, a été ajournée au 20 ; d'ici 1*, dis armes seront données aux citoyens non armés.
La garde nationale de Paris reconnaît aujourd'hui ses ofûciers.
Des troubles sérieux ont éclaté à Troyes, au Havre, à DuIiîs, dans l'île d'Olerou, à Besançon et à Bfzitrs.
Une insubordination dans le 12' régiment de dragons à nécessité la mise à la retraite d'un capitaine, la non aciiviié et la suspension de deux autres officiers de ce grade.
Une instruction se poursuit, surla plainte portée par M. Taschereau, contre le sieur Blanqiii, a raison de la lettre publiée par ce dernier dans les journaux.
M. Blanqui a n çu citation à comparaître devani le juge d'instruction chargé de cette alfaire.
La république de Venise a envoyé trois députés au gonvernenient provisoire français. Le conseil d'étal du canton de Vaud a adressé piiredleunnl une lettre de felicitalion, ainsi que les Français résidant à Alexandrie (Egypte).
Le National présente à la France une liste de candidats à la députation. D:ins cette liste qui remplit dix-huit colonnes, les rédacteurs du National sont tous portés, et on demande leur admission dans les quatre-vingt-six départements.
ÉTRASGER.
La tranquillité règne en Angleterre, mais raiiitiide des chartistes est toujours menaçante.
Italie. — Lombardie. — Il n'y a pas encore eu d'engagement entre les deux armées.
Plaisance a demandé la protection de Charles-Albert.
Le roi de N;iple5 a composé un nouveau ministère avec M.\L Troiîi, Dragoneiti, Vignali. Fcreitiet Uberli.
Allemagne. — Le mouvement populaire poursuit son cours, les rois, la diète, tous les anciens pouvoirs sont traînés à la remoiqueou annulés. L'assemblée préparatoire avait émis le vœu que les élections se fissent d'après un mode uniforme dans toute l'Allemagne. La diète de Francfort a accédé à. ce vœu.
La confédération allemande renferme 30,104,392 habitants. 11 y aura un représentant pour 50,000 hommes. L'assemblée nationale allemande aura donc 605 représentants.
Danemark. — Le 5 avril, le roi s'est embarqué sur le steamer de guerre VAcgir pour se rendre à Flensbourg, dans le duché de Schieswig et se mettre à la lêie de l'armée.
Efpagne. — Une émeute qui avait troublé l'université de Madrid, a Qui par l'arrestation de dix-sept étudiants qu'on a en-^ voyés dans le chàteau-fort de Ségovie.
Le chef de police Ridondo, blessé pendant l'insurrection du 18 mars, e:;t mort des suites de ses blessures.
Deux décrets du Gouvernement provisoire sont rendus aujourd'hui :
Le premier supprime le cadre de réserve pour les olHciers généraux de terre et de nier.
Le second abolit la peine de l'exposition.
En donnant notre entière approbation au deuxième décret qui supprime une peine qui, eu éteignant le sentiment de la pitié, familiari>ail avec la vue du crime; nous blâmons sévèrement le premier décret qui prive le pays de la haute et vieille expérience d'un grand nombre d'ofïïi'iers distingués, dont la jeune république pouvait réclamer les services.
Le club de la Voix du I^euple, présidé par un sieur Astima, a occasionné de graves dé'ordres dans Toulouse.
Environ cinq cents personnes, à la téie des quelles se trouvait le président du club, ont forcé les grilles de la prélcciure à l'issue de la re\ue de la garde nationale, que venait de passer M. Joly, conunissaire du Gouvernement, et lui ont demandé des armes.
L'intervention heureuse de la garde nationale a comprimé cette rébellion; le chef de l'émeute et un grand nombre de ses complices ont été arrêtés.
Lille vionl d'élre témoin d'un f;>il bicii singulier, fioni l'auUuir esl un des délégués de M. Lediu-Ilcjllin.
An niomeni de réchauffjiirée de Belgique, les sieurs Blervacq cl Jaspin avaienl éié ariêiés sous la prévention daelcs hostiles non approuvés par le Gouvernenienl et exposant l'Etat à une déclaration de guerre.
Le réquisitoire du commissaire du gouvernrment près le tribunal de Lille concluait à une ordonnance de non-lieu. La chambre du conseil n'adopta pas ces conclusions; elle exigea un supplémfnl d'instruction.
Ces faits se passaient samedi dernier. Le lendemain dimanche, le tribunal se rend à la préfecture pour assister à la cérémonie do la planiaiion de l'arbre de la Liberté. La commissaire-général Delescliize, qui était dans la grande galerie, avec les personnes déjà arrivées, se précipite au-devant des membres du tribunal, et d'un ton irrité, avec des gestes menaçants, il leur adresse une remontrance dont voici à peu près les termes :
« J'ai été indigné, citoyens, d'apprendre que, contrairement au réquisitoire du commissaire du gouvernement, la chambre du conseil ait ordonné un supplément d'instruction dans l'affaire Blervacq et Jaspin. Je sais que celte mesure est dirigée contre moi et vous a été inspirée par les journaux légitimistes, conservateurs et barrotisies (sic). C'est un acieanii-naiional, anti-démocratique; mais sachez-le bien, votre décision ne suivra jjas son cours ; j'ai brisé l'écrou, et Blervacq est libre! Ne songez pas à revenir sur cette affaire, ou j'use de mes pouvoirs. J'ai le droit de vous suspendre, Cl la révocation suivra immédiatement la suspeuMon. »
Le commissaire Delescluze se présente sans doute comme candiJat à la représentation naiionale. Il vient de trouver un nouveau titre aux sympathies des populations.
Les sous-offîciers de la garnison de Lyon viennent de décider en assemblée générale que le fourrier d'artillerie, dont la conduite avait amené le trouble dans la ville, avait gravement manqué à la discipline militaire.
ÉTRANGEB.
Angleterre. — A la séance du parle-
ment, le duc de Beaufurt a demandé au présiient du conseil si dans le livre des staïutsil y avait des lois donnant au gouvernement des pouvoirs suffisants pour renvoyer les étrangers qui viendraient troubler le royaume. « Dans le c:is de la négation, a ajouié le duc, je demanderai si l'on a l'intention de recourir au parlement pour obtenir des pouvoirs extraordinaires. •
Le marquis de Lansdowne répond qu'il est du devoir du gouvernement et du parlement de prendre des mesures contre les éventualités qui pourraient éclater, et que le gouvernement va s'en occuper immédiatement.
Ilnlie. — Les troupes toscanes sont parties pour la Lombardie. — L'archevêque a célèbre le service divin et béni les sol.-lats avant leur départ.
Alhmarjne. — L''s étudiants de Berlin pétitionnent auprès du ministère pouréire autoris''s à ne pas suivre les cours du semestre prochain. Ils voudiaienl furm('r des corps de volontaires pour aller en Schleswig-Holsieiu. D'autres croient urgent de se livrer à des exercices militaires en vue d'une guerre générale et nationale.
L'envoyé danois piès la cour de Prusse a remis au ministre des affaires étrangères une note dans laquelle il déclare que !c Danemark considérerait l'occupation du territoire du Schleswig-Hobtein comme une violation du droit dos gens. L'; gouverneiuent danois ne souffrira jamais qu'un empiétement sur ses droits souverains, sur ses provinces, ait lieu de la part d'une puissance allemande.
L'empereur d'Autriche est parti pour Presbourg, pour y présider en personne la clôture de la session de la dicte de Hongrie.
Portugal. — Les journaux de Lisbonne, que nous recevons p;ir la voix d'Espagne, annoncent un chaugi ment de ministres.
Egpagne. — Le duc et la duchesse de Montpensier sont arrivés à Madrid, le 6, dans la soirée. Le roi, la reine et la reinemère étaient allés à leur rencontre à une assez grande dislance.
Ilussie. — On écrit de Saint-Pétersbourg, le 22 mars :
« Les étrangers, et les Français surtout, sont attentivement surveillés par le gou-
vernoniciu, sans êliR cependant incommodes en nncunc manière. l,a semaine passée, les Français résidant ici onl été mandés chez M. le comte Orlofl', qui leur a dii, qu'en l'absence d'un chargé d'aiïaires de France, leurs intérêis seraient représentés pa- l'empereur et par lui.
Pologne. — Cracovie. — Dès que le penp'e a su ce qui s'était passé à Vienne, le 17, il s'est porté vers les prisons pour en briser les portes. Alors, le comte Adam Poiocki s'est rendu ch-z le gouverneur, a obtenu l'élargissement des pjisoiiiiiers.
Les plaintes contre les commissaires se mufliplieni chaque jour. Partout la république a été bien accueillie, pourquoi donc attaquer chaque jour noire liberté con-. quis"? pouri|Moi fiit-on régner l'arbitraire et proscril-ju la légalité?
Pourquoi, an nom delà fraternité, celle division de la France en républicains de la veille et rcpublicainn du lendemain?
Si ceux de la vrille ont renversé, ceux du Iciideaiain cuipêcheront de détruire!
Un grand nombre de rédaclenrs de journaux ont quille; aujourd'hui Paris, dans l'intéièt de leur candidature.
Avant d'aller se présenier aux électeurs de l'Ariége, M.. Xavier Durrieu a inséré la noie suivante dans le Courrier français, qu'il dirige :
«Oui, M. Durrieu a dit à M. B^anqui qu'il avait tort de conspirer, — sll conspirait, — et qu'il n'avait ni l'autorité ni la puissance nécessaires pour se fiayer brusquement un cheuiiu au pouvoir. ^
« Non, M. Durrieu n'a pjs dit à M.B.'aaqui que MM. Ledru Kollin et Lamariiiie avaient l'iniention de molilior, avec son concours , le gouvcrMcmeiii provisoire.
Cela C.-1 absurde, et voilà tout. •
Cette noie, dans laquelle M. Durrieu donne un démenti si formel à M. B'anqui, se trouve contredite par .M . Cabsl, le chef du communisme, qui alTiruie que le réducleur du Courrier a proposé, devant lui, à M. Blanqui, un rendez-vous avec MM. Ledrii-Koliin et Lamartine. qui avaient chargé M. Durrieu d'être leur iniermédiaire dans celte circonstance.
L'eniréo dans Paris du 61' régiment de liRuc a élé marquée par un incident assez curieux. Des groupes nombreux s'étaient lormés dans le haut du (aubourg Saint- Antoine, et paraissaient vouloir s'opposer à ce que les troupes franchissent la barrière.
Enfin la lêle de colonne déboucha par la barrière du Trône, le fusil sur l'épaule et la baïonnette au bout du fusil, tenue de service.
Des cris se firent entendre ; quelques ouvriers filent mine d'enlourer le colonel.
— Citoyens, dit celui ci avec beaucoup de sang-froid, est-ce que le gouvernement provisoire est renversé ?
— Non, certes!
— F.h bien ! alors, laissez-moi donc passer; voilà ses ordres.
Et la foule, s'inclinanl devant l'autorité populaire du gouvernement de la République, ouvrit ses rangs à la troupe, el cria : Fiée le colonel!
.ÉTBANGER.
Une insurrection sanglante a éclaté à Cassel.
La Dièie gormanique a rapporté toutes les lois exceptionnrlk'S rendues depuis
Une rencontre a eu lieu entre les tioupes danoises el celles du duché de Schlewig.
Dans le duché de Posen, les Polonais ont pi is des mesures militaires contre les Pru.'isicns. Des barricades ont élé élevées. — Un corps de deux mille lanciers et un détachement de noble>, suivis de leurs paysans armés de faux, occupent la ville de Pleschen.
Naples. — Le prince Frédéric de 1 Schw.irizL'mb Tg a quiiié Naples, oîi il représentait l'empereur d'Autriche. — Le peuple avait ai raché l'écussoa du fronioii de riiôiel, et l'avait brîiié en présence de la garde bourgeoise. La demande en répation qu'avait formulée le prince n'ayant point été satisfaite dans des délais convenables, l'ambassadeur a jugé à propos de se retirer.
Au milieu des mille placards ou affiches qui lecouvreni les murailles de Paris, on dislingue une feuille paraissant presque périodiquement, imprimée sur papier blanc,
— ISO —
couleur résfrvée aux proclamations officielles, poriani en lèle les mois de bulletin DE LA RÉPUBLIQUE, H en secoiid titre, Ministère de l'Intérieur. — On se deniaiidu (juclle est celte feuille qui présente tous les caractères d'un acte cITiciel et qui ne porte pas de signiiture. ■
Celle publication n'émane pas directement de M. Ledru-Roliin. — Malgré les singulières et dangeieuses ihéoiies émises pai' le Biilleiin de la République, nous ne l'ailnbuons pas au ministre provisoire de l'intérieur. M- Ledi'u-llo'lin a signé des ciiculaiies assez extraordinaires |X)ur signer l'ranclienient son Bulletin; mais s'il n'en eti pas l'auienr, il en est au moins le patron et le propagateur.
Conim. nt donc un ministre de l'inlcrieur, un citoyen aucpiel le pays a confié la mission de maintenir l'ordre, laisse-t-il publier sous sa pioteciion une publication qui invile les ciioyens à la guerre intestine?
Comment M. Ledru-Rollin laisse-t-il impi inier sous sa responsabilité un appel à un combat nouveau, si les de'pnrtements ne font pas triompher ce que le Bulletin nomme la vérité sociale? et laisse-t-il écrire : Paris se regarde, avec raison, comme le mandataire de toute la population du territoire natiottal; et s'il ne peut pas persuader, il aura la douleur de vaincre.
Au reste, cette conduite de M. Ledrn- RoUin se trouve justifiée par celle de ses émissaires.
A Muniauban, le commissaire Sauriac est obligé de prendre la fuite six heures après son arrivée, parce qu'il émei l'opinion de la mise en conimuii de la propriété et menace de faire jeter à la Seine les mauvais députés que la province pourrait envoyer.
A ïroyps, où la République a été proclamée avec tant d'enthousiasme, oii le repos et le calme sont si nécessaires à une population essentiellement manufacturière, c'est le délégué de M. Ledru qui trouble la tranquillité. Monleliniari et Le Quesnoy demandent le renvoi des proconsuls qui les agitent.
L'on a refusé à lord Brougliam le titre de citoyen français, que le pair d'Angleteire prétendait unira sa position de sujet de la reine Victoiia.
Le tribunal de police correctiotlnelle vient de condamner à six mois d'empiisonnenient un sieur Lefèvre pour avoir usurpé le titre et l'uniforme de ca|)it:iiiie de la garde nationale, et s'être ap|iroprié, pendant son séjour aux Tuileries, après le 24 févi ier, un poriefeuille du duc de Nemours, plusieurs bijoux et d'autres objets provenant du château.
ÉTRANGER
ZowiAorrfî'e. — Charles-Albert a rencon- Iré les Autrichiens. Il a franchi le Mincio €1 forcé l'ennemi à se replier sur Mantoue.
Le fils du duc rie Lucques a été arrêté et gardé en otage à Crémone.
Danemark. — Un engagement meurtrier a eu lieu enlre les Danois et les Schleswikois, sous les murs de la forteresse de Flensbourg.
Le détachement Schleswikois, qui défendait les abords de la fur tei-esse, a été taillé en pièces. Le Commandant, comte de Bandissin, à été tué.
Les Schltswikois se sont repliés jusqu'à Isladt.
Cet engagement n'est que le prélude d'événements plus graves. La Prusse est engagée contre le Darremark.
L'envoyé allenrand, char-gé d'offrir la médiation de la confédération germanique, a échoué dans sa mission .
Huit mille Prnssieirs sont entrés à Alloua, se dirigeant sur Schleswig, avec six escadrons de cavalerie et seize pièces de canon.
P. S. La Gazette de Cologne, que nous recevons à l'instani, annonce que la ville de Schleswig elle-même est tombée au pouvoir d( s Danois.
Le roi de Danemark n'a pas même voulu recevoir l'envoyé prussien.
Sicile. — La Sicile est tranquille ; le comité gonver'iie avec vigueur. Les gardes iiaiionales sont formées ou se forment partout.
Après la vérification des pouvoirs des membres du par lemeut, o)^ a commencé la discrrssion des dispositioirs à prendre pour l'institution d'un pouvoir executif en remplacement du roi dcNaples, déclaré déchu du trône sicilien.
M. ïluggieroSeitimo sera, dit-on, nommé régent. Il est aujourd'hui présidenl du comité i^éuéral.
Paris. — En réorganisant la garde jiationalc, le gouvenienieiil a décidé que Ions fes emplois seraient dtjuiiés à l'élcclion, ei que les places d'ulTicier d'ciai-major seront réparties enire les différentes écoles et les corporaiions d'ouvriers.
Aujourd'hui, les travailleurs de Paris et de la banlieue se sont réunis pour procéder à ces élections, et se sont rendus au Champ-de-AIars avec un drapeau et un tambour.
Le bruit s'est bientôt répandu que des •■gens mal intentionnés, des députes des clubs les plus exaltés, des membres de la société du communisme, s'éiaienl glissés parmi les ouvriers et cherchaient a formuler le désordre.
La Icciuie du seizième bulletin de la République, donnait une apparence de vérité à ces bruits. L'émotion des différents quartiers (ut vive. On battit le rappel, et bieniôt tous les gardes nationaux furent réunis.
A une heiiie, les ouvriers quittèrent le Chainp-de-Mars, majclianl en colonnes par corporation, ayant une bannière sur laquelle ou lisait: Abulllinn de l exploitation de l'homme par l homme, organifalion du travail.
A la hauteur du pont Notre-Dame, le passade a été fermé à la colonne, par la garde nationale.
Le généial Duvivier avait élocirisé la garde mobile par une énergique allocution, accueillie avec des vivais d'enthousiasme à l'arrivée des jeunes volontaires. — Un passag(! s'est onveit pour le di fiié des ouvriers devant MAI. Lamartine et Marrast; puis la garde nationale est passée à son tour aux cris de : Fire le gouvcrnetneut prorixoirt! vice la réiiubliquv! à bas les com/iiutiisles! les fauteurs du désordie. — La tianquillité et le calme le plus parfait régn.iient dans Paris à dix heures du soir, moment de la rentrée des légions.
La garde de la banlieue était venue prêter maiu-forie ù l'ordre et aux lois.
Les préparatifs pour les différentes candidatures absorbent tous les instants, dans Paris et les drpartenienls. — Les feuilles publiques, les murailles sont pleines de professions du foi des candidats.
Un décret du gouvernement jirovisoire
abolit l'impôt sur le sel, à partir du l"jaavier 1849.
ÉTRANGIiR.
La Dièle allemande s'est prononcée contre l'iiiva-ion du duché de Schleswig par le roi de Daiiemarck.
Angleterre. — Les charlisies ont décidé qu'ils enverraient deux commissions dans tous les districts de l'Aiigleierre et de l'Ecosse pour développer l'agitai ion en faveur de la charte. — Trois délégués sont partis pour l'Irlande, dans le but de deniauder i'envoi de députés irlandais à l'assemblée de Londres.
Italie. — La victoire du passage dti Mincio a été suivie de deux autres succès à Burghetto et a Munzambano.
L<! gros de l'armée sarde s'avance dans le triangle formé par Peschiera, Vérone et Mantoue.
Le chargé d'affaire du gouvernement autrichien, à Florence, a pris ses passeports. — L'envoyé toscan a été rappelé par son gouvernement.
Suisse. — Le général ïhiars, ambassadeur de la R('publiquc en Suisse a remis ses lettres de créance au vice-président du direcloiie. Dans la soirée, on lui a douné uue brillante sérénade.
Paris. — Au mouieiit de la réunion de la ga?de nationale et de la garde mobile, lorsque l'on crut à une tentative contre le gouvernement, les élèves des écoles vinrent de mettre à la disposition du pouvoir.
M. Lamanine, en les remerciant ainsi qu'uue dépuiaiiou , à la lèie de laquelle se trouvait AI. Chàieau- Renaud, un des combattants de février, a prononcé un lung discours dont uous avons retenu le passage suivant:
« Ou avait rêvé, dii-on, d'attaquer le gouvernement piovisoii'c; ou avait procluMié en sa place un coniiic de salut public; on voulait le scinder et jeter l'anarchie dans son sein , ainsi que dans ro|)iMion du pays. Giâce à la presque unaiiiinité de la population, le gouvernement piovisoire pourra remettre ses pouvoirs entre les mains de l'Assemblée ualioiiale. »
AlAI. Louis Blanc et Albert, qui, installés au Luxembourg, sont ceusés occupés à
lo2
orgoniser le iravnit, ont public un manifeiie qui a excilé une cerlaine émotion dans le public
• Nous voulons, disent ces deux orgaiiiteiirs, faire nommer vingt ouvriers parmi les (renie- quatre représeutanis de Paris. »
Ces ÎMessieurs piennent un arrêté, composé de dix articles, dans lequel ils indiqiirnl la marche à suivre pour ai i ivcr au but qu'ils se proposent.
C'est tout simplement une attaque directe contre la liberté du vote.
L'on travaille avec activité à l'arc de triomphe de l'Etoile pour la fête qui doit être célébrée le 20. Uu côté de Paris sera établie une large plattfornte sur laquelle aura lieu la remise des drapeaux aux légions et aux régiments.
Le Gouvernement provisoire partira à midi de la colonne de Juillet. Les légions et les troupes de lignes occuperont les boulevards et les places, depuis la Bastille jusqu'à la route de Neuilly.
Départements. — M. Sauriar, ou plutôt le citoyen commissaire Sauriac, expulsé de Montauban quatre heures après son arri\ée,avoulu traiter en cité n belle la ville qui lui avait fermé ses poi tes. Le délégué du niiaJstre de l'intérieur est revenu avec deux batteries d'artillerie et un fort détachement du 11" chasseurs.
Malgré l'avertissement de quelques honorables citoyens, qui s'étaient portés audevant de lui, le citoyen Sauriac a persisté à entrer dans la ville; mais la générale avait battu, les gardes nationaux avaient pris les armes; les canons furent arrêtés au faubourg, et l'escadion (Je chasseurs ne suivit AL Sauiiac que pour être témoin de la pron)piitude avec laquelle il a donné sa démission aux cris de : Fioe la République! proférés par tous les assistants.
A Saint-Etienne, une foule de femmes s'est portée sur les couvents des religieuses qui, disaient les révoltées, leur enlevaient leur travail en occupant leuis élèves à des ouvrages de couture. La communauté des Reines, celles du Refuge et de la Providence ont été dévastées complètement.
Aux maisons de la Saiutc-Faïuille et à celle des Dames de l'Insirucliou , les métiers ont été livrés aux flammes.
La collision a été sanglante. On a à regretter un certain nombre de victimes
parmi les rebelles et dans les rangs de la garde nationale.
ÉTRA>GEn.
Italie. — Lombardie. — Le 10, nue première sommation a éé adressée à Pescliiera.
Le U, le quartier général a été transféré de Castiglione à Volia.
Le 12, Charli'S-Alberl devait se rendre à Goïio, pour y disiribu( r les décorations aux hommes qui s'étaient le plus distingués dans le combat du 8.
Le même jour, divers détachements d'ar lillerie devaient partir pour Peschiera , dont l'attaque était projetée pour le lendemain.
Les ducs de Savoie et de Gêiies se trouvent à l'avani-garde.
Le liouienant-cotonel toscan Ghizzi est arrivé au quartier-général avec des lettres du général Ferrari, qui met à la d'sposition de Charles- Albert les troupes dii grand-duché.
Le mouvement du Tyrol italien devient chaque jour plus important.
Le conseil de guerre de Brescia a pris les dispositions nécessaires pour appuyer les opérations combinées, par cinq cents hommes armés et huit pièces de canon.
Bologne. — Les étudiants de l'université ont obtenu d'être organisés en garde universitaire.
MoJène. — Une imposante cérémonie a eu lieu hier en l'honneur de Menotii. Un immense concours de population s'est rendu au cimetière où fui poilée, il y a dix-sept ans, la victime de François IV. Le drapeau tricolore a été planté sur la tombe. Dl'ux discours ont éié prononcé par MAL Paolo Fabizi et Atioronucci.
M. S. Raissini a lu une pièce de poésie.
Les doux fils, la sœur et le neveu de Menoiti assistaient à la cérémonie.
Falachie. — Une révolution a eu lieu à Belgrade. Les Turcs ont été chassés, le prince Bibesko destitué.
Paris. — U est six heures du matin, le tambour bat le rappel dans tous les quartiers de Paris. — Les trompettes sonnent, les gardes nationaux, les régiments de ligne, viennent occuper leurs places de bataille. — Aujourd'hui, on ne redoute pas
lëmeuie, on n'a pas la crainte d'une collision. Ces irois cenl mille hommes armés voni recevoir le drapeau républicain, et jurer, au nom de Dieu et du peuple, de le défendre jusqu'à la morl.
A dix heures du malin, le gouvernement proviî-oire, Us ministres, le conseil d'état, les dépuiiilions, les cours de cassation, des comptes, d"appel, les généraux des difftrenles armes sont sur la grande estrade.
Le défilé comnicBce par les légions de la banlieue, et, tour à tour, aux cris mille fois répétés de : vive la république! chaque bataillon, chaque régiment vient recevoir J 'étendard cpi'il juie de défendre.
Au milieu de cette masse de citoyens de lotit âge et de loule conJilion, qu'une mêaie pensée, celle d:; l'ordre, qu'un seul désir, celui du bonheur public, qu'un seul vœu, celui de la fraternité, animent, on remarque un groupe devant lequel chacun s'incline.
Enlre une seclion de la gai de nationale, celle milice citoyenne, ei une compagnie de garde mobile, ces jeunes voloniaires qui aspirenl à combattre pour la gloire du nouveau drapeau , on voit marcher un peloton des vétérans de l'empire.
Ils ont conservé le vieil uniforme avec lequel ils ont parcouru le monde; un elTicier de l'ancieime garde impériale les commande, el au chant des Girondin», que répctenl les jeunes voloniaires, ils répondent avec la Marseillaise et le Chant du départ, qu'ils entonnaicni alors qu'en Italie ou en Egypte, ils iiiserivaiiiil les numéros de letus demi-brigades victorieuses sur les murailles de Mantoue el sur les Pyramides.
Pendant douze heures les troupes ont défilé, el partout on saluait avec joie el sympathie ces hommes, sur lesquelles la France républicaine a le droit de compter pour être grande, forte el juste.
Le gouvernement provisoire a bien inauguré la léie de la Fiaierniié, il a accordé une amnistie pour les réfraciaires.
Les travaux de la salle de l'Assemblée naiionale marchent rapidemcnl vers leur Bn. — Aujourd'hui, après avoir placé un drapeau sur le iiiouunjeni, les ouvriers, conduits par M. Joly , architecte de la salle, sonl venus saluer le ministre des travaux
publics, M. Marie, qui a répondu el donné l'accolade à l'orateur des ouvriers.
On pai le de la création d'une armée de l'Est, composée de quatre divisions iiifanleiie et cavalerie, le conimaudemeut ea serait donné à M. Cbangarnicr.
Les départements ne jouissent pas de la. tranquillité qui lègue à Paris.
A Amiens, les commissaires Leclanché el Lefèvre sont obligés de quitter la ville. Cambrai, Nevers, Lille, voient les énieules paralyser le travail.
Un bataillon de la garde mobile de Paris est arrivé à Amiens par le chemin de fer.
ÉTUANGER.
Fruste. — Les nouvelles de Posen sonl peu favorables aux insurgés; ils ont évacus Schroda. — Les Polonais se disent trompés par les nobles, el veulent marcher contre eux.
Autriche. —Vienne. — Le 14, le ministre de l'intérieur a eu une conférence avec l's députés de plusieurs provinces sur lo projet de la nouvelle constitution. Le ministre a, dit-on, proposé les bases les plus favorables : jury, deux chambres avec l'initiative, le droit de vote de l'impôt, responsabilité des ministres. La couronne ne pourra noniuicr qu'un cinquième des pairs!*
Tous les cinq ans la chambre sera renouvelée.
Pour la chambre des députés, seront électeurs tous les citoyens âgés de vingtun ans, sans condition de cens. Il sera nommé un d('puté sur trente mille habitants. Ou croit que la nouvelle constitution sera promulguée le jour de la fètc de l'enipereur. La Diète sera convoquée dès le mois de mai.
Grand-duché de Bade. — 0:i écrit de Carîsiiihe, 17 avril : • Aujourd'hui , des troupes sont parties pour Muuheim, où de nouveaux troubles ont éclaté. Les maisons des députés Bessermaun el Maihy ont été, dît-on, pillées. — Un baiaillon d'infanterie est arrivé de Rasiadt. Des troupes de la IL sse-Electorale et de Nassau entreront, dit-on, dans le grand-duché.
Italie. — Le gouvernement provisoire de Milan vient d'adresser un uianifeste aux nations européennes, au nom de l'Italie op-
primée, renaissant de son propre courage à l'indépendance el à la vie poliique.
Lequaiiier-géiiéral de l'arniéc piémonlaise est toujours à Voila.
On a lu aux iroupes autrichiennes de Vérone un ordre du juur qui leur reconiniaude de conserver à tout prix la ligue du Mincie.
Les dernières nouvelles offîclélles que nous recevons de Vienne, nous annoncent que l'ordre a éié donné aux imupes, encore dis[)onibles, de prendre la roule de l'iialie. Le comte Hanig est parti pour Vérone avec de nouvelles insiruciions pour Radelzki, à qui il est enjoint de tenir ferme entre l'Adige et le Mincio, et de réunir le le plus de forces possibles contre Venise, qu'il faut reconquérir à tout prix.
La marine de Charles-AJbert portera désormais les couleurs iialiennes, blanc, vert et rouge, avec les armes de Savoie au centre.
C'est l'ancien drapeau de la république cisalpine.
Paris. — Toutes les murailles de Paris sont couvertes de placards, de professions de foi. Tous les journaux contiennent des listes de candidats à la représeuiation nationale.
Le fameux Bulletin, toujours émanant du ministère de l'intérieur, et toujours imprimé sur papier ofliciel , a un peu diminué ses provocations anarcliiques, mais il parle encore û'écraser les ennemis de la République.
Le Bulletin devrait bien comprendre qu'il faut lâcher de n'écraser personne, el que la République n'a pour ennemis que ceux qui veulent la faii'e oppressive et menaçante.
Les journaux des départements, même ceux qui oui soutenu avec le plus de courage les actes du ministre de l'intérieur, s'accordent tous pour repousser les doctrines du Bulletin.
Le National de la Gironde, qu'on ne peut accuser de tiédeur républicaine, s'écrie avec indignation :
« Honte à ces «lisérables ennemis de notre jeune République, qui conspirent ainsi contr e le repos du pays, et vouJiaieul l'enlraïuer dans la guerre civile! »
M. Dubois, juge au tribunal de Lille, vient de donner une preuve de courage ci-
vique, celte vertu si rare et si néressaire aujourd'hui. Les acclamations de la foule ont salué la noble conduite de M. Dubois. On sait l'échauffourée tentée en Belgique; la captivité de M. Blervacq, sa mise en liberté par oidre de M. Delescluze envoyé de M. Ledru-Rollin, la conduite outrecuidanie de ce commissaire vis-à-vis du tribunal, ses menaces. M. Dubois écri- . vit au petit proconsul d'avoir à faire réintégrer le prévenu Blervacq dans la maison d'arrêt, et au conmiissaire du gouvernement piès le tribunal d'avoir à lui transmettre le dossier fourni par le juge d'instruction. M. Delescluze, auquel le piocureur de la République envoie cette lettre, fait répondre à M. Dubois par une suspension. Le magistrat refuse d'obéir. Il ne relève que du ministre de la justice, il continuera ù exercer sa charge; en effet, aujourd'hui il a lenu son audience à la suite de laquelle tous les membres de la cour et du barreau ainsi que la foule des citoyens l'ont ramené chez lui. Là, M. Dubois a prononcé quelques paroles pleines de convenance el de dignité, accueillies par les marques les plus énergiques de sympathie.
Lyon est en proie à u:ie sourde agiiaiion. — A Perrache, les ouvriers ont pdié un caisson de cartouches qu'ils se sont partagées.
La tranquillité règne dans Amiens; La garde nationale sédentaire, la garde mobile, arrivée de Paris, et lu troupe de ligne oui fraternisé.
ÉTRANGER
Italie. — Tous les forts qui entourent Peschiera sont au pouvoir de l'arinée piémoniaise. — Charles-Albert, atin de ne pas perdre un temps précieux, va convertir le siège en blocus. Les Autrichiens ont abandonné Villa-Fianca.
Élats-Uni*. — A New-York et à Halifax, de grandes démonstraiions ont eu lieu eu l'houiieur de la révolution française.— A Wu'îhington ei à Pliiladelphie,lesniéinea réjouissances publiques ont eu lieu.
Le travail des éhctiont, ainsi qu'on nommait les manœuvres électorales sous le gouvernenieiil di'chu, se coniinue chaque jour dans Paris et dans les déparieluenis. 11 y u cependant un changement,
l'inliniidation a remplacé la corruption. Des clei leurs île Paris cl de Nancy nous signalent plusieurs actes coupables des agents du gouvcrnemenl.
Hier.unècollisionsanglanlea failli avoir lieu entre un pelolon de la garde naliouale, commandé par le capilaine Moïse, de la première légion, el la g-arde républicaine qui occupe la préfecture de police. Celle-ci voulaii empêcher le cajjitaine Moi e de venir pretidre le poste qu'on lui avaii assigné. Heurensemeui, une explication a sufli, et les deux corps ont fialenlisé aux cris de vh'e la République!
Voici un curieux éclianlillon des théories soi-disant républicaines, du club de la Voix du peuple, à Toulouse.
tJu orateur est à la tribune, au-dessus de laquelle est gravée la devise : Liberté, égalité, fraternité:
« Citoyens! je demande la mort de tous les aristocrates et le partage des biens. (Bravo !) Allons chez les riches et faisonsnous justice nous-mêmes. Savez-vous comment il faut y procéder? Y a-i-il ici un aristocrate, voyons? Qu'on me l'amène; je ne fais que comme ça (il lait le signe d'ôler un poignard), et psitt! et je foule sa tête à mes pieds. (Bravo!) On agit comme ça avec les aristocrates, les pr êtres et tous les mauvais citoyens. Voila ma devise!
« Un autre orateur le remplace à la tribune :
• Ciloyens, dit-il, un sergent a été puni injustement par son capitaine; je le sais, moi. Il a été mis aux airêis. Je demande donc qu'à l'instant même on le fasse met-r Ire en liberté.
• Quant au capilaine, je demande qu'on nous l'amène ici. Nous le mettrons en lambeaux, et chacun de nous en emportera un morceau chez s il. Voilà ma motion ! (Applaudissements frénétiques.) • ( Gazette des tribunaux.')
Un receveur particulier écrivait au ministre des finances pour obtenir de l'avancement, et en appelait à son dossier pour justifier di; ses titres à cette faveur. Il a reçu la réponse suivante :
• Monsieur, je me suis fait présenter votre dossier, suivant vos désirs.
• NomuiéeniS.jOà la recette particulière de Bressuire, qui vaut neuf mille francs, vous avez été envoyé en 1837 à Falaise, avec avancement.
« En 1840, vous avez été appelé à la recette de Péroune, qui rapporte seize mille francs.
• En 1 8il4, vous avez demanr^é, pour votre
convenance particulière, la recelte de ,
quoique d'un produit un peu moindre, et vous avez obtenu celle faveur.
• En 18A0, vous avez été nommé membre de la Légion d'Honneur.
• Enlin, monsieur, vous n'avez cessé de solliciter de tous les ministres une meilleure position.
« Ce n'est pas tout encore. Dans une lettre que vous avez adressée , le 30 novetnbre dernier, à M. Noutou, alors directeur du personnel, vous vaiitez le dévouement dont vous avez faii preuve dans les élections.
« Le rapprochement de tous ces faits, monsieur , m'impose un devoir : je l'ai rempli. Par un arrêté eu date de ce jour, j'ai prononcé votre destitution. {
« Pour le membre du gouvernement provisoire, ministre des fiiiances,J
« Le sous-secrétaire d'Etat,