‹ Le MoisChapitre 18 sur 75 · E. DUCLERC. • ÉTRANGER · texte numérisé non relu

E. DUCLERC. • ÉTRANGER

Italie. — Un gouvernement provisoire est établi à Parme et a rendu deux décrets : le premier confirme dans leur emi)loi tons les titulaires de l'ancienne administration, et le second porte qu'à l'avenir les jugements et les actes publics, émaneront du gouvernement provisoire.

Lomharfiie. — Charles- Albert , après avoir converti le siège de Peschiera en blocus, marche sur Vérone.

Rome. — La crise financière qui se fait sentir sur la plupart des places de l'Europe, a eu son contre-coup dans la capitule du monde catholique. Pour calmer l'irritation populaire , une ordonnance a donné un cours légal et forcé aux billets de la banque romaine.

Autriche. — Vienne. — On a commandé trois cent mille fusils. On considère comme imminente une guerre avec la Russie, au sujet des principautés du Danube. Tous les seconds bataillons des régiments ont reçu l'ordre de se tenir prêts à marcher en Gallicie.

Hollande. — La nouvelle constitution a été publiée aujourd'hui. Les pouvoirs attribués au roi sont à peu près les mômes

que ceux conférés à la couronne en France, par ladiariede 1830.

Parig. — Les scrulins électoraux s> ouvrenl aujourd'hui dans Paris. Le calme le plus complel règne dans !a ville. Les électeurs oni été partages en trois cent cinquante sections.

On signale quelques tentatives opérées pour écarter certaines lisies et y substituer celle préparée au Luxembourg sous le patronage de MM. Louis Blanc et Albert ; mais ia fermeté el l'indépr-ndance des citoyens ont sulTi pour réprimer cette manœuvre électorale.

M. Caussidière, averti de ces menées coupables, a fait aaiclier l'article 113 du Code pénal qui rappelle les dispositions prises contre les citoynis convaincus d'avoir trafiqué des votes dans les élections. Le douzième arrondissement semble être celui où la fraude aurait été essayée avec un cynisme odieux.

La troupe de ligne, qui avait été écartée de Paris à la suite des événements, va y rentrer. Plusieurs bataillons do la garde mobile vont occuper les forts auloiir de la capitale.

M. Ledru-Rollin avoue enfin comme son œuvre le Bulletin de la République.

MINISTÈRE DE l'iNTÉRIEL'R.

. Paris, le 26 mars 18/i8.

Au commissaire dti gouvernement de fa

République dans le département de (a

Gironde.

« Citoyen commissaiie,

• Je crois devoir vous faire connaître que le journal, sous forme (i'aftîche, intiluié: îiuUetin de la République, (\\\\ est adressé depuis quelques jours aux maires de votre dépaiiemeiit, émane dénies bureaux.

« Je vous invite, en conséquence, citoyen comniissaire, à recamniander, par la voie du Recueil des actes administratifs, de donner au Bulletin de la République la plus grande publicité possible.

« 11 appartient aux fonctionnaires de faire disparaître toute alfiche anonyme ou signée par des particuliers, qui leur paraîtrait de nature à troubler l'ordre ou à agiter les esprits. Ils devront, toutefois, faire une exception en faveur de celles de ces

affîcbes qui auraient pour but de recommander ou de combattre des candidatures politiques.

« Salut et fraternité.

• Pour le ministre de l'intérieur,

« Le secrétaire-général,

« JULES FAVRK. • ÉTRANGER.

Angleterre. — Lord Palmerston vient de prévenir le commerce anglais, que par suite de la future déclaration de guerre entre le Danemarck et la Prusse, la flotte danoise capturera tous les vaisseaux naviguant sous pavillon prussien.

On a reçu, à Londres, une énergique proiestaiion du duc de Suto-Mayor cqnire les prétentions du gouvernement anglais à se mêler des affaires particulières et privées de l'Espagne.

Belgique. — Le gouvernement vient de créer des billets de banque de 20 francs.

Allemagne. — De nouveaux troubles 0!it failli éclater à Vieniie, le 16 avril. Une attaque à main armée devait être dirigée contre le palais impérial. L'excellente attitude de la garde civique en a imposé à rénieute.

A Berlin, la situation est des plus menaçiintes. Par arrêté royal, la garde nationale a été autorisée à faire usage de ses armes, non-seulement en cas de légitime défense, mais conire toute espèce d'aitroupc mi'Ut, après deux sommations infructueuses.

Des troub'es graves ont éclaté à Bieslau le 17.

24 AVIÎIL.

Paris. — Le gouvernement provisoire, rend un dérret (|ui incorpore sept cents Lyonnais et cinq cents habitants de Rouen dans la garde mobile paiisienne, et reçoit un rapport relatif à l'enciucte faite sur' les papiers de feu M. Champollion jeune.

Le général Gourgaud adresse au ministre de la guerre une protestation contie la suppress'ion du cadre de léserve et la mise à la retraite de soixante-cinq officiers généraux, de division ou de brigade.

« La gloire de M. Clernioni-Tonnerre s'éclipse devant la vôti-e,» dit l'ancien aide-decanip de l'empereur, au directeur do l'Observatoire, qui s'est placé à la tête de l'armée. • lleurcusenieut, que le coup dout l'état-major général est viciinie, partd'uiie main qui n'a jamais tenu l'épée. »

Le sysièmc d'iniimidalioii, mis à l'ordre du jour par le minisire de riritériciir, continue deirc employé dans les previnces.

A Saim-Gaudens, le commissaire de l:i Haiilc-Garonne, M. Joly, menace les électeurs eu ces termes : « Slvous ne nommez pas ceux que je vous propose, craignez de voir renoîlre les journées sanglantes d'un 10 août ou d'un 2 septembre. »

A Revel , le commissaire i évoque le maire. A Manies, les bu'Ielins d'élections sur lesquels figurent sept fonctionnaires publics, sont distribués par le commissaire de police el les gendarmes, malgré les protestations dos habitants. Le sous-commissaire Cir! obligi de prendre la fuite et quille la ville par le chemin de fer. Il y renlre avec de la trotipe de ligne , mais celle-ci fiaieriiise avec le peuple et contraint l'agent de AL Ledru-Rollin à partir de nouveau ei, celte fois, pour ne plus rev; nir.

Dans la Somme, sur l'ordre du citoyen Bergeron, commissaire snpéiieur, on distribue aux électeurs, comme la seule qui puisse te'gafemenl servir à roter, la liite des candidats sympalhisniit complètement avec le gouvernement prorisuirc, ei en queue, une griffe à la main comprenant ces mots: PiiEFECTUliE DE LA SOMME.

A Jlarseille, AL Olivier menace la chambre de coii.mcrce jle dissolution , si elle maintient sa Hsie de candidats. A Rouen, les émissaires du comité démocratique distribuent leurs listes el lacèrent celles qui ne portent pas les noms de leurs camiidais.

Paris. — Toujours du plagiat! toujours celle contrefaçon républico- impériale!

M. le ministre de rinsiruction publi(|iie, M. Carnol, qui regarde l'incapacité comme un titre à l'élection, AL Carnot, le fils du déreiiseiir d'Anvers, el de l'organisaieur des quatoize années ré|)ublicaiiies, vient d'afTnbier toutes les écoles, tous les lycées de tunique?, de fracs, de chapeaux pointus ou de képis, et d'attacher à des rapières toute la jeunesse placée sous sa direction. Quelle heureuse influence sur l'élude des sciences et des belles-lettres va exercer le poit de l'épée et le maniement du mousqueton !

On craignait une sotte d'insurrection ; des menaces avaient été faites, dit-on, par

quelques perlurbaieurs. On voulait enlever les urnes électorales. Mais la vigilance de la garde nationale a, encore une fois, maintenu la tranquillité, et le dépouillement des votes a commencé aujourd'luii. Il y a dans le département de la Seine irois cent cinquante sections. Le recensement général aura lieu le 28 à l'Hôtel de ville.

Le reproche continuel adressé par l'opposition au goiivernemenl déchu , était l'admission des fonctionnaires publics à la Chambre des députés. La République n'a rien changé à ce qti il paraît à cette avidité des enqilois de l'Eiat. Il doit y avoir neuf cents représentants : le déparleiiieni de la guerre a 209 candidats; celui de la justice, 362; l'iniérieur, 202; les finances, 228; rinsiruction publique, 55 ; les travaux, 38; la marine, 65; les affaiies élran:;ères, 3. Il n'y a que le déparlement du Commerce qui se soit abstenu. t>'est un total de IHO aspirants fonctionnaires pour 900 places.

Le bruit se répand dans Paris que le gouvernetiieiit provisoire, séparé en deux camps, doit se scinder après les élecli(ms.

Encore un commissaire suspendu de ses fonctions. Le procureur-général près la cour d'appel de Grenoble a reçu du miliislre de la justice l'ordre de faire arrêter AI. Napoléon Chancel, commissaire-a'ljdiut dans la Drôme, et de le diriger sur Paris.

Un décret du gouvernement provisoire ouvre à M. Ledru-Kollin un crédit de 500,000 fr. pour dépens actrujr dinaires de sûreté' générale.

L'oiiveriure de ce'crédit suppose l'épuisemeiil de celui de 932,000 fr. porté pour dépenses de même nature au budgtt de l'exprcice courant, par la loi du 8 août 1847. Comment ces 932,000 fr. sont-ils consommés avant que le tiers de l'exercice soit écoulé? La faute en est-elle à M. Duchàiel ou à AI. Ledru-Rollin? Faiidra-l-il, pour le savoir, attendre les révélations de quelque revue rétrospective?

ÉTRA>GER.

Dublin. — La réunion générale des clubs confédérés a décrété la résislance complète au gouvernement. On donne, dans le journal United Irislimati, les insiruclions nécessaires pour repousser les troupes, en cas d'émeuie el de collision.

/Allemagne. — Dans la séance secrc :c du 19 avril, le comité des cinquante a ré-

solu : 1° d'inviter la diète à procéder, sans larder, à l'elrciion prévue par le règlement fédéral, d'un général en chef de la confé^ déraiion, et de lui confier la direction suprême de toutes les affaires militaires; 2° d'inviter la diète à informer, le plus tô! possible, le comité de ce qui a été fait jusqu'ici pour écartei' le danger dont l'Allemagne est menacée extérieurement, et pour concentrer et préparer les moyens de défense nécessaires ; 3° de nommer une commission qui se mette immédiatement en rapport avec la dièie, pour s'euiendie sur la qnesiion de savoir comment on pourrail établir un point central convenable pour des né!;ociations diplomatiques communes et unitaires avec l'étranger, et de présenter le plus tôt possible au comité un rapport sur le résultat de celte enlrevue.

Italie. — Le quartier général de Charles-Albert était à Voila le 18. — L'armée piéniontaise s'établit fortement depuis Peschiera jusqu'à Goiio, sur toute la ligne du Mincio.

Les Milanais feraient sagement de s'occuper un peu moins de métaphysique républicaine et un peu plus de leur armée, qui n'existe encore elle-même qu'à l'état d'utopie. Si Chai les-Albert se retirait, ia^sé d'allendre ces troupes lombardes qui devraient au moins être prèles à occuper les places conquises parla valeur piéniontaise, on se demande avec effroi ce que deviendraient et les riches campagnes, et les supeiHies cités, et l'indépendance de la Lonibardie.

L'attention publique est portée sur le résultat des élections: les noms de MM. Lamartine, Arago, Dupont (de l'Eure), sont ceux qui réunisseirt jiisqn à présent la majtriié des suffrages. MM. Albert, Flocon, Louis- Blanc, Ledru-Rollin, sont loin d'atteindre le chiffre de leurs collègues du Gouvernement provisoire.

On prépare une féie nationale au Cliampde-Mars, pour le h mai, à l'occasion de l'ouverture de l'Assemblée nationale.

Le Gouvernement provisoire vient de rendre un décret coniic les rassemblements d'Allemands dans l'est de la France.

Le ministre de l'intérieur vieal de créer

un jury pour les encouragements lillérai

res.

M. Proudhon, candilat à la représenta tiou nationale, vient de publier dans soi journal le Beprexentant du peuple un lell! e sur' C( lie question : Qu'est-ce que L propriété? Il ne veut pas, dit-il, répéter s formule : La pkopriété , c'est le vol mais il défie de rien faire pour l'amélior; tion de la classe ouvrière, sans abolir, d fait et de droit, la propriété.

ÉTRANGER

Carslruhe. — Struwe, un des chefs d mouvement républicain, a été arrêté a moment où il allait franchir la ftonlièf pour entrer en Suisse.

Schlenwig. — Les Prussiens marcher contre les Danois. Trente bâiimenls prus siens ont été saisis à Copenhague.

Cologne. ;— Quelques nienrbres de 1 diète germanique avaient le projet d'établi une sorte de triumvirat de la Prusse, d l'Autriche et de la Bavière, et de lui confie tout le pouvoir exécutif de l'Allemagne mais ce plan a échoué contre le bon sen delà majorité de la commission.

Italie. — Florence. — Le 18 avril a e lieu une démonstration publique en l'hoc rieur du nouveau chargé d'affaires de 1 République Irançaise. La dépuiaiion, pré cédée des drapeaux nationaux , s'est rendu sur la place del Carminé, devant la rés dence de la légation, pour témoigner M. Benoit Champy les sympathies de 1 poprrlation de Florence pour la Républiqu française.

L'armée toscane a passé le Pô, à Bres cello, le 17 avril.

Les Génois, qu'on avait accusés de vot] loir se détacher du Piémont, viennent, a contraire, de fair'e appel, dans ce sens, a paiiiotisme des Lombards et des Vénitiens

« Frères de Lombardic, frères de Ve nise, fi'ères de Modene et de Parme disent-ils, unissons-nous dans uir pacte d dévouement mutuel et de concorde; com posons m\ peuple puissant, indépendant et donnons-nous pour roi consiiiutionue le prince valeureux qui risque sa vie pou notre libecié. •

Paris. — Les élections de Paris sont lerniinëes ; les S4 élus sont :

MM. Lamariine, Dupont (de l'Eure), Arago, Gîiinii T P:i£;ès, A. Manant, Marie, Crëmieux, Béninger, C:irnol, Belhmonl, Duvivier, F. Lasieyrie, Vavin, Cavaignac, Beraier, Pa^nene , Bûchez, (;ornHnin, CoriboM, Caiissidière, Albert, Wolowski, Peupin. Leilrii Roiiin, Schmiit, Flocon, Louis Bl.inc, RecurI, A Perdi^uier, J. Bastide, Garnon, Guiuard, Coquerel, Lamennais.

L'élection s'est faite avec calme dans la capitale; mais à Nîmes, la lutte électorale a amené une collision sanglante. Rouen a été témoin de graves désordres, ei le prétexte de la révolte armée a éié la nomination des définies et l'exclusion de AL Deschanips, commissaire du gouvernement.

Voici les diux dépêches , expédiées à Paris par le commandant la 14* division miruai'-e (Rouen) et le procureur- général : « 27 avril 18^8, à minuit et demi.

• Le général cotnmandaHl la lfl° diri-

sion mi fi/aire à M. le ministre de la

guerre.

« Il esi uiinuit : nous nous ballons depuis six heures contre un attroupement considérable qui répond a noire léu.

• La lournce de demain sera [dus rude encore.

• Euvoyez-nous des renforts : il y a urgence. •

• 2S avril 1848, à 4 h. 1/2 du malin.

• Le procureur-ge'iièral à M. le miiiittre

de la justice.

« Une émeuie a eu lieu hier soir ici, après le résulat connu des élections. Elle a été pronipti-inent réprimée par la gaide nationale et la troupe de ligne. Il y a huit hommes tués et quinze bl< ssés.

« Dormez-moi des nouvelles de Paris, dans la jouiiu'e, par le télégraphe. •

1,200 hommes de garde nationale mobile sont partis ce soir de Paris pour Rouen.

Brignolles, Castel-Sarrazin, et Agonac dans la D. rdoRue, oni été aussi le théâtre de collisions déplorables.

ÉTRANGER

Italie. — Les troupes pontificales, toscanes et napolitaines se rallient à l'armée piénioiitaisc, dont l'enV'Ciif esi de soixante mille conibaiiaiits soutenus par une artillerie fofniiduble.

On prétend que Radetzki a écrit qu'il pourrait ravager l'Iialie, mais qu'il lui seiail impossible de la reconquérir.

Schleswig. — Le général Wrangel annonce au Gouvernement provisoire la défaite des Danois, qui se sont vaillamment défendus.

L'ambassadeur prussien à Copenhngue a reçu de son gouvernement l'ordre de demander ses p:isseporis.

Bade. — Il y a eu combat entre les troupes badoises ri les corps-fiancs qui ont traversé le Rhin. — La leniaiive des corps -francs a été déclarée, par la Diète, atieniaioire à l'ordre public et coniraiie à la souveraineté du parlement allemand qui va se réunir.

Angleterre. — Dublin vient d'élrc mis en éiat de siège.; on fait des perquisitions pour saisir les armes chez les htbiiants.

Allemagne. — La ville de Fribourg vient d'être prise d'assaut par les troupes liessoises. Il y a eu quarante à cinquante morts. Les républicains allemands sont dispersés.

La Moldavie est en pleine insurrcciioD.

Paris est dans l'inquiétude la plus vive sur la lutte engagée à Rouen.

Le commissaire, M. Deschamps, est bien à (ilaindre d'avoir gouverné le déparlement confié à Sis 8010;*, de telle sorte que le sang de ses concitoyens ait coulé à grands flots.

Quels sanjilanis repio( lies nedoit-on pas adresser à M. Deschamps; à celui qui, bouleversant tout d'im coup une administration sage cl paternelle, ié|i(jiidani aux vœux des citoyens, coniposee d'hommes honorables, a voulu imposer d(-s individus flétris et tar<'s! On voit a présent les fruits de ce système (|ui a été éiendirà toutes les communes du dépaitenient de la SeiueJ Inférieure.

Nous ne croyons pas, nous, M. Deschamps un nialhuiinèie hom i.e; mais coiuë ment se justifiera-t-il d'un pan il acte? Comment expliqiiera-t il lappui qu'il a prêté ensuite à Durand neveu, surpris en fl;igranie dilapidaiiou des deniers publics?

Nous ne î-avons encore, au moment oii nous traçons ces lignes, où vont sairêter les rigueurs nécessaiies au rétjblis.'ement de l'ordre. Fasse le ciel que le sang ne coule pins! Mais, nous le répétons, les

vrais, les premiers, les plus grands coupables ne soiil pas ceux qu'on a vus sur les bariicadcs!

Douze renis hommes rie garde nationale mobile sont pnriis hier soir el celle iiuil de Paris pour Roumi.

On dit qu'un nouveau déiachemeul a dii partir ce matin.

Toutes les compagnies du 69' de ligne, en ce moment en garnison au Havre, sauf la compagnie hors rang, ont reçu loidre hier de se rcmlie iiiiinodialenu'ni ;i Rouen, et sont pai lies à midi par un convoi spécial du chemin de fer.

A neuf hcurrs du malin, l'insurreciion vient de reparaîlre dans le faubourg Saiut- St'ver.

La garde naiioiiale et la troupe de ligne en sont aux mains avec l'insurrection.

Les dernières nouvelles reçues à Paris à sept heures du soir, annoncent que le feu avait cessé à deux heuics de l'après-midi.

La ville émit mise tout entière au pouvoir de lauiorité militaire.

La force publique circulait sur tous les points.

On croyait à Rouen qnc loul serait bientôt apaisé à Elbeuf.

Troubles à Limories.

Des troubles de la nainre la plus grave viennent d'avoir lieu à Limoges à la suiic des élccliuus. Voici les détails que nous recevons :

Jeudi vers midi, lorsque le recensement généi-al des voles des cantons eut constaté l'exclusion des candidats communistes, luie foule nombreuse envahit la salle dans laquelle se faisaient les opérations électorales, et s'empara, malgré les vives prolestations des membres du buieau, des procès-verbaux cantonaux et des bulletins de l'armée, qui furent immédiatement déchirés. Aussitôt après, des bandes menaçai) If s ont parcouru la ville, désarmé les postes de la garde nationale, pi-is les canons tl la poudrière.

A la nouvelle de cet attentat odieux contre la souveraineté électorale, la garde i:ationale s'empressa d'accourir, bien résolue à rétablir l'ordie et à défendre la République. Mais le colonel lui donna l'ordre de se dissoudre. Dès lors, la ville était au pouvoir de i'insurieclion. i

Un comité s'est immédiatement constitué et a concentre dans ses mains l'administration départementale.

Hem euseuieni on n'a eu à dé|)Iorcr aucun acte de violence. Les propriétés et les persoiflies ont été 'respectées. Quelques gardes nationaux ont leçu des blessures peu giavcs.

La ville entière est dans la consternation. On attend impatiemment les mesures que le Gouvernement ne manquera pas sans doute de prendre pour rétablir son autorité.

De tous les départements arrivent les nominations des représentants, mais partout on nous signale des faits d'intimidation et de violence, des collisions et des désordres terribles.

É*! RANGER

Ou a découvert à Vérone un complot formé par des olTiciers hongrois et bohèmes, qui voulaient s'emparer de Radeizki, pour terminer une guerre déshonorante, sans but, sans espérance, sans gloire. On a formé un conseil de guerre pour les juger; un bataillon de Hongrois a fait dissoudre le conseil, en protestant qu'ils éaient prêts à tout entreprendre plutôt que de laisser condanincr leurs offîciei's.

Véronne est dans la plus grande désolation ; les vivres y manquent complètement. Les Autrichiens saccagent tout.

Les colonnes régulières, toscanes et romaines, fortes de 8,000 hommes, sont arrivées à Borgo- Forte.

Villafranca est libre; mais elle est consiamnie^t en émoi, parce que les Autrichiens, de temps en temps, y font des excursions la nnit.

Des personnes di,::ncs de foi disent que Caslelnuovo n'est qu'un monceau de cend.'cs et de ruines.

Allemagne. — Un conflit entre la population de Manheim et les troupes du duché de Nas.<aii, en garsiison dans cette ville, a eu lien le 2G avril. Il y a eu des deux parts des morts et des blessés.

Prusse. — La Gazelle itnircrseUe de Prusse, du 27 avril, contient, dans sa partie oITicidle, une déchu aiion du ro concernant la réorganisation du grandduché de Poscu.

PARIS.— TYPOGRAPHIE DE E.ET V.PE^.'.UD FRÈRES, 10, nU8 DC rACBOCRG-UOIiTMARTRIi.

]W° e. 30 Juin 1948.

PAP AN

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(*) PAR ah:

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